jeudi 15 novembre 2018

De 100 à 40 kilomètres heure dans une ville de tarlais

Maggie est en furie. Les gauchistes du conseil de ville ont décidé de réduire la limite de vitesse à 40 kilomètres heure dans certains secteurs de la ville. Ils prétendent que c'est pour assurer une meilleure sécurité pour les piétons et autres personnes à mobilité réduite... Pff! C'est une mesure de gauchiste qui a pour seul but de faire chier le maire qui n'est pas d'accord avec cette mesure qui ralentit l'économie... On le sait bien, les gauchistes sont contre tout...

Elle aime ça roffe Maggie. Une taloche en arrière de la tête quand t'étais jeune et t'écoutais. Ça n'a jamais tué personne. 

La gauche c'est protéger et servir tout le monde... Pff! Pis ça coûte cher. On ne peut pas se permettre d'avoir tout dans la vie.

Maggie ne demande rien. Elle crosse tout. Tout ce qu'elle peut crosser. Elle sauve des taxes et de l'impôt par toutes sortes d'astuces. Elle achète ses patates à rabais. Elle a un char neuf d'où elle peut produire des petites vidéos d'elle-même dans le rôle d'une folle enragée.

Dans sa dernière vidéo, elle en a contre les gauchistes de la ville qui ont réduit la vitesse à 40 km/h dans certains secteurs. Maggie se capte elle-même avec son Iphone. Elle roule à 100 dans une zone de 40 en hurlant comme une truie.

-Tiens mes hosties d'gauchistes pleins d'marde! J'roule à 100 dans une zone de 40! Hahaha!

Évidemment, comme elle ne se concentre pas sur sa conduite, Maggie effectue une mauvaise manoeuvre et fait une sortie de route spectaculaire.

Trois piétons ainsi qu'elle-même meurent au passage.

Le lendemain, on aurait cru que les opposants à la limitation de la vitesse à 40 kilomètres heure se gardassent une petite gêne... Mais non! Ces porcs et ces truies en étaient encore à grogner contre les gauchistes qui veulent les empêcher d'être libres au volant...

Les trois piétons étaient d'ailleurs des gauchistes. 

Ils avaient une carte d'assurance-maladie sur eux.

C'est tout dire.

Maudits profiteurs du système!

Maggie est morte, bien sûr.

Mais des gens, il en meurt tous les jours.

Et ce n'est pas en limitant la vitesse que cela va s'arrêter plus vite...

Enfin, ça ressemblait un peu à ça son éloge funèbre.

Lue par le maire en personne.

Le bon maire qui est contre les gauchistes et leurs folleries.

Il y a des limites à défendre n'importe qui et n'importe quoi.

Chiâler, ça ne met pas du gaz dans ton char.

mercredi 14 novembre 2018

Molière ou Du Chimpanzé qui riait de son patron

Molière a écrit Le bourgeois gentilhomme en réaction à celui qui l'employait.

Monsieur Jourdain, alias le bourgeois gentilhomme, est vraiment le roi des cons. Ce serait un nouveau riche de nos jours. Un type qui a de l'argent mais qui n'a pas d'éducation. Il lui en faudrait néanmoins pour séduire des femmes belles et intelligentes. Il est prêt à en acheter, Monsieur Jourdain, mais pour des fins utilitaires, en bon bourgeois qu'il est.

Laurent Tirard a produit un excellent film à ce sujet en 2007. Film qui met en vedette Fabrice Luchini dans le rôle de Monsieur Jourdain, alias l'authentique bourgeois gentilhomme qu'a peut-être subi Jean-Baptiste Poquelin dit Molière ou Du Chimpanzé...

L'écrivain, aussi amateur soit-il, fait souvent face à des dilemmes lorsque vient le moment de coucher sur le papier des histoires qui pourraient heurter de front des personnes qui s'y reconnaîtraient.

Je ne suis pas Molière, bien sûr, mais je puis vous assurer que rien de ce que je raconte n'est tiré du néant.

Comme Du Chimpanzé, j'ai cette manie de tourner en bourrique les gens qui n'ont pas d'humilité.

Peut-être que je sais où viser puisque j'ai déjà été ce genre de merde quand j'étais écrasé dans mon coin, à l'adolescence, transformant mes défaites quotidiennes en rêves de gloire et démonstrations de force imbéciles. Plus j'étais seul, plus je voulais me montrer plus grand que je ne l'étais en réalité. Une coquetterie de jeune humilié sans doute...

Je sais voir le manque d'humilité, la fatuité, la vanité, l'égoïsme parce que j'ai d'abord appris à me connaître moi-même. Tout ce que je pourrais reprocher aux autres a d'abord été expérimenté sur moi-même. Ce qui m'incite à faire moins de reproches pour ne pas expérimenter encore plus de douleurs personnelles...

Cela ne fait de moi ni un saint ni un sot. Seulement un caricaturiste des passions et pensées humaines. Parce que je suis vous tous et vous toutes. Comme Molière. Comme n'importe quel artiste digne d'avoir un nom. Comme n'importe quel farceur.

«Madame Bovary c'est moi», disait Flaubert. Il y a mis des clés pour ouvrir les portes de son monde intérieur.

Le bourgeois gentilhomme, c'était donc autant Monsieur Jourdain que Molière, même si Monsieur Jourdain a dû se sentir trahi et méprisé par ce Jean-Baptiste. Ce poqué de Poquelin qu'il avait tiré de prison et fait travailler à son compte pour qu'il puisse acquitter honorablement ses dettes de saltimbanque irresponsable.

Où veux-je en venir? À rien, comme d'habitude...

Je voulais dire que je suis tout le monde, moi aussi.

Que je suis un bon gars, que je n'ai jamais voulu faire de tort à personne...

Que j'aime l'humanité même lorsque je ris d'elle.

Parce que je ris de moi.

C'est moi que je trouve ridicule à travers l'objet ou le sujet de mes rires gras et subliminaux.

Je vous aime tout le monde.

C'est niaiseux d'écrire ça.

Je sais.

C'est un reliquat de mon éducation chrétienne.

Le bourgeois gentilhomme est drôle malgré lui.

Peut-être qu'un jour il en rira lui aussi avec tout le monde, sans sentir qu'on tente de le vexer ou de détruire son château.

Nous sommes tous ridicules.

Mais il faut avouer que les gens qui raffolent du pouvoir ont souvent les projecteurs braqués sur eux.

C'est certain que leur maquillage ne tient pas toujours.

Ça craque sous la chaleur.

Et on finit par avoir l'air d'une vieille momie qui s'agite pour rien devant un public de jeunes gens qui en redemandent tellement ils se fendent la gueule de rire.

Tout le monde passera par là à un degré plus ou moins élevé.

Même moi.

Même Molière.

Même vous.




mardi 13 novembre 2018

Philosophie facile

Cela m'aura pris du temps à le reconnaître. Mieux vaut tard que jamais. Je reconnais aujourd'hui les grands mérites que la philosophie aura apporté dans ma vie. Je ne parle pas de la philosophie académique, de celle qui se résume à l'étude sèche des systèmes de pensées et autres grilles de mots croisés. Je parle de la philosophie en tant que manière de vivre. Si l'on n'apprend pas à mieux vivre, d'abord et avant tout, tout n'est-il pas indifférent? D'autant plus que je ne crois pas que ma vie doive servir d'exemple pour qui ou quoi que ce soit.

Vivre est le plus beau et le plus interminable défi de l'être humain.

Apprendre à se connaître soi-même est un art qui requiert tellement d'humilité que peu en sont vraiment capables. On sent la lourdeur du masque que doivent porter les humains, jour après jour, par devoir ou par habitude. Il m'arrive de faire partie de cette humanité malheureuse et pitoyable. Comme il m'arrive aussi de transcender tout cela, de me pardonner d'être con, et surtout de passer à une autre étape de ma vie dans l'annihilation d'inutiles inhibitions sociales.

Je me sers de la philosophie tout comme de l'art pour résister aux pressions que je suis appelé à subir en ce monde. Comme tout un chacun j'imagine.

Quand on agit avec rudesse, bêtise, violence ou injustice, je ne peux que m'élever. Un réflexe de résistance spirituelle qui ne s'explique pas. C'est incontrôlable. Je deviens insolent, chante, fais le fou sorti de l'asile. De quoi faire peur aux crétins pour les tenir toujours très loin à distance.

Je dénonce toute forme d'autorité. Je n'ai aucun respect pour l'autorité. Je laisse l'autorité aux vieux cons et aux vieilles connes.

Moi, je suis du côté des jeunes en la matière. Et j'y suis en toute philosophie. Parce que l'autorité des vieux cons ça ne mène à rien.

D'autant plus qu'on n'a qu'une seule vie à vivre. Pourquoi faudrait-il ne pas humilier la personne en situation d'autorité qui tente d'intimider son personnel par toutes sortes de tentatives de rabaisser?

Il faut rabaisser les pleins d'marde qui humilient les autres, ceux-là plus que n'importe qui. Il faut leur faire ravaler leur caca. C'est non seulement un droit mais un devoir. La justice veut qu'il en soit ainsi. Et on ne doit pas avoir honte de servir la justice en chantant La dame en bleu à tue-tête dans les oreilles d'un crétin qui joue à ça.

lundi 12 novembre 2018

Elle déprime mais ne tolère pas les déprimés

Cunégonde est toujours déprimée. Ses déprimes sont ponctuées de moments où elle exulte de joie plus que le client ne le demande. Des joies que l'on sait condamnées à mourir en raison même de leur superficialité eu égard aux déprimes abyssales de Cunégonde.

Cunégonde a pourtant l'air d'une femme normale, à la mode, comme on s'attend à en trouver dans les pages des catalogues de Wal-Mart ou Rossy. Elle fait ceci ou cela et c'est d'ailleurs très cher, mais elle l'a à rabais parce que, bien sûr, elle est une personne exceptionnelle.

L'autre jour, elle se plaignait de ceci ou cela, la température, ses parents, sa famille: tout y passait.

Roger Bontemps l'écoutait calmement en camouflant son impatience de se trouver rapidement ailleurs, c'est-à-dire loin de la Coop et de Cunégonde.

Il tentait même d'avoir de l'empathie envers les malheurs de Cunégonde, même s'il les avait entendus mille fois.

