jeudi 5 janvier 2012

Hervé Léchassier, king de Radio Matante CKRR 176,4 FM

Hervé Léchassier se démarque par son air de gigolo cheap. Il a toujours cette barbe de trois jours fraîchement rasée et ce regard de séducteur ringard.

Cela fait flipper les matantes qui achètent de la publicité à la radio. Ce qui fait de lui l'animateur régulier de cette station poche qui diffuse essentiellement de la musique des années '80. C'est dire son niveau de déliquescence. Les années '60, et même les '70, c'était quelque chose. Il y avait des fleurs. De la poésie. De la spiritualité et des spiritueux. Mais les '80? Surtout celles de Hervé Léchassier... Ouache!

-Et on poursuit en musique avec un merveilleux mélange des succès de l'année 1981... nous raconte Léchassier, au retour d'une pause publicitaire.

Ouais. Chaque torchon trouve sa guenille. Et de la guenille, Hervé Léchassier en trouve en masse.

Ce qui fait qu'il est vraiment le king de Radio Matante CKRR 176,4 FM cet hostie de beignet à Léchassier qui n'a aucun talent pour faire de la radio, hormis sa barbe de trois jours fraîchement rasée et son air de puddle pour représentante de commerce.

Évidemment, le gros Bernard, le boss de CKRR, a conclu des ententes avec la Société de transport, la Ville et les centres commerciaux. Partout, on n'entend que CKRR. Même sur les patinoires publiques.  La voix de Hervé Léchassier souffle partout, qu'on le veuille ou non.

Qu'est-ce qu'on en a à foutre de savoir qu'il est un gigolo cheap qui parle du nez derrière un micro, Léchassier, hein?

Rien du tout.

Le gros Bernard et son équipe de vendeurs parcourent la ville pour nous obliger à écouter Hervé Léchassier, un hostie de pas rapport qui zézaye sur les succès des années '80.

-Et encore un autre méga hit des belles années '80...

Évidemment, Léchassier participe à la guignolée tous les ans mais son boss le paie pour ça. Hervé Léchassier ne se fait pas geler pour rien et on n'a pas à lui en vouloir d'être comme ça dans un monde où tout un chacun se croit le guignol de l'autre.

Pour ses entrevues, c'est hilarant comme il se sert des autres comme s'ils n'étaient que des faire-valoir.

Pas moyen de s'intéresser à son interlocuteur. Tout passe par lui et sa petite vie minable de métrosexuel sur la pente déclinante.

L'autre jour, le trèfle interviewait une dame qui revenait d'un voyage au Tibet.

Léchassier ne la laissait pas parler. Il racontait tout ce qu'il avait lu sur le Tibet, dont Tintin au Tibet. En fait, il ne parla que de Tintin au Tibet. Puis jamais on ne sut trop ce que venait faire à la radio la dame qui revenait du vrai Tibet. On passa à des vieux succès des années '80 avec le rire sympathique et séducteur de Léchassier en arrière-fond sonore. Ha! Ha! Ha! Sur un fade-out tout à fait poche tout en bruits de rayons lasers.

Hier, Léchassier interviewait un type qui s'en va dans un quelconque pays du Tiers Monde dans le cadre d'un programme d'aide humanitaire. Le type, un certain Alex, semble dans la vingtaine. Plutôt décrocheur scolaire. Très terre à terre. Il a terminé une thérapie dans une maison pour jeunes toxicomanes. Et il veut découvrir le monde. Aider son prochain. Voilà.

Léchassier s'en calisse, comme d'habitude.

Il fredonne Dancing Queen pendant l'entrevue, fait des bruits de bulles qui éclatent avec sa bouche, siffle Ah les fraises et les framboises, etc.

Puis il reprend le micro.

-Dis-moi Alex, qu'est-ce qui a ponctué ton parcours pour te mener à une si extraordinaire aventure qui forme la jeunesse, n'est-ce pas?

Le pauvre Alex était bouché.

-Ponctué??? Hein???

-Oui, Alex, dis-moi, franchement, de quoi ton parcours a-t-il été PONCTUÉ pour qu'il advienne dans ta vie ce qui vient justement d'advenir, hum?

-Tu veux-tu dire pourquoi j'm'en va's là-bas? murmura le pauvre Alex.

-Oui... Oui... Quelles sont tes motivations, tes enthousiasmes et, en quelque sorte, qu'est-ce qui te PONCTUE à partir, n'est-ce pas, haha!?!

On ne pouvait pas éteindre la radio. Elle jouait dans l'autobus. À la station d'autobus. Au centre d'achats. Au travail. L'entrevue dura plus d'une heure et Léchassier ne parla encore une fois que de lui-même ainsi que de la définition du verbe ponctuer pour le bénéfice de son interlocuteur médusé.

Hervé Léchassier, puddle des matantes et employé fidèle du gros Bernard... Sa grosse face de frachié est collée sur tous les poteaux. On trimbale même une remorque avec une affiche géante du trèfle à Léchassier.

Le gros Bernard se débarrassera de lui comme d'une vieille chaussette quand il sera tanné. Comme il a fait pour Raymond Charmand, Estéban Grenon et Phil Lacourcette.

C'est le seul espoir des infidèles auditeurs de Hervé Léchassier, que le gros Bernard le crisse dehors, lui, sa grosse face et ses vieux succès des années '80.

Il faut être patient. Faire contre mauvaise fortune bon coeur.

Oui, il faut encore écouter Hervé Léchassier, partout, tout le temps.

-Bon matin messieurs et surtout mesdames! Ha! Ha! Ici Hervé Léchassier qui vous accompagnera tout au long de la journée pour vous instruire et vous divertir. Et on poursuit en musique avec Madonnaaaa!

6 commentaires:

  1. Yéti inventé ton Hervé oubedon il pastiche un authentique trifluvien ?

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  2. Il ne faut pas le dire à personne mais Hervé Léchassier existe vraiment...

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  3. De retour sur ta patinoire, mon boy pis avec un d'té slap shot ,ayoye,en plein dans les parties. Espérons que ton microman porte un bon jock en d'sous d'son string en léopard, eighties?

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  4. Ton commentaire est pour ma part encore plus drôle que mon texte MakesmewonderHum. :)

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