jeudi 17 janvier 2019

Mes parents étaient des petits poulets et vous aussi

Il fût un temps où l'image que j'avais de mes parents était un mensonge coutumier.

Je voyais à travers mes parents l'image que ma communauté se fait des parents.

Je suis heureusement tombé sur ce que l'on appelle de bons parents.

Je ne veux certes pas minimiser le rôle qu'ils ont accompli.

Au contraire.

Je les ai vus trop longtemps toujours forts, négligeant leurs faiblesses.

Je veux surtout dire leur droit d'affirmer ces faiblesses.

Ils se seront toujours montrés forts devant moi, mais de plus en plus mollement au fil des ans.

Ils avaient suivi eux aussi ce chemin que j'emprunte en ce moment.

Ils ont pris le chemin de la cinquantaine.

Ce chemin qui nous rend mystérieusement plus sensible, à moins que je ne me trompe.

Pour ma part, il m'arrive d'avoir les yeux embués pour des niaiseries qui ne me foutaient rien il y a trente ans.

Je n'aurais jamais pleuré devant un coucher de soleil, mettons. Ou bien devant un enfant qui rit.

C'est que l'on devient tous et toutes de petits poulets en vieillissant.

Mes parents l'ont été aussi, des petits poulets.

C'est en découvrant leurs faiblesses que je me suis aussi découvert moi-même.

Je porte l'histoire de mes parents, de mes bons parents qui étaient aussi des petits poulets.

Nous sommes des petits poulets parce qu'il y a les maladies, les rêves brisés, les espoirs malmenés, les crimes et les injustices.

Je regarde une vieille photo de ma mère et je la vois en petit poulet, toute menue, douce, fragile,, ballottée par l'espace et le temps dans un quartier pauvre de Trois-Rivières.

Idem pour ma part. Sa photo où il a l'air de Max Gros-Louis ne ment pas sur sa nature de petit poulet. Il est aussi tout petit, doux, fragile mais heureux aux côtés de sa Jeannine, l'amour de sa vie.

Je vois ces deux petits poulets s'aimer.

Et je me regarde, moi aussi, en tant que petit poulet.

Un petit poulet qui perd des plumes, comme à peu près tout le monde.

Et qui se démène tant bien que mal avec ses rêves brisés et sa bienheureuse insouciance de Roger Bontemps.

«Vanité des vanités, tout est vanité et poursuite de vent», disait un type qui s'appelait L'Ecclésiaste.

Je n'ai retenu que cette phrase d'un gros livre qui contenait des milliers de page.

Comme si cette formule de petit poulet me convenait.




lundi 14 janvier 2019

La Valkyrie du Journal de Marde

Elle voulait faire du théâtre.

Elle était mauvaise actrice.

Elle a donc fait des romans.

Cependant elle écrivait mal.

Il lui restait seulement la célébrité.

Peu importe les arts, le théâtre ou les humanités.

L'essentiel était de flamboyer comme une vieille amante déçue qui se prendrait pour une Dalida avant son dernier spasme.

L'ultranationalisme lui remettait une couche de Rommel dans les yeux.

Elle se sentait la plus jeune parmi tous ces vieux boucs qui sentaient le sébum.

Parmi les vieux, elle était comme la petite princesse qu'elle avait toujours souhaité devenir.

Elle leur collait deux ou trois blagues féministes, pour se donner un peu de caractère, mais ne détestait pas pavoiser devant un sourire viril et carnivore. C'était son talon d'Achille. Son talon aiguille. Sa vanité. Son insignifiance. Sa place au sein du Boy's Club.

Au fond, elle était toujours la même petite fille qui n'en faisait pas trop pour ne pas déplaire aux vieux mononcles qui la laissaient parfois distribuer les cigares ou les drinks. Elle se montrait toujours aimable, serviable, docile. Elle aurait dit rusée, évidemment...

Quoi qu'il en soit, elle avait suivi toutes les modes de son temps pour finalement adopter les idéaux des politiciens de son temps, toujours.

Comme la mode était à la suprématie blanche catholaïque, elle oublia facilement des années de progressisme gaga et considéré puéril par manque d'envergure mentale.

Elle répétait maintenant des trucs qu'on aurait pu lire dans Le Patriote ou Le Goglu de Adrien Arcand, dans les années '30. Du vrai caca raciste à propos du déclin de la race blanche et du péril étranger... C'était à en donner froid dans le dos.