Soudainement, Germaine rentra en coup de vent à la Coop et récita elle aussi ses malheurs.

Cunégonde sortit alors de ses gonds.

-Voyons Germaine! On dirait que tu veux te rendre intéressante avec tes malheurs et te faire remarquer... Il faut avoir des pensées positives! Ce n'est pas en te plaignant tous les jours que tes choses vont s'améliorer! J'ai appris d'ailleurs dans mon cours de croissance personnelle que les personnes qui ne font que réciter leurs malheurs s'empoisonnent elles-mêmes avec leur venin... Tu vois? Parle donc d'autre chose... Voilà!

Et, évidemment, Cunégonde s'est mise à reparler uniquement de ses malheurs.

Roger Bontemps s'est enfui.

Germaine a boudé dans son coin.

Et Cunégonde a continué à raconter toutes ses tristesses à tout un chacun qui rentrait à la Coop. Comme d'habitude.


dimanche 11 novembre 2018

Repose en paix mon oncle Jean-Paul...

C'est aujourd'hui les funérailles de mon oncle Jean-Paul Germain, époux de Rose-Hélène René, la soeur de ma mère décédée il y a deux ans.

Mon oncle Jean-Paul faisait partie des hommes de ma vie, avec mon père, mon grand-père Rodolphe (que je n'ai jamais connu mais qui a eu une influence certaine sur mon père et donc sur moi...), mes oncles Fernand et Rémi, monsieur Massicotte et monsieur Pépin.

Mon oncle Jean-Paul était d'humeur toujours égale. Calme, jamais excité, analytique. Il était le plus bricoleur de la bande. Celui qui réparait tout avec un marteau et des clous. Celui qui faisait des villages de Noël sous les arbres et des petits meubles pour enfants. C'était ni plus ni moins un type qui travaillait pour le Père Noël pour mes yeux d'enfants.

Son influence, comme celle de mes chers grands disparus, est manifeste chez moi comme chez tous mes proches.

Qu'il repose en paix parmi ses amis qu'il est parti rejoindre.

Mes plus sincères condoléances à ceux et celles qui l'ont aimé et apprécié.

Merci d'avoir été là dans ma vie mon oncle Jean-Paul.

jeudi 8 novembre 2018

Mon art

De tous temps l'art a été mon port d'attache.

Peu importe où je vais, avec qui je me trouve: tout me ramène invariablement à l'art.

Pourquoi? Je n'en sais rien.

J'y trouve une compensation spirituelle.

Je ne fréquente ni ne pratique aucun culte religieux.

Je m'amuse à me croire animiste et à invoquer Kitché Manitou, l'Être imaginaire, mais ça finit par manquer d'art et de poésie. Surtout quand ça s'articule autour de concepts théologiques plus ou moins ronflants. Alors je reviens à l'art. Parce que je ne veux rien chercher ni rien trouver d'autre.

Le Brésil peut sombrer dans le fascisme.

Le Golfe du Mexique peut devenir un égout à ciel ouvert.

Le monde peut flamber.

Je ne dis pas que je jouerai de la lyre comme Néron en le regardant flamber.

Mais je ne participerai pas à allumer des feux.

Je m'occuperai d'éteindre les feux, s'il le faut, et de soigner les blessés après les massacres.

Mais participer à ce cirque capitaliste qui sombre dans le fascisme? Jamais.

Je vais prendre mes distances des gens méchants et autres personnes mal intentionnées.

Je vais reprendre mes pinceaux, mes instruments de musique, bref mon art.

Et je ne m'en porterai que mieux.

Parce qu'un monde meilleur jaillira de mon art même si j'étais seulement le seul à y croire.

Ce monde meilleur, c'est mon monde imaginaire.

Ma forteresse intérieure.

Mon art.

mercredi 7 novembre 2018

Pondre comme un neuf

Il m'arrive de n'avoir rien à dire ni à écrire ces derniers temps.

Cela ne m'empêche pas de parler ni de décrire.

Je me sens comme un fantôme en novembre ou en 2018, c'est selon.

La haine et le racisme me sont volontairement étrangers.

Je ne veux pas m'expliquer avec des personnes méchantes qui n'ont pas d'empathie.

Je veux seulement les fuir. Faire comme s'ils n'existaient pas. À d'autres de créer des ponts avec des corniauds qui ne comprennent rien à rien. J'ai seulement une vie et je tiens à la vivre dans une paix relative, loin des personnes autant méchantes qu'ignorantes. Je ne veux pas leur trouver d'excuses. Je ne veux pas dire vous savez ils sont comme ça. Je veux seulement me trouver le moins souvent et le moins longtemps possible en leur présence. C'est tout. Ces personnes me font peur en plus de me saper le moral.

J'ai cessé de publier dans le Hufftington Post pour cette raison. Je n'en pouvais plus d'alimenter une armée de trolls nauséabonds qui venaient vomir leur haine du genre humain à chacun de mes posts. J'avais le malheur de ne pas être islamophobe, raciste, conservateur, pro-vie, anti-avortement, nationaliste et j'en passe. Ça m'a donné l'envie de partir, comme toujours. Et je suis parti pour préserver ma sérénité.

Je ne cherche pas tant la confrontation des idées que l'amélioration du coeur.

Tout le reste m'apparaît comme des billevesées.

La foi n'est rien sans la charité.

Ça vient de Paul de Tarse, un type qui persécutait la nouvelle religion parmi les siens avant que de devenir son représentant le plus engagé.

La foi, les idéologies, les idées: néant.

Seule la charité donne du corps et de l'âme aux humains que nous sommes.

Je n'avais rien à dire.

Rien à écrire.

Et je vous ai pondu ça comme un neuf.


Bill ne mendiera plus jamais à l'aide sociale

Bill était du genre paresseux. Chaque fois qu'on lui criait de faire ceci ou cela, il arrêtait de travailler. Il disait qu'il ne marchait pas à coups de pieds dans le cul dans la vie. Et comme il ne tombait que sur des emplois minables, pour plusieurs raisons inutiles d'expliquer ici, il ne travaillait plus. Et c'est parce qu'il ne travaillait plus, par ailleurs, qu'il avait du temps pour réfléchir et faire de l'argent.

Tout commença par une demande d'aide chosiale que Bill devait faire parce qu'il avait épuisé ses prestations d'assurance-fromage.

L'agent de l'aide chosiale lui avait expliqué que c'était vraiment une aide de dernier recours et qu'il était mieux de se trouver du boulot. Bill l'avait envoyé chier. Le lendemain, il acceptait de recevoir de l'aide des motards...

Un jour que Bill croisait l'agent de l'aide sociale avec ses nouveaux amis, tout à fait par hasard, il en profita pour aller le saluer.

-Te souviens-tu d'moé man? lui demanda Bill.

L'agent, un petit gros plutôt chauve avec du fromage entre les dents, lui balbutia une réponse.

-Tu t'souviens pas d'moé? ricana-t-il de plus belle, Bill.

Et l'agent, eh bien, il s'écrasa tout net et fit même un petit pipi dans sa culotte.

-M'as t'enseigner el' respect mon tabarnak! continua Bill.

Les autres gros gras avec Bill ricanèrent à leur tour.

Bill crissa un coup de pied dans le cul de l'agent de l'aide sociale qui détala en courant.

-Hostie! Y'en n'a plus un christ qui va m'faire chier tabarnak!

Cette formule, un peu courte, lui servait désormais de devise.

Plus jamais il n'irait mendier à l'aide sociale.

mardi 6 novembre 2018

Je me fous du secret de la Caramilk

L'homme se berçait sur sa galerie de bois décolorée par le soleil et les vents. Des lambeaux de peinture tenaient lieu de duvet pour les poutres.

La barbe de l'homme était poivre et sel. Plus sel que poivre à vrai dire. Il ressemblait vaguement à Dostoïevski, si vous voyez ce que je veux médire. Cependant, il ne parlait pas. Pour la simple et bonne raison que je ne lui parlais pas. Peut-être parlait-il mais je ne lui ai pas parlé et j'ai supposé qu'il ne parlait pas, qu'il ressemblait à Dostoïevski et qu'il se berçait sur sa galerie de bois décolorée sans mot dire.

Je ne sais même pas ce qu'il foutait là.

Locataire? Propriétaire? Ami en visite? Aliéné en fuite?

Rien, je vous dis.

Je n'en sais rien.

Il berçait sur sa galerie de bois décolorée.

Il avait l'air bizarre.

Et moi aussi peut-être.

J'ai poursuivi mon chemin.

Il est peut-être encore là.

Ou bien plus de tout.

Évidemment qu'il n'y a rien dans cette histoire.

Je ne devrais même pas vous embêter avec ça.

Parce qu'il n'y a rien là-dedans.

Rien.

...

...

Mais pourquoi cette grosse barbe?

Cette galerie?

Cette chaise qui craque?

Et Dostoïevski?

Ce ne sont pas des questions intéressantes.

Pourtant, j'aime mieux me poser celles-là que bien d'autres.

Le secret de la Caramilk, je m'en fous.


samedi 3 novembre 2018

De la Lune à la Terre

Le monde va mal et pour ne pas en souffrir je vis intensément mes rêves en leur accordant souvent plus de substance que je n'en accorde à la réalité.

Il y a du bon monde sur cette Terre, c'est certain. J'en croise tous les jours sur mon chemin.

Néanmoins, il y a aussi quelque chose comme l'Argent.

Et le Pétrole.

Et la Destruction.

Quelque chose de tout croche et tout de travers que l'on essaie de raisonner avec des chiffres, des poèmes ou des émeutes.

C'est fou.

Qu'elle voie reste-t-il à prendre?

Celle de Tchekhov, en ce qui me concerne, sans oublier celle de Baudelaire.

Anywhere but out of this world, parfois.

Et souvent, au combat pour améliorer ce monde de lâches et de crapules, prêt à soigner des vies plutôt qu'à maudire les pauvres créatures stupides que nous sommes.

Jamais tout à fait dans les limbes.

Jamais tout à fait fonctionnaire de la bonne cause, quelle qu'elle soit.

Poète et aide-soignant à ma manière.

