jeudi 14 décembre 2017

Suggestion de lecture pour PKP & ASS. de Québecor

SUGGESTION DE LECTURE POUR PIERRE-KARL PÉLADEAU & ASS. DE QUÉBECOR, LE PLUS GROS DIFFUSEUR DE «FAKE NEWS» DU QUÉBEC
L'Honneur perdu de Katharina Blum (titre original : Die verlorene Ehre der Katharina Blum) est un roman de l'écrivain allemand Heinrich Böll. Paru en 1974, il est sous-titré : « Comment peut naître la violence et où elle peut conduire » et est considéré comme une de ses œuvres majeures.Au début de ce roman, l'auteur avertit le lecteur par cette citation : « L’action et les personnages de ce récit sont imaginaires. Si certaines pratiques journalistiques décrites dans ces pages offrent des ressemblances avec celles du journal Bild, ces ressemblances ne sont ni intentionnelles ni fortuites mais tout bonnement inévitables. » (Source: Wikipédia)

Les caractères gras sont de moi... 

mardi 12 décembre 2017

Je suis un piéton en calice

Une tempête de neige souffle sur Trois-Rivières depuis ce matin.

C'est la première de l'année et bien d'autres suivront.

Beau temps, mauvais temps, j'ai choisi de me rendre au travail à pied.

Je marche environ 45 minutes le matin, 30 minutes le midi et 45 minutes le soir. Ce qui représente près de 2 heures de marche. Cela me tient en forme. Et de plus, ça me nettoie l'esprit de toutes sortes d'impuretés mentales: haine, anxiété, ressentiment, etc.

Je devrais donc être parfaitement heureux lorsque je marche.

Je le serais presque si ce n'était des abrutis qui passent près de me faucher chaque fois que je reviens à la maison. C'est-à-dire entre 16h30 et 17h15 pour être plus précis.

C'est bien sûr l'heure de pointe et les automobilistes finissent par se comporter comme des excréments sur quatre roues.

Cela ne se fait pas sans risquer de frapper un piéton.

Parce que, voyez-vous, le piéton, comme le pauvre, figure en bas de la hiérarchie établie par l'automobiliste moyen qui a le cerveau lessivé par son volant.

C'est L'Enfer mécanique à tous les soirs que je reviens à la maison. Comme si les automobilistes obtenaient des points en nous frappant pour gagner une quelconque course à la mort.

Au coin des rues Père-Daniel et Gene-H-Kruger il m'est plus difficile de traverser sur la lumière verte que sur la lumière rouge. Il n'y a pas de feu pour les piétons. L'autorisation de tourner à droite sur un feu rouge fait en sorte que vous avez deux idiots de plus à regarder avant que de traverser la rue à pied. Incidemment, je me suis fait couper par une dame qui semblait avoir si froid dans son auto qu'elle ne pouvait que me tuer si j'avais l'outrecuidance de traverser au feu vert pour lui enlever son droit de tourner sur un feu rouge.

Un peu plus loin, au rond-point de la Couronne, au moins quinze véhicules m'ont ignoré et ont filé devant moi comme si je n'existais pas. Comme si je n'avais pas le droit d'être là. Comme si c'était illogique qu'un piéton puisse traverser une rue. Surtout si les automobilistes ont tellement froid sous la tempête qu'ils en oublient ces culs-terreux et manants qui traînent savates sur les trottoirs au lieu d'emprunter la piste cyclable...

Vous croyez que ça s'arrête là? Pas du tout. J'ai aussi failli me faire frapper au coin des rues Royale et La Vérendrye. La lumière était verte avec même une flèche pour tourner à gauche. Ce qui suppose que la lumière est rouge pour l'automobiliste qui s'engage dans la voie de face. Je marche jusqu'au milieu de la rue et deux individus à casquettes à bord d'un Econoline roulent presque sur mes pieds. Je rage, évidemment. Ils sont déjà passés. Même si je leur faisais des gestes disgracieux ils ne les verraient même pas...

Je suis tout de même en tabarnak.

