dimanche 23 septembre 2018

Le 1er octobre 2018 le Québec enverra chier les Cheufs



Wilfrid Laurier disait des Canadiens-Français qu'ils n'ont pas d'opinions politiques, seulement des sentiments.

Il y a peut-être un peu de vrai là-dedans.

Les Québécois et Québécoises, qui selon moi forment déjà un nouveau peuple, vont probablement voter selon leurs sentiments.

Et je ne nous donnerai pas tort là-dessus.

Trois «Cheufs» ont passé pour de fieffés menteurs doublés de parfaits incompétents face à une dame qui n'avait pas besoin de dire qu'elle était le Cheuf.

Ça s'est passé devant des millions de Québécois et Québécoises.

De gauche à droite, je pense qu'on s'entend pour dire que Manon Massé a parfaitement incarné l'idéal de son parti qui s'inscrit dans la continuité de la révolution tranquille des années '60.

De l'argent, il y en a dans les poches de la mafia.

Cela n'échappe à personne que l'État peut percevoir plus de revenus de nos ressources naturelles comme des banques et des multinationales. Parce que nous, le peuple, sommes souverains.

S'il y a 12 milliards pour les amis de Bombardier, le béton et l'asphalte payés trois fois le prix, eh bien il doit y en avoir pour nos écoles, nos hôpitaux, nos dents et le transport en commun.

Fin de la partie.

Échec et mat pour l'establishment qui n'est plus capable de faire appel à des personnes capables pour le représenter.

Tout est possible parce que les Québécois et Québécoises n'ont pas d'opinions politiques.

Parce que nous avons des sentiments.

Et de quoi étonner le monde entier quand ça nous prend.

Le 1er octobre 2018, c'est le Québec au complet qui enverra chier les Cheufs.

Le 1er octobre 2018, Québec Solidaire formera un gouvernement majoritaire.





vendredi 21 septembre 2018

Le débat des chefs / Comédie en un acte


C'est le débat des chefs. Le décor est laid. Les participants ont l'air de vrais pogos congelés. Puis ça commence. Pas de 13 coups. Ils ont été supprimés en raison de mesures d'austérité théâtrale.

Animateur: Bonsoir et c'est reparti pour un autre débat des chefs! Ça va être plate, je vous le dis tout de suite, mais ne changez pas de poste au cas où ce serait encore plus plate... On commence par Monsieur Lisée.

Lisée: Adil Charkaoui.

Animateur: Pardon?

Lisée: Excusez! Je me trompais de débat des chefs... D'ailleurs je suis un vrai chef moi. Je suis un politburo à moi seul et je réclame tout de suite que madame Massé s'agenouille devant moi en reconnaissant que je suis son vrai chef.

Animateur: Come on... Hostie qu't'es à côté d'la track...

Massé: Torrieu... Qu'est-cé ça ce débat-là?

Legault: 4 ans. Mandat de 4 ans. Maternelle de 4 ans. À partir de 4 ans. 4 fois. 4 saisons. 4 ans. Plus 7,8 cents de l'heure. Oui.

Couillard: Ah oui? 3500... 35... 98... 9 exposant 15... on retient 20... on ajoute les sinus et les cosinus... hum... oui... Laissez-moi vous dire que c'est très simple et surtout très agréable.

Massé: Torrieu!!!

Animateur: (À Lisée qui se met à avoir l'écume aux lèvres.) Calme-toé mon ti-loup!

Lisée: Ahou! Wa! Ouaf! Jappy Toutou!

Couillard: Vous soufflez sur les braises de l'intolérance.

Legault: Je sais rien mais qu'est-cé qu'ça peut bin faire que j'sache rien? Trump aussi sait rien et ça l'empêche pas d'être riche.

Lisée: Haha! Je vous tiens au piège Monsieur Legault!

Legault: De quoi c'est tu parles encore toé-là?

Massé: On peut-tu juste changer el' monde torrieu?

Animateur: Tiens PKP me téléphone en privé et me dit que Lisée va frapper un mur.

Lisée: C'est moi le chef des chefs et tout le monde me veut partout et me désire et m'aime et rêve de frotter ma belle chevelure blonde...

Couillard: Je ne dirai rien de plus. Moins on en dit moins ça paraît qu'on vole la province.

Massé: Torrieu!

Animateur: C'est déjà la fin. Restez à l'écoute. Plein de commentateurs tous aussi nuls les uns que les autres vont nous parler de ce que vous venez de voir et d'entendre comme si c'était un match de hockey sauf qu'il n'y a pas de patinoire, pas de patin, pas de bâton, pas de Zamboni, pas de rondelle...

Lisée: Adil Charkaoui!

La foule: Ta yeule Lisée!

Lisée et Legault: (Hurle aux loups.)

Couillard: J'ajouterais 3,57% à mes commentaires précédents si vous le permettez.






jeudi 20 septembre 2018

Dans la lune


D'aussi loin que je me souvienne j'étais dans la lune.

J'apprenais vite à l'école. Parce que j'aimais être dans la lune. Plus vite j'apprenais plus vite je retrouvais ma lune.

Les professeurs, parfois désespérés de me voir glander, m'envoyaient heureusement à la bibliothèque.

-Bouchard! À la bibliothèque!

Et à la bibliothèque, naturellement, je tombais dans les livres.

C'était une autre façon d'être dans la lune.

J'ai passé mes études dans la lune. À la faculté de droit de l'Université Laval, je passais le plus clair de mon temps à lire des romans pendant que les profs parlaient des emphytéoses et autres termes juridiques répugnants pour un rêveur.

J'ai quitté le droit pour devenir préposé aux bénéficiaires.

Je travaillais de nuit la plupart du temps. La nuit, il y a moins de pression. Le jour le préposé est sollicité de tous bords et tous côtés. Et comme personne ne voulait faire des nuits, j'ai rapidement obtenu un poste.

Même en travaillant, je demeurais dans la lune.

Je n'étais pas irresponsable. J'accomplissais mes mandats avec brio. Mais c'est toujours comme si je me débarrassais de tout pour gagner le droit de retourner dans la lune.

Finalement, j'assume ce que je suis.

Je n'ai plus l'envie de me défendre ou de me justifier.

Je suis dans la lune.

J'ai un pied ici et la tête ailleurs.

Le moindre détail que j'observe prend des dimensions cosmiques.

Et j'aime ça.

Et je regrette d'avoir détesté longtemps ce que je considère comme étant la meilleure partie de moi-même.

Pour rentrer dans le rang.

Pour faire comme tout le monde.

Pour ne pas déranger ou faire scandale.

Eh bien, vieillir a cet avantage de me délivrer du jeu des apparences.

J'aime ce que je suis.

J'aime être dans la lune.