Un peu dans la Lune et beaucoup sur Terre, malgré tout.


mardi 30 octobre 2018

Le retour des brutes

Si ça va mal dans le monde, ce n'est pas à cause des grosses ordures racistes qui ont une roche à la place du coeur et rêvent de plus grands malheurs pour leurs prochains.

Si ça va mal dans le monde, c'est à cause de ceux et celles qui pensent à plein de trucs sauf à l'Argent, au bowling, aux beaux gars, aux belles filles ou aux gros chars.

Toute pensée qui sort de ce cadre est dangereuse pour la société.

Elle remet directement en question ce qui ne doit pas être questionné.

La philosophie ne vaut pas un bon bâton de baseball qui siffle au-dessus de la tête d'un chialeur rempli d'effroi.

La bonté ça ne vaut pas une bande de joyeux lurons qui tabassent un homo dans un coin sombre.

Il y a des limites à se fermer les yeux.

Voilà pourquoi ça va mieux aller dans le monde.

C'est le retour des brutes.

Je vais me battre contre ces brutes, comme d'habitude.

Parce que je ne vais jamais demeurer les bras croisés devant la haine et l'injustice.


jeudi 25 octobre 2018

Chroniqueur au Journal de Marde

Il était une fois un crétin qui vivait dans un quelconque dominion de l'empire britannique.

Il ne portait pas de chapeau colonial, mais tout ce qui se passait sous l'occiput était de la pensée coloniale.

Évidemment, il traitait facilement de «donneurs de leçons» les personnes plus compétentes et surtout plus bienveillantes que jamais il ne le serait.

C'était sa façon de marquer son territoire: s'en prendre au talent pour mettre en valeur sa médiocrité.

Et comme le dominion de cet empire était fondé sur de la médiocrité, il s'y trouvait en bonne posture pour que jamais rien ne change. Bref, il était en haut de l'organigramme, juste aux pieds des maîtres, et il n'attendait pas abandonner l'os qu'on lui laissait gruger.

Il n'écrivait pas sans faute. Mais comme il s'était mis à faire de la politique, il s'était vite trouvé quelqu'un pour corriger ces «procès-verbaux» de séminariste cloîtré, pévés qu'il tenait pour de grandes chroniques du Journal de Marde.

Selon ce crétin, tout ce qui allait mal dans le monde était de la faute des syndicalistes, des environnementalistes, des féministes, des socialistes, des humanistes, des cyclistes, des piétons, des altermondialistes, des anarchistes, des communistes, des écologistes et bien sûr des demandes extravagantes des races et autres positions sexuelles.

Ça ne tenait pas debout, bien sûr, mais c'était à l'image de ce Journal de Marde.

Et le Québec était devenu à l'image de ce Journal de Marde: mesquin, médiocre, mauvais, méchant. De la vraie marde pour tous et toutes.

Ce soir, vous pourrez encore profiter de ses opinions «nuancées» au bulletin de nouvelles télévisé. Il entrera ensuite dans vos oreilles pour sa chronique radiodiffusée le matin. Puis il y aura toujours le Journal de Marde pour que vous puissiez lire ses âneries.

Ce type n'est rien pour moi.

Rien qu'un serviteur du pouvoir qui a besoin de telles personnes manipulables pour écraser toute velléité de changement ou de justice sociale au sein de la population.

Son rôle, c'est celui d'enculer le progrès.

La plupart le regarde faire sans rien dire.

Et finissent même par lui trouver des charmes.

Pas moi.

Moi, je le déteste franchement.

Franchement mardeux...

Les victimes s'accumulent autour de ses propos merdiques.

Les trolls les plus haineux le tiennent en adoration.

C'est un crétin qui vit dans un quelconque dominion de l'empire britannique.

Il  ne porte pas un chapeau colonial, non.

Mais il est colon en sacrament.

Créyez-moé.




mercredi 24 octobre 2018

La politique à coups de batte de baseball

Résultats de recherche d'images pour « batte de baseball »Il est difficile de reprendre contact avec la beauté dans un monde qui devient si laid.

J'essaie tant bien que mal de sublimer cette laideur.

J'essaie de la rabaisser à un conte pour enfants, une farce ubuesque, un nain caché derrière un écran de fumée comme jadis le Magicien d'Oz.

Mais force est d'admettre qu'aussi farfelu que le pouvoir puisse apparaître, il est bien réel.

Il écrase tout sur son passage.

Ou presque.

Ce presque, je ne sais même plus quoi dire à ce sujet.

Sinon que je résiste à toute la laideur du monde.

Je résiste en écrivant, en dessinant, en jouant de la guitare.

Même si le monde me rattrape.

Même si j'entends parfois siffler le batte de baseball des néo-fascistes au-dessus des têtes des artistes, des homosexuels, des transgenres et autres marginaux qui ne correspondent pas au format standard.

Je ne suis pas indifférent au sort de ce monde.

Je veux vivre dans un monde meilleur.

Je dis ça comme si je ne disais rien.

Il y en a qui s'en foutent du monde meilleur et des promesses à n'en plus finir.

Ils sont pragmatiques.

Ils donnent des coups de batte de baseball sur la tête de ceux et celles qui leur bloquent le chemin.

Ils ont raison s'ils gagnent.

Les gagnants ont toujours raison.

Et finissent par faire passer les perdants pour des chiens.

Pour les traiter encore pire qu'ils ne traitent leurs chiens.

Je voudrais vous dire que la beauté se porte bien en ce monde.

Et je sais que je mentirais.

Je m'accroche pourtant à ce mensonge.

Parce que c'est ma manière de rire au nez des pervers qui abusent du pouvoir et justifient toutes leurs exactions d'un coup de batte de baseball.

Je ris.

Je peins.

J'ai sans doute perdu.

Mais je n'ai pas perdu la raison.

Au contraire: je l'ai préservée.

Il n'y aucune raison dans un batte de baseball.

Aucune.

***

Je termine d'écouter la saison 8 de la série Walking Dead. Je n'ai pas écouté les sept saisons précédentes. Sinon les trois premiers épisodes de la première saison.

Dans la dernière saison, j'y vois une métaphore du monde dans lequel nous vivons.

Tous et toutes sont cloisonnés derrière des murs et pensent résister aux zombies, des marcheurs morts-vivants qui sont tellement épuisés qu'on les achève facilement d'un coup de batte de baseball.

Puis vient un type avec un encore plus gros batte de baseball qu'il surnomme affectueusement Lucille.

Il se met à frapper non seulement les zombies mais aussi les humains pour appliquer sa loi, la sienne, la seule qui importe.

Pif, craque, boum, il vous défonce des crânes à chaque épisode sans que personne n'ose vraiment le défier. Les hommes se comportent comme des cloportes devant ce psychopathe. Ils lui obéissent par peur d'y passer. Et n'osent même pas le défier parce qu'ils chient dans leurs culottes devant lui encore plus que devant les morts-vivants.

Où veux-je en venir?

Je n'en sais rien.

À vous de me le dire.

Je n'ai pas écouté toute la série.

J'ai cru comprendre qu'elle est fondée sur un batte de baseball qui saigne.

lundi 22 octobre 2018

Rêver est ma raison d'être

Le pouvoir des connards vient en grande partie du fait qu'il y a statistiquement parlant plus de connards que de personnes vraiment sensibles et intelligentes. Vous me trouverez sans doute un peu misanthrope, mais je le suis sans aucune arrière-pensée méchante. Je ne fais que le constater, c'est tout.

De temps à autres, dans l'histoire, les connards se comportent en personnes intelligentes. C'est comme s'ils comprenaient tout subitement. Mais ils dégrisent vite. L'habitude vient les reprendre. Et les conneries s'ensuivent. C'est la force de l'habitude qui fait en sorte que toutes les révolutions tournent au vinaigre. On a tellement l'habitude de se faire dire que la récréation est finie que tout le monde sait inconsciemment qu'il faut s'enfoncer la tête dans ses épaules au moindre coup de sifflet.

On avance de deux pas et on recule d'un.

C'est lassant avancer ainsi. C'est la seule manière de marcher ici: n'en cherchez pas d'autres.

C'est tout ce que nous savons faire tous ensemble avec les connards.

Ça ne veut pas dire qu'il faille accepter la situation.

Et encore moins collaborer avec les connards.

Il faut tout simplement oublier ce monde de connards.

Et faire autre chose que d'avoir toujours affaire à des connards.

Voilà pourquoi la solitude m'est si chère.

J'aime mieux ça que de passer mes journées à feindre que je suis un autre. Que je suis normal. Que je suis un connard...

Je suis un artiste.

Rêver est ma raison d'être.

jeudi 18 octobre 2018

Le pot me rend de plus en plus Canadien

Je ne sais pas pour vous.

Mais pour moi, la légalisation du cannabis à des fins récréatives au Canada constituait un grand progrès de la civilisation.

J'ai comme ressenti une grande joie hier, malgré les incohérences et les restrictions encore débiles de la loi en matière de consommation récréative du cannabis.

Après l'élection de la Coalition Avenir Québec et la tendance mondiale à pousser des leaders populistes et réactionnaires au pouvoir, je puis dire que la légalisation du pot est apparue comme un vent de fraîcheur sur une pleine étendue de merde.

Il me sera peut-être plus difficile de me définir en tant que Québécois si le Québec se maintient dans cette lignée conservatrice.

Quelque chose en moi me dit que Justin Trudeau, malgré ses défauts, malgré les pétrolières et tout le reste, est la dernière digue du progrès dans un pays menacé de passer sous le contrôle de la droite dure, austère, raciste et mortifère. Ce pays, évidemment, c'est le Québec...

Justin Trudeau réussira peut-être le coup de me transformer en Canadien.

D'autant plus que le Québec ne va nulle part...

mardi 16 octobre 2018

C'est normal de ne pas être raciste

C'est normal de ne pas être raciste.

C'est même normal de manifester contre le racisme.

C'est normal d'avoir des amis provenant de tous les horizons et de toutes les tendances sexuelles.

C'est normal.

Par l'un de ces hoquets de l'histoire que je ne m'explique guère, on voudrait me faire avaler que c'est normal de penser le contraire.

Tout a commencé au Journal de Montréal, puis à TVA Nouvelles.

C'était à l'époque des accommodements raisonnables.

