mardi 1 décembre 2009

L'temps des Fêtes dans l'faubourg à m'lasse de Twois-Wivièwes


Ça se passait de même dans le temps des Fêtes, dans l'faubourg à m'lasse de Twois-Wivièwes, dans Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, Sainte-Cécile, Saint Sacrement pis la P'tite Pologne, là où y'a pas ben ben des arbres. Juste d'la mauvaise herbe ou ben don' du chiendent.

On s'faisait des sandwiches roulées pis des bonbons aux patates, des beignes pis des fudges, des tourtières pis de la dinde. Y'avait des olives pis des cornichons sucrés. D'la salade de macaroni pis d'la salade aux patates. Y'avait d'la tarte au sucre, d'la tarte aux oeufs, d'la tarte aux raisins, d'la tarte à m'lasse pis d'la tarte aux pommes, d'la crème glacée, des affaires de même.

Ça buvait plus du Kik Cola pis d'la Radnor Up que d'la bière pis du fort. Mais que'ques-uns buvaient un peu pis c'est eux autres qui souignaient dans les réveillons une fois qu'i' étaient ben chauds.

Chacun avait droit à son tour de chant, évidemment.




Une de mes tantes chantait Prendr' un verre de bière mon minou.

Pis nous autres, tous rassemblés autour d'une hostie d'fournaise à l'huile qui m'faisait presqu'aussi peur que l'huile à patates frites dans ces loyers faittes en carton, ben on jouait d'la cuillère, nous autres, pis on avait l'droit de s'bourrer à 'a face jusqu'à en être malades dans les chips, la liqueur, l'chocolat pis toutte le kit.

Hostie qu'on était bien. On s'sentait heureux, avec nos cadeaux, des G.I. Joe, des Lego ou ben don' des bing-bang-rentre-d'dans-tant-pis-pour-les-prudents.

La Wabasso Textile envoyait sa suie noire bienfaitrice sur tout le quartier qui célébrait Noël ou l'Jour de l'An... Elle se mêlait aux flocons de neige et vrai comme j'suis là la neige était picotée de points noirs, tout le temps. Ça nous empêchait pas d'en manger un peu, comme tous les enfants. C'est bon en hostie d'la neige. Mium!

Pis là, ben un moment donné le monde s'est tanné des chansons d'Noël. C'est des choses qui arrivent. On est passé subito presto de La Bolduc à Lucien Francoeur dans nos partys d'Noël. Les tourne-disques des jeunes des années '80 faisaient des ravages dans l'quartier. Autres temps autres moeurs.

Pis la Wabasso est devenue la Dominion Textile pis j'sais plus trop après. Les employés se sont faittes fourrer juste avant qu'ça farme pour la dernière fois. Y'ont investi trois milles piastres chacun de leur propre argent pour sauver leur emploi. J'le r'voés tous su' 'a rue, avec leu' pancartes, après qu'la compagnie soèye partie au Mexique avec leu' cash... I' portaient des pancartes pis i' scandaient dans 'a rue: «on veut travailler! on veut travailler!» Tabarnak que j'pognais d'quoi, sérieux.

En tous 'es cas, j'sais pas c'qui ont mangé pour Noël c't'hiver-là eux autres. J'sais qu'i' en a une couppe qui s'sont pendus. Après qu'la Wabasso soèye farmée pis après la Canron, la CIP, Tripap, Reynold's, Aleris, alouette! Hostie y en avait plein qui s'tiraient ou ben don' s'pendaient dans leu' shed.

C'était-y parce qu'on avait comme perdu l'sens du rigodon? Parce qu'on giguait trop avec des cartes de crédit? Par manque d'imagination, tout simplement? J'peux pas répondre à ça, sérieux. J'suis pas l'docteur Mailloux.

Ça fait que là, à matin, y a encore d'la neige qui est restée d'hier. Y'en annonce encore. Peut-être une tempête jeudi. Ça sent l'temps des Fêtes. L'temps d'manger des sandwiches roulées pis d'chanter Ça va v'nir découragez-vous pas ou ben don' Anarchy in the UK. Perso, j'aimerais mieux chanter Après qu'ma brosse est finie du célèbre Oscar Thiffault, la légende des Bois-Francs.