Et puis c'est tout.

jeudi 13 septembre 2018

Docteur Jivago, Victor Komarovski et Québec Solidaire

J'aime beaucoup Docteur Jivago. Tant le roman de Boris Pasternak que le film de David Lean. Il appert que je n'ai lu qu'une seule fois le roman. Alors que j'ai dû voir le film de David Lean au moins deux fois par année depuis l'âge de mes 20 ans. Tant et si bien que le roman a fini par avoir une existence un peu chimérique. Impossible de m'enlever de la tête Omar Sharif pour m'imaginer Docteur Jivago ou la belle Julie Christie pour Larissa.

Docteur Jivago, c'est l'histoire d'un poète qui vit à une sale époque: la Première guerre mondiale et la guerre civile issue de la révolution russe. Il sauve des vies au lieu d'en enlever. Il soigne au lieu de blesser. De plus, il rédige des vers, contemple le monde avec une insatiable et insaisissable curiosité où le scientifique ne renie rien au rêveur.

Plusieurs scènes du film m'ont frappé. Dont celle des déserteurs qui reviennent du front et tuent les officiers qui veulent les envoyer au charnier pour l'honneur d'une patrie où ils ne comptent pour rien.

Puis il y a cette scène où l'homme d'affaires Victor Komarovsky, joué par Rod Steiger dans le film de David Lean, nous parle des révolutionnaires.

-Ce sont des personnes capables... Ils vont gagner.

Komarovsky les finance par en-dessous, évidemment. Il finance tout un chacun au cas où le vent tournerait.

Et il a raison. Les révolutionnaires vont gagner. Ce sont des personnes capables qui font face à des personnes incapables et insouciantes qui ne peuvent tenir le pouvoir. La mort nimbe le pays de son auréole destructrice pour une guerre impérialiste insensée. Tout le monde déserte. Même le pouvoir ne croit plus au pouvoir.

C'est la fin.

Eh bien ça me résonne dans la tête encore et encore alors que nous sommes en campagne électorale pour désigner le prochain gouvernement du Québec.

Je ne suis pas Victor Komarovsky. Je me sens plus près de Docteur Jivago. Voire de Sancho Pansa. Ça dépend. Je dirais que je suis un Claude Blanchard socialiste.

Il n'en demeure pas moins que la gauche québécoise, celle qui s'est regroupée au sein de Québec Solidaire, est constituée de personnes capables face à des politiciens finis.

Des politiciens finis et usés qui me font penser à une bande de touristes perdus sur une banquise qui fond dans l'océan Arctique.

C'est la fin.

Ils peuvent jouer encore un ou deux tours, mais sans enthousiasme, d'autant plus que leurs enfants leur rappelleront que la banquise est fondue et qu'ils se noient dans les eaux glacées de l'indifférence.

***

Bref, je m'attends à une puissante surprise, non seulement le 1er octobre 2018, mais pour les 10 prochaines années sans aucun doute.

Les vieux partis doivent eux-mêmes piger dans le programme de Québec Solidaire pour se donner du contenu.

Plus de 75% de l'électorat semble soutenir les propositions de Québec Solidaire. Et ça paraît dans la duplicité des vieux partis qui viennent de sortir de leur torpeur avinée.

Il y a quelque chose dans l'air que je ne m'explique pas.

Un parfum de printemps érable. 1917 après l'échec de 1905. Quelque chose comme des airs de libération. Une lassitude de l'insignifiance.

Même à Trois-Rivières le maire Yves Lévesque s'écroule sous la pression de nouveaux conseillers municipaux qui forment maintenant une majorité en opposition à ses diktats.  On lui a fait clairement savoir qu'il avait perdu la partie. Échec et mat.

C'est la fin.

Et mes prédictions? Elles changent à tous les jours.

Je me surprends à rêver d'un gouvernement Québec Solidaire majoritaire.

Parce que je me souviens du 22 mars 2012, quelque part à Montréal.

La plus grosse manifestation de l'histoire du Québec.

Suivie d'une série de plus grosses manifestations de notre histoire.

Un incroyable brassage et partage d'idées.

Un état d'esprit encore pleinement porté et assumé par les militants et militantes de Québec Solidaire ainsi que par les toujours plus nombreux sans-partis comme moi qui les soutiennent.

C'est un mouvement de société plus qu'un parti.

C'est le début.




mercredi 12 septembre 2018

El gars qui voulait s'battre

L'autre jour, je n'avais plus de lait pour le café. Le seul dépanneur qui était ouvert aux alentours était le Couche-Tard de mon quartier. Il était sept heures du matin. J'ai marché jusqu'au dépanneur. Un homme dans la cinquantaine, saoul mort, l'air patibulaire, vacillait sur ses jambes tout en fumant une cigarette. Une jeune fille du Couche-Tard versait de l'essence dans son véhicule. Sa collègue, tout aussi jeune, m'apprit à l'intérieur que le forcené était arrivé saoul mort au dépanneur et répandait de l'essence partout autour de lui en tentant d'allumer sa cigarette et de faire le plein...

Elles avaient appelé la police. Mais comme elle tardait à venir, la jeune commis du dépanneur crut bon de faire le plein pour lui et de garer son véhicule à sa place.

-Je lui ai dit de venir chercher son char demain, nous confia-t-elle en ricanant tandis que j'attendais au comptoir.

-As-tu eu peur? lui demanda la caissière.

-Pantoute! Il m'a même envoyé des p'tits bis du bout des doigts!

Cet ivrogne était donc un gentilhomme malgré tout. J'en conclus que l'histoire était close. Je pourrais boire mon café en paix en me demandant comment font ces jeunes filles pour travailler dans des conditions relativement stressantes, surtout dans un quartier comme le mien, en plein centre-ville. Nos loups-garous urbains dopés d'alcool, de meth, de coke et de je ne sais quoi hurlent du jeudi au samedi soir, dimanche matin inclus.

Ce dimanche-là où je revenais avec ma pinte de lait j'ai recroisé sur mon chemin le trognon qui chauffait son auto tout fin saoul.

Il vacillait encore sur le trottoir, se demandant sans doute où était sa voiture...

Je l'ai légèrement dépassé.

-Salut mon chum tabarnak! qu'il m'a crié.

-Salut Saint-Chrême! lui ai-je répondu.

-Ej' cherche què'qu'un pour me battre! hoqueta-t-il.

-J'espère que tu vas en trouver un à ta taille d'ici la fin de la journée mon chum! Lâche pas!

J'ai poursuivi mon chemin tandis qu'une auto-patrouille de police passa à nos côtés.

Je me suis dit qu'au pire je lui rentrerais l'os du nez entre les deux yeux.

Je n'ai pas fait signe aux policiers que c'était lui.

J'aurais dû.

