vendredi 15 août 2008

PAS DE DÉMOCRATIE NI DE RÉFÉRENDUM NI RIEN DU TOUT: HOURRA POUR THE BRADY BUNCH!


Chaque fois que je m'emballe pour des niaiseries politiques je me fais ramener à la raison par ceux et celles qui ne votent jamais aux élections et qui, d'une fois à l'autre, se rapprochent d'un statut majoritaire.

-Calice-toé don' d'eux autres Gaétan! C'est juste des hosties d'mange-marde, des licheux d'cul, des crosseurs, des bandits, des caves incultes, des twits qui occupent la place que tout le monde laisse libre parce que c'est une place réservée aux crosseurs! Qui s'présente aux élections, hein? R'garde-les, sérieux! Y'ont tous l'air d'être des hosties de suçons...

Nos institutions démocratiques sont tellement pourries qu'il semble bien que les plus futés aient choisi de tourner le dos aux arnaqueurs.

Le taux de participation baisse tout le temps. Pourquoi se déplacer? Ce système prouve à chaque jour combien il est détaché de la démocratie, du pouvoir du peuple. C'est un système manipulé par quelques cliques qui se faufilent vers les postes officiels pour dilapider l'argent que le peuple leur envoie, par mauvaise habitude.

Pourtant, malgré tout, je dis à mes amis d'aller voter. Encore une fois. Même si l'on risque encore de se faire baiser par des crosseurs qui ne respectent pas la volonté populaire et les règles du jeu.

-R'garde Gaétan ceux qui ont signé le registre à Trois-Rivières, me disent mes mauvais amis. Ils étaient 3000 pour d'mander un référendum... Ça prenait 1917 signatures. Le maire a dit aux 3000 d'aller se torcher. Tu voés ben que c'est juste des hosties de crosseurs! Perds pas ton temps avec eux autres. Qu'i' mangent un hostie d'char de marde, comprends-tu.

Pourtant, je ne veux pas me résigner. Ni fermer ma gueule. Ni croire que les crosseurs ont gagné. Ils sont plutôt en train de perdre. Plus nous serons nombreux à les tourner en ridicule, à les montrer tels qu'ils sont, c'est-à-dire des nains de jardin, des renifleurs de pets, plus ils vacilleront sur leurs socles, ces statues de stucco décrépit, quétaines à l'os, qui s'improvisent des emprunts d'argent sur le dos du pauvre monde en se calissant bien des procédures, des règles du jeu, bref de nos institutions sensées protégées nos foyers et nos droits.

Le maire et sa bande du conseil de ville de Trois-Rivières ont une fois de plus fouler aux pieds la démocratie, qui est un exercice de tous les jours et non pas un vote à tous les quatre ans, ce qui est le summum de l'arnaque en laquelle la majorité des gens qui ne votent pas ne croient plus.

-Décroche de sur leur cas, Gaétan! Ne suis pas leurs règles: r'garde comment ils se torchent du fiasco du vote électronique et de la signature des registres. Tu voés ben que ça n'sert à rien de brasser ta cage contre eux autres. Icitte, c'est The Brady Bunch tous les jours. C'est plate pis pogné dans ses culottes en saint-chrême! Écris, man. Continue d'écrire. C'est ben plus hot ce que tu écris que tous ces fumiers qui se crissent ben du peuple, avant, pendant et après les élections. Hostie, au moins on rit avec toé...

Ok, d'abord. Je vais continuer d'écrire. Et de faire rire puisqu'on me trouve drôle.

Et fuck les dictateurs.

Et fuck les journalistes qui rapporteraient «objectivement» les propos d'Adolf Hitler s'il était élu chancelier de l'Allemagne ou bien s'il se torchait avec une pétition: «Le chancelier Hitler veut stopper l'immigration. Une rencontre aura lieu demain avec la magistrature pour envisager de nouvelles avenues quant aux affaires de l'État. Ce bulletin de nouvelles est une commandite du Roi de la Patate, des repas pour tous les goûts et tous les petits budgets!»


UN GRAND POLITICIEN, UNE FOIS DE TEMPS EN TEMPS, RAREMENT...

Il arrive parfois qu'un grand politicien se manifeste. Vaclav Havel en est le meilleur exemple.

Pour Havel, le régime communiste se donnait pour but de créer une société sans pouvoir, résignée, composée d'individus craintifs et moralement corrompus. Cela ne vous rappelle pas quelque chose, ça, gens de Trois-Rivières?

Havel a été l'incarnation de ce principe émis par Henry David Thoreau qui fût aussi mis en pratique par Gandhi: quand l'État emprisonne injustement, la place d'un homme juste est en prison.

On peut transposer à petite échelle par «quand les pourris ont tous les honneurs, la place d'un homme d'honneur est dans la marge».

Il en a fait de la prison, Havel. Et il avait prévu, par pur hasard peut-être, son ascension à la présidence. Je me souviens de l'une de ses pièces de théâtre où le personnage principal, un dissident politique, affirmait que le pays était tellement corrompu que lorsque tout ça s'effondrerait il faudrait aller chercher le prochain président en prison pour trouver un homme juste.

Quand le régime communiste s'effondra en Tchécoslovaquie, pendant la Révolution de velours, le peuple a été chercher Havel en prison pour le nommer à la tête du pays...

Prémonition? Logique populaire? À vous de me le dire.

Le but de tous les salauds de dictateurs est partout le même. Qu'ils soient à gauche ou à droite, ils cherchent tous à créer une société d'esclaves parfaitement résignés qui survivent dans la crainte et l'adhésion à un certain fatalisme quant à la corruption généralisée.

Il faut briser ce fatalisme. Il faut prendre la rue, certes, mais il faut aussi se déplacer pour voter. Ce n'est pas vrai qu'on ne peut rien faire. La force des tyrans, disait La Boétie, réside dans le fait que nous sommes à genoux devant eux. Quand tout le monde est debout, les despotes, comme les rats, partent à courir dans toutes les directions.

Un jour, spontanément, les Trifluviens descendront dans la rue comme les citoyens des pays de l'Est l'ont fait. Il n'y aura ni chef, ni leader. Juste des citoyens qui en auront assez de se faire administrer par des nains de jardin qui jouent le jeu du despotisme en faisant manger dans leurs mains toute une flopée de coquerelles dégoûtantes qui croient former l'élite de la ville alors qu'elles se font élire avec autant d'appuis populaires que les commissaires scolaires.

Un jour, spontanément, les Trifluviens calisseront la statue de Duplessis au dépotoir de St-Étienne-des-Grès. Les despotes s'en iront chez-eux, la tête basse. Ils retourneront chez eux regarder The Brady Bunch.