C'est l'premier décembre et on est à deux doigts des Fêtes. J'ai encore bonne soif et bon appétit. Thanks Grand Manitou!

lundi 30 novembre 2009

Mingo l'Indien


Tout petit, quand je regardais Daniel Boone à la télévision, je rêvais de devenir Mingo. J'aimais son caractère stoïque, son air imperturbable, cette façon qu'il avait de retrouver son chemin n'importe où.

Je savais bien que nous étions des Sauvages, nous les Bouchard, avec ma mère foncée comme une mûre et mon père aux pommettes asiatiques. Puis les récits, quoi, ça ne trompe pas. Je viens d'une longue lignée de conteurs et autres analphabètes essentiellement animés par une littérature orale extrêmement riche dans laquelle je continue de puiser la source de tous les enseignements que je puis espérer de la vie. Même pour les questions les plus difficiles j'y trouve les réponses appropriées, ne serait-ce qu'un sacre bien senti, un tabarnak lâché le plus simplement du monde et qui en dit bien plus long qu'on ne saurait le croire.

J'exagère un peu puisque mes parents savaient lire, compter et écrire. Mes grands-parents en arrachaient un peu plus avec le langage codé des Blancs.

Donc, donc, doncques, je suis là à vous parler de Mingo pour je ne sais plus quelle raison. Peut-être parce que Misko m'a laissé un commentaire. Misko qui est un autre métis d'ascendance anishnabé-algonquine. Comme moé. Sacré Misko! Migwetch. Wachiya. Et c'est Makwa qui te le dit.

Bon, ben, c'est ça qui est ça.

dimanche 29 novembre 2009

Trois nouvelles toiles de format 12 X 36 po.

Trois nouvelles toiles de format 12 X 36 po. viennent de quitter mon atelier pour aller s'accrocher sur un mur. Voici les titres, dans l'ordre de leur apparition.

1) Un automne bigarré
2) Ristorante
3) Lycanthrope hivernal

Merci beaucoup!

ON FAIT CE QU'ON NOUS DIT


Je ne porte pas de blouse blanche et ne puis prétendre d'aucune façon au statut de spécialiste en matière de santé publique...
Cela dit, je sais lire un petit peu et presque compter. La grippe A-H1N1 n'a tué à ce jour qu'une portion de ce qu'une grippe saisonnière peut tuer. Il y a 8452 décès recensés à ce jour, selon les chiffres du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. La grippe saisonnière en tue 250 000 à travers le monde, chaque année.
La vaccination? Je ne suis pas contre. On a enrayé la polyomélite et la variole.
Mais pour ce qui est de la grippe A, franchement, j'ai l'impression que tout cela ne fait que confirmer les thèses de Stanley Milgram développées dans son livre intitulé La soumission à l'autorité. Dès qu'un type portant une blouse blanche dicte telle ou telle action, on obéit aveuglément, comme si la science ne nous trompait jamais.
Je ne suis pourtant pas contre la science, l'empirisme et tout le saint-frusquin...
Je suis juste sceptique comme un vieil Indien devant les remèdes des blouses blanches et les prières des robes noires. Je ne dis pas que j'ai raison. Je dis seulement que je n'irai pas me faire vacciner et c'est mon choix personnel, la conséquence logique d'une analyse sérieuse des chiffres et données qui s'offrent à moi.
Allez-y, allez-y pas, ce n'est pas de mon ressort.
J'ai un doute. Y'a quelque chose qui cloche.
On fait ce qu'on nous a dit. We do what we're told...

samedi 28 novembre 2009

La conjuration des imbéciles


John Kennedy Toole croyait fermement qu'il était un écrivain raté. Il s'est suicidé en 1969 à l'âge de trente-deux ans. On l'a retrouvé dans sa voiture, les fenêtres fermées, avec un tuyau relié aux gaz d'échappement.

Il nous a tout de même laissé un chef d'oeuvre de littérature picaresque, A Confederacy of Dunces. Jean-Pierre Carasso, traducteur français, a préféré le titre La conjuration des imbéciles. Traduit en québécois ça donnerait La ligue des tarlais. Cela dit Carasso a fait du bon boulot à mon avis. Ça sonne un peu comme l'original. Kennedy Toole a été mieux traduit que Kerouac, je vous en torche un papier.

A Confederacy of Dunces n'a été publié qu'en 1980, onze ans après la mort de Kennedy Toole. C'est un roman qui a tout de suite connu un immense succès et reçut même le prestigieux prix Pulitzer à titre posthume en 1981.