Brrr-rrr....

D'autant plus froid qu'elle publiait parmi d'autres ploucs tout aussi racistes qui, sous prétexte de défendre leurs valeurs, les sacrifiaient toutes pour un plateau d'argent.

L'antisémitisme n'étant pas encore considéré comme socialement acceptable, ils se sont défoulés sur les musulmans.

L'islamophobie n'est pas un mot assez fort pour décrire ce type de pourriture publié à 1 000 000 d'exemplaires et diffusé à la grandeur du Québec.

Mais bon, laissons la le sort du monde.

L'important c'est qu'elle brille enfin.

Elle est à son zénith.

Comme Dalida.

Fière comme une Valkyrie.





dimanche 13 janvier 2019

Le pot aux roses

Les étalages sont vides dans les succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC).

Comme dans l'ancienne URSS, les supermarchés sont ouverts mais il n'y a plus rien à vendre, sinon des rutabagas de Belgique et des dattes d'Afghanistan.

Il reste encore de la vodka Victoire-du-peuple. Mais il n'y plus de vin de Géorgie. Ni de yaourt de jument de Mongolie.

C'est la pénurie perpétuelle. L'État ne fournit pas. Le marché noir est beaucoup plus efficace. Déjà l'on voit poindre les futurs seigneurs de l'après-Perestroïka. Bientôt les étalages seront pleins. La mafia assurera toujours une meilleure distribution parce qu'elle ne peut pas se nuire à elle-même en bloquant le trafic des biens et des marchandises.

***

Il est pour le moment plus facile d'acheter du pot chez le pusher -et moins cher- que de faire ses achats à la SQDC.

Les ventes en ligne fonctionnent mieux. C'est plus facile d'acheter du pot en Colombie-Britannique via l'Internet et de se le faire livrer par Postes Canada... Un de mes amis facteurs ironisait l'autre jour. Il me disait, avec raison, qu'il était devenu le runner des nouveaux dealers officiels du cannabis. Le runner, c'est celui qui fait les commissions, le plus petit en bas de l'échelle, celui qui va en prison et qui reçoit des oranges de ses amis les vendeurs s'il a pas trop mal fait sa job. Un plan de retraite et un nouveau boulot l'attendent s'il run encore...

Cela dit, il me semble qu'il y a un pot aux roses derrière la manière que l'on gère la vente légale de cannabis au Québec. C'est comme si l'on n'acceptait pas l'idée de la vente légale en faisant tout pour la décourager. L'objectif de la loi était de nuire aux activités du crime organisé et de rendre légale cette culture entourant ce psychotrope qui, somme toute, peut même agir à titre de médicament. Ce qui n'est pas le cas de la bière ou de l'alcool, frelaté ou non, à ce que je sache.

En légalisant le cannabis, le gouvernement fédéral a permis d'envisager la fin de la vente de cannabis frelaté, ce qui n'est pas rien.

Les rares produits trouvés sur les étalages de la SQDC ou bien en ligne ne mentent pas sur la qualité du produit. L'étiquetage est conforme. Le dosage est prescrit. De plus on vous avise que vous pourriez devenir schizophrène dans certains cas. Mettons que l'on ne fait pas autant de chichis avec les bouteilles de vin ou d'alcool à 94% en vente libre à la SAQ... Hypocrisie, oui!

Y'aurait-il une «conspiration» avec notre manière québécoise de gérer la SQDC? Quelque chose comme discréditer le service public pour démanteler la SAQ et Hydro-Québec du même coup? Pourrait-on se servir de ce triste exemple de faillite commerciale? Plusieurs millions de dollars de profits ont échappé à la SQDC depuis la légalisation. Cet argent qui devait revenir dans les poches des contribuables s'est volatilisé ailleurs, on ne sait trop où. Les Québécois et Québécoises perdent beaucoup trop d'argent à chaque jour où la SQDC n'ouvre pas et ne fournit pas.

Qu'est-ce qui se passe?


***

La SQDC, c'est moche.

Deux gardiens de sécurité qui t'attendent et te scrutent de l'oeil comme au pénitencier d'Orsainville.

À l'intérieur, une douzaine d'employés sont occupés à s'expliquer devant des étalages vides. Il reste un peu de cannabis sativa Sierra Terra, des pilules de 2mg et de 10mg, de l'huile, à peu près rien.