Mario Dumont et l'ADQ, ancêtre de la CAQ actuellement au pouvoir, entretenait la confusion sur ces thèmes. Son populisme légendaire de pseudo-Réal Caouette n'allait pas laisser passer ça: un levier pour soulever l'ADQ...

À tous les jours l'empire Québecor nous abreuvait de faits divers insolites pour mousser les ventes de leurs torchons.

C'était l'imam qui voulait des bines pas de porc à la cabane à sucre.

Ou bien le juif orthodoxe qui ne voulait pas voir de femmes en tenues légères derrière les fenêtres du gym qui offusque tant sa vue.

Tout ça, c'était une goutte de pipi dans un océan relativement propre.

On oublie rapidement que le rapport de la commission Bouchard-Taylor a aussi pointé du doigt le rôle négatif du Journal de Montréal dans la création de scandales qui n'en sont pas. En fait le rapport finissait par conclure qu'il n'y avait pas de réel problème au Québec avec les accommodements raisonnables. Et il proposait des pistes pour une laïcité relativement ouverte.

On a fait du millage sur du vent.

Il n'y avait donc pas de réel problème d'intégration des immigrants.

Il y avait seulement ce besoin de nuire et de médire pour faire du fric avec ça. De l'avidité et de la cupidité fondue en un seul bloc de stupidité.

Rien de plus.

Enfin, j'ose l'espérer.

Il me semble que l'excuse du cash passe mieux que celle du service à rendre à une supposée nation de triples abrutis racistes.

Ce n'est pas normal d'être raciste, voyez-vous.

Ni normal d'être fasciste.

Ni normal de chercher des noises aux militants des droits civiques pour ensuite jeter des fleurs sur la racaille d'extrême-droite.

On fera encore du millage sur du vent.

On s'écorchera les uns les autres pour la pure satisfaction des sado-masochistes québécois qui aiment autant recevoir que de donner des coups de pieds au cul.

Comme disait l'autre, un certain Émile Nelligan:

C’est le règne du rire amer et de la rage 
De se savoir poète et objet du mépris, 
De se savoir un cœur et de n’être compris 
Que par le clair de lune et les grands soirs d’orage !

lundi 15 octobre 2018

Je n'aime pas le monde


J'avais 20 ans et je voulais changer le monde. Je n'y trouvais pas ma place. J'en ai 50 maintenant. Je veux toujours changer le monde. Et si j'ai trouvé ma place, c'est n'importe où loin de ce monde.

Enfin, mon âme fait explosion, et sagement elle me crie : « N’importe où ! n’importe où ! pourvu que ce soit hors de ce monde ! »
Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose
 ***

Je voudrais vous en dire plus. Et il me semble que ça dit tout.

Je refuse ce monde.

Je le refuserai toujours tel qu'il est.

Parce qu'il est laid, mal, pourri.

Le monde est beau loin du monde.

Le monde est beau dans le bois.

Le monde c'est super quand il n'y a pas de monde.


***

La compagnie de plus de trois êtres humains m'a toujours semblé difficile.

En groupe, je dois vérifier les sorties de secours pour préparer ma fuite.

Je n'aime ni les pressions familiales ni les pressions sociales ni les pressions tout court.

Le stress, c'est pour d'autres qui ne savent pas dessiner ou jouer de la guitare.

J'aime la paix.

J'aime l'amour.

J'aime Untel, Unetelle, Telautre...

Mais je n'aime pas le monde.

Le monde ne m'aime pas plus.

Ça ne dérange donc personne.

***

D'aucuns me diront que le monde n'est pas si pire, si laid, si bon, si gros, si noble, si ceci ou bien cela.

Ils ont tous raison. Le monde est leur représentation. Leur show. Pas le mien.

Mon monde à moi est merveilleux.

Il est peuplé de rires, de chants, de musiques et de dessins.

Comment voulez-vous que je m'habitue à un monde plus ennuyant que celui qui sort de ma bouche ou de mes doigts?

C'est impossible!

J'ai compris, enfin, après tant d'années, que j'avais trouvé mon monde.

Mon monde n'était pas de ce royaume.

Mon monde c'est un état d'esprit encore plus qu'un État de droit.

Mon monde c'est ma liberté, pure et subtile.

Mon monde c'est mon amour, total et inconditionnel.

Mon monde, c'est la tendresse.

Mon monde c'est n'importe où loin de ce monde.





vendredi 12 octobre 2018

Quand les vaches et les boeufs sortiront de l'enclos

Mon époque est déprimante.

J'y résiste tant bien que mal, avec cette arrogance que mon père m'a enseignée et qui se résume en cette seule parole: un homme ne meurt qu'une seule fois.

Vous allez me dire que c'est n'importe quoi, comme parole, mais pour moi ça résume tout.

Je ne crains pas la mort. Je l'ai vue de très près deux fois dans ma vie. Une fois en me noyant dans la Yukon River, noyade dont je suis miraculeusement sorti indemne. Puis une autre fois suite à un choc anaphylactique. Dans les deux cas, je me suis senti porté par un rêve tout en disjonctant avec mon corps. Si c'est ça la mort, ce n'est pas si effrayant.

La vie est bien plus terrible.

C'est elle qui demande du courage et de la résilience.

La mort ne demande rien.

La vie demande des comptes.

Elle ne va pas toujours dans le sens de la plus haute sagesse véhiculée parmi les humains.

Il faut marchander autant avec la cupidité qu'avec la stupidité des humains qui n'ont pas d'autres perspectives que l'argent.

Je crois, sans doute à tort, que la culture change le monde.

Mozart ne rime pas avec bombe atomique.

Ni Pussy Riots. Ni Plume Latraverse.

On cherche dans la politique des bons sentiments qui ne viennent jamais.

Parce que nous acceptons de vivre dans leur enclos.

Par absence de choix.

Par manque d'imagination.

Par mépris de la culture

On élève dix statues de politiciens pour une seule de poète.

Tant qu'à moi, je me fous des statues.

Mais je vois bien que ces tabarnaks de fonctionnaires polluent un peu trop nos paysages.

Même après leur mort.

Et je trouve ça bête à hurler.

Le summum de notre soumission à l'autorité: vouer un culte à un fonctionnaire de l'État!

Pouark!

Même pour un poète, je trouve ça un peu déplacé, une statue.

J'aime mieux les statues et châteaux de sable de Sainte-Luce-sur-Mer tant qu'à faire.

On ne se trompe jamais avec la beauté.

On se trompe souvent avec la politique.

D'autant plus que le but ultime de la politique est de nous tromper.

De nous gouverner.

De nous tenir dans l'enclos.

Aussi libres que des vaches qui regardent les trains passer.

Souhaitons que ces trains de marchandises ne soient pas convertis pour servir la déportation des êtres humains jugés indésirables par quelque autorité d'une autre époque.

Souhaitons que les vaches et les boeufs, pour une fois, se concertent pour aller voir de l'autre côté de la clôture électrique. Souhaitons qu'ils  vivent une seule journée de leur vie comme des bisons défiant le fermier et les prédateurs.

Une seule journée...

Une semaine...

Un mois...

Avant que de retourner dans l'enclos pour finir leur jour en pliant le col, comme d'habitude, parce que prout caca pouet pouet.

Une vie sans courage, tout compte fait, ça ne me tente pas.

Il y a encore bien des combats à mener dans ce monde tout croche.

Je me crache dans les mains tous les matins et je recommence.






mardi 9 octobre 2018

Les renards et les loups



Une parole vraie pèse plus lourd que mille mensonges à l'échelle d'une vie.

Et mon opinion ne diffère pas malgré les «prospérités du vice» et les «infortunes de la vertu».

D'aucuns peuvent mentir, manipuler, frauder les consciences et j'en passe.

Il s'en trouvera parmi le peuple pour les trouver rusés comme des renards et dignes de confiance.

Il y en aura qui se donneront des airs de loup tout en étant soumis et loufoques.

Probablement qu'ils ne me lisent pas.

Et qu'ils se foutent des sensibleries des artistes, des intellectuels et autres gratteux de guitare.

Ils n'ont pas le temps de jouer de la guitare, eux.

Ni de lire des livres alors qu'il y a de l'argent à aller chercher ici et là.

Ils ont à peine le temps de haïr...

Ils sont comme ça: ternes et froids.

Mais ils ne m'auront pas les mautadits!

Je vais continuer d'avoir le coeur à la bonne place.

Je vais continuer de me battre pour une société libre, démocratique et inclusive.

Le racisme et le sexisme ne sont pas des opinions: ce sont des problèmes.

Et c'est en tant que problèmes que je vais les considérer, rien de plus.

Mon diagnostic sera probablement tranchant.

Mais personne n'y perdra un bras.

On peut tous et toutes vivre ensemble ici et maintenant.

Cela va de soi.

Même pour les ploucs me semble-t-il.










samedi 6 octobre 2018

Les fleurs ne poussent pas en tirant sur les racines



Il m'est impossible de voir de la bienveillance et de l'humanité lorsque l'on attise la haine entre les citoyens et les citoyennes.

Un État de droit n'est pas la somme d'une histoire glorieuse qui descend de la montagne embrumée.

C'est un état de fait fondé sur des principes juridiques difficilement contournables dans une société libre, ouverte et démocratique.

D'aucuns voudraient nous faire accroire que nous sommes une tribu qui doit porter un chef sur un bouclier. Un chef qui dit n'importe quoi et en lequel l'on obéit aveuglément parce qu'autrement ce serait le chaos. On n'a jamais rien essayé d'autre dans cette tribu et quiconque voudrait tenter de le faire se ferait rapidement condamner à l'exil.

Je fais partie de ceux qui veulent seulement que les chefs nous foutent la paix. Je n'en veux pas des boucliers et des rassemblements au flambeau. Qu'ils aillent tous se faire foutre avec leurs logos et leurs drapeaux et leurs oripeaux. La paix. Qu'on me crisse la paix. Qu'on se crisse la paix. C'est tout.

Je soutiens quelque chose comme l'État de droit face aux balivernes du chef et de la meute qui jappe.

En fait, je n'en veux pas de chefs. Seulement des coachs. Des personnes qui aident les autres à grandir et à se dépasser. Pas des larbins qui obéissent à une vulgaire idéologie, qu'elle soit de gauche ou de droite, pour l'appliquer dans le réel comme si l'humanité était accessoire.