Cela dit, on aurait tort de lire ce roman en n'y voyant qu'un témoignage laissé par un suicidé. Il doit bien y avoir quelques liens à faire mais le roman a tellement de qualités en lui-même qu'il pourrait tout aussi bien se passer de la biographie de son auteur.

C'est ce qui fait de ce roman un grand livre, un bon livre, bref un chef d'oeuvre.

John Kennedy Toole avait tort de croire qu'il était un écrivain raté. C'était, tout au contraire, un écrivain accompli.

La conjuration des imbéciles, franchement, c'est décapant.

J'ai lu des tas de romans dans ma vie. Peu d'entre eux m'ont semblé aussi déjantés que celui-là.

Alors que je m'essaie à vous le résumer, je sens tout plein de contradictions m'assaillir. Par où commencer? C'est un roman tellement riche, plein de surprises et de rebondissements que je ne sais plus sous quel angle vous le présenter.

Le plus simplement du monde ça donnerait ceci: un universitaire qui vit seul avec sa mère alcoolique est contraint à se trouver du travail. Le travail l'horripile et on sent bien que cet Ignatius J. Reilly n'est pas à sa place dans ce monde, à l'instar de Boèce, son auteur préféré, à qui l'on doit la Consolation de la philosophie, un traité écrit en prison juste avant d'être exécuté sous l'accusation de trahison. C'était en 525, pendant le règne de Theodoric le Grand, roi des Ostrogoths...

L'«anneau pylorique» d'Ignatius se ferme à la moindre évocation du mot travail. Cependant il n'a pas le choix d'aller travailler depuis que sa mère, complètement saoule, a rentré dans un pilier qui soutenait un balcon de fer forgé, quelque part dans les vieux quartiers de New-Orleans. Elle devra payer pour ça et Ignatius ne pourra plus passer ses journées à malbouffer, boire du Dr Pepper's et roter comme un porc en se plaignant des caprices de son «anneau pylorique»...

Donc, il travaille d'abord à titre de commis administratif, dans une fabrique de jeans Levi's, avec Gonzales, un gérant gentil mais un peu con et Miss Trixie, une secrétaire vieille et complètement lessivée mentalement. Ignatius correspond avec une péronnelle, Myrna Minkoff, qui ne lui parle que de sexe alors qu'il en semble totalement éloigné sous plus d'un rapport, bien qu'il soit parfois surpris en train de se masturber entre deux gorgées de Dr Pepper's.
Cette Myrna fait un peu penser à Lisa Simpsons. Elle épouse toutes les idéologies à la mode du jour pour mieux relancer Ignatius, qu'elle perçoit comme un conservateur un peu homo qui boit du Dr Pepper's. Et Ignatius manigance toutes sortes de projets pour mieux se gausser de Myrna Minkoff. Il va jusqu'à organiser une Croisade pour la libération des Maures avec les Noirs qui travaillent majoritairement dans l'usine.
Et suite à cela, fiou, tout dégringole et explose en une myriades de récits hallucinants.

Le roman comprend plusieurs scénarios sousjacents qui finissent tous par se rejoindre au fil du récit. Tous les personnages ont un côté bon enfant. Même les méchants s'en tirent bien.

Une intrigue policière est alimentée tout le long du roman. L'agent de police Mancuso est à la recherche d'un individu louche. Son patron trouve que c'est un incapable et lui ordonne de se promener en tutu sur la rue, un déguisement pour trouver cet individu louche. C'est que Mancuso n'arrête que des innocents, dont ce vieux Robichaud, ennemi juré des communistes qui tombe amoureux de la pauvre mère d'Ignatius, suite à une rencontre organisée par la tante de l'agent Mancuso...

Après la Croisade pour la libération des Maures, Ignatius organisera un grand rassemblement d'homosexuels, toujours pour défier Myrna Minkoff.

Et là, fiou, c'est au tour des Levi d'entrer en jeu. Ignatius est soupçonné d'avoir écrit une lettre d'insultes à un client des pantalons Levi's. Et la lettre est signée du nom Levi. Et Levi, le fils, en a tout simplement marre de l'entreprise léguée par son père et ne voudrait qu'aller aux courses de chevaux. Sa femme lui reproche d'être un raté et de saloper l'entreprise de son père défunt. Si ce client n'achète plus les jeans Levi's, c'en est fini! Évidemment, Ignatius est coupable, lui qu'on a congédié suite à sa Croisade pour la libération des Maures au sein de l'usine... À moins que ce ne soit Miss Trixie?