Il s'est peut-être battu avec quelqu'un.

Pour rien.

Parce qu'il ne feelait pas.




Abdel vote dans le comté de Trois-Rivières

Je connais Abdel depuis un lustre. C'est un bon Jack originaire de Bosnie-Herzégovine. Il est de confession musulmane mais il n'en fait pas un tapage publicitaire. Et même qu'il en ferait que je m'en foutrais un peu. Je n'exige pas plus d'un humain que d'un autre. Ma conception de la société repose sur l'idée fondamentale d'un État de droit qui protège les personnes des condamnations arbitraires. Je ne suis donc pas tout à fait un anarchiste, bien que je ne milite pour aucun parti politique.

Mais ne parlons pas trop longtemps de moi. Mon blog regorge de propos narcissiques que vous pourrez lire dans vos temps vraiment perdus.

Je vais plutôt vous parler de mon bon chum Abdel.

D'abord, il faut dire qu'il ressemble vaguement à Maurice Richard. C'est un gars solide sur ses épaules qui a fait deux ans de service militaire en ex-Yougoslavie.

On pourrait croire qu'il est du Lac St-Jean si ce n'était de son accent slave qui fait tout son charme auprès de nous. C'est comme voyager à peu de frais que d'entendre parler Abdel. Et le rire n'est jamais loin parce que, dans son coin de pays, on ne se fait pas que la guerre.

L'autre jour, Abdel me racontait qu'il existe un petit village dans son pays natal où un type un peu bizarre est persuadé de rouler en Mercedes alors qu'il enfourche un simple bâton. Tout le village s'est pourtant prêté à son jeu plutôt que de se moquer de lui. On a mis un sigle de Mercedes au bout de son bâton. Les policiers font semblant de lui donner des contraventions quand il est mal garé. Bref, il fait partie de la communauté qui, sous cet aspect, n'en devient que meilleure.

Nous avons aussi nos originaux et nos détraqués au Québec. Louis-Honoré Fréchette en a même fait l'un des plus grands livres de la littérature québécoise. Il y a chez les originaux et détraqués cette marque d'acceptation qui rend parfois l'humain plus grand. Cette ouverture à l'autre, à la différence, à la plus foudroyante des marginalités s'il le faut. Comme celle de feu mon chum Sylvain qui s'était fait mettre du botox sous le crâne pour se donner des cornes en harmonie avec sa langue fourchue épinglée de mille et un quossins. Il gagnait des prix dans des salons d'écorchés vifs à faire peur. Ça lui faisait du blé en plus des tatouages et piercings qu'il faisait.

Bien sûr qu'Abdel n'est pas un détraqué. Mais moi je le suis. Je veux dire que je suis un personnage de bande dessinée. Le marginal, eh bien c'est toujours un peu moi. Et je comprends cette pression sociale qui nous ferait haïr même notre droit d'exister. Je comprends ce que c'est que de se faire baver par des ploucs et des péquenauds.

Cela dit, je digresse encore. Parce que je ne maîtrise aucune stratégie.

Comme Abdel. Un vrai feu. Un artiste. Un gars qui te calisse un coup de pied dans une porte quand elle est fermée au lieu de chercher ses clés. C'est con. Mais c'est vivifiant.

***

J'avoue avoir un faible pour les gens passionnés et flamboyants.

C'est sans doute un défaut que je partage avec Abdel.

Hier, j'ai demandé à Abdel pour qui il allait voter aux élections.

Je sais d'avance qu'il ne voterait pas pour la CAQ ou le PQ pour les mêmes raisons que moi. QS ne l'inspire pas trop à cause de l'idée de la séparation en laquelle il ne croit pas pour des raisons que je partage en partie avec lui. D'autant plus que sa fille enseigne le français en Ontario avec son accent du Lac St-Jean. Elle m'a d'ailleurs dit que là-bas les francophones revendiquent de plus en plus de services et des écoles en français d'où un manque d'enseignants à combler. Elle m'a dit que les Nords-Africains francophones défendaient farouchement le fait français en Ontario et, à vrai dire, ça m'a fait chaud au coeur de savoir que la fille d'Abdel était missionnaire française en Ontario...

***

Abdel va voter pour le Parti Vert à Trois-Rivières.

Le candidat du Parti Vert, Aziz, est un christie de bon gars. Je suis sa carrière depuis un bout. Il travaille dans une maison pour itinérants. Je sais qu'il porte un idéal pour la communauté.

Je connais aussi la candidate du PQ, une bonne personne pour qui j'avais de l'estime lorsqu'elle était au conseil municipal face au maire Yves Lévesque. Malheureusement, sa formation politique suscite les craintes de mon ami Abdel. Et je comprends ses craintes.

Pour ce qui est de la CAQ on n'en parle même pas.

Et pour QS, eh bien la souveraineté est sans doute un boulet pour rejoindre le vote des citoyens issus de l'immigration. D'autant plus que bon nombre de péquistes influents ne cessent de siffler les chiens pour qu'ils aillent mordre les mollets des minorités. Les autres péquistes préfèrent se taire par stratégie, ce qui en dit long sur leur absence de valeurs ou de principes.

***

Abdel ne votera pas pour le PLQ. Moi non plus. Mais on en vient à souhaiter que le PLQ soit réélu plutôt que d'avoir à composer avec des politiques identitaires qui pueront la xénophobie et feront en sorte de peinturer dans un coin les Québécois au reste du Canada et du monde.

Mon père m'aurait certainement cité Arthur Buies pour les élections qui s'en viennent.

Buies qui écrivait, de mémoire, que les Anglais apprennent à lire et à compter tandis que les Canadiens-Français apprennent l'histoire et le petit catéchisme...

Abdel va sûrement «perdre» ses élections. Le Parti Vert a peu de chances à Trois-Rivières. J'espère que Aziz se présentera maire de Trois-Rivières. Ou Marie-Claude Camirand. Voire la fille de Abdel si elle revient. Fatima pourrait vous charmer avec sa gueule de punk, Lizbeth dans Millenium, et son accent du Lac St-Jean.

J'ai encore des chances de «gagner» les miennes.

Je crois encore en la possibilité d'un gouvernement Québec Solidaire majoritaire.

Deux semaines c'est une éternité en politique de nos jours.

Même Abdel est d'accord avec ça.

Même s'il rajoute que les politiciens sont tous des hosties de crosseurs et de mangeux de marde.







mardi 11 septembre 2018

Ailleurs



«Homme libre , toujours tu chériras la Mer!»
Charles Baudelaire, L'Homme et la Mer

Je reviens de deux semaines de vacances. L'une dans le fin fond du bois à Hérouxville. Et l'autre aux Bergeronnes, près de la mer.

J'ai peu écrit entre temps.