Je veux de la tendresse entre êtres humains tabarnak!

Tout ce qui amoindrit ne peut être que mauvais.

Les fleurs ne poussent pas en tirant sur les racines.



jeudi 4 octobre 2018

La médiocrité en marche !

Nous avons été habitués à beaucoup de médiocrité au cours des dernières années. La Coalition Avenir Québec nous en promet encore plus. Le Québec Ti-Coune tout entier s'est levé pour bégayer sa soif de changement en pointant du doigt la «musulmanie» et autres affaires que le monde ordinaire ne comprend pas.

Comment ne pas se sentir aigris face à des demi-portions intellectuelles qui voient le monde comme une lutte à finir contre la musulmanie, les communiches et l'accord du participe passé?

Je suis sans doute amer de constater que le pouvoir politique passe entre les mains de quelque chose de pire que les libéraux.

Je me sens tout honteux devant mes amis venus d'autres saisons dans l'espoir de bâtir avec nous la maison commune. Les voilà inquiets, blessés, menacés et intimidés. Je saurai les défendre. Mais combien serons-nous pour le faire?

Nous sommes quelque chose comme un petit peuple.

Un petit peuple sans rêves ni espérances qui n'en a que pour l'argent et qui, paradoxalement, en aura encore moins dans ses poches. Parce que l'argent ce n'est pas pour tout le monde.

L'argent c'est fait pour être regardé sans y toucher.

Il nous suffit d'admirer les riches avec vénération comme l'on adore les vedettes du hockey. On peut facilement vivre des victoires par procuration. Si Legault ou Bombardier ou Tartampion gagne: tout le monde gagne.

Oui, la médiocrité est au pouvoir.

L'âge moyen d'un Québécois? 46 ans.

L'âge moyen de la Génération X, ma génération, la plus ramollie et la plus aplatie de toute l'Histoire.

Il faudra attendre que ma génération passe pour que le Québec change.

Mettons 4 à 8 ans.

Pour le moment, c'est sa médiocrité que vous verrez en action.

Plus médiocres que ça, tu meurs.

Le hic c'est qu'on peut mourir à 20 ans et être enterré à 80.

C'est le cas du caquiste conventionnel.

Il ne sait pas qu'il est mort depuis très longtemps.

Et il marche comme un zombie halluciné dans notre monde qui ressemble de plus en plus aux coulisses de l'ONU.

Il pense qu'il n'y a que des zombies.

Parce qu'il ne regarde que son reflet dans son miroir.

Le miroir des autres ne l'intéresse pas.

Voilà.

Nous sommes dans la marde.

Dans la marde du caquiste devrais-je dire.

Oui c'est nauséabond.

Oui il y a des relents de fascisme.

Oui je l'ai déjà dit.

Oui je vais le dire encore...

mardi 2 octobre 2018

L'Argent a gagné ses élections

L'Argent a gagné ses élections.

Encore l'Argent.

Tout ce qui compte.

Le reste? On n'a même pas besoin d'avoir les bonnes réponses à des questions qu'on ne se pose même pas.

Le Québécois très moyen sacrifierait son père, sa mère et ses enfants pour un dollar.

Alors les immigrés, les écoles, les hôpitaux, Hydro-Québec... Pff! Qu'est-ce qu'il s'en crisse!

On a mis au pouvoir des demi-portions intellectuelles.

Comme dans le temps de Duplessis.

Comme des Habitants des années '50.

L'Argent a gagné ses élections.

Encore l'Argent.

Tout ce qui compte pour un tarlais et une tarlaise.

lundi 1 octobre 2018

FAISONS SORTIR LE VOTE ORANGE !

Peu importe qui gagnera ses élections, quelque chose s'est à jamais fissuré dans l'image que nous nous faisions du Québec jusqu'alors.

De tristes sires nous ont habitués à nous rasseoir, déçus, rassis et amers.

Cela fait des siècles qu'ils nous dépriment avec leurs courtes vues sur la communauté.

Pour eux, ce sera toujours au plus fort la poche. Toute autre vision de développement humain est non seulement ridiculisée mais vouée aux gémonies.

L'hégémonie de cette idéologie triste et exsangue est menacée par la piètre qualité de ses agents de promotion.

Face à une femme qui se tenait debout devant trois fieffés menteurs, les vieilles rengaines ne font plus le poids.

Il y a quelque chose dans l'air qui rappelle la Vague Orange.

Quelque chose qui rappelle même l'élection du PQ en 1976, quand Gérald Godin battait Robert Bourassa dans son propre comté avec des poèmes décapants qui ridiculisaient les vieilles peurs sur lesquelles a si honteusement surfé Jean-François Lisée.

Le PQ s'est disqualifié de cette élection pour cause de xénophobie.

La CAQ le sera pour la même raison.

Le Parti Libéral du Québec, c'est la corruption à fond Léon.

Pour un Québécois et une Québécoise, je crains qu'il n'y ait plus tant de choix...

Voter Vert? Pourquoi pas.

Ne pas voter? J'ai déjà entendu ça. On me dirait qu'il faudrait vivre tout nu que j'aurais la même réaction un peu indifférente. M'en fous que les gens veuillent vivre tout nu. Je les laisserais vivre tout nu.

Alors quoi?

Mais oui.

Québec Solidaire.

Il fait soleil. Les bureaux de vote sont ouverts.

J'ai bon espoir.


samedi 29 septembre 2018

La révolution joyeuse

J'ai 50 ans et suis déjà un homme d'une autre époque.

Beaucoup de mes anciens repères sont disparus. J'essaie de m'y retrouver tant bien que mal. Je suis parfois dépassé tant par la technologie que par les nouvelles idées. Et je m'en voudrais de devenir l'archétype du vieux grincheux qui en veut autant aux ordinateurs qu'aux droits civiques.

J'ai la chance d'être un artiste. Ça m'a permis de rester jeune et indigné sur une très longue période. Je doute même qu'elle ne s'achève un jour.

Cela dit, même ma révolte a évoluée.

Au tout début, mes problèmes personnels et la pauvreté vécue dans mon enfance donnaient la teinte à mes actions. 

J'ai commencé à faire du vandalisme politique vers l'âge de 12 ans. C'était en 1980. Je m'étais acheté de la peinture en aérosol et je traçais des OUI avec une fleur de lys sur les portes de garage de la P'tite Pologne avec un ou deux amis. Heureusement que je ne me suis jamais fait prendre.

Ou malheureusement. Puisque je me suis radicalisé ensuite. Je faisais des graffitis plus engagés au fil de mes lectures. J'en étais à Nègres Blancs d'Amérique de Pierre Vallières. Le récit de son enfance collait parfaitement avec ma propre enfance. J'ai senti une parenté intellectuelle. J'étais devenu socialiste et indépendantiste, en faveur de la décolonisation du Québec.

Le référendum de 1980 avait été perdu.

Le No Future gagnait du terrain.

Je dessinais des faucilles et des marteaux avec ma bombe aérosol sur tous les murs de la ville puis, bientôt, de la faculté de droit de l'Université Laval...

Je graffitais des «Vive la révolution!», «Socialisme et indépendance», «République socialiste du Québec!», «Fuck les bourgeois!», «Droit = bourgeois», etc.

Je faisais ça tard le soir. Après avoir bu quatre litres de vin pour me donner du courage.

Je faisais ça tout seul. J'étais le seul camarade de mon organisation révolutionnaire, le seul membre, le seul chef.

Je devais sans doute m'ennuyer...

Un jour, alors que j'étais préposé aux bénéficiaires au Centre hospitalier de l'Université Laval, je suis tombé par hasard sur le journal Combat Socialiste publié par Gauche Socialiste. J'ai participé à l'une de leurs réunions. Puis, de fil en aiguille, j'ai participé avec eux à tout plein de manifs et d'actions politiques tout en recevant une formation en vue de devenir un «cadre» marxiste révolutionnaire.

J'ai été adoubé au bout de quelques mois et reconnu pleinement en tant que camarade. 

Je me suis mis à publier des textes dans Combat Socialiste tout en distribuant des tracts ici et là.

Puis il y a eu 1989. Le doute s'est installé sur Trotski et l'Armée Rouge. La chute du Mur de Berlin, la chute du communisme, la place Tien An Men: ça devenait lourd pour un marxiste.

J'ai tout lâché suite à une réunion de cellule où des camarades féminines reprochaient à un camarade et ami d'avoir en sa possession des magazines Hustler.

Elles disaient que c'était inadmissible pour un camarade qui se disait féministe d'avoir des Hustler chez-lui qui présentaient les femmes dans des positions avilissantes.

J'avais 19 ans. J'ai défendu le droit du camarade à se crosser.

-On doit bin avoir le droit de s'crosser tabarnak! me suis-je offusqué. J'avais moi aussi des Hustler à la maison caché sous une pile de journaux Combat Socialiste!

J'ai donc rédigé une lettre au secrétaire du Parti pour lui dire que je foutais le camp, sans pour autant renoncer à l'action militante. J'allais devenir anarchiste, tiens. Trotski avait étouffé la révolte des marins révolutionnaires de Cronstadt. Il aurait été Staline à la place de Staline s'il l'avait pu. Le ver était déjà dans la pomme. Le bolchevisme n'a jamais été rien d'autre que l'étouffoir de la vraie révolution russe, une révolution qui venait du coeur, la révolution des femmes qui marchaient dans les rues de toute la Russie pour réclamer l'abdication du tsar et la république. Ils ont été les fossoyeurs de la révolution pacifique de février 1917. 

Bref, je suis allé me faire voir ailleurs, à Montréal, où je suis tombé sur le groupe Socialisme et Liberté, de tendance rouge et noire, des anarcho-communistes mettons qui publiaient le journal Rebelles. J'y ai passé quelques mois. J'ai participé à quelques actions. J'ai tenté de partir une cellule à l'UQTR. Mais mon professeur de philosophie. feu Alexis Klimov, m'a fait prendre conscience que ma révolte était encore plus grande que tout ce que je n'avais encore jamais imaginé.

Ma révolte était existentielle. Semblable à celle d'Icare qui s'envole du labyrinthe avec ses ailes de cire qui risquent de fondre au soleil.

