jeudi 28 août 2008

Les publicains, les pharisiens, le bizutage...


Je ne suis pas chrétien, mais j'ai épousé une partie de sa morale. Probablement celle qui faisait le plus mon affaire. Le reste, j'ai compris que c'était à moi d'établir les limites, à la mesure de ce que j'acquiers de l'expérience, tous les jours, en me trompant parfois, sinon souvent. Je ne suis pas parfait et, là, franchement, je me dis que c'est tant mieux.

Les gens parfaits, d'abord, ça n'existe pas. Tous les exemples que j'ai eus sous les yeux, dont le mien, me rappellent que la bêtise est universelle. C'est le fondement même de l'humanité. Vous me montrez un sage et je montre ses failles tout de suite, tant au niveau de sa prétendue vertu que de son désintérêt de Tartuffe. Pourquoi suis-je comme ça? Parce que tous les hommes sont cons, sans exception, et encore plus cons sont ceux qui l'ignorent encore.

Si je me fie aux évangiles, Jésus disait qu'à la messe ce sont ceux qui sont derrière, les publicains, la racaille quoi, qui portent des vêtements malodorants et baissent les yeux devant le poids de leurs fautes qui, sans doute, sont le plus près du Royaume des Cieux. C'est lui qui le dit, je ne voudrais pas laisser entendre qu'il avait raison, n'est-ce pas.

En comparaison, Jésus disait que les pharisiens en sont le plus éloignés, les pharisiens qui se tiennent dans les premières rangées, parfumés, la tête haute, se vantant d'avoir aidé untel ou untel, pleins aux as, repus, contents, la vie est belle et Dieu ne peut que nous aimer.

Bref, le Christ revenait toujours là-dessus, que c'est plus facile à un chameau d'entrer par le chas d'une aiguille qu'à un riche d'entrer au paradis. Et Paul de Tarse, son manager posthume, disait aux premiers chrétiens que la foi n'était rien sans la charité, que les belles idées, belles théories et autre bullshit ça ne valait pas un sourire, une poignée de main, un pain, un verre de lait, etc.

Évidemment, je ne crois pas en Dieu, ce qui rend un peu caduque mon sentiment, si ressentiment il y a, sait-on jamais.

Cependant, je vois plus d'intégrité chez nombre de malfrats que je n'en voie chez certaines personnes bien en vue qui se mentent à elles-mêmes et veulent faire avaler leurs mensonges aux autres. Au moins, les malfrats ne mentent que par vice. On sait à quoi s'en tenir. Un menteur qui ment tout le temps n'est plus menteur, il est juste drôle. On s'en amuse quoi. Il ne ment plus à personne. Il ne fait que se mentir à lui-même. Et plus personne ne lui en veut, au final, parce qu'on voit bien à quel pauvre abruti l'on s'adresse.

Les pharisiens, eux, mentent sans mentir, avec l'apparence et le parfum de la vertu. C'est un peu moins drôle. Surtout quand ça se met à donner des leçons aux autres.

Voilà pourquoi j'ai parfois rencontré plus d'intégrité dans les bas-fonds de la société que je n'en ai trouvée parmi le gratin de la société, chez les bourgeois, qui s'expliquent tout et ne comprennent rien. Comme si l'argent finissait par remplacer le cerveau.

BIZUTAGE de la rentrée scolaire

Le bizutage recommence avec la rentrée des classes au Cégep.

On a voulu me bizuter quand je jouais au soccer, vers 12 ou 13 ans.

Un des bizuteurs, un grand avec des oreilles décollées, s'emparaient des recrues avec quatre ou cinq gars pour les coucher par terre et leur pisser dans la figure.

C'est du moins ce qu'il faisait à un autre, cinq minutes avant qu'il ne vienne me voir pour me dire que c'était à mon tour de me faire pisser dessus.

Je lui ai crissé mon poing dans la figure, simplement.

L'année suivante, il a tenté la même chose avec mon frère benjamin qui a eu la même réaction. Il l'a cogné en pleine gueule lui aussi.

Son nez est devenu croche depuis ce temps-là. Il y a un petit peu de nous autres là-dedans.

Il aura toute sa vie le nez croche, le gars qui voulait pisser sur les autres. C'est ma manière de faire des sermons aux crétins.