samedi 9 juillet 2022

Nouvelles du front...

J'ai pu écrire des milliers de pages sur ce blog parce que je suis une éponge psychique, un peu comme le gros gaillard qui attend dans le couloir de la mort dans La mince ligne verte de Stephen King. Comme lui, je ressens les gens, les arbres, le vent... Sauf que je ressemble plus à Shrek qu'à ce travailleur des champs de coton.

J'ai délaissé ce blog au cours des derniers mois pour me consacrer essentiellement au travail, c'est-à-dire à la facette «aidante» de mon identité. Je porte plusieurs chapeaux dans ma vie. Je suis sans doute un gus avec quelques dons pour les arts et les lettres. C'est mon côté magique. Lequel se lie à mon côté pratique: bosser pour améliorer le sort des gens dans ma communauté. Je ne suis pas un saint mais le fils d'un quartier pauvre. J'ai trop vu de misère pour ne pas avoir l'envie de la combattre jusqu'à la mort, au mépris de ma propre vie s'il le faut. Je n'ai jamais voulu faire autre chose qu'aider les autres dans la vie. C'est ma seule ambition, associée à celle de ne plus jamais rien faire -ce qui viendra bien assez vite.

Cela dit nous sommes encore en pandémie. Je suis aide-soignant, c'est-à-dire préposé aux bénéficiaires. Il manque de coeur et de bras. J'ai dit que j'étais présent pour ce combat. Même s'il m'arrive d'avoir l'envie de déserter, parce que ça devient du sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, avec peu de temps et de goût pour tenir une plume ou un pinceau, eh bien je persiste. Je poursuis mon odyssée dans la santé. 

Je dois me battre pour rester en forme. C'est une job physique qui demande de se pencher souvent, de courir sur trois étages -surtout quand l'ascenseur est bondé ou bloqué. C'est une job psychique qui demande un caractère fort pour ne pas être absorbé par l'anxiété et la maladie environnantes. Et comme toute job, tu n'as pas toujours le temps de te décrotter le nez. Il faut que ça bouge. On n'a pas que ça à faire. Vous voyez le genre.

Je ne puis m'empêcher de repenser à La condition ouvrière de Simone Weil. La philosophe et mystique s'était faite engager à l'usine Renault pour fabriquer des automobiles. Elle voulait comprendre le monde ouvrier dans sa chair et son sang plutôt que de palabrer sur le prolétariat parmi quelques doctes universitaires. 

Ce ne fût pas mon parcours, bien entendu, mais La condition ouvrière me revient en mémoire comme un leitmotive. Un jour je reviendrai sur ce que j'ai vécu et compris au cours des deux dernières années de pandémie.

Pour le moment, je me prépare pour rentrer au boulot vers 7h00.

Il est 4h39. J'ai un café devant moi. Je ne dors pas depuis 2h30. Je me suis couché vers 19h30. Cela ne devrait étonner personne. 

Ma blonde dort. Que de travail et de renoncements pour elle aussi... Nous aidons autrui. C'est notre job. Et nous la faisons bien, même si ça nous fait mal, même si le dos craque, même si l'on tombe comme des poches de patates après des journées de travail qui semblent interminables.

Tout est ok à la résidence. Tout le monde dort paisiblement. Mon collègue fait ses tournées régulières et n'a rien à me signaler. 

Je suis chanceux de travailler avec des gens aimables qui ont le coeur à la bonne place.

C'est un privilège.

Sinon une joie que de toucher un peu à tout pour mieux comprendre TOUT.

Assez écrit pour le moment. Je me demande même si c'est intéressant. Si ça vaut le coup.

Je suis un peu rouillé... J'écris et tous mes «JE» m'agacent terriblement. Pourquoi moi, moi, moi?

Parce que je ne sais pas trop...

Mes rinçures, comme dirait Rimbaud.

Cela vaut ce que cela vaut.

Bon matin et bonne journée.

Et coetera.

samedi 12 février 2022

Merci et s'il-vous-plaît

J'ai toujours été obstiné, anti-autoritaire, incapable de diviniser le boss ou le pape. Je me les imaginais en train de chier et cela m'enlevait toute forme d'obséquiosité. 

Cela dit, j'ai toujours été franchement poli. Parce qu'au fin fond de moi-même j'aime les gens.

J'ai appris de tout le monde, du plus nul au plus brillant.

Sans vous, mes frères et soeurs humains, je serais mort mille fois.

J'ai une dette envers l'humanité en somme.