Et je marche, sous la tempête, jusqu'à l'intersection des rues Royale et St-Georges. Il y a un feu pour piétons et le petit bonhomme est vert. Je m'engage sur la chaussée pour traverser. Un gros niaiseux qui se cure le nez me coupe le chemin et passe devant moi qui hurle de colère cette fois.

-Gang d'hosties d'mongols de tabarnak d'hosties de tas de marde! J't'leur crisserais des amendes qui seraient pas capables de payer! J'leur enlèverais leur permis! J'mettrais des hosties de lois tellement sévères pour le contrôle de la pollution dans les villes que plus personne aurait les hosties de moyens de s'acheter un char! MARCHEZ TABARNAK DE LÂCHES DE CALICE!

Après cette montée de lait, j'ai marché jusqu'au coin de la rue St-Roch et Royale. Le petit bonhomme était vert. Et je me suis encore fait couper...

Je suis rentré à la maison désespéré du genre humain.

Convaincu que Trois-Rivières est constituée d'une grande majorité de tarlais et de tarlaises au volant.

Et assuré que rien ne va changer avant longtemps dans cette ville de chars qui se crisse du pauvre monde comme des piétons. Y'ont juste à prendre la piste cyclable.

D'ailleurs, la piste cyclable est mal balisée au centre-ville et les automobilistes stationnent dedans.

Tous des mangeux d'marde...

Tous et toutes...


Mon nouveau billet dans le Hufftington Post

C'est ici.

lundi 11 décembre 2017

«La pêche hivernale le long du fleuve Saint-Laurent» au Musée Pierre-Boucher



Il fallait bien que j'aille voir l'exposition de groupe à laquelle je participe. Elle s'intitule «La pêche hivernale le long du fleuve Saint-Laurent». C'est au Musée Pierre-Boucher, à Trois-Rivières, jusqu'au 28 janvier 2018. L'entrée est gratuite. Tous les détails se trouvent ici.

***

Je n'ai pas retenu tous les noms des participants et n'y voyez aucune malice de ma part. Je n'avais pas de calepin de notes et n'ai pas eu le génie de me servir de mon téléphone intelligent, sauf pour prendre quelques photos.

Je me souviens d'un certain Marc Pronovost et d'une artiste-peintre native de Trois-Rivières qui signe Hubert.

Quoi qu'il en soit, je me sentais parmi les miens. Dans l'art plutôt figuratif pour employer la formule la plus large qui soit. Dans l'art naïf, bien que j'éprouve un certain malaise à me définir sous une forme qui me semble contraignante.

Marcel Dargis
Cela dit, je suis un fan de l'oeuvre de Marcel Dargis et j'ai en ce moment le bonheur d'exposer à ses côtés. C'est comme si je venais d'être recruté par la LNH et que je patinais un coup à côté de Guy Lafleur.

Marcel Dargis a raconté en peinture la paroisse St-Lazare, à Cap-de-la-Madeleine. La paroisse St-Lazare des années '30 aux années '60.

Mon père et sa famille ont demeuré dans cette paroisse. J'imagine même qu'ils doivent se connaître.


Quoi qu'il en soit, les oeuvres de Marcel Dargis me parlent. Je peux rester figé devant elles pendant des heures. C'est l'effet de ce que l'on appelle le talent.

Or, j'ai reçu par la bande un recueil de Louis E. Leprohon portant sur l'oeuvre de Marcel Dargis. Marcel Dargis m'a même fait une dédicace. Sauf que je ne l'ai pas rencontré encore... C'est un de mes amis qui possèdent une collection de mes oeuvres qui a reçu monsieur Dargis. Il a pu voir mes oeuvres, en plus de partager l'exposition avec moi au Musée Pierre-Boucher, et s'il aime ce que je fais c'est que je suis sans aucun doute un artiste. C'est tout ce que je voulais savoir.

J'aurai la chance de le rencontrer en janvier si Dieu le veut. Je vous reviendrai à ce sujet.

