mardi 6 mars 2012

Du temps où je me faisais crosser en vendant du blé d'Inde au porte à porte

Je fouillais dans mes souvenirs hier et je me suis rappelé une anecdote qui était enfouie dans le vestibule de ma mémoire. Je ne sais pas pourquoi cette histoire m'est revenue dans la mémoire vive. Elle est revenue comme un bout de bois charrié par les vagues. Et voici l'état dans lequel elle a échouée sur mon clavier. Elle a pour titre:

Du temps où je me faisais crosser en vendant du blé d'Inde au porte à porte

Nous étions jeunes. Nous étions fous. Enfin, pas si fous que ça. Mais quand on parle de la jeunesse, il est des lieux communs incontournables. Une fois que c'est dit, hop! et on passe à autre chose.

La chose en question, c'est du blé d'Inde, des épis de maïs, l'une des trois soeurs de l'alimentation autochtone.

Fin juillet, surtout dans ce temps-là, les cultivateurs des campagnes environnantes s'aventuraient parfois du côté de la Basse-Ville de Trois-Rivières pour vendre du blé d'Inde aux prolétaires. C'était généralement une piastre la douzaine.

C'est à ce moment que nous intervenons. Un paysan nous klaxonne, moi, mon frère et l'un de nos chums pour nous demander si nous n'étions pas intéressés de nous faire un peu d'argent en vendant du blé d'Inde au porte en porte.

-M'a vous payer à 'a fin d'la run quand l'camion va y'être vide... Embarquez dans l'pick-up les jeunes pis allons vendre du blé d'Inde...

Le type a la gueule d'un gars qui relève de brosse. Comme à peu près tout le monde dans le quartier. Aussi nous ne le remarquons même pas.

On vend du blé d'Inde dans Saint-Sacrement, la Petite Pologne, Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, puis le pick-up se vide. Il ne reste qu'un fond de poche. On a couru tout l'après-midi pour vendre son maudit blé d'Inde. On a hâte de se faire payer.

L'habitant s'arrête sur la rue De Foye, à côté du Parc des Pins. Il nous laisse débarquer du pick-up puis il nous lance son fond de poche de blé d'Inde. Il rembarque dans sa vieille réguine puis il part en trombe vers sa chère campagne avec tout le fric qu'on lui a remis entre les mains, le tabarnak.

On a vraiment l'air con. On gueule dans le vide.

-Hostie d'chien! On va t'fendr' el'crâne à coups d'batte! Crisse de voleur!!!

On se partage le blé d'Inde entre nous trois. Ce qui fait quelque chose comme cinq épis chaque plus un coton qu'on a lancé dans le parc pour nourrir les cochons s'il s'en trouve.

L'air était chaud. Nous étions jeunes. Nous étions fous. Et nous mangions notre blé d'Inde avec beaucoup de sel et encore plus de beurre qu'on ne le ferait de nos jours.

La morale de l'histoire? Méfiez-vous de tous les vendeux d'blé d'Inde, peut-être que c'est le nôtre, celui que l'on rêve de retrouver depuis notre tendre enfance pour lui caresser la face à grands coups de taloches amicales.

4 commentaires:

  1. bin, tu parles d'un gueux c'gars-là ! note....ça vous aura appris à vous méfiez des beaux parleurs, pas vrai ?

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  2. Il n'était ni beau ni parleur. Seulement crosseur. Ça nous a appris à détecter les crosseurs, ça y'a pas de doute... :)

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  3. Petite précision; est-ce que c'était du deux couleurs? Tsé genre multiculturel, ou bin du « straight indian yellow submarine » non génétiquement modifié?

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  4. Asti de crosseur à marde ! Je lui aurais fourré dans l'cul son crisse de blé d'inde, y'aurait roté du popcorn en tabarnak ma te dire, mouhahaha ! Je sais, je sais, je suis un grand poète. ;)

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