Au cours de cette période, j'ai lu comme un forcené. Puis j'ai pris de l'alcool, beaucoup d'alcool, et probablement toutes les drogues imaginables, dont du LSD. Ce qui a fait péter ma coquille.

J'avais besoin d'amener ma révolte ailleurs.

C'était une révolte contre moi-même ou mon vrai moi est sorti vainqueur.

C'était à Vancouver, en 1993.

J'étais seul. Je ne parlais à peu près pas anglais: yes, no, mustard, relish...

J'étais parti sur un coup de tête. Un coup de désespoir.

Quelques mois plus tard, un nouvel homme revenait au Québec après avoir vécu un temps dans l'Ouest canadien, en Alaska et au Yukon.

Je parlais désormais anglais. J'avais accès à plus d'information qu'auparavant. Ma pensée n'était plus la même et, plus important que tout ça, j'avais gagné une confiance en moi sur les plans amoureux et sexuels.

J'ai continué de militer à ma façon, sans faire référence à une organisation.

Mon séjour chez les trotskistes m'a rendu à jamais allergique aux structures organisationnelles.

Je milite comme ça me tente et quand ça me tente. Je ne suis jamais aucun mot d'ordre. Je call les shots.

En 2012, j'ai été surpris de constater que je n'étais plus seul. 

Des centaines de milliers de Québécois et Québécoises se sont soulevés au cours des plus impressionnantes manifestations de toute l'histoire du Québec. 

J'ai affronté la loi spéciale avec mes nouveaux camarades dans les rues de Trois-Rivières.

La police ne faisait rien.

Les gens sortaient sur les balcons pour nous applaudir dans Ste-Cécile et la P'tite Pologne.

Il y avait une atmosphère de libération. Quelque chose que je n'avais encore jamais vécu auparavant.

Ce n'était pas une révolution triste. 

Non. C'était joyeux. La joie affrontait de tristes sires qui voulaient rappeler au peuple que les seuls rêves autorisés sont ceux des promoteurs immobiliers et autres vendeurs d'asphalte à trois fois le prix du marché.

Le Printemps Érable s'est essoufflé. Mais Jean Charest a été battu dans son comté et les libéraux aussi. Ils avaient fait couler le sang du peuple dans nos rues et lancer sur les étudiants des charges de la cavalerie cosaque de la SQ.

À la veille des élections qui auront lieu lundi le 1er octobre, je suis encore révolté.

Mais c'est cette révolution joyeuse qui m'anime.

Ce besoin de casser la tristesse, l'ennui et le vide des vieux partis politiques traditionnels.

La nature a horreur du vide. 

Et les jeunes comme les vieux n'en peuvent plus des faces de carême de la vieille garde politique.

Rêver n'est pas du luxe pour une communauté humaine.

C'est une nécessité.

Ceux qui veulent étouffer les rêves peuvent bien aller se faire foutre quant à moi.

Je ne veux même pas argumenter avec les zélotes du statu quo et encore moins avec ceux qui ne comprennent pas l'urgence de changer notre gestion de ce monde pour laisser aux générations futures ne serait-ce qu'un peu d'oxygène.

Cela dit, je suis un vieil homme déjà.

Je ne comprends pas tout.

Mais ce n'est pas moi qui vais étouffer les rêves de la jeunesse.

D'autant plus qu'elle s'amuse, cette jeunesse. Elle a l'arrogance de son intelligence. Les vieux qui la méprisent leur arrivent rarement à la cheville au plan strictement rationnel. Leur esprit est souvent plus vif et plus aiguisé. Ils en savent plus long que leurs parents, très souvent. Mais on ne veut pas le voir. Et surtout pas l'entendre. Et c'est dommage.

La révolution joyeuse s'en vient. Je sais qu'elle est là, toute prête.

Elle va nous débarrasser de ce climat de peur et d'austérité maniaque.

Elle va libérer notre avenir coincé par les digues de l'insignifiance.




mardi 25 septembre 2018

Un rêve pour Trois-Rivières

Il m'arrive de rêver. J'ai rêvé cette nuit que la Kruger était démolie et remplacée par une forêt de pins par pure vengeance des forêts rasées au Nord de la rivière Tapiskwan Sipi. J'ai rêvé que les plages de sable fin étaient rétablies du port jusqu'au Pont Laviolette. J'ai rêvé que Trois-Rivières, pour une raison qui m'échappe, était devenue la nouvelle Capitale du Québec, à mi-distance entre Québec et Montréal, au coeur d'un nouvelle révolution écologique qui bannirait les odeurs de marde de la Kruger, le Grand Prix de Trois-Rivières et le Rodéo de Saint-Tite.

J'ai rêvé que l'autoroute 755, ce mur de la honte qui pollue la ville des tous côtés, était transformée en zone verte réservée aux vélos et aux tramways électriques. J'ai rêvé que ma ville respirait enfin de l'air pur et qu'elle était belle, encore sauvage, débarrassée d'une mode de gestion dangereux pour la vie humaine qui date du XIXe siècle...

lundi 24 septembre 2018

MOÉ C'EST QUÉBEC SOLIDAIRE !

Suis allé voter hier au Pavillon Lemire, à Trois-Rivières. Un vieux monsieur un peu étrange, probablement pauvre et miséreux, les pantalons courts remontés en-dessous des aisselles, revient de l'isoloir et remet son bulletin qui n'est pas plié. «Vous devez plier votre bulletin, détacher cette bande et déposer votre bulletin dans l'urne...», lui dit la scrutatrice. «M'en fous! réplique le monsieur. MOÉ C'EST QUÉBEC SOLIDAIRE!»

dimanche 23 septembre 2018

Le 1er octobre 2018 le Québec enverra chier les Cheufs



Wilfrid Laurier disait des Canadiens-Français qu'ils n'ont pas d'opinions politiques, seulement des sentiments.

Il y a peut-être un peu de vrai là-dedans.

Les Québécois et Québécoises, qui selon moi forment déjà un nouveau peuple, vont probablement voter selon leurs sentiments.

Et je ne nous donnerai pas tort là-dessus.

Trois «Cheufs» ont passé pour de fieffés menteurs doublés de parfaits incompétents face à une dame qui n'avait pas besoin de dire qu'elle était le Cheuf.

Ça s'est passé devant des millions de Québécois et Québécoises.

De gauche à droite, je pense qu'on s'entend pour dire que Manon Massé a parfaitement incarné l'idéal de son parti qui s'inscrit dans la continuité de la révolution tranquille des années '60.

De l'argent, il y en a dans les poches de la mafia.

Cela n'échappe à personne que l'État peut percevoir plus de revenus de nos ressources naturelles comme des banques et des multinationales. Parce que nous, le peuple, sommes souverains.

S'il y a 12 milliards pour les amis de Bombardier, le béton et l'asphalte payés trois fois le prix, eh bien il doit y en avoir pour nos écoles, nos hôpitaux, nos dents et le transport en commun.

Fin de la partie.

Échec et mat pour l'establishment qui n'est plus capable de faire appel à des personnes capables pour le représenter.

Tout est possible parce que les Québécois et Québécoises n'ont pas d'opinions politiques.

Parce que nous avons des sentiments.

Et de quoi étonner le monde entier quand ça nous prend.

Le 1er octobre 2018, c'est le Québec au complet qui enverra chier les Cheufs.

Le 1er octobre 2018, Québec Solidaire formera un gouvernement majoritaire.





vendredi 21 septembre 2018

Le débat des chefs / Comédie en un acte


C'est le débat des chefs. Le décor est laid. Les participants ont l'air de vrais pogos congelés. Puis ça commence. Pas de 13 coups. Ils ont été supprimés en raison de mesures d'austérité théâtrale.

Animateur: Bonsoir et c'est reparti pour un autre débat des chefs! Ça va être plate, je vous le dis tout de suite, mais ne changez pas de poste au cas où ce serait encore plus plate... On commence par Monsieur Lisée.

Lisée: Adil Charkaoui.

Animateur: Pardon?

Lisée: Excusez! Je me trompais de débat des chefs... D'ailleurs je suis un vrai chef moi. Je suis un politburo à moi seul et je réclame tout de suite que madame Massé s'agenouille devant moi en reconnaissant que je suis son vrai chef.

Animateur: Come on... Hostie qu't'es à côté d'la track...

Massé: Torrieu... Qu'est-cé ça ce débat-là?

Legault: 4 ans. Mandat de 4 ans. Maternelle de 4 ans. À partir de 4 ans. 4 fois. 4 saisons. 4 ans. Plus 7,8 cents de l'heure. Oui.

Couillard: Ah oui? 3500... 35... 98... 9 exposant 15... on retient 20... on ajoute les sinus et les cosinus... hum... oui... Laissez-moi vous dire que c'est très simple et surtout très agréable.

Massé: Torrieu!!!

Animateur: (À Lisée qui se met à avoir l'écume aux lèvres.) Calme-toé mon ti-loup!

Lisée: Ahou! Wa! Ouaf! Jappy Toutou!

Couillard: Vous soufflez sur les braises de l'intolérance.

Legault: Je sais rien mais qu'est-cé qu'ça peut bin faire que j'sache rien? Trump aussi sait rien et ça l'empêche pas d'être riche.

Lisée: Haha! Je vous tiens au piège Monsieur Legault!

Legault: De quoi c'est tu parles encore toé-là?

Massé: On peut-tu juste changer el' monde torrieu?

Animateur: Tiens PKP me téléphone en privé et me dit que Lisée va frapper un mur.

Lisée: C'est moi le chef des chefs et tout le monde me veut partout et me désire et m'aime et rêve de frotter ma belle chevelure blonde...

Couillard: Je ne dirai rien de plus. Moins on en dit moins ça paraît qu'on vole la province.

Massé: Torrieu!

Animateur: C'est déjà la fin. Restez à l'écoute. Plein de commentateurs tous aussi nuls les uns que les autres vont nous parler de ce que vous venez de voir et d'entendre comme si c'était un match de hockey sauf qu'il n'y a pas de patinoire, pas de patin, pas de bâton, pas de Zamboni, pas de rondelle...

Lisée: Adil Charkaoui!

La foule: Ta yeule Lisée!

Lisée et Legault: (Hurle aux loups.)

Couillard: J'ajouterais 3,57% à mes commentaires précédents si vous le permettez.






jeudi 20 septembre 2018

Dans la lune


D'aussi loin que je me souvienne j'étais dans la lune.