Pour le moment, il faut que je revienne aussi vite que possible à mes pinceaux.



vendredi 8 décembre 2017

Trois improvisations à l'harmonica

Trois improvisations à l'harmonica

Improvisation folklorique de Gaétan Bouchard, artiste-peintre

Improvisation à l'harmonica de Gaétan Bouchard, savetier

Improvisation à l'harmonica amplifié de Gaétan Bouchard, cure-dentier

***

Après avoir effectué ces improvisations j'ai joué pendant une demie heure dans un salon devant des personnes âgées. C'est tout le public en chair et en os qu'il me fallait.

Je fais mon entrée au Musée...


La toile ci-contre fait partie de l'exposition
« LA PÊCHE HIVERNALE LE LONG DU SAINT-LAURENT » du Musée Pierre-Boucher.

Je relaie ici l'information via ce site.

***

EXPOSITIONS DES FÊTES AU MUSÉE PIERRE-BOUCHER

EXPOSITIONS 
« LA PÊCHE HIVERNALE LE LONG DU SAINT-LAURENT »
« LE VILLAGE DE NOËL »
« CRÈCHES DE NOËL »
« UN CONTE DE TANTE LUCILLE : LE RÉVEILLON DE NOËL DU PÈRE MATHIEU ».
du 8 décembre 2017 au 28 janvier 2018

À l’occasion de la période des Fêtes, le Musée Pierre-Boucher présente du 8 décembre 2017 au 28 janvier 2018, plusieurs expositions consacrées à cette période festive de fin d’année.

Une activité très populaire dans la région sera présentée dans les salles Duguay et Godin. « La pêche hivernale le long du St-Laurent » regroupe des oeuvres d’art, des documents, des photographies et des objets anciens. Cette exposition relatera ainsi l’histoire de la pêche hivernale.

Des jeux d’adresse amuseront les visiteurs. Une cabane grandeur nature vous permettra de vivre l’expérience de la pêche hivernale.
Exposition réalisée en partenariat avec le Service des Archives du Séminaire de Trois-Rivières.

La Chapelle du Séminaire accueillera une sélection de crèches acquises en 2016 et 2017. Dans le cadre de la période des Fêtes, des visites guidées de la chapelle se dérouleront les 9, 10, 16 et 23 décembre à 14 heures.

À la Salle Petit, « Le Village de Noël » dévoile de nouvelles pièces de la collection du village du musée, sous le thème de la pêche hivernale. De plus, un conte de Tante Lucille « Le réveillon de Noël du Père Mathieu » racontant l’origine de la pêche aux poissons des chenaux émerveillera petits et grands.

Ouverture de l’exposition 
Vendredi 8 décembre à 18 h 30.
L’exposition se poursuivra jusqu’au 28 janvier 2018.
Le musée sera fermé les 23 (en soirée), 24, 25, 26, 30 (en soirée) et 31 décembre 2017 et les 1er et 2 janvier 2018.

Entrée gratuite.

Heures d'ouverture : du mardi au vendredi de 10 h à 12 h et de 13 h à 16 h 30. Samedi et dimanche de 13 h à 16 h 30. En soirée : vendredi et samedi de 18 h 30 à 20 h 30.

Source 
Serge Désaulniers, responsable des communications
Séminaire Saint-Joseph, 858 rue Laviolette, Trois-Rivières (Québec) G9A 5S3 (819) 376-4459 – Télécopieur: (819) 378-0607

La saison des festivals du pauvre est ouverte!

Je vous avouerai que je suis né dans un milieu relativement pauvre.

Oh! nous n'étions certainement pas les plus pauvres de mon quartier. Je ne pourrais pas dire ça. Certes nous n'avions pas d'automobile. Mais le frigo était plein et nous ne portions pas de guenilles. 

Pourtant, la pauvreté nous a frappés de plein front nous aussi. J'aurai cette pudeur de ne pas élaborer sur le sujet. Une pudeur de pauvre qui ne veut pas que tout le monde sache qu'il est pauvre... Cette pudeur qui me fait penser que chez les Bouchard, du temps de mon père, on allait à la petite école de Sayabec à tour de rôle puisqu'il n'y avait qu'une paire de bottes d'hiver pour trois garçons. On disait aux Bouchard de ne pas se présenter lors des photos officielles de la classe parce qu'ils n'avaient rien de convenable à se mettre sur le dos.