Lever de soleil aux Bergeronnes vendredi le 7 septembre 2018.
Je me suis baigné. J'ai nagé. J'ai ramé. J'ai marché. J'ai exploré la forêt et les barrages de castors. Puis j'ai contemplé.

Les mouches noires ne m'ont pas épargné.

Cependant, j'ai vite oublié la sylve obscure en m'abandonnant à la lumière qui nimbait l'immensité de la Mer, tout au bout du grand fleuve Magtogoek.

J'ai oublié le travail et la politique.

Et je me suis concentré sur le bal des baleines en compagnie de ma douce.

Je reviens les batteries rechargées. J'ai encore la sensation de flotter mais il y a plus encore: je ne suis déjà plus le même. 

Je suis transformé.

Je ressens intensément toute la fatuité et toute la vanité des humaineries.

J'envie presque la vie des hérons et des baleines.

Je suis ailleurs.

Et je reviens ici. chez-moi, avec la campagne électorale, les problèmes sociaux, la nuit sans étoiles...

Il y a pire, je sais.

Mais j'éprouve tout de même cette déception de revenir purger ma peine après avoir entrevu  pour un moment très furtif ce que pourrait être le paradis.


JE VOTE POUR VALÉRIE DELAGE, CANDIDATE QS DE TROIS-RIVIÈRES

Je vais voter pour Valérie Delage candidate de Québec Solidaire pour le comté de Trois-Rivières. Je ne suis pas membre de QS mais je partage certaines valeurs fondamentales avec cette formation politique qui mérite mon soutien: inclusion, justice sociale, féminisme. Valérie Delage représente bien ces idées.

La victoire de Valérie Delage à Trois-Rivières n'est pas impossible. 

Elle est réalisable si tous ceux et celles qui prétendent voter pour QS prennent la voie des urnes pour changer vraiment les rapports de force entre les pouvoirs de l'argent et la volonté du peuple.




jeudi 30 août 2018

Notes de campagne électorale / Québec 2018

Le Parti Québécois vient encore de perdre un candidat.

Après Muguette Paillé, c'est au tour de Pierre Marcotte de déclarer forfait.

On n'a pas à  creuser longtemps pour découvrir chez les péquistes qui hantent les médias sociaux des propos qui les disqualifient du service public.

Les seuls candidats péquistes présentables, tout compte fait, sont les mononcles et les matantes qui n'ont pas de connexion Internet. Ils tiennent sans doute les mêmes propos mais loin de l'oeil des internautes.

Je doute que Michelle Blanc demeure candidate jusqu'aux élections de novembre.

Le PQ fonce dans un mur et prend le chemin de la retraite. Ce joueur est déjà disqualifié avant même les élections. Le PQ est en compétition avec QS pour la dernière place.

À force de défendre l'indéfendable le PQ s'est peinturé dans le coin.

Les candidats islamophobes sont pourtant représentatifs d'une bonne frange des militants du PQ.

Les trolls péquistes et autres nonos de la Meute ont fait un tort irréparable au PQ qui n'a JAMAIS DIT UN CHRIST DE MOT pour se dissocier de ces vulgaires racistes de basse-cour.

Avez-vous entendu Véronique Hivon ou Jean-Martin Aussant critiquer la Meute, Storm Alliance ou autres groupuscules de nationalistes d'extrême-droite? Niet. Nada. Rien.

Je lis à tous les jours des péquistes de haut niveau, membres de comités péquistes, vomir leur haine des cosmopolites, multiculturalistes enturbanés, islamogauchistes, judéobolcheviques et autres calembredaines lepenistes.

Le PQ prend donc le chemin de la retraite.

Et il va disparaître.

Le plus tôt sera le mieux.

***

La CAQ? C'est le PLQ sans l'inclusion. De la marde avec de la marde. Juste parler de la CAQ ça me lève le coeur.

La CAQ c'est les défauts du PQ avec les défauts du PLQ.

Aucune qualité à en ressortir.

La démocratie de mononcle Le-Go.

La CAQ c'est Duplessis 2.0.

Avec encore plus de noirceur.


***

Je prévois, peut-être à tort, l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire. Je préférerais un gouvernement solidaire, mais je doute que ce soit pour cette année.

La stratégie des libéraux est de se donner un vernis de gauche avant les élections.

Un vernis pour attirer les presque solidaires.

Or, le PLQ c'est aussi de la marde.

C'est la mafia au pouvoir. C'est 30% à 50% de l'argent des contribuables toujours détourné vers les amis du pouvoir.

Le PLQ c'est faire couler le sang du peuple dans la rue, comme ils l'ont fait en 2012 sous Charest et ses voleurs.


***

Et maintenant QS. J'ai mes réserves. Je ne suis pas membre de QS. Je n'ai pas la fibre militante.

Mais dans un système politique comme le nôtre, c'est à peu près tout ce qui me rapproche de mes propres valeurs, dont l'écologie que QS devrait aussi défendre au Grand Prix de Trois-Rivières...

Je suis écologiste, humaniste, féministe, pour le plein respect des droits civiques et en faveur de la nationalisation de larges pans de notre économie, dont les banques.

Le seul parti qui peut concrètement changer quelque chose à la gestion du Québec, c'est Québec Solidaire.

Je vais donc voter pour Valérie Delage, candidate de Québec Solidaire pour le comté de Trois-Rivières.

Et vous?

mardi 21 août 2018

Futile moi-même et futile politique

Qu'est-ce qu'un parti politique?

Essentiellement un petit groupe de gens qui se réunissent en secret pour discuter de ce qui devrait être fait pour le plus grand nombre de gens.

Je n'ai pas inventé le bouton à quatre trous et sans doute que ça prend des boutons pour attacher les chemises. 

Dieu s'est probablement trompé avec sa création. En tout cas, il ne semble pas l'avoir réussie.

Si Dieu s'est trompé, il ne faudra pas s'attendre à moins d'un homme. Cet homme fût-il moi-même. Futile moi-même...

***

Vert.

C'est une couleur que mon oeil ne voit pas.

J'obtiens zéro sur seize au test des couleurs pour le vert.

Je suis daltonien.

Je n'en suis pas moins Vert. Même si je vois tout en tons de jaune, de rouge et d'orangé. Le gazon est rouge. Les feuilles sont rouges. L'été comme l'automne.

Et moi, je suis Vert.

Vert comme je me crisse du Grand Prix de Trois-Rivières.

Vert comme je m'attriste d'un poisson qui vit 14 ans coincé dans l'aquarium d'un restaurant.

Vert comme je prêche la décroissance et l'abolition de l'argent.

Vert comme je souhaite fermer la moitié des routes aux automobiles, diminuer de 50% les espaces de stationnement en ville, colorer l'asphalte en blanc, installer des potagers sur les toits au centre-ville, etc.

