dimanche 14 septembre 2008

IL S'APPELAIT PLANÈTE ET IL PLANAIT EN SACRAMENT!

CHAPITRE UN
UN HOSTIE DE FOU

C'était un hostie de fou ce gars-là. Un hostie de crinqué comme c'est pas possible d'en trouver à des milliers de verstes à la ronde, dans la toundra nord-américaine.

Croyez-moi, j'en ai connu des fous, mais lui les battait tous à plates coutures, toutes catégories confondues. Il était en quelque sorte le roi des fous.

S'il n'avait été que fou, je ne vous en parlerais pas aujourd'hui. C'est qu'il était aussi une formidable comédie vivante. Il avait cette rare générosité de faire parler tout un chacun avec ses inénarrables exploits. Il devenait LE sujet de conversation parmi tous mes amis.

Il s'appelait Planète, un surnom qui, je l'appris plus tard, trouvait son origine dans une soirée de sniffage de PCP avec ses amis polytoxicomanes.

Donc, commençons par dire les vraies choses, Planète était un drogué. Et pas n'importe lequel drogué, croyez-moi. Il mélangeait tout, Planète: pot, acide, PCP, mushroom, coke, échantillons de parfum à la Pharmacie Jean-Foutu, alcool à friction, tout.

Il avait l'air allumé en tabarnak, évidemment. Ses yeux étaient toujours ronds comme des trente sous. Il n'avait pas le vin endormi, comme qui dirait. Plutôt la bouteille de vin transformée en cocktail Molotov sur deux pattes. Sérieusement, ce type était un danger public.

Il avait un peu la gueule de John Lennon, en trilliards de fois plus défoncée, le visage plus rond, bref il ne ressemblait pas du tout à Lennon, sinon pour les lunettes, rondes. Avec des images en kaléidoscope, sept jours sur sept.

-Man! I'm flying out, man! I go with the flow! disait-il souvent, Planète.

C'était toute sa philosophie. Il avait dû la trouver à Vancouver sur un trip de moche. Dur à dire.

Planète avait fait son entrée à l'université pour profiter des prêts et bourses. Il avait fraudé l'aide sociale et son chèque de BS avait été coupé drastiquement. Son dernier recours avait été de retourner aux études et il décida de s'inscrire en... philosophie.

Je le vis le jour, justement, où il encaissait son prêt à l'université. J'étais juste derrière lui, dans la rangée menant aux caisses, pour la même raison.

Nous nous présentâmes et nous étonnâmes d'avoir au moins un cours ensemble, c'est-à-dire un cours de logique...

Planète était déjà passablement parti dans les vapes. Comme d'habitude.

-Man, tu viens-tu prendre une bière à l'Utrinque?

L'Utrinque, c'était le bar du campus.

-Ok, dis-je.

Quelques minutes plus tard, nous étions à l'Utrinque, moi, Planète ainsi que d'autres frostés coutumiers aux lieux. Nous discutâmes, évidemment, de philosophie, mais aussi d'art et de littérature. Planète sembla subitement tout à fait perdu.

-Wo! Menute! Nietzsche? C'est qui ça? Dieu est mort? Quand ça? Balzac? Maïakovski? Boulgakov? Le prince Kropotkine? Wo! Menute! C'est trop pour ma p'tite tête! Faut qu'j'aille fumer un joint, man. V'nez-vous avec moé, gang?

Beaucoup, aujourd'hui même, diront qu'ils n'ont pas inhaler ce jour-là. Mais ça, c'est une autre histoire.

Le fait est que tout le monde était frosté, et Planète aussi bien entendu.

CHAPITRE DEUX
PLANÈTE PERD SON PERMIS DE CONDUIRE

Six heures le soir. On a perdu Planète de vue. Et ça continue tout de même à trinquer à l'Utrinque, les ivrognes se nourrissant de pinotes salées et de pop-corn idoine. Ce qui donne le goût de boire encore plus.