Cette pauvreté-là, sèche et amère, c'est l'héritage spirituel de mon père.

Ma mère l'a tout autant vécue. Mille et un travaux pour joindre les deux bouts. Dont torcher les riches qui n'aiment pas torcher. Ces repus qui lui faisaient sentir qu'elle n'est qu'une torcheuse. De quoi hurler de rage.

Cela dit, j'ai toujours ressenti la pauvreté comme la pire humiliation que l'on puisse faire à un être humain. Parce que je la ressens dans ma chair et mon âme. Je dirais même dans ma génétique: je proviens d'une longue lignée de serfs, d'analphabètes, de nomades, de voyous pas tous géniaux et de torcheuses.

Au fond, derrière la pauvreté il n'y aura jamais rien d'autre qu'un vibrant appel à plus de justice sociale. 

Les greniers et les entrepôts débordent et nous sommes là à battre comme des chiens ceux qui tournent autour en quémandant de quoi se nourrir. 

À l'approche de Noël, les bourgeois ont la conscience sale. Ils font nettement plus pitié que d'habitude. Ils se prennent même à organiser des festivals du pauvre, des guignolées et des collectes de boîtes de conserves. Ça calme la mauvaise conscience d'avoir été un rat toute l'année.

Les pauvres, pour ce que j'en sais, se sentent certainement humiliés. Ils vous diront merci parce qu'ils savent vivre, ou à tout à le moins survivre... Mais du fin fond de leur tête, je vous jure que ça résonne parfois comme les cloches de l'enfer face à ces dévots et gentils organisateurs qui leur font sentir qu'ils doivent attendre en ligne et ne pas dire un mot de trop.

J'ai déjà reçu un panier de Noël. Une fois. Peut-être que mes parents aussi, pendant la grève de l'aluminerie où travaillait mon père. 

J'étais bien content de le recevoir.

Saviez-vous à quoi je pensais?

À l'humiliation subie jadis par mes parents pour la même raison. L'humiliation de manquer de revenus, d'être sans emploi tout en étant une personne pourtant travailleuse, intègre et remplie d'énergie.

J'ai dit merci, merci, sans doute.

Puis je me suis promis qu'un jour plus personne n'aurait à subir ça une fois de plus.

Ce sentiment d'être un chien qu'on fait danser autour des rogatons qu'on lui jette.

Ce sentiment que la pauvreté n'est pas un vice et qu'elle a une voix.

C'est d'ailleurs ce qui manque à vos tabarnaks de guignolées, mesdames et messieurs les bons coeurs.

Il manque la voix des pauvres.

Il manque leurs paroles.

Sois pauvre et tais-toi... 

Je parle un peu pour les pauvres mais ne suis pas leur voix.

Je prête la mienne à la leur parce que je ne connais pas un pauvre digne de ce nom qui accepte son panier de Noël sans qu'une petite voix résonne dans sa tête pour lui rappeler que nous vivons dans une communauté humaine désincarnée. Un mensonge organisé qui préfère les féeries et les paillettes des animateurs de radio qui se font sécher les dents avec une canisse de change dans les mains. Nous vivons dans une société injuste où des individus capables, productifs, peuvent même être condamnés à dépérir jusqu'à ce qu'ils deviennent incapables et improductifs. 

Car c'est un mythe de croire que les plus forts s'en sortent toujours. Un mythe qui justifie le pouvoir des pharaons, sans plus, et qui ne vaut pas que l'on s'échine autant pour bâtir leurs pyramides modelées de gypse et de béton friables.

En réalité, même les plus forts peuvent être happés par ces idéologies qui nous éloignent toujours plus de la vie en communauté pour nous plonger dans des océans de jeux mathématiques pour actuaires sans âme ni conscience.