***

La planète est dans un sale état.

On préfère parler des décorations.

Moi je veux un portique en marbre.

Moi je veux un beau patio.

Mais jamais moi je veux respirer de l'air pur.

Moi je ne veux pas mourir d'emphysème ou d'anxiété dans une société malade d'elle-même.

La planète est dans un sale état.

Et on ne fait rien pour arrêter.

Même qu'on accélère la vitesse alors qu'on approche du mur à bord de notre bolide civilisationnel.

Cela va empirer.

Les petits gestes individuels ne suffiront pas.

L'humanité se prépare à vivre sous terre. 

Pris comme des rats.



lundi 20 août 2018

I SPEAK A KIND OF COLLOQUIAL ENGLISH WITH A THICK QUEBECER ACCENT

Hey folks! I speak English as well as Shakespeare if he was French. 

Feel free to make a visit to my art gallery. It's on 448 Niverville Street in downtown Trois-Rivieres. 

It's open from 13:00 to 17:00 on saturdays and sundays. 

I'm also available for visits on reservation. 

Here is my Email: bouchard.gaetan@gmail.com

Le soleil

Y'a beaucoup de soleil dans ma pratique des arts visuels. Ça fait un peu kitsch, peindre le soleil, mais je l'assume. Comme j'assume de prendre le soleil en photo tous les jours depuis des mois. J'y cherche quelque chose. J'y trouve tout ce que je ne cherchais pas.

Le soleil, pour moi, représente la victoire du jour sur mes nuits.

Je vis maintenant de jour et je dors la nuit.

Le bonheur vient avec.

Le soleil représente le bonheur.

***

Il peut aussi représenter un grand malheur.

Dont ce soleil peint par un ami, qui a mis fin à ses jours en 2010.

LUC GAUDET / Regarde-moi, je suis libre!
Acrylique, 12 X 16 po.
C'est la dernière oeuvre qu'il a peinte avant de nous quitter.

Il s'est pendu dans un petit boisé, derrière le Canadian Tire sur le boulevard des Forges.

Je suis probablement la dernière personne à lui avoir adressé la parole. Je l'avais croisé une heure avant qu'il ne passe à l'acte au coin des rues Père-Daniel et Gene-H-Kruger. Je l'avais salué rapidement puisque j'étais pressé... On est souvent trop pressé. Pour rien.

Il espérait devenir artiste-peintre plus que jamais je ne l'espérerai moi-même.

Chacune de ses expositions allait le révéler à la face du monde pour qu'il puisse enfin vivre de son imaginaire, lui qui d'ailleurs souffrait d'une hypersensibilité mentale qui passe pour une maladie en notre monde anxiogène.

Chacune de ses expositions le décevait et le ramenait à la triste réalité: comment payer ses comptes, comment vivre dignement sa vie.

Son soleil ne me semble pas heureux.

Il est parti le rejoindre.

Je suis l'un des rares à servir encore la mémoire de mon ami Luc Gaudet, artiste-peintre.

Celui que nous surnommions affectueusement Silux parce qu'il avait fait de son appartement le refuge de tous les désoeuvrés de sa bande qui venaient y boire des silex de café tout en fumant des cigarettes.

Silux qui était un fan fini de musique progressive.

Un jour, je ferai un portrait de Silux tiens.


***

Bon. Le soleil.

Ça peut être joyeux.

Ça peut être triste.

C'est comme la vie quoi.




Se fondre dans le décor

Je me tiens coi ces derniers temps. Je parle, écris, dessine et joue de la musique sans cesse. Je communique par toutes les pores de ma peau. J'en ressens parfois une grande lassitude. Je développe l'envie de me fondre dans le décor pour mieux le contempler.



samedi 18 août 2018

Conrad Bouchard

Conrad Bouchard avec celle qui deviendra son épouse: Jeannine René.
Conrad Bouchard est né à Sayabec, dans la Vallée de la Matapédia, le 18 août 1933.

Je ne me souviens pas du jour et de la date du décès de Conrad Bouchard.

C'était en août. Au milieu des années '90. Pendant le Grand Prix de Trois-Rivières.

Il est décédé d'un cancer colorectal. Comme deux de ses frères.

Il a été opérateur de chariot-roulant, cariste et assistant-contremaître à l'aluminerie Reynolds de Cap-de-la-Madeleine.

Il était marguillier de la paroisse Notre-Dame-des-Sept-Allégresses et responsable de la Société Saint-Vincent-de-Paul. C'était un catholique engagé dans sa communauté qui ne prenait rien à la communauté...

Il a épousé Jeannine René en 1958.

Le couple a eu quatre enfants, quatre garçons, dont l'auteur de ces lignes.

Conrad Bouchard était mon père.

Et plus que mon père: mon ami.

Un père présent quand tant d'autres étaient absents.

Un père qui parlait à ses enfants quand tant d'autres ne parlaient jamais.

Un père qui était le plus fort et qui n'avait pas froid aux yeux.

Mon père.

Et je le vois tous les jours, devant le miroir, parce que j'ai hérité de son visage.

Et un peu de son caractère mi-taciturne mi-explosif.

Voilà.

Bonne fête Pa!

De gauche à droite: Mon oncle Jean-Paul Germain,
mon grand-père Rodolphe René et mon père Conrad Bouchard.

vendredi 17 août 2018

Encore une nouvelle toile...

Encore une nouvelle toile. J'ai bien peur qu'elle se vende rapidement. J'ai vendue toutes les cabanes à sucre que j'ai représentées en peinture. Combien de temps je pourrai la regarder celle-là?

mercredi 15 août 2018

Il y a encore une rue Amherst de trop à Trois-Rivières

Montréal va changer le nom de la rue Amherst. Tant mieux. On n'a pas fini de faire le ménage dans notre histoire. La décolonisation du territoire passe par là. D'autres statues du Général Lee vont disparaître au cours des prochaines années...

Cela dit, je défends la toponymie autochtone. La seule qui nous préserve de multiples changements dans la toponymie.

Et croyez-moi qu'il y en aura...

mardi 14 août 2018

Mon miracle

Mon ami l'orme mesurait seulement 1 mètre
il y a deux mois. Il atteint maintenant 3 mètres
de hauteur et est indéracinable.
J'ai accompli un miracle cet été. J'ai fait croître un orme qui a poussé clandestinement à travers le gravier. Je l'ai arrosé soir et matin tous les jours depuis le mois de mai. J'ai malheureusement dû l'émonder un peu puisqu'il s'agit d'un espace de stationnement qui appartient à mon proprio. J'ai soigné ses blessures avec toutes les précautions et l'amour qui s'imposent. Puis il a crû de constater que je croyais en lui, l'orme.

