mercredi 25 janvier 2012

L'histoire de ce gars-là qui n'avait jamais de pause parce que son employeur était un trou du cul

Un gars m'a raconté hier qu'il a travaillé pour une bande de pleins de marde pour qui les pauses n'existaient pas. Comme ce n'est pas écrit nulle part dans les normes du travail qu'il faille offrir des pauses à ses employés dans ce pays de légistes-trous-du-cul, eh bien notre gars devait travailler six heures en ligne jusqu'à sa demie heure de dîner qui, bien sûr, n'était pas payée. Et il recommençait ensuite pour un autre six heures, sans aucune crisse de pause.

Ce gars-là travaillait pour un commerce plutôt connu dans la région. On y vendait des tas de bons produits pour la santé. Par contre, les boss se foutaient totalement de la santé de leurs propres travailleurs et s'amusaient sans doute à les piétiner toute la journée, comme des hosties de baveux de la polyvalente, du temps où l'on pétait des portes de casier dans la face du bouc émissaire désigné. Ils vantaient leurs beaux chars, leurs belles vacances et leurs beaux quossins devant leurs employés, payés au salaire menoum-menoum comme dirait Chartrand. Des employés qui se déplacent encore à pieds ou en autobus pour entendre leurs bienfaiteurs vanter les mérites du capitalisme sans break pour le petit peuple.

Ce qui me met le plus en tabarnak dans l'histoire de ce gars-là, c'est l'incurie de nos syndicats. Du temps de Chartrand, ils avaient du coeur au ventre les syndicats. Ils étaient pas mal moins bien peignés qu'aujourd'hui. Ils allaient en prison pour les droits de tout le monde.

Aujourd'hui? Les bonzes des syndicats sont des crapules sinon des ladres. Ils pensent plus à leur fonds de retraite qu'au gars qui se fait exploiter dans un petit commerce géré par des crosseurs. Leur idéal syndical c'est La croisière s'amuse ou bien La poule aux oeufs d'or.

Ils ont l'argent pour appliquer des solutions concrètes et favoriser la prise de pouvoir du peuple. Mais l'argent ne fait pas tout. Le coeur au ventre est pour les plus pauvres, les plus rebelles, les plus authentiques.

Des commerces comme VIVE LA SANTÉ INC. où travaille ce gars-là, sans pauses ni congés de maladie ni rien, eh bien cela devrait être dénoncé sur la place publique ou bien sur des panneaux de quarante pieds de large sur le bord des autoroutes.

 On pourrait aussi les spotter sur l'Internet. Fabriquer un petit bidule qui dirait, par exemple, que chez VIVE LA SANTÉ INC. il y a quinze employés qui se font crosser à la journée longue par des épais narcissiques qui se prennent pour le nombril du monde et se croient le droit d'abolir les droits des travailleurs impunément.

J'ai une petite nouvelle pour vous VIVE LA SANTÉ INC.. Les pauvres sont plus nombreux que les riches...

Pour ce qui est des syndicats, il faudrait peut-être penser à une autre formule qui se rapprocherait de la cotisation à un parti politique. Pour cinq piastres chaque, à la grandeur du pays, on pourrait offrir une protection au travailleur. Même s'il était le seul dans son entreprise à payer son cinq piastres, tous ceux qui paieraient leur cinq piastres viendraient le soutenir vraiment, en envoyant cent manifestants avec des pancartes, des porte-voix et de l'audace. Les crosseurs de VIVE LA SANTÉ INC. devraient redonner des pauses payées à leurs travailleurs et s'ils fermaient boutique leur patente deviendrait automatiquement chose publique.

On pourrait le faire facilement puisque, comme je le disais, les pauvres sont nettement plus nombreux que les riches.

Aussi bien défendre les droits des pauvres que ceux des riches. C'est plus héroïque. Plus noble aussi.

Pour ce qui est de ce gars-là, je ne suis pas sûr de l'avoir convaincu de quoi que ce soit, sinon que nous sommes dans la mélasse jusqu'au cou. Ce qui fait que, comme lui, je n'ai plus rien à perdre.

Pourtant, l'espoir est là, même s'il semble bien faible. Cela ne prendrait qu'un peu de vent pour embraser le pays tout entier. D'où ma prédiction: une remontée fulgurante de la gauche qui a du coeur au ventre. 

1 commentaire:

  1. L'indifférence, c'est la nourriture du capitalisme. Un ostie de tas de marde ce patron de VIVE LA SANTÉ INC ! Comme quoi je ne suis pas si indifférent que ça et, encore moins capitaliste... les pauvres sont des chefs-d'oeuvre, difficiles à saisir, on pense les comprendre et on ne peut que les interpréter et pire, toujours en deçà de ce qu'ils sont.

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