D'une page à l'autre, l'anneau pylorique se resserre. L'entourage de la mère d'Ignatius la presse de faire passer son fils pour un fou.

Imaginez! Il en est rendu à vendre des hot-dogs sur la rue, déguisé en pirate, des hot-dogs qu'il mange avant même que de les vendre, ce qui congestionne encore plus son anneau pylorique...

Et voilà qu'il s'acoquine avec un gaillard amateur de marins qui porte sur sa tête le chapeau de la mère d'Ignatius...
Et l'agent Mancuso... Et funky Jones, concierge noir dans un bar géré par une Sudiste, Lana, où travaille aussi une pauvre fille qui danse nue avec son vieux perroquet...

Et Myrna Minkoff qui s'approche, se rapproche, tandis que Levi veut sauver l'entreprise familiale et forcer sa femme à la raison. La vieille secrétaire Miss Trixie doit prendre sa retraite à l'usine, elle qui souhaite tant s'en aller mais qui a tant besoin de garder son emploi, selon Mrs Levi, pour préserver son estime de soi...
Et New-Orleans qui étouffe Ignatius...

Franchement, La conjuration des imbéciles, ce n'est pas l'oeuvre d'un suicidé mais le chef d'oeuvre d'un écrivain. J'ai ri tout le long et ri de bon coeur qui plus est. C'est à classer dans la catégorie inclassable.
***
John Kennedy Toole, La conjuration des imbéciles, traduit de l'américain par Jean-Pierre Carasso, Éditions Robert Laffont, coll. 10-18, 1989, 478 p.

vendredi 27 novembre 2009

DES CONFETTIS POUR QUELQUES MALFORMATIONS CONGÉNITALES ANORMALEMENT ÉLÉVÉES AUTOUR DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE GENTILLY 2


Sébastien Bois s'est fait bannir à vie de l'Assemblée Nationale du Québec pour avoir envoyé des confettis sur les tailleurs et complets-vestons-cravates impeccables des membres du gouvernement du Québec. Il en avait contre le fait qu'on réinvestisse un milliard de dollars dans la réfection de la centrale nucléaire Gentilly 2, sans tenir de consultation populaire à ce sujet, sans tenir compte des impacts environnementaux documentés, dont un taux anormalement élevé de malformations congénitales dans les environs de Bécancour, et tout le reste qui porte à croire que le nucléaire n'est pas une énergie propre et sécuritaire.

La ministre Normandeau est l'ancienne ministre des affaires municipales qui se foutait bien qu'à Trois-Rivières le maire agisse en potentat de république de bananes en ne respectant pas le quorum d'un registre réclamant la tenue d'une consultation populaire.

J'ai écrit et envoyé ma pétition pour que le gouvernement oblige le maire à respecter les règles du jeu, pour qu'il nous soit encore permis de croire qu'il y a des moyens pacifiques pour des citoyens d'exprimer leur point de vue et d'intervenir dans les affaires de la communauté.

C'était à l'époque où les médias ne parlaient pas encore de collusion sinon de corruption dans le monde de la politique municipale. Elle s'en est torchée le cul et quelque fonctionnaire minable m'a écrit pour me dire qu'il ne voyait rien de mal là-dedans, que tout était ok, que ça passait comme une lettre à la poste, que je pouvais aller me torcher avec ma pétition, le registre à la con, les grandes phrases pompeuses sur la démocratie et tout le reste. On m'a rappelé que la démocratie, ça se mérite, et qu'il fallait se battre pour elle, tout le temps, tous les jours, autrement ils finiront par faire tout ce qu'ils veulent ces menteurs, ces fumiers, ces pleins d'marde...

Donc, Sébastien Bois, le gus qui s'oppose à Mister Burns et tous les diablotins nucléaires, a lancé des confettis jaune fluo sur le tailleur de la ministre Normandeau et, franchement, ça ne se fait pas, n'est-ce pas? Il est banni à vie de l'Assemblée Nationale. J'ai bien peur qu'il en fasse maintenant un titre de gloire. Après tout, il y en a qui siègent là-dedans qui font bien plus déshonneur à cette assemblée sinon à la fonction qu'il représente. Des demi-démocrates, demi-civilisés, plus actuaires que représentants du peuple ou bien défenseurs du pouvoir populaire.

Quand l'État gouverne injustement, la place d'un homme juste est dans l'indignation, dusse-t-elle se transmettre par des confettis jaune fluo ou bien par un soulier lancé sur George W. Bush.