Il n'y a plus de file d'attente d'ailleurs.

Tout le monde est parti ailleurs.

Dans le privé, la vente se fait autour d'une bonne bière ou d'un bon café.

On discute. On fume. On jase.

On parle de politique internationale.

Et de musique. Ou de Dostoïevski. Ça dépend avec qui.

Au public, au Québec, on se croirait plutôt dans Une journée d'Ivan Denissovitch.

C'est gris, laid, morbide comme une pharmacie vide gardée par deux malabars qui ont l'air encore plus louches que des motards dans un club.

Même les motards peuvent sourire de temps à autres et se montrer un peu humains.

C'est tout dire.




jeudi 10 janvier 2019

Veilleur de nuit

J'ai toujours aimé me promener seul tôt le matin ou bien tard la nuit, à l'instant même où ces deux moments se rejoignent.

J'occupe désormais les fonctions de préposé aux bénéficiaires et effectue un quart de nuit qui va de vingt heures le soir à six heures du matin.

J'ai occupé un poste de nuit pendant quatre ans. C'était il y a trente ans. D'abord au Centre hospitalier de l'Université Laval, puis au Foyer Joseph-Denys à Trois-Rivières. J'avais vingt ans. J'étais très jeune pour travailler en présence de la maladie et de la mort. Pourtant, je ne serais pas qui je suis aujourd'hui sans ces quatre années d'empathie et de compassion poussées au maximum de mes jeunes capacités.

Je reviens donc à mes anciennes amours. C'est un homme de cinquante ans qui n'a plus le même regard ni les mêmes ambitions. Un homme plus mûr, plus zen et certainement moins amer.

Dans le cadre de mes nouvelles fonctions je devais consentir à ce que l'on enquête sur mes antécédents judiciaires. J'ai l'heureuse nouvelle de vous apprendre que mon dossier est vierge. Je suis un dangereux anarchiste gratteux de guitare qui n'a pas encore trouvé le moyen de troubler la société au point d'aller derrière les barreaux.

Bon, j'aurais encore bien des choses à vous dire.

Cependant le travail m'appelle ce soir.

Je m'en vais travailler avec le sentiment d'être vraiment utile à quelque chose dans la vie.

Ce n'est pas rien.

C'est peut-être tout.

Bref, je suis le veilleur de nuit.


mardi 8 janvier 2019

Quelques esquisses tirées de mon carnet de croquis

Je prends de plus en plus plaisir à dessiner au feutre en me servant ensuite du crayon pour offrir une troisième dimension à mes créations et créatures. J'estompe au doigt et à la brosse. C'est sur du papier je ne sais trop quel nom. Un carnet de croquis acheté chez Escompte Lecomte sur la rue des Forges aux Trois-Rivières.







Le Nouvelliste a publié mon épître aux Trifluviens...

Le Nouvelliste a publié le 5 janvier dernier mon épître aux Trifluviens.

Une page sombre de l'histoire de Trois-Rivières est tournée...

Le Nouvelliste a aussi publié cette lettre sur sa page Facebook qui a suscité les réactions et commentaires indignés de nombreux trolls pour lesquels, évidemment, je ne peux être qu'un gros BS qui mange des chips sur sa galerie.

Les médias sociaux sont malheureusement à l'image des crapules qui parfois nous gouvernent.

Il faut savoir prendre ses distances de la canaille.

L'art est heureusement autant un refuge qu'une forteresse contre les assauts des morts-vivants.


vendredi 4 janvier 2019

La Bulle de Pascale Cormier

J'aime bien lire Pascale Cormier. D'abord parce qu'elle a le génie des mots. Elle en fait son métier tout en menant une vie parallèle en tant qu'écrivaine et poétesse.

Elle vient d'écrire ce long texte à propos de la toxicité des médias sociaux face à nos rapports humains. C'est ma manière de résumer ce long texte que vous ne lirez peut-être pas. Il est rare que l'on prenne le temps d'écouter qui que ce soit aussi longtemps de nos jours. Pourtant, je pense que vous ne serez pas déçus. Le seriez-vous que je m'en laverais les mains. Vous êtes maîtres de vous-mêmes comme je le suis de moi.

Ce long texte se trouve ici.

***

J'ai marqué une pause de trois étoiles pour vous laisser le temps de le lire.