J'apprenais vite à l'école. Parce que j'aimais être dans la lune. Plus vite j'apprenais plus vite je retrouvais ma lune.

Les professeurs, parfois désespérés de me voir glander, m'envoyaient heureusement à la bibliothèque.

-Bouchard! À la bibliothèque!

Et à la bibliothèque, naturellement, je tombais dans les livres.

C'était une autre façon d'être dans la lune.

J'ai passé mes études dans la lune. À la faculté de droit de l'Université Laval, je passais le plus clair de mon temps à lire des romans pendant que les profs parlaient des emphytéoses et autres termes juridiques répugnants pour un rêveur.

J'ai quitté le droit pour devenir préposé aux bénéficiaires.

Je travaillais de nuit la plupart du temps. La nuit, il y a moins de pression. Le jour le préposé est sollicité de tous bords et tous côtés. Et comme personne ne voulait faire des nuits, j'ai rapidement obtenu un poste.

Même en travaillant, je demeurais dans la lune.

Je n'étais pas irresponsable. J'accomplissais mes mandats avec brio. Mais c'est toujours comme si je me débarrassais de tout pour gagner le droit de retourner dans la lune.

Finalement, j'assume ce que je suis.

Je n'ai plus l'envie de me défendre ou de me justifier.

Je suis dans la lune.

J'ai un pied ici et la tête ailleurs.

Le moindre détail que j'observe prend des dimensions cosmiques.

Et j'aime ça.

Et je regrette d'avoir détesté longtemps ce que je considère comme étant la meilleure partie de moi-même.

Pour rentrer dans le rang.

Pour faire comme tout le monde.

Pour ne pas déranger ou faire scandale.

Eh bien, vieillir a cet avantage de me délivrer du jeu des apparences.

J'aime ce que je suis.

J'aime être dans la lune.

Et puis c'est tout.

jeudi 13 septembre 2018

Docteur Jivago, Victor Komarovski et Québec Solidaire

J'aime beaucoup Docteur Jivago. Tant le roman de Boris Pasternak que le film de David Lean. Il appert que je n'ai lu qu'une seule fois le roman. Alors que j'ai dû voir le film de David Lean au moins deux fois par année depuis l'âge de mes 20 ans. Tant et si bien que le roman a fini par avoir une existence un peu chimérique. Impossible de m'enlever de la tête Omar Sharif pour m'imaginer Docteur Jivago ou la belle Julie Christie pour Larissa.

Docteur Jivago, c'est l'histoire d'un poète qui vit à une sale époque: la Première guerre mondiale et la guerre civile issue de la révolution russe. Il sauve des vies au lieu d'en enlever. Il soigne au lieu de blesser. De plus, il rédige des vers, contemple le monde avec une insatiable et insaisissable curiosité où le scientifique ne renie rien au rêveur.

Plusieurs scènes du film m'ont frappé. Dont celle des déserteurs qui reviennent du front et tuent les officiers qui veulent les envoyer au charnier pour l'honneur d'une patrie où ils ne comptent pour rien.

Puis il y a cette scène où l'homme d'affaires Victor Komarovsky, joué par Rod Steiger dans le film de David Lean, nous parle des révolutionnaires.

-Ce sont des personnes capables... Ils vont gagner.

Komarovsky les finance par en-dessous, évidemment. Il finance tout un chacun au cas où le vent tournerait.

Et il a raison. Les révolutionnaires vont gagner. Ce sont des personnes capables qui font face à des personnes incapables et insouciantes qui ne peuvent tenir le pouvoir. La mort nimbe le pays de son auréole destructrice pour une guerre impérialiste insensée. Tout le monde déserte. Même le pouvoir ne croit plus au pouvoir.

C'est la fin.

Eh bien ça me résonne dans la tête encore et encore alors que nous sommes en campagne électorale pour désigner le prochain gouvernement du Québec.

Je ne suis pas Victor Komarovsky. Je me sens plus près de Docteur Jivago. Voire de Sancho Pansa. Ça dépend. Je dirais que je suis un Claude Blanchard socialiste.

Il n'en demeure pas moins que la gauche québécoise, celle qui s'est regroupée au sein de Québec Solidaire, est constituée de personnes capables face à des politiciens finis.

Des politiciens finis et usés qui me font penser à une bande de touristes perdus sur une banquise qui fond dans l'océan Arctique.

C'est la fin.

Ils peuvent jouer encore un ou deux tours, mais sans enthousiasme, d'autant plus que leurs enfants leur rappelleront que la banquise est fondue et qu'ils se noient dans les eaux glacées de l'indifférence.

***

Bref, je m'attends à une puissante surprise, non seulement le 1er octobre 2018, mais pour les 10 prochaines années sans aucun doute.

Les vieux partis doivent eux-mêmes piger dans le programme de Québec Solidaire pour se donner du contenu.

Plus de 75% de l'électorat semble soutenir les propositions de Québec Solidaire. Et ça paraît dans la duplicité des vieux partis qui viennent de sortir de leur torpeur avinée.

Il y a quelque chose dans l'air que je ne m'explique pas.

Un parfum de printemps érable. 1917 après l'échec de 1905. Quelque chose comme des airs de libération. Une lassitude de l'insignifiance.

Même à Trois-Rivières le maire Yves Lévesque s'écroule sous la pression de nouveaux conseillers municipaux qui forment maintenant une majorité en opposition à ses diktats.  On lui a fait clairement savoir qu'il avait perdu la partie. Échec et mat.

C'est la fin.

Et mes prédictions? Elles changent à tous les jours.

Je me surprends à rêver d'un gouvernement Québec Solidaire majoritaire.

Parce que je me souviens du 22 mars 2012, quelque part à Montréal.

La plus grosse manifestation de l'histoire du Québec.

Suivie d'une série de plus grosses manifestations de notre histoire.

Un incroyable brassage et partage d'idées.

Un état d'esprit encore pleinement porté et assumé par les militants et militantes de Québec Solidaire ainsi que par les toujours plus nombreux sans-partis comme moi qui les soutiennent.

C'est un mouvement de société plus qu'un parti.

C'est le début.




mercredi 12 septembre 2018

El gars qui voulait s'battre

L'autre jour, je n'avais plus de lait pour le café. Le seul dépanneur qui était ouvert aux alentours était le Couche-Tard de mon quartier. Il était sept heures du matin. J'ai marché jusqu'au dépanneur. Un homme dans la cinquantaine, saoul mort, l'air patibulaire, vacillait sur ses jambes tout en fumant une cigarette. Une jeune fille du Couche-Tard versait de l'essence dans son véhicule. Sa collègue, tout aussi jeune, m'apprit à l'intérieur que le forcené était arrivé saoul mort au dépanneur et répandait de l'essence partout autour de lui en tentant d'allumer sa cigarette et de faire le plein...

Elles avaient appelé la police. Mais comme elle tardait à venir, la jeune commis du dépanneur crut bon de faire le plein pour lui et de garer son véhicule à sa place.

-Je lui ai dit de venir chercher son char demain, nous confia-t-elle en ricanant tandis que j'attendais au comptoir.

-As-tu eu peur? lui demanda la caissière.

-Pantoute! Il m'a même envoyé des p'tits bis du bout des doigts!

Cet ivrogne était donc un gentilhomme malgré tout. J'en conclus que l'histoire était close. Je pourrais boire mon café en paix en me demandant comment font ces jeunes filles pour travailler dans des conditions relativement stressantes, surtout dans un quartier comme le mien, en plein centre-ville. Nos loups-garous urbains dopés d'alcool, de meth, de coke et de je ne sais quoi hurlent du jeudi au samedi soir, dimanche matin inclus.

Ce dimanche-là où je revenais avec ma pinte de lait j'ai recroisé sur mon chemin le trognon qui chauffait son auto tout fin saoul.

Il vacillait encore sur le trottoir, se demandant sans doute où était sa voiture...

Je l'ai légèrement dépassé.

-Salut mon chum tabarnak! qu'il m'a crié.

-Salut Saint-Chrême! lui ai-je répondu.

-Ej' cherche què'qu'un pour me battre! hoqueta-t-il.

-J'espère que tu vas en trouver un à ta taille d'ici la fin de la journée mon chum! Lâche pas!

J'ai poursuivi mon chemin tandis qu'une auto-patrouille de police passa à nos côtés.

Je me suis dit qu'au pire je lui rentrerais l'os du nez entre les deux yeux.

Je n'ai pas fait signe aux policiers que c'était lui.

J'aurais dû.

Il s'est peut-être battu avec quelqu'un.

Pour rien.

Parce qu'il ne feelait pas.




Abdel vote dans le comté de Trois-Rivières

Je connais Abdel depuis un lustre. C'est un bon Jack originaire de Bosnie-Herzégovine. Il est de confession musulmane mais il n'en fait pas un tapage publicitaire. Et même qu'il en ferait que je m'en foutrais un peu. Je n'exige pas plus d'un humain que d'un autre. Ma conception de la société repose sur l'idée fondamentale d'un État de droit qui protège les personnes des condamnations arbitraires. Je ne suis donc pas tout à fait un anarchiste, bien que je ne milite pour aucun parti politique.

Mais ne parlons pas trop longtemps de moi. Mon blog regorge de propos narcissiques que vous pourrez lire dans vos temps vraiment perdus.

Je vais plutôt vous parler de mon bon chum Abdel.

D'abord, il faut dire qu'il ressemble vaguement à Maurice Richard. C'est un gars solide sur ses épaules qui a fait deux ans de service militaire en ex-Yougoslavie.

On pourrait croire qu'il est du Lac St-Jean si ce n'était de son accent slave qui fait tout son charme auprès de nous. C'est comme voyager à peu de frais que d'entendre parler Abdel. Et le rire n'est jamais loin parce que, dans son coin de pays, on ne se fait pas que la guerre.

L'autre jour, Abdel me racontait qu'il existe un petit village dans son pays natal où un type un peu bizarre est persuadé de rouler en Mercedes alors qu'il enfourche un simple bâton. Tout le village s'est pourtant prêté à son jeu plutôt que de se moquer de lui. On a mis un sigle de Mercedes au bout de son bâton. Les policiers font semblant de lui donner des contraventions quand il est mal garé. Bref, il fait partie de la communauté qui, sous cet aspect, n'en devient que meilleure.

