mardi 12 août 2008

L'art de fabriquer de la littérature


Comment fait-on de la littérature, hein?

Premièrement, cela fait prétentieux de répondre à cette question, d'autant plus que je ne porte pas de médailles. Mais comme dirait un de mes amis Français, «ce n'est pas une preuve d'honorabilité que d'avoir reçu des médailles. Seuls les lèche-bottes en reçoivent!» Sacrés Français! Bon sang que j'aime leurs coups de gueule. Là-dessus, je suis parfaitement au diapason avec les Français. La retenue, la juste mesure, la logique: rien à foutre! On ne demande pas à un ours de gazouiller comme un colibri. Ni à un Français.

Bon, ça me rassure. Comme je n'ai reçu qu'un prix de dictée, par pur hasard, parce que je trainais sur le lieu du concours tout en me décrottant le nez sans être vu, je peux dire que je ne suis pas contaminé par les honneurs.

Il m'est encore possible de livrer ma pensée sans songer à l'effet qu'elle aura sur tel ou tel zouf qui se prend pour quelqu'un d'autre juste parce que son «je» suit la ligne politique de la clique de concombres couverts de médailles.

Comment fait-on de la littérature, hein?

J'y viens.

D'abord, il ne faut pas suivre une ligne politique.

Il ne faut pas répondre à des questions, mais en poser de nouvelles.

Enfin, il ne faut pas faire de la littérature.

Il n'y a qu'à s'asseoir devant l'ordinateur, ou devant une feuille de papier pour les puristes, et takatakatak tu mitrailles un beau petit texte en moins de deux si tu te contentes, simplement, de raconter une histoire.

Tout se met à foirer quand tu racontes de la littérature au lieu de raconter une histoire.

Les gens couverts de médailles, en littérature, ne racontent pas toujours d'histoires, c'est bien certain, et ils se croient des maîtres en littérature pour une raison qui m'échappe. Je préfère, à ce compte-là, laisser parler le lecteur.

Vous, par exemple, dites quelque chose, n'importe quoi, et ce sera retenu contre vous.

Je vais vous torcher des histoires abracadabrantes.

Juste pour ne pas faire de littérature.

Juste pour vivre intensément la littérature.

That's it.

PS: Mon grand chum manitobain-serbo-croate-juif-tzigane-trifluvien vient tout juste de traduire Gilles le Gorille en anglais. Je ne pouvais pas espérer meilleur traducteur, il connaît la culture locale et le joual comme le fond de sa poche. Je veux tenter de publier certains de mes textes dans des revues littéraires canadiennes et américaines: Sky is not a limit.

J'afficherai bientôt un lien vers ces textes une fois qu'ils seront coulés dans le béton.
Sometimes, I'm asking mine if it wouldn't be better to improve my English. I'm dreaming to become a kind of Joseph Conrad but nobody would give a shit for my words in English. I've learned it at the Canada House Tavern or by reading porn magazines... A good translator will do a better job than me. That's for sure. Thanks to my translator.