Je ne me ferai pas aussi loquace que Pascale Cormier.

Je vais m'en tenir à quelques trucs. Vous savez combien je suis paresseux hein?

Les médias sociaux m'emmerdent de plus en plus.

J'y passe en coup de vent, comme si j'allais au bar prendre une bière.

Au bout d'une bière, je me suis lassé de voir des gens qui en ont trop pris et dégueulent sur le comptoir. Je rentre chez-moi, avec un petit feeling, rien de trop. Je préfère d'autres psychotropes pour ne pas vexer qui que ce soit.

Et je ne fréquente plus les bars depuis au moins 1999. (On ne fait pas de phrases qui débute par «et» m'a-t-on appris. Qu'il aille donc chier, on.)

Je bois peu depuis ce temps. Même pas six bières par année. Un peu de vodka la fin de semaine. Même pas quatre onces.

Chacun son trip. Me saouler et dégueuler ce n'est pas le mien.

C'est idoine pour Facebook et Twitter.

Blogger y échappe. Tenir un blog c'est comme dialoguer avec soi-même en public. Comme le faisait à peu près l'écrivain ou le journaliste de l'ère de Gutenberg. C'est encore un exercice solitaire.

Facebook et Twitter, pour ne nommer que ceux que je connais, c'est la foire d'empoigne à tout coup.

Des gens que vous ne connaissez de ni d'Ève ni d'Adam se lancent sur vous comme des hyènes assoiffées de sang. Ils vous assaillent pour un ceci ou un ça. La signification des mots s'y perd. Je ne saurais même plus vous dire à quel niveau cela se situe tellement le fumier a meilleur odeur.

Pour tout dire, Pascale Cormier a tout dit dans son long texte.

Les proprios de Facebook et Twitter exploitent bien sûr vos données personnelles.

Vous vous en foutez sans doute comme j'ai tendance à m'en foutre.

Je ne bois que six bières par année.

Je suis un bon gars, je pense.

Je suis transparent et n'ai rien à cacher.

Le gouvernement peut rentrer dans mes sous-vêtements sans me nourrir de crainte.

Je l'insulte d'ailleurs à tous les jours à haute voix, partout, pour être bien sûr qu'il ne m'écoute pas pour perdre son temps.

Perdre son temps, cela dit, c'est aussi déblatérer avec des personnes infâmes qui vous dégueulent sur les pieds.

C'est drôle à 14 ans.

C'est plutôt pathétique à 50 ans.

Bref, j'ai 50 ans et me calisse des média sociaux somme toute.

J'aime mieux les arbres, la nature et les petits oiseaux.

J'aurais bien aimé vous en parler mais ce sera pour une autre fois.

Les moments heureux ne ramènent pas toujours autant d'histoires.

Je m'efforcerai de moduler mes prochains billets en tenant compte de certaines notions d'équilibre entre la comédie et la tragédie humaines.

Moi aussi j'écris des textes trop longs parfois.

Si vous les lisez jusqu'au bout, c'est que vous avez vraiment du temps pour vous farcir les propos de n'importe quel quidam. Je ne sais pas si je dois vous admirer pour ça ou bien douter de vos motivations. Évidemment, ça n'a rapport qu'avec ma propre boîte à poux. Ce sont mes bébites, comme dirait ma mère.

Ahem.

Ce serait plus simple de terminer un texte simplement.

Avec un mot.

Fin.



jeudi 3 janvier 2019

Jambons et gens bons

Il est de coutume en début d'année de souhaiter paix sur Terre aux hommes et femmes de bonne volonté.

Je veux bien me prêter à l'exercice, mais d'autres exorcismes m'attendent.

Le principal sujet de mes études au fil des ans aura été de comprendre la nature du Mal. D'abord en moi-même. Puis partout autour de moi, dans mon environnement comme sur les Îles Mouk-Mouk.

On pourrait croire que je suis naïf. C'est pourtant tout le contraire. Je refuse de me mentir sur notre nature humaine, tant pour sa grandeur que pour son abyssale mesquinerie.

Je sais qu'il y a des gens méchants en ce monde et qu'ils ne demandent rien d'autre que d'afficher leur méchanceté. Je sais que ce sont des lubies de croire qu'ils ont aussi un petit coeur rempli d'amour.

J'apprends à séparer le bon grain de l'ivraie.