Nous avons aussi nos originaux et nos détraqués au Québec. Louis-Honoré Fréchette en a même fait l'un des plus grands livres de la littérature québécoise. Il y a chez les originaux et détraqués cette marque d'acceptation qui rend parfois l'humain plus grand. Cette ouverture à l'autre, à la différence, à la plus foudroyante des marginalités s'il le faut. Comme celle de feu mon chum Sylvain qui s'était fait mettre du botox sous le crâne pour se donner des cornes en harmonie avec sa langue fourchue épinglée de mille et un quossins. Il gagnait des prix dans des salons d'écorchés vifs à faire peur. Ça lui faisait du blé en plus des tatouages et piercings qu'il faisait.

Bien sûr qu'Abdel n'est pas un détraqué. Mais moi je le suis. Je veux dire que je suis un personnage de bande dessinée. Le marginal, eh bien c'est toujours un peu moi. Et je comprends cette pression sociale qui nous ferait haïr même notre droit d'exister. Je comprends ce que c'est que de se faire baver par des ploucs et des péquenauds.

Cela dit, je digresse encore. Parce que je ne maîtrise aucune stratégie.

Comme Abdel. Un vrai feu. Un artiste. Un gars qui te calisse un coup de pied dans une porte quand elle est fermée au lieu de chercher ses clés. C'est con. Mais c'est vivifiant.

***

J'avoue avoir un faible pour les gens passionnés et flamboyants.

C'est sans doute un défaut que je partage avec Abdel.

Hier, j'ai demandé à Abdel pour qui il allait voter aux élections.

Je sais d'avance qu'il ne voterait pas pour la CAQ ou le PQ pour les mêmes raisons que moi. QS ne l'inspire pas trop à cause de l'idée de la séparation en laquelle il ne croit pas pour des raisons que je partage en partie avec lui. D'autant plus que sa fille enseigne le français en Ontario avec son accent du Lac St-Jean. Elle m'a d'ailleurs dit que là-bas les francophones revendiquent de plus en plus de services et des écoles en français d'où un manque d'enseignants à combler. Elle m'a dit que les Nords-Africains francophones défendaient farouchement le fait français en Ontario et, à vrai dire, ça m'a fait chaud au coeur de savoir que la fille d'Abdel était missionnaire française en Ontario...

***

Abdel va voter pour le Parti Vert à Trois-Rivières.

Le candidat du Parti Vert, Aziz, est un christie de bon gars. Je suis sa carrière depuis un bout. Il travaille dans une maison pour itinérants. Je sais qu'il porte un idéal pour la communauté.

Je connais aussi la candidate du PQ, une bonne personne pour qui j'avais de l'estime lorsqu'elle était au conseil municipal face au maire Yves Lévesque. Malheureusement, sa formation politique suscite les craintes de mon ami Abdel. Et je comprends ses craintes.

Pour ce qui est de la CAQ on n'en parle même pas.

Et pour QS, eh bien la souveraineté est sans doute un boulet pour rejoindre le vote des citoyens issus de l'immigration. D'autant plus que bon nombre de péquistes influents ne cessent de siffler les chiens pour qu'ils aillent mordre les mollets des minorités. Les autres péquistes préfèrent se taire par stratégie, ce qui en dit long sur leur absence de valeurs ou de principes.

***

Abdel ne votera pas pour le PLQ. Moi non plus. Mais on en vient à souhaiter que le PLQ soit réélu plutôt que d'avoir à composer avec des politiques identitaires qui pueront la xénophobie et feront en sorte de peinturer dans un coin les Québécois au reste du Canada et du monde.

Mon père m'aurait certainement cité Arthur Buies pour les élections qui s'en viennent.

Buies qui écrivait, de mémoire, que les Anglais apprennent à lire et à compter tandis que les Canadiens-Français apprennent l'histoire et le petit catéchisme...

Abdel va sûrement «perdre» ses élections. Le Parti Vert a peu de chances à Trois-Rivières. J'espère que Aziz se présentera maire de Trois-Rivières. Ou Marie-Claude Camirand. Voire la fille de Abdel si elle revient. Fatima pourrait vous charmer avec sa gueule de punk, Lizbeth dans Millenium, et son accent du Lac St-Jean.

J'ai encore des chances de «gagner» les miennes.

Je crois encore en la possibilité d'un gouvernement Québec Solidaire majoritaire.

Deux semaines c'est une éternité en politique de nos jours.

Même Abdel est d'accord avec ça.

Même s'il rajoute que les politiciens sont tous des hosties de crosseurs et de mangeux de marde.







mardi 11 septembre 2018

Ailleurs



«Homme libre , toujours tu chériras la Mer!»
Charles Baudelaire, L'Homme et la Mer

Je reviens de deux semaines de vacances. L'une dans le fin fond du bois à Hérouxville. Et l'autre aux Bergeronnes, près de la mer.

J'ai peu écrit entre temps.

Lever de soleil aux Bergeronnes vendredi le 7 septembre 2018.
Je me suis baigné. J'ai nagé. J'ai ramé. J'ai marché. J'ai exploré la forêt et les barrages de castors. Puis j'ai contemplé.

Les mouches noires ne m'ont pas épargné.

Cependant, j'ai vite oublié la sylve obscure en m'abandonnant à la lumière qui nimbait l'immensité de la Mer, tout au bout du grand fleuve Magtogoek.

J'ai oublié le travail et la politique.

Et je me suis concentré sur le bal des baleines en compagnie de ma douce.

Je reviens les batteries rechargées. J'ai encore la sensation de flotter mais il y a plus encore: je ne suis déjà plus le même. 

Je suis transformé.

Je ressens intensément toute la fatuité et toute la vanité des humaineries.

J'envie presque la vie des hérons et des baleines.

Je suis ailleurs.

Et je reviens ici. chez-moi, avec la campagne électorale, les problèmes sociaux, la nuit sans étoiles...

Il y a pire, je sais.

Mais j'éprouve tout de même cette déception de revenir purger ma peine après avoir entrevu  pour un moment très furtif ce que pourrait être le paradis.


JE VOTE POUR VALÉRIE DELAGE, CANDIDATE QS DE TROIS-RIVIÈRES

Je vais voter pour Valérie Delage candidate de Québec Solidaire pour le comté de Trois-Rivières. Je ne suis pas membre de QS mais je partage certaines valeurs fondamentales avec cette formation politique qui mérite mon soutien: inclusion, justice sociale, féminisme. Valérie Delage représente bien ces idées.

La victoire de Valérie Delage à Trois-Rivières n'est pas impossible. 

Elle est réalisable si tous ceux et celles qui prétendent voter pour QS prennent la voie des urnes pour changer vraiment les rapports de force entre les pouvoirs de l'argent et la volonté du peuple.




jeudi 30 août 2018

Notes de campagne électorale / Québec 2018

Le Parti Québécois vient encore de perdre un candidat.

Après Muguette Paillé, c'est au tour de Pierre Marcotte de déclarer forfait.

On n'a pas à  creuser longtemps pour découvrir chez les péquistes qui hantent les médias sociaux des propos qui les disqualifient du service public.

Les seuls candidats péquistes présentables, tout compte fait, sont les mononcles et les matantes qui n'ont pas de connexion Internet. Ils tiennent sans doute les mêmes propos mais loin de l'oeil des internautes.

Je doute que Michelle Blanc demeure candidate jusqu'aux élections de novembre.

Le PQ fonce dans un mur et prend le chemin de la retraite. Ce joueur est déjà disqualifié avant même les élections. Le PQ est en compétition avec QS pour la dernière place.

À force de défendre l'indéfendable le PQ s'est peinturé dans le coin.

Les candidats islamophobes sont pourtant représentatifs d'une bonne frange des militants du PQ.

Les trolls péquistes et autres nonos de la Meute ont fait un tort irréparable au PQ qui n'a JAMAIS DIT UN CHRIST DE MOT pour se dissocier de ces vulgaires racistes de basse-cour.

Avez-vous entendu Véronique Hivon ou Jean-Martin Aussant critiquer la Meute, Storm Alliance ou autres groupuscules de nationalistes d'extrême-droite? Niet. Nada. Rien.

Je lis à tous les jours des péquistes de haut niveau, membres de comités péquistes, vomir leur haine des cosmopolites, multiculturalistes enturbanés, islamogauchistes, judéobolcheviques et autres calembredaines lepenistes.

Le PQ prend donc le chemin de la retraite.

Et il va disparaître.

Le plus tôt sera le mieux.

***

La CAQ? C'est le PLQ sans l'inclusion. De la marde avec de la marde. Juste parler de la CAQ ça me lève le coeur.

La CAQ c'est les défauts du PQ avec les défauts du PLQ.

Aucune qualité à en ressortir.

La démocratie de mononcle Le-Go.

La CAQ c'est Duplessis 2.0.

Avec encore plus de noirceur.


***

Je prévois, peut-être à tort, l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire. Je préférerais un gouvernement solidaire, mais je doute que ce soit pour cette année.

La stratégie des libéraux est de se donner un vernis de gauche avant les élections.

Un vernis pour attirer les presque solidaires.

Or, le PLQ c'est aussi de la marde.

C'est la mafia au pouvoir. C'est 30% à 50% de l'argent des contribuables toujours détourné vers les amis du pouvoir.

Le PLQ c'est faire couler le sang du peuple dans la rue, comme ils l'ont fait en 2012 sous Charest et ses voleurs.


***

Et maintenant QS. J'ai mes réserves. Je ne suis pas membre de QS. Je n'ai pas la fibre militante.

Mais dans un système politique comme le nôtre, c'est à peu près tout ce qui me rapproche de mes propres valeurs, dont l'écologie que QS devrait aussi défendre au Grand Prix de Trois-Rivières...

Je suis écologiste, humaniste, féministe, pour le plein respect des droits civiques et en faveur de la nationalisation de larges pans de notre économie, dont les banques.

Le seul parti qui peut concrètement changer quelque chose à la gestion du Québec, c'est Québec Solidaire.

Je vais donc voter pour Valérie Delage, candidate de Québec Solidaire pour le comté de Trois-Rivières.

Et vous?