vendredi 16 avril 2010

Comment écrire une belle histoire

D'abord ça vous prend un souvenir. N'importe quoi peut faire l'affaire.

Certains chefs-d'oeuvre ont été écrits en baillant. C'est tout ce que j'ai retenu de Marcel Proust, un auteur soporifique publié dans la La Bibliothèque de La Pléiade, chez Gallimard imaginez-vous donc. Et que j'ai lu au grand complet, dans le cadre d'un séminaire de littérature au cours de ma maîtrise, probablement dans un état second. En écoutant chanter Jim Morrison.

Donc, je me suis claqué trois mille quelques pages de Proust pour ne retenir tout au bout qu'une phrase approximative probablement tirée du premier tome d'À la recherche du temps perdu -et quel temps perdu!

Trois mois plus tard je m'enfuyais du côté du Yukon pour ne plus penser à cela, pour renouer avec le premier auteur de mon adolescence, Jack London, oui, le gars qui te racontait des histoires de types qui en arrachaient dans la vie. Et qui croyait que même un gars avec beaucoup de talent peut être écrasé sous le Talon de fer. D'où l'idée de se tenir en bande pour leur en faire voir de toutes les couleurs, à tous ceux-là qui nous tiennent pour de vils esclaves.

Les préoccupations existentielles de Jack London me rejoignaient plus que les atermoiements et la langueur de Proust. Une histoire nulle à chier. Insupportable. Et qui est publiée dans La Bibliothèque de La Pléiade juste parce qu'il ne faisait pas de fautes d'orthographe et que sa syntaxe était parfaite. Comme si c'était suffisant. Merde. Jack London m'emmenait ailleurs et je suis même allé y voir si j'y étais, ailleurs.

Maintenant, revenons au tout début. À mon titre tiens. Comment écrire une belle histoire.

Ça vous prend un souvenir. Proust, c'était le goût des madeleines, ces petits gâteaux poches et trop secs qui vous collent au palais. Jack London, c'était dans des aventures tellement époustouflantes qu'on ne s'emmerde pas à le lire.

On a qu'une vie à vivre et quand un gars ou bien une fille prend le temps de vous lire, il est tout naturel de lui donner de quoi se nourrir. Sinon ça n'en vaut pas la peine. Les livres, c'est bien beau, oui, mais encore faut-il qu'ils soient bons.

Si vos souvenirs sont emmerdants, allez vous faire une vie quelque part, n'importe où. Ou bien dansez la java. Jouez au basketball. Signez une pétition. N'importe quoi.

Évidemment, même si vos souvenirs sont emmerdants, vous pourriez être publié dans La Bibliothèque de La Pléiade. Donc, vous ne viendrez pas me dire que j'ai raison sur toute la ligne et, je vous l'avoue, je vous donnerai un bon point là-dessus.

Faites ce que vous voulez et jamais vous ne vous y tromperez. En littérature comme en confiture, c'est vous qui les mangerez. Et comme le disait si bien Brillat-Savarin, ce savant gastronome, on est ce que l'on mange.

Comment écrire une belle histoire? La belle affaire! Pigez dans vos souvenirs et n'essayez pas de pâtir.

Merci beaucoup.

5 commentaires:

  1. Ouais. Je suis ce que je mange. Je vais te l'écrire tiens !
    Ne jamais mélanger l'huile d'olive et le beurre qui ne gagnent rien en saveur à chauffer ensemble dans la même cocotte.
    Surtout ne pas mettre des champignons et trois tonnes de camembert dans des crêpes, c'est lourd, paresseux et dégueulasse.
    Non, faut faire des galettes, toutes fines, c'est tout un art et un apprentissage, avec de la farine de blé noir, comme chez moi, au pays du beurre salé à l'ancienne, et une fois légèrement dorées, poser dessus des ingrédients choisis en petite quantité, ou les déguster avec un bol de lait baratté, dont l'acidité naturelle est arrondie par la douceur de la galette tiéde et nature.
    Et le camembert, Bon dieu le camembert, c'est si bon sur du bon pain avec juste un peu de beurre frais .
    Ou simplement rôti dans un ramequin de terre cuite dans les braises de la cheminée, avec quelques graines de cumin. On trempe dedans des mouillettes de pomme crue qui titillent les papilles et le mariage te laisse tellement surpris que t'en redemande !
    La galette de blé noir, j'en ai mangé tous les vendredi quand j'étais môme parce que c'était jour maigre et plat de pauvre. Et le lait baratté, c'était ce qui restait quand on avait fabriqué le beurre dans la baratte.Dans la ferme de mon enfance, on ne jetait rien.
    Le camembert au lait cru, le seul, le vrai, c'est issu du lait des vaches paissant dans un même coin de France que les pommiers. C'est pas pour rien que le mélange des pommes et du fromage est si réjouissant en bouche.
    Enfin pour les amateurs.
    Chacun ses goûts, comme dirait l'autre.

    RépondreSupprimer
  2. Buh, des pommiers qui paissent. Faque, faut se relire quand même des fois.
    Mais t'as compris, j'en suis sûre, fallait rajouter "poussent" avant pommiers...

    RépondreSupprimer
  3. @ piedsurterre

    Faudrait que la Di Stasio ou Ricardo t'invitent pour une émission ...

    :-)

    RépondreSupprimer
  4. Je cuisine un excellent poulet à la crème sûre et au cari, avec des graines de tournesol, et servi sur un lit de riz sauvage au gingembre.

    Je suis prêt à faire ma recette chez Di Stasio ou bien chez le chef Groleau.

    ;)

    RépondreSupprimer
  5. Oh oui, du cari, du gingembre !
    Je connais pas la crème sûre, ou alors ça porte pas le même nom ici.
    Moi j'utilise du lait de coco et du piment que j'achète dans une épicerie thaïlandaise. On cuit la viande ou le poisson tout doux dans le lait avec du gingembre, de l'ail, très peu d'échalotte, quelques feuilles de cumbava et on sert avec du basilic thaï frais .
    J'adore ça, c'est très bon.

    RépondreSupprimer