vendredi 1 août 2008

Ennemis politiques?


Est-ce que j'ai des «ennemis politiques»? Je ne crois pas. Suis-je un ennemi politique? Je le suis pour certains.

Dont ce mariole. Je vais taire son nom, même s'il m'écrit sous un pseudonyme.

Même si je sais son nom, parce qu'on laisse des traces sur l'Internet, même en se cachant sous un pseudonyme. Je suis rusé comme un renard, que voulez-vous, même si je n'en ai pas l'air. Je fais semblant d'être un gentil nounours un peu lourdaud. Mais c'est fou la logique que j'ai sous le cibouleau. J'ai l'air un peu zozo, funny guy, mais je suis en fait froid comme de l'acier, en-dedans, quand je me force un peu.

De barbotes en anguilles, on remonte les fonds vaseux jusqu'à Lui, sous son vrai nom, démasqué. Et là franchement, on se dit que c'est dommage qu'un type qui ait l'air si sympa, malgré son tee-shirt des Sentiers Lumineux, me considère comme son «ennemi politique» juste parce que je me suis moqué du nationalisme québécois.

Comme il se sent démasqué, il craint que je ne lui donne un bon coup de poing sur la gueule pour toutes ses âneries qu'il m'a écrites. Je n'ai pas d'ennemis politiques, moi. Et je lui tendrai la main, fraternellement, en me crissant bien de la politique, le jour où je le verrai. Je ne suis pas rancunier. Je suis trop con pour ça.

La plupart du temps, je ne parle pas de politique. La plupart du temps, je pète. Ou je respire par les trous de nez. Ou je regarde les nuages. Il m'arrive même de me demander pourquoi les fourmis sont si petites, pourquoi les mouches volent, pourquoi les automobiles sont chromées, pourquoi ceci et cela, sans que je n'aie à m'expliquer. C'est l'avantage d'être artiste que de ne pas toujours s'intéresser à la politique, au minotaure du labyrinthe des conventions. Un artiste vit nécessairement au-dessus des conventions. Et moi, fuck, je suis artiste. Je vole comme Dédale, Icare ou les maringouins. Bref, je suis un drôle d'oiseau.

Je peux écouter du Poche Pilée et trouver ça bon même si ceux qui l'écoutent pourraient croire que je suis un «ennemi politique» qui ne croit pas en la sacro-sainte souveraineté du Québec, une option administrative parmi tant d'autres qui m'enthousiasme autant que de discuter sur la gérance de tel ou tel salon de quilles. «Est-ce Bob ou Henri qui va devenir gérant, hein?» Je l'sais-tu moé christ! Bob, Henri... et pourquoi pas toi, lui, elle?

Tous ceux qui m'écrivent pour me dire que je suis leur «ennemi politique» devraient dégonfler leur balloune un peu et m'offrir une bière, des fois où je l'accepterais, plutôt que de se lancer dans ces concepts politiques et ces histoires emberlificotées pour fanatiques atteints de berlue.

Est-ce qu'on écrirait à Rimbaud pour lui dire qu'il devrait changer sa conception de la politique ou de la morale, selon ce qu'on vient de lire de lui, hein? Tu lis Une saison en enfer et tu reviens vers Rimbaud en lui reprochant d'être à gauche ou à droite, selon le passage cité.

N'allez pas croire que je sois Rimbaud. Premièrement, mon cul, c'est à sens unique si vous voyez ce que je veux dire. Et deuxièmement, Verlaine, c'est pas mon genre. Je suis plutôt aux femmes. À ma femme. Un vrai lover quoi.

Cependant j'écris. Je n'écris pas comme Rimbaud, peu s'en faut, mais j'écris. Et je n'écris pas que de la politique mais toutes sortes de trucs qui me passent par la tête. Et comme il y a plein de Cardinal Richelieu autour de moi, des types qui cherchent une phrase de moi pour me pendre, eh bien je suis obligé de leur dire fuck you de temps à autres, de déployer des énergies négatives qui gâchent mon souper.

Mes meilleurs lecteurs, c'est ce qu'il y a de pire, ce sont souvent ceux qui me détestent le plus.

Ceux qui m'aiment peuvent me lire aux deux ou trois jours, en diagonale, en se disant le gros va encore nous répéter ça en fin de semaine quand on va aller souper chez-lui. C'est compréhensible.

Mais ceux qui me détestent persistent et signent. Ils me reviennent tous les jours, puis deux, trois, quatre fois par jour. Jusqu'à ce que je les ignore, pour préserver mon équilibre mental, une lâcheté dont je ne suis pas fier mais, bon, je ne suis pas le docteur Mailloux. Je ne suis que Gaétan Bouchard, un blogueur sans pseudonyme, un type qui se lance dans la mêlée sans crainte de s'emmêler, pour m'en sortir d'une pirouette, comme un virtuose de la plume.

Bon sang que je m'amuse. C'est chouette d'écrire sous son vrai nom, sans filets de protection.

Et dire qu'on me déteste!

On ne me déteste pas assez cependant.

J'arrive à pas plus de 10% à 15% de haine par semaine dans les commentaires qu'on me laisse suite à la publication de mes billets. J'ai une bonne moyenne. La majorité est indifférente, comme toujours. Et j'ai un bon 15% à 20% d'amour authentique. Je suis donc gagnant sur toute la ligne. Je finis mon cycle avec un léger profit au plan des émotions, un baume pour le coeur, ces chers lecteurs et chères lectrices qui se nourrissent de ma prose sans se soucier de savoir de quel bord je vote.

Je n'ai pas d'ennemis politiques.

Je n'en aurai jamais.

L'humain avant les idées fixes, sacrement!

Me semble que ce n'est pas dur à comprendre...