Mais voilà qu'à sept heures, on voit Planète débouler dans l'escalier qui descend vers l'Utrinque. Il pique une sacrement de fouille. Ayoye.

Il se relève. La cigarette qu'il tient entre ses lèvres est cassée en deux. Il rit.

-Man! J'viens d'perdre mon permis d'conduire!

On est tous un peu ahuris, d'autant plus qu'il s'est cogné la tête et qu'il saigne abondamment, sans compter d'autres ecchymoses de provenance mystérieuse.

Planète raconte donc qu'il a percuté un poteau en après-midi, saoul et gelé raide, juste devant le poste de police du boulevard des Forges, à côté d'un char de police et de policiers éberlués.

On lui a tout de suite mis les menottes, évidemment. Et, je ne sais pas comment ça s'est produit, fouillez-moé, mais ils l'ont libéré quelques heures après avec promesse de comparaître, j'imagine.

Et qu'a-t-il fait, sitôt libéré? Il a continué à boire et à se geler, toute la soirée, toute la nuit.

CHAPITRE TROIS
PLANÈTE RAMÈNE DU MOCHE DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE

Puis Planète est disparu du décor. Il n'a jamais assisté au cours de logique. On se demande tous ce qu'il est devenu évidemment.

Il revient, au bout d'une semaine. Planète a dépensé tout l'argent de son prêt sur un voyage aller-retour en Colombie-Britannique pour aller récolter des psylocibes, ou champignons magiques, bref du moche qu'il compte bien vendre avec un léger profit ici-même dans la région.

Il est encore plus frosté que d'habitude quand il effectue son retour à Twois-Wivièwes, étant sur un christ de high pas possible. Et là, Planète devient tout d'un coup le gars le plus populaire de L'Utrinque, le shaman qui fournit la vision qui te permet d'aller par-delà les portes de la perception. Le film d'Oliver Stone est très populaire à l'époque et tout le monde rêve d'être Jim Morrison.

Bref, tout le monde part vers d'autres planètes et Planète itou.

Avec le cash qu'il rapporte, il se loue un petit huit et demi dans Ste-Cécile pour deux cent cinquante piastres par mois, pas cher, pas cher.

Je l'ai rencontré une semaine avant qu'il ne prenne la fuite vers un impossible ailleurs. J'étais avec deux ou trois de mes chums qui voulaient du moche. Planète offrait tout un spectacle dans son grand logement vide. Il était tout nu et faisait des culbutes devant nous, dans le salon.

-Christ man, osé-je dire, qu'est-cé qui t'arrive?

-J'ai vu Dieu, man! Dieu! et il fit encore quelques pirouettes, culbutes, toujours nu comme un ver.

-Dieu? demandèrent les autres.

-Oui Dieu! Ha! Ha! Ha! J'ai trouvé Dieu! Venez! Venez! J'vais vous montrer! God! Man! God! Ganja!

Et il nous montra sa petite serre personnelle, avec ses petits plants de pot qui ne valaient pas cher: c'était donc ça, Dieu... Planète ne leur laissait pas le temps de pousser, à ces divinités. Il les coupait pour les consommer tout de suite, avant même que ses plants ne fassent de cocottes. Du gaspillage. Mais Planète était à bout de ressources. Il ne lui restait plus de moche. Il avait gobé tout ce qui lui restait et, du coup, il se claqua une sale jaunisse.

Car j'oubliais de dire qu'il était jaune, Planète, lorsqu'on le vit faire des culbutes tout nu.

On a fini par le convaincre d'aller à l'hôpital. Surtout qu'il chiait du sang.

-Man! Tu vas crever... Tu fais une jaunisse, une intoxication alimentaire... T'as pris trop de moche.

Planète rentra finalement à l'hôpital et, encore une fois, on le perdit de vue, une semaine, deux semaines, trois mois, quatre ans.

CHAPITRE QUATRE
PLANÈTE AU CLUB MERDE, EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

Je rencontre Planète sur la rue tout à fait par hasard, à Montréal, sur le Plateau. Il avait été attiré, lui aussi, par ce secteur chargé d'art et de culture.