Merci et s'il-vous-plaît m'ont fait grandir.

***

Je suis particulièrement sensible au manque de civilités.

Entrer n'importe où comme dans une grange sans saluer personne ne me revient pas.

Cela m'affecte dans ma politesse qui se maquille de sarcasmes et de paraboles.

À celui qui ne dit pas bonjour je répète souvent ceci: «Je connais un gars qui ne salue jamais l'monde lorsqu'il rentre au travail. Dans mon livre à moé, c'est un hostie de trou d'cul. Qu'est-ce que t'en penses toé?»

Il arrive souvent à celui visé par ma parabole de cligner très vite des yeux.

«Qu'est-cé? As-tu une poussière dans l'oeil?» que je lui réplique.

Il apprend généralement à dire bonjour lors des rencontres suivantes.

Je suis poli.

Mais je ne suis pas une carpette.

J'ai le bonheur d'avoir le physique d'une armoire à glace.

Cela me permet d'être dur avec les malotrus.

Traiter les autres comme de la marde ça ne passera jamais dans ma tête tout autant que dans mon coeur.

Merci et s'il-vous-plaît m'ont aussi fait combattre.

Je ne laisserai pas les rustres gagner la guerre de l'incivilité au nom de je ne sais trop quel clan de brutes épaisses.





vendredi 11 février 2022

Deux ans de COVID-19...

 Après deux années de pandémie tout semble vide et déserté, même ce blog.

Je vous rassure tout de suite: je ne suis ni vide ni sur le bord de déserter. 

Je vis ma vie dans l'attente du printemps ou bien de quelque chose qui s'y rapproche.

Dans l'intervalle, je travaille. Très fort.

Mes fonctions me laissent peu de répit pour le moment.

Tout est à la COVID-19. Presque jour et nuit. Depuis deux ans.

Deux ans avec un masque dans la figure plus de 50 heures par semaine.

Deux ans à me laver les mains soixante milles fois par jour.

Deux ans à attendre que cette saloperie finisse.

Deux ans à entendre n'importe qui raconter n'importe quoi n'importe comment.

Deux ans de surinformation et de déformation.

Deux ans à supporter l'aigreur des fascistes, des pervers narcissiques et des masculinités toxiques.

Deux ans qu'il faudra vite oublier pour refonder le monde sur de nouvelles bases.

lundi 10 janvier 2022

Aphorismes déjantés pour devenir stoïque comme un Spartiate enragé

Être sibyllin avec les imbéciles et clair comme de l'eau de roche avec les humbles.

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Rien n'est plus détestable qu'un moi de trop parmi la foule qui crève. 

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Le narcissisme est le cancer qui mène notre civilisation vers l'autodestruction contemplative.

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On ne fera jamais rien avec quelqu'un qui a peur de tout. «Reste dans ta cachette, mec, je m'occupe de tout.»

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Le courage c'est comme attacher ses bottines: ça s'apprend.

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«Moi, moi, moi»= ta yeule, ta yeule, ta yeule!!!

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Trancher le noeud gordien en toutes circonstances. Ne jamais couper les cheveux en quatre. Ôter de son chemin les devins et les devinettes pour avancer enfin vers quelque chose.

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La meilleure chose à faire quand tu ne sais pas quoi faire c'est de chanter. Ça ne réglera pas ton problème mais tu seras de meilleure humeur.

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Pour être aimé il faut aimer suffisamment pour perdre son masque et ses protections psychologiques. On aime rarement les bourrus, les réservés, les calculateurs. Les fous hantent le coeur bien plus longtemps. On veut rire. On veut danser. On veut chanter. C'est rare que l'on veuille se faire chier avec une personne qui n'apporte que des peurs et des soucis. Soyez légers pour être aimés et lourds pour que l'on vous fuie.

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L'individu moyen a peur de la mort et de la maladie plus que tout. C'est pour ça qu'il ne visite ni l'hôpital ni les salons funéraires. L'individu moyen est un égoïste qui pleurniche puisque personne ne s'intéresse à lui-même - qui d'ailleurs ne s'intéresse à personne... Il abandonne tout ce qu'il peut sans ciller des yeux et se croit victime du monde entier comme le dernier des étrons. L'individu moyen n'a pas plus de coeur que d'esprit. Il a récolté un peu d'argent à force de le voler à autrui et ne tient vraiment pas à le partager. Nos politiciens travaillent essentiellement pour flatter l'ego de cet individu moyen sans lequel ils ne seraient jamais élus.