Ce n'est pas tout à fait mon style. Je suis un peu trop poli sans doute. Cependant, s'il y a un jour moins de malformations congénitales aux alentours de Gentilly 2, ce sera peut-être à une tête chaude comme Sébastien Bois qu'on devra un petit quelque chose. Quand on gueule on se fait voir et entendre. Quand on joue à la moquette, comme le voudraient les péquistes, petits bourgeois bien plus offusqués par une poignée de confettis que par des radiations nucléaires, on a tout simplement rien et on se fait écraser une fois pour toutes.

La neige tombait à gros flocons sur la ville endormie

La neige tombait à gros flocons sur la ville endormie.

Charles-Henri Dupont ne dormait pas. Il était seul dans sa petite guérite, à l'entrée d'un stationnement vide. Seul avec sa petite télé qui ne captait que trois postes, sa boîte à lunch et son portable. C'était le plus beau métier du monde, parfois. Il n'avait qu'à trouver le moyen de rester éveillé pour contempler la neige qui tombait à gros flocons sur la ville endormie.

Sa guérite c'était aussi sa cabane sur la glace, sa capsule dans l'espace, son skidoo sur la neige, son voilier sur la mer.

Dupont se faisait tout plein d'idées comme ça pour passer le temps, quand ce n'était pas pour le tuer férocement.

Quand il s'ennuyait trop, hop! il ouvrait son portable. Et il discutait de physique quantique avec ses potes au Yémen, en Mongolie et au Japon. Dupont parlait couramment l'anglais, comme à peu près tout le monde, et la physique quantique c'était son dada.

Le monde ne savait pas encore quelles nouvelles découvertes jailliraient de la tête d'un simple gardien de stationnement, que la neige tombe à gros flocons ou pas sur la ville endormie.

jeudi 26 novembre 2009

Umf!


Imaginons un instant que vous échappiez un poil de nez dans le lavabo sans le faire exprès, juste en expectorant un peu du nez, umf! comme pour dire «je le sais!»

Imaginons cela, hein...

Bon, y'a pas grand chose à rajouter là-dessus. Sinon qu'Émile Laflamme alias Latorche faisait souvent ça, umf, à s'en arracher les poils du nez et il n'était pourtant pas du genre à dire «je le sais!»

Et ses poils de nez, évidemment, finissaient souvent dans le lavabo puisque Latorche faisait cela devant le miroir. Umf! Umf! Umf! Et ziouppe! Des poils de nez dans le lavabo! Avec quelques glosettes, des crinkles et tout le reste... Brrr... Ouache!

Latorche était manchot, voyez-vous, et il pratiquait le métier de ténor au sein d'un quelconque orchestre symphonique de banlieue. Bien que sans bras, Latorche avait de solides poumons et ce n'est pas pour rien qu'il expectorait du nez au-dessus du lavabo. Il fallait bien que ça sorte! Comment vous décrotteriez-vous le nez si vous êtiez manchot, hein?

Réponse: umf!

Et voilà!!!

Donc, on n'en fera pas tout un plat de ces quelques poils de nez, de ces expectorations nasales, de ces umfs tonitruants et glaireux. Latorche ne chante pas le nez plein et quand bien même qu'il umferait à s'en arracher les poils, hein, qu'est-cé ça peut ben calisser hein? Dites-moi?

Rien. Ça donne rien de dire que Latorche est un hostie d'cochon, un dégueulasse, ou ce que vous voudrez, juste parce qu'il umfe du nez.

Il est manchot! Man-chot-te! Comment voulez-vous qu'il se cure le nez? Avec les orteils dans le nez et la queue dans la bouche tant qu'à faire? Voyons donc!

Umf! Umf! Umf! Et c'est final bâton. Ces poils de nez et tout le reste y passent. Il ne lui reste plus ensuite qu'à faire ses vocalises. Et à passer une très belle soirée à l'opéra avec ses copains et ses copines.

Oh! C'est un bon ténor, Latorche. Je vous l'ai dit. Il n'a pas de bras mais quels poumons! Et comme il umfe souvent, on croirait que sa cage thoracique a pris de l'ampleur. Il peut chanter fort longtemps, très fort et pendant un hostie d'bout d'temps. Latorche, c'est quelque chose l'entendre. Sérieux. C'est vraiment que'que chose. On voit qu'il ne s'empêtre jamais dans les poils de son nez en chantant. Jamais. Et il rythme la musique avec ses sourcils broussailleux, son nez et autres appendices.
C'est vraiment un fameux musicien Latorche à Laflamme. Fameux, sérieux...