Évidemment, il m'offre d'aller prendre une bière avec lui.

Et là, Planète me raconte ce qu'il avait fait au cours des derniers mois.

-J'avais envie de bouger, man. J'avais des fourmis dans les jambes, commence Planète.

-Et alors?

-Ben j'ai fait du pouce jusqu'à la frontière et j'ai traversé dans le bois, à la hauteur de Sherbrooke. J'peux pas rentrer aux États-Unis parce que j'ai déjà fait du temps... Donc, j'suis passé aux lignes, pis rendu de l'autre côté j'ai fait du pouce, tous les jours. Ou ben j'marchais. J'me nourrissais dans les refuges de la Salvation Army ou ben don' dans les vidanges, derrière les commerces, la nuit, pour pas m'faire embarquer par les boeufs... J'ai fait ça jusqu'au Rio Grande, cré moé cré moé pas. Pis là, j'ai traversé le Rio Grande à la nage, pour me rendre au Mexique... Mon linge était tout trempe! Ha! Ha!

Je ris de bon coeur. Quelle belle histoire de fou, en effet! Mais ça ne s'arrête pas là. Il poursuit.

-Du Mexique, je suis passé en République dominicaine, pour faire une passe qu'on m'avait parlé en d'dans, ajoute Planète en adoptant le ton de la confidence, jetant un regard à babord et à tribord pour préserver l'anonymat de cette conversation, que je viens de briser à jamais.

-Une passe? Quelle passe?

-Ben... Le Club Merde... Tu connais ça, Guétan, le Club Merde?

-Oui...

-Au Club Merde, en République dominicaine, les touristes portent tous un bracelet autour du poignet qui leur donne droit de manger gratisse, sur la plage. En plus, c'est toujours bar open pour ceux qui ont un bracelet... Ça fait que j'ai passé trois mois, mon Guétan, à manger pis à boire su' l'dos du Club Merde, tout simplement en ramassant les bracelets qu'les touristes oubliaient sur la plage. J'dormais sous un palmier, man, et j'baisais les p'tites mères en me saoulant la yeule toute la journée, le ventre ben plein, des scampies, du crabe, du rhum, des ananas frais! Oua!

Planète me raconte en détails chacune de ses journées paradisiaques en République dominicaine, à parasiter le Club Merde.

Planète passa des semaines à rire, danser et chanter: «Haut les mains! Haut les mains! Haut les mains! Donne-moi ton coeur! Donne-moi, donne-moi, ton coeur, donne-moi, donne-moi!»

Puis, un beau matin, deux gros policiers dominicains dits de couleur se pointèrent devant Planète et lui dirent tout bonnement: «Haut les mains!»

On le crissa en prison avec trente détenus noirs.

-J'ai pogné d'quoi... J'suis pas raciste, mais j'me suis dit qu'eux autres l'étaient peut-être... J'étais le seul blanc parmi trente noirs... En prison... Dans une petite crisse de cellule avec juste une chaudière de tôle pour chier... On prenait la même chaudière pour servir la soupe... Barnak!

Planète avait le trémolo dans la voix en racontant cette partie de son récit, comme si ça passait mal dans la gorge, ces mauvais souvenirs.

-J'avais peur d'me faire défoncer l'trou d'cul par les trente... T'sais... Y'en a qui sont pas mal équipés... Ça fait que j'me suis rappelé qu'ils avaient peur des fous en République dominicaine, comme s'ils pensaient qu'la folie ça s'attrapait... Pis qu't'étais d'mieux de t'en t'nir loin. Ça fait que j'me suis mis tout nu pis j'me suis effouaré ma marde su' 'a tête pour qu'i' pensent que j'étais fou...

-Ta marde...!!!

-Oui, ma propre marde... C'était ça où risquer de finir dépucelé par trente Dominicains... J'étais tout petit comparé à eux autres! Qu'est-cé tu voulais que j'fasse? Tant que j'me suis mis d'la marde su' 'a tête i' m'ont laissé tranquilles. Finalement, ils m'ont laissé sortir, au bout de trois mois. I's ont ben vu que j'étais fou...

