vendredi 16 décembre 2011

La mairesse Laminoux chatte sur le réseau Rencontres en tous genres point comme

Le pouvoir sent tellement mauvais qu'on laisse facilement monter au sommet les plus médiocres d'entre les hommes.

Comme si le pouvoir était un dépotoir.

Que ce soit celui-ci ou celui-là c'est tout le temps la même calice de marde. C'est ce que tout le monde se dit en faisant semblant de croire que ça va changer une fois tous les quatre ans.

De temps à autres, le pouvoir tombe entre les mains d'un personnage qui ressort du lot, que ce soit par sa méchanceté ou bien par sa bonté. La plupart du temps le pouvoir tombe entre les mains des politiciens de fond de shed. Des petits baveux du temps de la polyvalente ou du séminaire. Des fraîches-pet et autres fra'-chiés. La communauté ne s'en sort pas trop mal s'ils en font le moins possible. S'il leur prend des rêves de grandeur, c'est tout le monde qui est pris par la poche, si vous voyez ce que je veux dire.

Aussi, tout le monde dans cette ville était plutôt content que la mairesse Fabienne Laminoux et les députés du coin ne soient pas toujours dans les médias à péter des bulles pour stresser tout un chacun.

Fabienne Laminoux ne parlait presque pas. Elle donnait son sang à la Croix-Rose, bien sûr, lors de la collecte annuelle de sang de la mairesse. Et elle assistait aux funérailles de ses concitoyens quand ils valaient quelques onces de notoriété facile. Pour le reste Fabienne Laminoux était une petite bonne femme timide qui s'enfermait dans son bureau toute la journée pour chatter avec ses amants virtuels de la France. Laminoux balançait toute la job à son directeur général. C'est lui qui devait appliquer les directives du conseil et la mairesse lui avait dit qu'elle le crisserait dehors si elle apprenait qu'il faisait des crosses.

Donc, l'harmonie régnait dans cette ville parce que Laminoux ne faisait presque rien, sinon surveiller en disant aux fautifs d'arrêter le niaisage et toutes ces affaires-là.

Le nick de Laminoux était Fée-des-Neiges sur le réseau Rencontres en tous genres point comme. Mais bon, ça n'a rien à voir avec le sujet.

Pas plus que de vous dire qu'elle ressemblait vaguement à madame Rose Ouellette mieux connue sous le nom de La Poune.

Le député fédéral de cette ville s'appellait Bob. Lui aussi ne faisait rien. Bob chattait toute la journée sur des sites de cul. C'est son attaché politique qui se claquait toute la job. Bob organisait La Randonnée du député, une balade en vélo de trois kilomètres organisée chaque année pour faire semblant qu'il était présent dans le comté. Par contre, il ne dépensait pas un sou. Il s'enfermait dans son bureau toute la journée et se contentait de son salaire de député pour s'amuser sur le ouèbe. Rien ne se développait dans le comté mais rien ne se dégradait vraiment aussi. C'était toujours le même bon vieux comté plate où il ne se passait jamais rien pour le plus grand bien de tous. Bob, alias Roberto Lampron, était maigre et pas très grand. Il ressemblait à rien de précis. Peut-être Symphorien. Ou bien Ozzy.

La députée provinciale, Maude Tharée, était tout à fait effacée, enfermée elle aussi dans son bureau d'où elle placotait toute la journée au téléphone avec sa famille, sa belle-soeur, ses tantes, sa mère, ses amies, alouette. Tous les appels importants passaient aussi par l'attaché politique dont on ne sait pas plus le nom. Ils se claquent toute la job pendant que les élus se décrottent le nez.

Maude Tharée avait seulement dépensée 28,92$ en frais de restaurant au cours de toute l'année précédente. Elle payait ses factures avec son salaire de députée. De toutes façons sa mère lui avait laissé des blocs appartements desquels elle soutirait une bonne source de revenus sans avoir à lever le petit doigt. Elle avait son gars pour s'occuper des blocs comme elle avait son gus pour le bureau de comté.

Elle ressemblait à une girafe sans cou. Et puait le parfum bon marché à la vanille.

Tout le monde était bien content de sa paresse. Ça coûtait moins cher.

Évidemment, c'était deux députés indépendants, membres d'aucun parti.

C'était comme si ce coin de pays n'existait pas.

Un coin sans idéologie officielle.

Où l'on tenait l'administration publique par l'habitude.

Les rues et les trottoirs étaient bien déneigés.

Il n'y avait pas trop de trous sur les routes principales.

On nourrissait les pauvres tant bien que mal en les faisant boire pour oublier.

Le nom de cette ville se terminait par le suffixe ville. C'était Machinville ou Fèvreville. Y'en avait tellement avant les fusions municipales des villes qui se terminaient en ville que je ne m'y retrouve plus.

Oui, c'était une ville plate en crisse, gouvernée par des épais.

Ces braves gens ne faisaient rien de bien mais surtout rien de mal.

Il faudrait songer à remercier le ciel pour leur manque d'enthousiasme.

Cette ville n'avait pas changée, certes. Il n'y avait pas de progrès, en effet.

Ok pour tout ça.

Cependant personne ne me fera dire qu'ils étaient malheureux dans ce coin-là, avant les fusions municipales, où l'on avait parfois l'impression que l'État n'existait pas.

1 commentaire:

  1. Rien de nouveau sur cette planète où les gens sont devenus de parfaits autistes fonctionnels, avec leurs IPads, Iphones et autres IMardes du genre. Un paquet de débiles enfermés dans leurs hosties de bulles, et incapables de confronter le réel et de s'intéresser aux autres autour. Pour faire "conspirationniste" je dirais: la Matrice a réussi à produire d'obéissants drones, bravo la Matrice, et je t'emmerde, salope !

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