mercredi 28 avril 2010

Thérapie quand tu nous tiens...

Je n'ai rien contre l'homme qui se met à pleurer, sauf que je ne vais pas pleurer.

L'hypersensibilité ambiante de ma société me répugne. Ça manque de virilité. Ou de tempérament, pour que ma comparaison soit favorable aux deux sexes, puisqu'il y a même des femmes qui ne supportent pas le pleurnichage.

En Afrique, on crève de faim. En Amérique, on pleure pour un ongle cassé, une dette quelconque, une gouttière mal installée.

Nous n'avons pas les moyens de placer en thérapie l'humanité entière. Pourtant, l'ensemble de la société dans laquelle je vis semble croupir en thérapie, discourir de thérapie, vivre et survivre de thérapie. Avant, on parlait de rédemption et de confessionnal. Aujourd'hui, on parle de croissance personnelle et de thérapie. Rien n'a changé. Chasser le surnaturel et il revient au galop avec la chair en charpie et les oreilles molles.

Un moment donné, il faut savoir mettre ses culottes, assécher ses larmes et foncer droit devant en se foutant des atermoiements, pleurnichages et autres comportements de lavette.

La thérapie, c'est tout ce qu'on a trouvé pour dire à un homme ou une femme qui souffre d'arrêter de s'en faire pour rien.

Les lologues et autres masturbateurs intellectuels s'en donnent à coeur joie. Souvent, ils ont une fiouze de péter entre les deux oreilles et on fait appel à ces esprits dérangés pour faire du rangement dans la communauté: des pilules pour Untel, des contentions pour Telautre, des sessions de pleurnichage pour tout le monde.

Fuck off.

Vive la liberté libre. Vive le doute, l'angoisse, l'anxiété, la misère, la faim, la souffrance, n'importe quoi sauf la fucking thérapie miracle, les discours savants sur la souffrance mentale, les philosophies de basse-cour pour occidentaux gâtés pourris.

Exactement comme dans le dernier chapitre du roman Le meilleur des mondes de Aldous Huxley. Être un Sauvage parmi les civilisés. Un Sauvage qui fait toutes sortes d'incantations irrationnelles. Un Sauvage qui préfère souffrir plutôt que d'être heureux comme un singe gavé de soma et de paroles pseudo-scientifiques de tartampions diplômés de l'université Cracker Jack.

Ça m'a fait du bien d'en parler...

3 commentaires:

  1. Tiens, quelque part ça m'interpelle au niveau du vécu...:)))

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  2. Je pense avoir émis quelques conneries dans ce texte, mais ça m'a fait du bien de faire sortir tout le méchant que j'avais sur le coeur.

    :|

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  3. Rien de mieux que se thérapiser soi-même. C'est le meilleur des deux mondes. Ça favorise beaucoup l'estime de soi.

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