Noël est sensé honorer la mémoire d'un type qui aurait dit qu'il est plus facile à un chameau d'entrer par le chas d'une aiguille qu'à un riche d'entrer au paradis. Il se trompait, c'est certain. Les riches rentrent au paradis tous les jours tandis que l'on traite le petit peuple comme des chameaux qui ont trop soif en plaçant sur leur dos toutes les misères d'un monde dont on se contrefout.

Comme le chantait l'auteur de Minuit Chrétiens: peuple debout! 

Les génuflexions, on les gardera pour un autre moment.

C'est Noël et chacun doit réclamer son dû: le royaume des chieux ou bien la république des insoumis.

Mon choix est fait depuis longtemps.










jeudi 7 décembre 2017

Henry Miller


Il avait perdu à peu près toutes les batailles de sa vie. Cependant, il avait gagné quelque chose comme de la résistance à perdre. Quelque chose comme s'il n'avait plus rien à perdre, justement.

Et c'est là que tout un chacun s'est reconnu en ce perdant qui se relevait tout le temps.

Comme s'il devenait la voix de tous les perdants.

Comme si ses misères étaient celles de tous les sans voix, sans richesses et sans culottes.

Il incarnait le sort du commun des mortels.

Il était comme eux.

Il était eux.

Ils pouvaient eux aussi devenir poètes.

Ils en avaient le droit et même le devoir.

Ça valait mieux que de mourir dans un cauchemar climatisé.

Du coup, sa vie changea.

Il fût porté par une nouvelle vague de perdants.

Il en était même devenu une sorte de héros, à son grand étonnement, lui qui n'aspirait plus qu'à la sainte paix.

La gloire le touchait dans la pente descendante de sa vie, alors que se révélaient tous les petits bobos du grand âge. Au fond, c'était mieux ainsi. Cela ne lui monterait pas à la tête puisqu'il l'avait déjà occupée ailleurs.

Ailleurs, évidemment, ce n'est pas ici.

C'est un non-lieu, ailleurs, pour un gars comme lui.

Il y eut encore bien d'autres échecs devant lui, évidemment.

Et tout le monde chie à la même place.

Gloire ou pas.

Ce sera tout pour aujourd'hui.

mercredi 6 décembre 2017

Les poèmes intéressants de Magoua Lagouache

Un autre recueil de poésie disponible gratuitement.

Édition revue et corrigée.

Mon nouveau recueil de poésie






Je l'ai terminé en novembre dernier et il sera bientôt disponible dans une librairie près de chez-nous à moins qu'il ne finisse avant dans un bac de recyclage.

Voici quelques extraits:

































Les portes du pénitencier ou RIP Johnny



Johnny Hallyday est mort. Il était connu, entre autres, pour sa reprise en français de la chanson The House of the Rising Sun qui est devenue, pour lui, Les portes du pénitencier.

Cette chanson provient de nulle-part. Comme La p'tite jument et C'est à boire, à boire, mesdames. On ne sait pas qui en sont les auteurs.

Leadbelly aurait été le premier à l'endisquer. Suivi de plusieurs autres, dont Bob Dylan et le groupe The Animals.

Je vis avec The House of the Rising Sun depuis plusieurs années. C'est une chanson-phare de ma vie. Pour plusieurs raisons. Bonnes ou mauvaises. La meilleure étant que je suis capable de la chanter tout en m'accompagnant à la guitare. Parce qu'elle est relativement simple. Comme la plupart des blues. Amateur de simplicité comme je le suis, je ne pouvais qu'aimer le blues.

Beaucoup d'événements de ma vie sont associés à des chansons. Je ne vous raconterai pas, par décence, les souvenirs qui me rattachent à Hotel California...

Mais je pourrai bien vous raconter ceux qui me lient aux Portes du pénitencier.

Du moins quelques-uns. On n'y passera pas toute la journée.

Je me souviendrai toute ma vie de la fille d'un pauvre monsieur qui passait le plus clair de son temps en prison.

Elle sortait aussi avec un pauvre gars qui était toujours en prison.

Elle fréquentait aussi la prison en tant qu'usagère.

Prison pour des petits riens: bagarre, ivresse, troubles sur la voix publique, vols de bouteilles de shampoings à la pharmacie...