Les Autochtones étaient animistes. Ils voyaient une âme dans toute chose. Dont les roches. Et bien sûr les arbres. Ce n'était pas des choses pour eux. C'était des personnes comme vous et moi. Des personnes envers lesquelles nous devions un certain respect, comme celui que peut avoir un goéland envers un écureuil dans un parc. Une forme de coexistence prudente et respectueuse.

Sans doute que je m'abandonne encore en digressions.

Je parle souvent pour ne rien dire.

J'ose croire que ce défaut ne se transmet pas dans mon écriture.

Je bégaie moins par écrit.

C'est plus direct.

Ça sort tout seul sous les doigts, comme une mélodie au piano. Une mélodie pas trop compliquée. Je n'ai pas le doigté pour le marteau sans son maître de Boulez.

Où en étais-je? Ah oui! À mon miracle.

À mon orme auquel je parle tous les jours.

Il ne me répond pas fort mais il ouvre toujours plus grand ses feuilles et je ne m'attends pas à une meilleure réponse.

Cela vous semble sans doute banal.

Et ça l'est.

Mais on finirait tous par se flinguer s'il n'y avait pas de ces banalités qui nous font croire qu'on peut encore servir la vie et vaincre la mort.

***

En complément de programme

Des photos...

Lever de soleil à l'Île Saint-Quentin ce matin à 6:30



Fais comme l'oiseau


vendredi 10 août 2018

GND vient serrer des mains au Grand Prix de Trois-Rivières

Gabriel Nadeau-Dubois sera au Grand Prix de Trois-Rivières aujourd'hui pour serrer des mains...

Toutes les putes de la politique y seront aussi, sauf les représentants du Parti Vert: ils sont toujours en congrès et n'ont jamais le temps de manifester...

Aujourd'hui, permettez-moi de rire du Grand Prix et des politiciens.

Les Trifluviens vont passer trois jours à endurer ça.

Trois jours de vacarme dans les rues du centre-ville de Trois-Rivières, comme à Monaco toé chose...

On va saigner des oreilles. On va saigner des poumons. On va saigner du nez.

Mais on va pouvoir serrer la main de GND...

Imaginez la chance que nous avons?

Je croyait que QS était un parti progressiste.

Il l'est bien plus que je ne l'aurais cru.

Il est en Formule Un, à la fine pointe de la technologie, à encourager un événement qui est une horreur pour la Capitale québécoise de la pollution qu'est Trois-Rivières.

Que dire de plus?

J'en ai marre.

mercredi 8 août 2018

Confession d'un jaseur

La vie est complexe. Bien trop complexe pour tenir dans un bréviaire. Trop vaste pour être contenue dans un discours ou bien un sermon. Chaque fois qu'on explique sa vérité, il y a mille portes qui s'ouvrent pour nous rappeler qu'on a souvent tort. Cela ne veut pas dire qu'il faille rien dire ou rien faire. Ni qu'il faille dire ou faire quoi que ce soit. Il n'y a pas de metteurs en scène. Ni de texte. On doit s'improviser un rôle, une fonction, un personnage en corrélation avec les buts que l'on vise ou bien les résultats que l'on obtient.

Je refuse de croire que je suis le summum de l'évolution. Je me suis trompé plus souvent qu'à mon tour. Souvent parce que j'avais cette fichue manie d'intellectualiser ce qui ne demandait qu'un peu de coeur, de compassion et d'abnégation sincères. Le coeur ne s'est jamais trompé. Mon âme est toujours restée droite. Mais ma tête? Comme toutes les têtes elle aura joué à n'importe quoi. Jusqu'à ce que je comprenne que l'opinion des autres importait peu pour conduire ma vie.

Personne ne va vivre ma vie à ma place. D'ailleurs, je ne réclame aucun conseil. J'évite de me farcir l'esprit d'aphorismes et de proverbes guillerets. Je n'en éprouve aucun besoin. La seule sagesse que je reconnaisse est dans les arbres, les étoiles, le soleil, les fleurs, la musique. Tout le reste me fait l'effet de lire le Sélections du Reader's Digest. Comme s'il fallait tuer le temps dans la salle d'attente en se racontant des proverbes guillerets. On finit par avoir l'envie de vivre au grand air, loin des enculages de mouches. «La vie c'est...» La vie c'est tout ce que tu en fais et tout ce que tu n'aurais pas voulu en faire. Nous sommes ballottés par le vent comme du duvet. Voilà.

Je pourrais passer pour un anti-intellectuel pour ces affirmations. Ce n'est pourtant pas le cas. Je suis un grand lecteur. Je dévore des livres à la tonne. Mais je sais fort bien que la vraie vie ne tient pas toute entière dans mes ou dans leurs gribouillis.

Je ne rejette pas la littérature. Loin de là. Je rejette ceux que le poète René Daumal surnommaient les «fabricateurs de discours inutiles» dans La grande beuverie.

Je ne veux pas jouer ce jeu.

Je ne veux pas fabriquer des discours inutiles.

Je ne veux pas débattre sur le droit à l'avortement, les droits des homosexuels, la peine de mort, etc.

J'ai 50 ans. Je n'ai plus cette patience.

Ça ne vous rentre pas dans la tête? Allez, passez votre chemin. Votre temps est fini. Je ne veux même pas en parler. Seulement vous ignorer à jamais. Ouste! Votre coin est là le mien est là-bas.

J'aurais été incapable d'avoir une conversation raisonnable avec Monsieur Adolf Hitler et sûrement qu'il n'aurait pas manqué d'arguments pour dire au monde entier que je ne suis pas parlable...

C'est vrai que je ne suis pas parlable dans certaines circonstances.

C'est vrai aussi que la politique n'occupe pas la part la plus importante de ma vie en dépit de ma logorrhée qui touche à peu près tous les sujets.

Bref, je me pardonne tout.

Je ne me sens coupable de rien. Dieu a tout fait avant moi. Et moi j'ai fait comme j'ai pu parce que je ne suis pas Dieu.

Je suis vieux, pas tout à fait sage, mais vieux et incapable d'apprendre à faire de nouvelles grimaces.

Comme l'ours, je suis relativement calme quand je mange et qu'on ne vient pas me piquer avec un bout de branche.

Comme l'ours, je peux faire passer un mauvais quart d'heure à quiconque vient déranger ma quiétude.

Je crois, peut-être à tort, que je suis un gros gentil nounours.

D'aucuns me voient plutôt comme l'abominable homme des neiges.

Ils sont, fort heureusement, peu nombreux.

Pour la plupart du monde, je passe pour rien du tout parce que le monde en général a bien plus de temps à passer à se contempler le nombril. Et c'est tant mieux. Je n'occupe pas toutes les conversations. Et c'est encore mieux.