Fameux. Ouais.



mercredi 25 novembre 2009

DEHORS LES NÉO-CONS!

Les néo-cons gravitant autour de Herr Harper n’en manquent pas une pour passer pour de vrais cons, salauds et pourris dégueulasses. Ils se torchent le cul avec tous les traités internationaux. Ils rotent plus qu’ils ne pensent. Ils pètent, reniflent leurs vesses et pensent qu’ils ont réfléchi.

Après le jeune soldat Omar Khadr qu’on laisse pourrir à Guantanamo, on apprend par Colvin, qui a été diplomate canadien en Afghanistan, que l’armée canadienne envoyait des prisonniers se faire torturer par des pourris qui seraient sensés faciliter la démocratie et les droits de la personne dans ce pays de cul qui n’en finit plus de sentir mauvais.

Franchement, qu’est-ce que le Canada fout avec ces néo-cons?

On a craché sur Stéphane Dion qui avait au moins un mérite, soit celui d’avoir préconisé une forme d’union progressiste face à la droite régressive, unie autour d’une bande d’idéologues déconnectés presque autant qu’une secte marxiste-léniniste…

Dehors les néo-cons! Arrêtez de faire honte au Canada et au Québec avec vos niaiseries d’incultes barbares et réactionnaires!

PROGRESSISTES DU CANADA ET DU QUÉBEC: UNISSEZ-VOUS!

Du baloney pour Noël


C'était le jour même de Noël, en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, quelque part dans le quartier Saint-Roch, à Quebec City, oui monsieur.

Je devais avoir dans les trente-et-une révolutions complètes de la Terre autour du Soleil.

Je produisais une émission hebdomadaire pour Radio Basse-Ville, CKIA 96,1 FM, une émission qui s'appelait Simplement. Simplement, comme pour mon blogue. Signe que j'ai de la suite dans les idées ou bien que j'ai tout simplement des idées fixes.

Pour Noël, j'allais faire tout autrement. Il manquait d'animateurs ce jour-là et j'avais été retenu pour bouche-trou.

-Hey Gate, ça t'tente-ti d'être en ondes à Noël? qu'on m'avait demandé.

-Bah! Pourquoi pas?

Et voilà comment j'avais hérité de ce privilège: présenter une émission spéciale pour la Noël de mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf.

J'entre donc en ondes à une heure pile en après-midi, le jour de Noël.

-Bonjour mesdames et messieurs. Vous êtes à l'écoute d'une émission spéciale de Noël qui s'intitule «Du baloney pour Noël». Je la dédie à tous ceux et celles qui mangeront du baloney aujourd'hui.

Et j'enchaîne avec la célèbre toune de Capitaine Nô, la toune intitulée «Baloney» bien sûr.

Quand j'embarque dans ma sandwiche
Dans ma sandwiche au baloney (...)

(Y'a des extraits ici... mais y'a pas Baloney...)

Ça ne fait pas trente secondes que la toune tourne à la radio que je reçois l'appel d'un auditeur.

-Radio Basse-Ville joyeux Noël! que je réponds.

-Ah man! C'est hot en hostie c'que tu fais man pour les ceusses qui mangent du baloney aujourd'hui... 'Ai r'viré une christ de brosse la nuitte passée pis à matin pis sais-ti c'que j't'en train de manger toé-là hein? Du baloney!

-J'ai mon hostie d'voyage! Tu manges du baloney?

-Yes sir man! Du baloney!

-Bon ben j'te souhaite un joyeux Noël.

-Aurais aussi à'... une... demande spéciale.

-Ah oui? C'est quoi?

-Mangez tous d'la marde!

-C'est qui qui joue ça?

-M'en souviens p'us... Plume e'j'pense...

-Ok. Merci d'avoir appelé et bonne journée.

J'enchaîne donc avec Bienvenue au cabaret Chez Dieu de Plume Latraverse.

Bonjour, bonsoir mesdames et messieurs!
Mangez d'la marde et bienvenue Chez Dieu!

Et l'émission se poursuit allègrément pendant une heure. Et tous les ivrognes de Québec semblent s'être donnés le mot pour me téléphoner ce jour-là.

Ce fût un Noël que je n'oublierai jamais.

Du baloney pour Noël...