N'empêche que la prison faisait encore plus partie de sa vie que la chanson The House of the Rising Sun ne faisait partie de la mienne.

Donc, le mot prison prenait une toute autre signification dans sa bouche.

Cela s'est passé la première fois que j'ai joué de la guitare électrique devant public. C'était au Pub 127, sur la rue Radisson, à Trois-Rivières.

Ce soir-là me réservait encore plein d'autres surprises.

Après mon set, ce fût au tour d'Alex Poirier de prendre la scène, jouant jusqu'à des demandes spéciales en parfait guitariste maîtrisant son art. La demande spéciale lui vint de cette fille-là.

Elle a pris le micro et a chanté Les portes du pénitencier pendant qu'Alex l'accompagnait à la guitare électrique.

Cette version-là, jamais enregistrée, va me hanter toute ma vie...

Jamais Leadbelly, The Animals ou Johnny ne vont me la faire oublier. C'était comme si la prison avait écrasé cette fille depuis sa naissance. Elle ne chantait pas tout à fait bien et ni tout à fait faux. Mais elle y avait mis tout son coeur et plusieurs se sont mis spontanément à pleurer. Dont moi, le gros con qui ne suis pourtant pas si sensible qu'il n'y semble.

Autre anecdote: j'ai chanté The House of the Rising Sun dans un bar de Whitehorse, au Yukon. Les Yukoners trouvaient que j'avais un drôle d'accent. Jusqu'à ce que je la chante en français. «What the fuck is he singing this big guy?», qu'ils se disaient. Je l'ai chantée jusqu'à la fin dans l'incompréhension générale, sauvant le tout avec un solo d'harmonica de mon cru. L'ami qui était à la batterie était fin saoul et tomba avec tambours mais sans trompettes. Le propriétaire de l'équipement voulait lui arracher la tête. Un peu plus et nous terminions tous en prison, escortés par des agents de la Police Montée Royale du Canada...

Je joue Les portes du pénitencier au moins une fois par jour ces temps-ci, pour aucune raison.

J'aime les accords de cette chanson. Comme si cela me réchauffait avant que d'en explorer de nouveaux.

Johnny est mort au fait.

Et je ne sais pas comment lui rendre hommage.

J'imagine que cela ne doit pas le déranger trop d'où il est en ce moment.


mardi 5 décembre 2017

La jambe décorée de Noël

Cette image m'obsède. Cette jambe... Elle est toujours accrochée par une chaîne à un poteau de galerie, quelque part au centre-ville de Trois-Rivières. Je la vois à tous les matins. Ce n'est pas vraiment une jambe. Non. C'est une prothèse. Une jambe artificielle. Mais quelle jambe!

Pour ajouter l'utile à l'agréable, l'unijambiste propriétaire de cette prothèse a eu cette fantaisie de la décorer pour Noël.

J'aurais pu la prendre en photo.

Je n'osais pas.

Alors je l'ai dessinée, cette fausse jambe. Et je vous l'ai racontée.

Maintenant, ça va beaucoup mieux...

lundi 4 décembre 2017

Autopromotion


Des peintres que j'aime et qui m'inspirent

J'ai envie de me gâter. Envie de vous présenter tout simplement des peintres que j'aime et qui m'inspirent. 

Vous pouvez constater que je préfère l'art figuratif.

J'ai oublié Picasso, que j'aime, parce que je ne fais pas de Picasso. Mais je serais tenté de faire des oeuvres sur le modèle de ceux que je vous présente ici.

C'est en quelque sorte l'école de peinture à laquelle je me rattache.

Chasseurs dans la neige, Brueghel

Que dire de plus? Tout est là: paysage, personnages et atmosphère...

L'entrée du Christ à Bruxelles, James Ensor

Une foule en liesse. Un Jésus socialiste. De l'art brut.

Christ, Jean Dallaire

Peintre québécois exceptionnel qui combinait Pellan et l'art classique.

Autoportrait, Antonio Ligabue

Analphabète, schizophrène, un genre de fou du village italien qui a laissé des peintures d'une incroyable vitalité.