Les gens méchants, qui cherchent à réduire ou humilier les autres, ces gens-là disparaissent tous les jours un peu plus de ma vie. Je ne dis pas que j'ai réussi le coup de tous les écarter. Mais je considère que j'ai fait l'économie de vivre au milieu de personnes toxiques qui n'en valent pas la peine.

***

Qu'est-ce qu'une personne de bonne volonté?

Je nous le demande...

J'imagine que c'est une personne aimable, affable, qui ne passe pas son temps à rire des pauvres ou bien à persifler autrui.

Dès qu'une personne rit des pauvres, des BS ou bien des handicapés, je sais d'ores et déjà que nous ne serons jamais faits pour nous entendre.

Je considère de telles personnes comme étant beaucoup plus médiocres au plan de mes valeurs humaines que les personnes visées par leurs propos dégoûtants et mesquins.

Que cela se fasse sous le couvert de l'humour ne change rien à l'histoire. Rire des Juifs en Allemagne, en 1938, n'avait rien du petit divertissement ordinaire. En fait, il faudrait changer justement d'histoire et mettre l'humour du côté de ceux qui, comme naguère Charlie Chaplin, savaient se gausser des dictateurs et de leurs éructations populistes.

**

Toute tentative d'humilier un être humain condamne d'abord et avant tout la personne qui humilie.

Du moins, à mes yeux de guerrier de la justice sociale.

Pourquoi devrais-je avoir honte de combattre pour la justice sociale, hein?

Pour ne pas déplaire à des gens désagréables qui manquent d'amour et d'empathie?

Pour gagner du capital de sympathie ou bien du capital tout court de personnes qui ne méritent ni honneur ni respect?

Mon choix est fait depuis longtemps.

Je suis du côté de Jean Valjean.

Je ne serais jamais de celui de l'Inspecteur Javert. Ou bien de la famille d'accueil de trous du cul qui abuse de la petite Cosette.

***

Je suis surpris de constater à quel point on abuse encore de la petite Cosette de nos jours. Pas au Sénégal. Ni au Soudan ou bien au Burkina Faso. Mais ici-même, presque devant nos yeux.

Des familles d'accueil qui violent et volent des enfants. Ça se voit tous les jours.

Des fils ou des filles qui exploitent une grand-mère qui perd tranquillement la tête et tout son argent, c'est commun.

Des handicapés laissés pendant des semaines dans leurs excréments pendant que le frère ou la soeur qui assume la charge fait le party avec le cash qui devrait servir à habiller et prendre soin de l'handicapé, ça se trouve souvent près de chez-vous.

Ça se passe tous les jours ici-même sans qu'on ne puisse accuser la religion, la politique ou bien Jean-Pierre Untel.

C'est l'ère du temps...

Un temps pour l'avidité à fond de train.

La perversion narcissique avec la pédale accotée dans le plancher.

Pas d'amour pour personne et beaucoup de pourquoi le monde ne m'aime pas.

Notre monde, on l'oublie trop souvent, produit son lot de personnes infâmes, ignobles et détestables.

On s'épargne de régler nos problèmes en pointant ceux d'ailleurs dans le monde, lesquels nous confortent dans notre aboulie et notre insignifiance face à ceux qui font le Mal devant nos yeux.

C'est beau, l'indifférence, le confort et le vol des démunis.

C'est normal que les riches volent, voyez-vous.

On ne devient pas riche en devenant gentil.

C'est l'errance du temps.

***

Pourtant, je sais que 1 + 0 + 0 + autant de zéros que vous voudrez ça fera toujours 1.

Une personne qui se tient debout compte bien plus que tous les zéros à la fin de l'équation.

On ne bâtit rien avec du vide.

Il y a plein de bon monde autour de moi.

Plein de résistants et de résistantes.

D'aucuns auraient dit qu'ils sont le sel de la Terre.

Je n'en ferai pas toute une salière.

Mais je trouverai salaire dans la bonté qui s'affiche autour de moi, partout sur mon chemin.

Il y a des jambons et il y a des gens bons.

Bonne année 2019 et toutes ces sortes de trucs.

Aimons-nous les uns les autres.








samedi 29 décembre 2018

Une page sombre de l'histoire politique de Trois-Rivières vient d'être tournée.


Une page sombre de l'histoire politique de Trois-Rivières vient d'être tournée.