CHAPITRE CINQ
PLANÈTE RETOMBE SUR SES PLANÈTES ET PUBLIE UN PAMPHLET À VINGT MILLES COPIES SUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC

-Et comment es-tu revenu ici, Planète? que je lui demande.

-Ça, là, c'est la plus belle histoire d'amour de ma vie... J'me promenais sur la beach, tout décrissé par trois mois de prison, quand j'ai rencontré une belle femme, mon ange, qui parlait en québécois avec une de ses amies. J'me présente. J'les salue. On parle. On jase. Puis c'est là que j'ai eu le coup de foudre pour Fatima. Est turque. De la Turquie même. Pis c'est mon double, mon alter ego, mon âme soeur... Cette femme-là m'a sauvé, man. J'étais dans 'a marde pis c'est elle qui m'a sorti d'là.

Et là, il me décrit Fatima, cinq pieds six pouces, cheveux noirs, yeux noirs de cartomancienne, gros seins, belles fesses et tout le reste. Fatima s'est séparée de son mari, un contracteur de moyenne envergure, et elle entend aussi se séparer de sa famille pour vivre sa vie librement, loin de toutes contraintes. Dans ce contexte, Planète lui sert d'exemple de liberté, aussi con que cela puisse paraître, et Fatima met la moitié de sa fortune héritée du divorce au profit de Planète, de ses vices et de ses lubies. Ils s'aiment, reviennent à Montréal et se louent un petit meublé dans Rosemont.

Le couple est aux petits oiseaux, café et croissants le matin, musique des Antilles, baladi de jour comme de nuit. Planète est comblé. Ses circonvolutions autour de la drogue ne se font pas moins fréquentes cependant.

Le référendum de 1995 s'approche à grands pas. Planète profite du cours de bureautique de Fatima pour lui faire rédiger ses vues et pensées sur l'avenir... du Québec. Pendant trois semaines, Fatima transcrit tout ce que lui dit Planète, de son fauteuil, sens dessus dessous, assis tout croche tout de travers, la tête aux pieds et les pieds à la tête. C'est du moins ce qu'il raconte, Planète.

-J'lui ai dit, toé t'es bonne pour écrire, moé j'su's bon pour penser!

Rien de moins...

La pauvre Fatima tape tout ça à la machine et elle avance l'argent pour imprimer les conneries de Planète... vingt milles copies!

-J'ai encore plein d'boîtes de livres dans mon salon, man... me confie Planète. J'en ai vendu quatre...

-Quatre boîtes?

-Non. Quatre livres!

Vous avez peut-être déjà vu passer ce livre à Montréal, en quelque bazar du livre. Voici le titre complet, attachez votre tuque avec d'la broche: «L'avenir du Québec: pour qui, pour quand, comment, pour quoi, où et combien? Pour que la Tribu se rapproche de notre mère la Terre, la Terre qui nous a donné tant de beaux fruits à cueillir.» Vingt milles copies, brochées. C'est-y pas assez moron, non?

Planète passe alors deux ou trois jours à tenter de les placer en librairie. Rien à faire: on n'en veut pas.

Il rencontre même des artistes et des humoristes célèbres sur le Plateau, dont le gros qui imite un handicapé qui ne daigne même pas lui acheter un exemplaire.

-Les gens n'sont pas vrais, Guétan. Je cherche du monde vrai! me déclare-t-il en autographiant l'exemplaire que je lui achète, par pitié.

-Tiens Guétan! J'ai écrit «À Gaëtan parce que c'est un hostie de vrai!». Pas pire, hein?

-Thank you ben, Planète. J'vais conserver ton livre précieusement.

L'histoire pourrait s'arrêter ici, mais non. Il me reste un dernier élément à ajouter pour que Planète vous ait été raconté selon les règles de l'art et de l'astronomie.