Je m'en vais où avec tout ça?

Je ne sais pas.

Je vous prie de croire que je m'exprime sans filtres, sans stratégie, à la bonne franquette.

Con ou pas, c'est tout ce que je pouvais dire et je l'aurai écrit une fois de plus, une fois de trop.




samedi 4 août 2018

Pour un Grand Prix plus grandiose!

Nous n'en faisons pas assez pour le Grand Prix de Trois-Rivières.

Nous avons manqué d'ambition en ne lui accordant qu'une deuxième fin de semaine.

Nous avons la chance d'en faire un projet encore plus grandiose en lui accordant deux mois complets: juillet et août. Tous les types de véhicules qui roulent dans le monde seront invités à venir rouler à pleine trombe dans les rues de la ville dans une atmosphère de fête perpétuelle du progrès technologique en matière de bruits assourdissants et d'émissions de dioxyde de carbone.

Trois-Rivières est déjà la capitale de la pollution au Canada. Sans faire d'efforts. Par cette belle autoroute qui traverse la ville de long en large. Et par notre papetière qui confère à notre belle ville ce parfum de progrès caractéristique qui rappelle que l'argent a une odeur. Pourquoi ne pas pousser plus loin ce titre? Pourquoi Trois-Rivières ne deviendrait-elle pas, l'été, en pleine canicule, par défi au genre humain et autres mammifères, la Capitale mondiale de la pollution?

Nous manquons d'ambition.

Il y a bien sûr beaucoup de bars et de restaurants aux noms accrocheurs sur des Forges. Je ne les retiens pas tous: Le Bordel, Le Tripot, Le Casino de la dernière chance, La Bizoune à l'air...  Il ne manque que des maisons closes bien tenues ayant pignons sur rue. De plus, il y a beaucoup d'espaces à louer au centre-ville. Les vitrines des locaux vides sont déguisées de posters beiges d'artistes locaux drabes dénués de talent qui viennent tout juste de s'acheter Photoshop. On pourrait plutôt y mettre des travailleuses du sexe au sourire accrocheur de toutes nationalités afin de bien représenter notre diversité. Notre centre-ville serait bien plus animé. Le tourisme sexuel s'y ferait dans une atmosphère familiale.

La piste cyclable autour de l'amphithéâtre ne sert à rien. J'y vais souvent le matin et il n'y a personne. Pourquoi ne pas s'en servir pour des courses de motos? Imaginez le plaisir que les gens du monde entier auraient à regarder cette course tout en contemplant les motomarines faire du boucan près de la plage de l'Île Saint-Quentin? Ce serait malade!

Franchement, tant qu'à polluer, soyons les meilleurs.

En ce moment, personne ne se plaint que le Grand Prix ait lieu à moins de 800 mètres du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières. Et même qu'on a bâti plein de maisons de retraités sur le boulevard des Forges, à 10 mètres de la piste de course!

Non, personne ne se plaint. Aucun manifestant. Trois-Rivières n'est pas Montréal. Un gogo de la gogauche s'est fait arrêter en 2009 pour avoir troubler la paix publique avec sa petite pancarte où il parlait de pollution. En avez-vous seulement entendu parler, hein? Non. D'autres écrivent des lettres au Nouvelliste une fois par deux ans pour se plaindre mais personne ne les prend au sérieux. C'est toujours les deux ou trois mêmes chiâleux et ça n'a aucun impact sur le Grand Prix qui n'a même pas besoin de soigner son image publique.

C'est donc dire que nous avons l'opportunité de faire du Grand Prix de Trois-Rivières le plus fantastique événement sur Terre pour se gausser des changements climatiques, de la pollution, des piétons, des cyclistes et autres chiâleux qui font de l'emphysème.

J'appelle le maire et les autorités gouvernementales à financer largement un Grand Prix plus grandiose!

Il faut oser bâtir ses rêves!

J'embarque pour un Grand Prix plus grandiose!

Et vous?




vendredi 3 août 2018

Le Grand Prix de la Bêtise

Je suis allé me promener du côté de l'Île Saint-Quentin ce matin.

Le soleil était à peine levé que déjà je ressentais que la journée serait humide et, pour tout dire, collante.

J'ai vu sur l'île des goélands, des lièvres, des marmottes et des écureuils qui déjeunaient ici et là. Je les ai salués au passage, à cheval sur ma bicyclette.

Puis je me suis enfoncé dans le bois pour y retrouver mon petit sanctuaire dont je me garde bien de vous dévoiler l'emplacement.

C'est une petite clairière de sable de plage au travers duquel pousse des arbres aux racines dénudées. Je m'y sens ailleurs. Presque sur une île déserte du Pacifique. Seul, avec les eaux de la rivière Tapiskwan Sipi qui ondule devant moi pour me rappeler ces temps où il n'y avait que des Haudenosaunees, des Wendates, des Atikamekw et des Anishnabeg qui transitaient sur l'île.

***

Ah oui! J'oubliais d'ajouter que c'est aussi le Grand Prix automobile de Trois-Rivières... Non seulement en fin de semaine, mais la fin de semaine prochaine aussi. Peut-être qu'avec un peu d'ambition on pourrait s'arranger pour que le Grand Prix ait lieu à tous les jours pendant deux mois...

Demain matin, il sera inutile d'aller me reposer sur l'Île Saint-Quentin ou autres lieux à 10 kilomètres à la ronde du Grand Prix de Trois-Rivières qui a lieu aux portes du centre-ville, à 500 pieds de l'hôpital régional où l'on vit ses derniers jours dans un atroce boucan.

Je ne comprends pas que nos gouvernements investissent de l'argent dans un festival à la pollution sous toutes ses formes.

De l'argent qui est aussi le mien...

Pour le reste,  j'ai publié ce texte dans Le Devoir il y a quelques années. Je n'en renie pas une ligne.






lundi 30 juillet 2018

La torche olympique

Je pédalais ce matin dans le coin du boulevard Gene-H.-Kruger à Trois-Rivières. Cela se trouve dans un secteur plutôt laid et nauséabond de la ville. C'est rare qu'on y voie des touristes. Rare qu'on y voie des piétons. Surtout à 7 heures du matin.

Et qui est-ce que je vois ce matin?

Un homme dans la quarantaine qui fait son jogging en tenant une torche olympique allumée...

Je cherche l'automobile qui doit nécessairement le suivre...

Rien. Et aucun commanditaire n'apparaissait sur son tee-shirt.

Le joggeur courait avec sa torche olympique comme si de rien n'était.

Avouez que cela peut paraître étrange.

Et que ça l'est sans doute.

Quoi qu'il en soit, nous n'allions pas dans la même direction.

Il a poursuivi son marathon et moi mon tour cycliste.