Le maire Yves Lévesque a annoncé cette semaine sa démission.

Des témoignages plus flatteurs les uns que les autres se sont multipliés. 

Presque trop beaux pour être vrais. Il y a même un peu d'indécence dans ce concert d'éloges qui nous rapproche dangereusement du culte de la personnalité et de ses errances dictatoriales.

Trois-Rivières a enclenché une révolution citoyenne via son actuel conseil de ville.

Désormais, notre cité ne sera plus sous l'emprise d'un démagogue qui pousse l'odieux de mettre sa maladie sur le compte de son principal opposant politique au cours de ses trop longues années de règne: la démocratie.

La maladie est une chose. La démocratie en est une autre. Confondre les deux avec le sort de sa propre personne me semble de la perversion narcissique poussée à son comble.

Trop souvent les Trifluviens et Trifluviennes ont failli dans leurs devoirs et responsabilités envers la défense de leurs droits légitimes.

Je ne peux pas leur en vouloir. De Duplessis à nos jours, le culte de la personnalité a toujours connu des temps heureux aux Trois-Rivières. Cet état d'esprit nuit encore à notre développement. 

Il en dit long sur la fragilité de nous-mêmes face à nos institutions mal soutenues. Nos institutions démocratiques décrépies comme ces pyramides de gypse qui s'effritent en moins d'une génération.

Néanmoins, l'histoire n'appartient à personne.

Ceux et celles qui viendront pourront juger par eux-mêmes l'homme et son époque.

Triste époque selon moi.

L'avenir s'annonce meilleur.

C'est comme si un vent de fraîcheur soufflait sur la ville.

C'est comme si nous retrouvions enfin le sens du mot démocratie.

Merci aux conseillers municipaux de ramener l'ordre et la raison dans ma ville natale: Trois-Rivières.

jeudi 20 décembre 2018

Les mains sales

Je me souviens vaguement d'avoir lu Les mains sales de Jean-Paul Sartre. En fait, je me souviens vaguement d'avoir lu Sartre. La Nausée était un roman un peu broche à foin qui rappelait vaguement L'Étranger de Albert Camus, lequel roman rappelait aussi vaguement Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline. Sartre est toujours ronflant, ennuyant, parle pour rien dire et écrit n'importe quoi sans vraiment le comprendre lui-même. C'était à la mode dans les années '60 pour une raison qui m'échappe. De nos jours, je pense bien que Sartre doit être sur le point de disparaître de notre mémoire collective et cela me semble sain. Il y a des limites à faire semblant.

Les mains sales est une mauvaise pièce de théâtre de laquelle je n'ai rien retirée. Sinon que Sartre tentait d'ajouter un peu d'existentialisme au marxisme pour se montrer lui-même indispensable, malgré qu'il ait toujours eu les mains propres.

J'y fais référence par habitude. Parce qu'Untel rappelle de temps à autres qu'il faut parfois avoir du sang sur les mains pour faire avancer ses idées. Il se réfère alors aux Mains sales de Sartre qui, pourtant, ne touche pas tant à cette idée.

L'essentiel de mon propos touche aux mains.

Aux mains qui peuvent être sales ou propres.

L'intellectuel rappelait indirectement qu'il  avait les mains propres, mais que le monde de la justice et de la Grande Idée n'adviendrait pas sans avoir les mains sales.

Il faudra donc étriper son lot d'ennemis en méditant sur le sens de l'existence...

C'est ça, la philosophie...

Du moins, une part importante de l'existentialisme dans sa version sartrienne.

Contrairement à Sartre, Albert Camus avait les mains sales.

Il a vraiment fait partie de la Résistance. Il a pris et porté les armes contre les fascistes. Il ne s'est pas camouflé sous les oripeaux de la littérature pour rédiger dans une langue opaque sa soi-disant rébellion contre le fascisme: Les mouches, Les mains sales...

Pourtant, Camus m'a toujours semblé plus humain et plus digne que Sartre dans ses positions publiques.

Jamais Camus n'a justifié l'injustifiable. On n'a jamais pu compter sur Camus pour défendre les massacres commis par les jeunesses maoïstes au cours de la Révolution culturelle chinoise. Camus n'a jamais considéré les massacres comme une «bagatelle», comme un événement naturel de l'histoire en marche.

Je ne m'embarquerai pas dans une controverse entre Camus et Sartre.