Stigma diaboli, Clovis Trouille

Un surréaliste. On s'en doute. Plutôt érotique. Et humoristique.

Rêve dans le Parc Alameda, Diego Riviera

Un grand muraliste mexicain qui a influencé Frida Kahlo, alias sa femme, et sans doute un peu Fernando Botero et tant d'autres.

Le rêve, Douanier Rousseau

Ça, de l'art naïf? De la beauté pure: point à la ligne!

Autoportrait à la colonne brisée, Frida Kahlo

Sans commentaires.

En allant à la messe matinale, Normand Hudon

Une grande tendresse et beaucoup d'humour dans les tableaux de Hudon.
On sent le regard du caricaturiste. 

Paysage d'hiver, Ivan Generalic

C'est un peintre naïf Croate. Je n'ai jamais vu ses oeuvres, comme bien d'autres, mais je sais qu'il a beaucoup peint à l'huile sur des plaques de verre récupérées. Et ça m'intrigue. Tout comme m'intriguent ces gens des Balkans qui semblent tous artistes dans l'âme comme dans les mains. Comme on voit en Gaspésie ou bien en Acadie: des gens qui font tous quelque chose de beau pour le simple plaisir de le faire...

La tentation de Saint-Antoine, Salvador Dali

Dali se passe de présentations.

La guerre, Otto Dix

L'expressionnisme est une période déroutante de l'histoire de l'art qui est le miroir d'une époque troublée par la Première guerre mondiale où la vie ne compte plus pour rien et où l'Allemagne s'enfonce dans des cauchemars grotesques.

Le pique-nique, Fernando Botero
Botero aime les gros personnages. Moi aussi. On est fait pour s'entendre.

Retour des chasseurs, Tex Lecor

Parce que Tex, c'est Tex. Influence du groupe des Sept. Une influence que je n'ai pas vraiment mais que je respecte tout de même.

Noces, Marcel Dargis

Un grand monsieur du Cap-de-la-Madeleine qui a produit une oeuvre exceptionnelle. J'aurai d'ailleurs le privilège d'exposer avec lui à compter de cette semaine au Musée Pierre-Boucher de Trois-Rivières. Ses toiles foisonnent de personnages. C'est vivant. C'est plein d'histoires qui s'entrecoupent. Je pourrais demeurer figé pendant une heure devant chacune de ses toiles.

D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?, Paul Gauguin

Paul Gauguin était employé de banque. Un jour, il fout sa carrière en l'air, emménage avec un peintre qui se coupe les oreilles et s'en va vivre à Tahiti loin de tous les bourgeois de Paris qu'il déteste. C'est le peintre qui a le mieux écrit sur son art selon moi. Ses carnets m'inspirent autant que ses oeuvres. De plus, comme moi, il était daltonien. D'où son usage immodéré de couleurs vives.


Retable d'Issenheim, Mathias Grünewald

C'est à cause de mon professeur de philosophie, Alexis Klimov, qui m'avait fait lire Là-bas, un roman de Huysmans où il parle justement de ce retable en soulignant que ce Christ de Grünewald sue, saigne et meurt atrocement contrairement à toutes les représentations où l'on voit un genre de douchebag blondinet mourir dans un souffle d'extase. Une sorte de parabole de la condition humaine...

Hirondelles tristes du quartier, Miyuki Tanobe

Tanobe! Quelle artiste-peintre extraordinaire! Montréal devient une ville éternelle sous ses pinceaux. Un amour des gens qui me touche. On me dit souvent que mes toiles rappellent Hudon, Lecor, Dargis ou Tanobe... Je veux bien qu'ils croient ça. Mais, techniquement parlant, nous ne jouons pas des pinceaux de la même manière. Mes oeuvres ont tendance à être plus contrastées sans pour autant être meilleures. Je vois beaucoup de noir dans la nature. Beaucoup de peintres ne le voient pas. C'est leur affaire et c'est la mienne.


Voyageur au-dessus d'une mer de nuages, Caspar David Friedrich

Sérénité du romantisme allemand.