CHAPITRE SIX
LE FRAUDEUR FRAUDÉ DE CENT MILLES PIASTRES...

Vous vous doutez bien que l'histoire d'amour entre Fatima et Planète allait finir abruptement. Sûr que Planète engloutirait tout son argent, à la pauvre femme. Mais que vouliez-vous que j'y fasse? Lui dire que son chum était un trou du cul qui allait lui vider les poches jusqu'à la dernière cenne? Je n'ai pas eu cette présence d'esprit, ni ce courage, ni ce goût de me perdre en conseils. Ce n'est pas mon genre. Donc, elle a perdu encore plus d'argent, sinon tout son argent.

Le couple s'est séparé après que Planète lui ai fait acheter un énorme terrain dans les Laurentides pour fonder une commune. Il voyait un monde meilleur partir de là. Planète n'était plus drôle du tout, d'ailleurs, à cette époque. Il s'était transformé en chef de secte et n'avait, somme toute, qu'une seule disciple: sa blonde.

Elle avait mise cent milles piastres sur la Terre de l'Amour, cash down, entre les mains d'un promoteur véreux qui avait vendu un terrain qui n'était pas à vendre. Planète, bien que fraudeur invétéré, ne l'avait pas vu venir celle-là. Ils n'avaient rien signé. Juste remis l'argent en coupures de cent dollars.

En moins de trois mois, Planète avait sucé deux cent milles piastres à Fatima, comme une maudite sangsue pas d'allure te suce le sang jusqu'à ce que tu sois sec comme du carton. Fatima se retrouva presque dans la rue. Elle refusa de parler de quelque manière que ce soit à Planète qui revint dormir en-dessous des arbres, sur le Mont Royal, puis un peu partout au Canada.

C'est à la même période que je l'ai perdu de vue moi aussi. Il me devait au moins cent piastres.


THE END


Mise au point:

Les récits que je fais paraître sur mon blogue sont toujours tout frais sortis de ma caboche. Je ne vous fais pas lire du réchauffé. C'est tout le respect que je vous dois.

Pour mes textes plus anciens, il y en a quelques-uns sur mon site Internet perso, rarement mis à jour parce que je n'aime pas les restants. J'en mange, par souci d'économie, mais on ne viendra pas me dire qu'un plat fraîchement cuisiné peut susciter moins d'intérêt qu'un restant, surtout si l'on parle de littérature. J'ai lu Brillat-Savarin. J'ai du goût, même si ça ne paraît pas.

Je vous livre mes récits dans le but de produire un ou des livres en bout de course, de temps à autres. Pourquoi pas?

Je vais retravailler ces trucs, les peaufiner et peut-être même les flusher. Profitez-en, surtout si vous me détestez. Richelieu, le cardinal pas le supermarché, disait qu'il ne lui fallait qu'une phrase pour faire pendre un homme. J'en ai déjà fourni plusieurs pour conforter la position de mes détracteurs et plus fidèles lecteurs pour lesquels un type comme moi ne peut être que du gibier de potence.

Dans un de mes fantasmes, il me vient alors à l'esprit ces graffitis que j'ai vus à Winnipeg, dont «Remember Louis Riel! Red Power!»

C'était juste à côté de la statue de Louis, du gibier de potence, un christ de fou, mais un christ de bon gars aussi en quelque part. J'étais là, à Winnipeg, pauvre, floué, les deux pieds dans la bouette, et franchement, de voir Riel, un Métis comme moi, pendu par des connards, ça me faisait prendre conscience que je venais de plus loin que l'on me le faisait croire.

Je parle de fantasme. Capotez pas. Vous voyez bien que ça n'a pas rapport avec l'affirmation précédente: pendre un homme avec une phrase.

Juste du frais, que je dis. Et même des niaiseries. Et tout plein de phrases pour me faire pendre.

Pour votre plus grand plaisir, je le souhaite.

Gaétan Bouchard
Alias Makwa Grizzli, auteur prolifique et con