Vous vous doutez bien que je suis cent fois plus près de Camus que de Sartre.

Premièrement, parce que Albert Camus était aussi un authentique artiste, c'est-à-dire un écrivain.

Ce que n'a jamais été Jean-Paul Sarte malgré toutes ses pages insipides qu'il a pu écrire au cours de sa longue vacuité qui ferait passer l'être pour du néant.

La vraie pensée philosophique, évidemment, se tient toujours loin des salons et des coteries.

Il ne pouvait rien sortir de bon de Sartre.

Parce qu'il singeait les émotions, les attitudes, les déclarations.

Je ressens toute sa profonde malhonnêteté intellectuelle, sa vanité, sa fatuité.

Jamais je n'ai ressenti ce petit iota de respect pour son statut de vedette immérité.

Tandis que Camus, il m'arrive encore de le lire et de le méditer.

***

J'ai les mains sales.

D'abord parce que je suis de basse extraction.

Il est difficile d'imaginer un petit gars né dans un quartier pauvre de Trois-Rivières qui n'ait jamais mis ses mains dans la merde. C'est notre destin commun. Nous sommes nés pour patauger dans la merde, sous le regard indifférent des habitants de la Haute Ville.

Là d'où je suis, nous sommes un peu comme des parias de la plus basse caste qui soit. Nous naissons pour aller à l'usine ou à l'aide sociale. Si d'aventure l'usine ferme, on se désolera parmi les notables que l'on envoie tant de pauvres à l'université alors que leur seule université devrait être l'usine. Ils feront entendre cette version-là de leur réalité, l'imposeront subtilement à tout le monde. Celui ou celle qui rêvera de devenir universitaire se fera ramener à son rang par des crapules à cravates qui trop souvent puent de l'intérieur. Il n'y en aura pas de facile. Ce sont encore les gosses de riches qui passeront en premier pour perpétuer le Désordre Social et l'injustice qui vient avec.

Bien que j'aie les mains sales, je me refuse à voir la violence comme un moyen politique.

Cela ne veut pas dire que je vais me laisser faire ou bien que je vais tendre l'autre joue.

Cela veut simplement dire que l'on ne sort pas son arsenal nucléaire tous les jours.

J'ai les mains sales d'aider ce système en lequel je ne crois pas en y collaborant directement ou indirectement.

Je m'efforce de combattre en moi-même ce qui n'est pas moi-même.

J'y réussis plus ou moins bien.

Je ne suis pas tout à fait un ange, mais certainement pas un diable.

Et je ne vous lancerai pas une mode intellectuelle demain matin.

Je veux seulement vivre et laisser vivre. Aider la vie autant que faire se peut. Me maintenir debout et respirer sans crainte.

Je conçois que les mains sales n'aient rien à voir avec cela.

C'est idoine pour Sarte et Camus. Je me permets ce genre de digressions pour je ne sais trop quelle raison. Je m'abandonne moi aussi à rabaisser la philosophie au niveau d'un strudel aux pommes.

Pourquoi pas?

C'est moins fatiguant que la réalité.

Moins complexe.

Et puis ça fond dans la bouche.

Même s'il se peut que l'on ait ensuite les mains sales.













mercredi 19 décembre 2018

Trotsky



Je termine de visionner la série russe Trotsky.

C'est disponible sur Netflix en version originale russe avec des sous-titres en français.

La série a été produite par Konstantin Ernst en 2017.Le populaire acteur russe Konstantin Khabenski tient le rôle de Léon Trotsky.

La série est bien faite. L'ombre de Dostoïevski semble planer au-dessus d'elle. La psychologie des personnages se rapproche de Crimes et châtiments ou bien du roman Les Démons. Pascal disait que qui veut jouer à l'ange fait souvent la bête. La série explore toutes les zones sombres de Trotsky et du pouvoir politique.

La révolution est financée par les banquiers allemands. Et, comme Poutine, Trotsky se retournera contre ceux qui l'ont porté au pouvoir.

La série peut se prêter à toutes les interprétations. D'où le génie de sa conception. Elle servira autant la cause des adorateurs de Trotsky que de ses accusateurs.

Elle nous montre surtout l'âme russe racontée par elle-même plutôt que par des esthètes exsangues.

Même les histoires d'amour n'y sont pas banales ou anodines. C'est très bien fait et, pour tout dire, passionnant.