Quelques mètres plus loin, je suis tombé sur une marmotte aplatie.

Une remorque lui a probablement roulée dessus. De sorte que sa dépouille formait une galette parfaite. 

Ces deux événements n'ont aucun lien.

Comme ce corbeau que j'ai vu ce matin sur la rampe du pont Duplessis.

Ou bien ce lièvre obèse qui traînait péniblement son cul à l'Île Saint-Quentin lors de ma balade à vélo matinale.

Et pourtant, cela me colle à la tête.

Il faut que je vous en parle.

Pourquoi?

Parce que.

Je n'ai pas de réponse raisonnable sous la main.

Ça doit être une maladie.

Une logorrhée.

Un besoin irrépressible de communiquer n'importe quoi n'importe comment.

Pourtant, ça ne s'invente pas un type qui court avec sa torche olympique à 7 heures du matin sur la rue la plus ennuyante de Trois-Rivières...


samedi 28 juillet 2018

Mes élucubrations matinales

L'Âge d'Or, par Lucas Cranach l'Ancien (1530)
Les Romains comme les Grecs croyaient qu'ils vivaient à l'Âge de Fer, un âge où toutes les valeurs étaient perdues et où tout finissait par baigner dans le sang. L'Âge d'Or, le plus heureux des temps, était situé dans le passé. Quelque chose s'était corrompu en route, sans doute...

Les Grecs et les Romains ne sont pas les seuls à avoir entretenu de tels sentiments envers le passé paradisiaque, le présent infernal et l'avenir où les dieux eux-mêmes finiront par mourir.

On trouve ça dans plusieurs traditions.

Adam et Ève ne vivaient-ils pas au paradis?

Et ça prend d'autres formes de nos jours.

Il m'arrive moi-même d'avoir ces accès de paganisme-animisme qui me font ramener l'Âge d'Or vers le passé, quelque part avant 1492.

Je m'imagine les plages qui devaient jaillir de partout sur le fleuve Magtogoek et la rivière Tapiskwan Sipi, aux abords du village de Métabéroutin, ce lieu où se décharge tous les vents.

Aujourd'hui on y voit un port, des blocs de pierre, de l'asphalte.

Alors qu'autrefois il y avait une forêt de pins majestueuse qui projetait son ombre sur les plages sans fin de Trois-Rivières.

Il ne reste de ces plages anciennes que le pâle souvenir de ces îles qui résistent aux crues printanières au confluent des deux chemins d'eau mythiques. On doit se fermer les yeux et se boucher le nez pour s'imaginer ça. Ou bien trouver un endroit qui nous confère l'illusion de communiquer avec cet Âge d'Or de l'Île de la Tortue.

Je trouve encore quelques endroits presque naturels à Trois-Rivières. J'hésite d'en parler pour ne pas que l'on vienne détruire ces sanctuaires où je trouve la paix et l'harmonie. Je dis seulement qu'ils existent. Que je les trouve. Et que j'y vais. Pour reculer dans le temps. Pour avancer dans ma tête.

***

Gonzalve Poulin a écrit un livre à propos de la paroisse Notre-Dame-des-Sept-Allégresses. Je crois que c'est paru aux éditions du Bien Public. C'est dans cette paroisse de Trois-Rivières que j'ai vu le jour.

L'auteur, un ecclésiaste, racontait comment un quartier laid d'habitations surchauffées et surpeuplées s'était formé autour des usines de textile, de fer, de pâtes et papier.

Il y voyait un désastre. Des gens qui avaient dû quitter les campagnes environnantes où la vie était si saine pour venir s'établir dans ces blocs collés l'un sur l'autre, sans arbres, dans la promiscuité la plus étouffante qui soit. Tout ça pour devenir les esclaves des compagnies. Mes grands-parents et mes parents en firent partie. Et je suis atterri au milieu de tout ça. Dans un environnement laid, sans arbres, rempli de clôtures de fils barbelés, avec de la suie noire qui vous tombe sur la tête toute la journée et puis cette odeur de marde qui persiste encore dans l'atmosphère de Trois-Rivières en raison de la présence des puantes papetières.

Pour ces compagnies, on a détruit tout ce qu'il y avait de plus beau à Trois-Rivières.

La Canadian International Pulp and Paper Company a été bâti sur le site actuel de l'Amphithéâtre Cogéco, là où s'élèvent maintenant des tours à condos. Avant l'ère industrielle, c'était une grande forêt de pins. On disait que c'était le plus beau parc en ville au dix-neuvième siècle.

Il ne reste plus de ce parc qu'une petite lisière de pins sur la rue St-Paul ainsi que dans le Parc des Pins qui porte encore bien son nom. On a planté d'autres usines. Puis des blocs à trois et même quatre étages.

On a aussi détruit les rivières. On y a fait flotter du bois pendant presque 100 ans. Ce qui contribuait à augmenter l'acidité des eaux en plus d'y ajouter du mercure.

L'eau potable de Trois-Rivières goûte moins mauvais depuis qu'on a cessé le flottage des billes de bois sur la rivière. Les eaux sont redevenues claires et relativement oxygénées. C'est la partie positive de mon billet: quand on veut on peut...

***

Bon. C'est assez pour ce matin.

Il est 6:00.

Mon café est froid.

J'aurais dû le boire au lieu de vous écrire mes élucubrations matinales.

mardi 24 juillet 2018

Le PQ peine à trouver des candidatures présentables


Youppi sauvons le tipi!

La maison en forme de tipi de Serge Beaudette.


Trois-Rivières, le 24 juillet 2018


Aux membres du conseil municipal
Hôtel de ville
170, rue Principale Sud
Waterville (Québec)

Objet: Youppi sauvons le tipi
Madame,
Monsieur,

Il me semble un peu surréaliste, à la lumière du reportage de Radio-Canada (cliquez ici), que vous ordonniez la démolition d'une petite maison écologique. 

Surtout en 2018, alors que nous avons besoin de plus d'exemples positifs allant dans le sens d'une économie verte et durable, d'un milieu de vie plus sain et aussi plus rationnel quant à nos choix environnementaux.

Comme je crois à un moment d'égarement de votre part, je ne lancerai pas une tempête sur les médias sociaux. Je pense qu'il vous est encore loisible de revenir à la raison. Ce que d'autres appellent aussi le gros bon sens.

Il est possible que mes amis Facebook soient informés quant à mes démarches. Rassurez-vous: j'en ai moins de 200, même si la plupart sont des emmerdeurs professionnels comme moi.

Recevez, Madame, Monsieur, mes salutations.


Gaétan Bouchard,
Artiste-peintre
Trois-Rivières (Québec)
blogsimplement.blogspot.com

***

Ce courriel a été envoyé ici: