lundi 14 décembre 2009

L'eau est presque redevenue pure à Trois-Rivières...

L'eau de la rivière Métabéroutin était dégueulasse du temps où on l'appelait Black River ou bien Saint-Maurice.

L'industrie des pâtes et papiers se servit longtemps de la Métabéroutin pour le transport des pitounes*, du Rapide Blanc jusqu'à Shawinigan et Trois-Rivières, d'où on les retiraient pour produire des pâtes, papiers et cartons envoyées partout dans le monde.

Les billes de conifères se décomposaient dans l'eau. Et cela conférait à l'eau potable un goût d'excrément humain. Les papetières balançaient des odeurs de marde sur la ville et l'eau goûtait la marde. Mais tout le monde pouvait avoir une maison, un char et une piscine. Tout le monde pouvait boire de l'eau embouteillée. Enfin, presque tout le monde.

Un beau matin des années '80, un bateau du mouvement Greenpeace s'est faufilé un chemin à travers les pitounes (billes de bois) pour se présenter à la sortie des eaux usées de la Canadian International Pulp and Paper Company (Cé-ail-pi: CIP), bouche d'ombre sulfureuse qui lançait dans la Métabéroutin un flot ininterrompu de produits chimiques depuis au moins cent ans.

Une mousse verdâtre flottait à cette hauteur et les hippies sur le bateau de Greenpeace repompaient cette eau sale, devant les yeux du monde entier, pour la renvoyer sur le terrain de la Cé-ail-pi.

Le geste de Greenpeace a eu de l'impact. Quelques mois plus tard, les autorités signaient un protocole pour l'arrêt du flottage du bois sur la rivière Métabéroutin. Quelques années plus tard, l'eau s'est mise à goûter bon, très bon même et les truites sont revenues peupler la rivière, à la hauteur du rapide des Forges, à Trois-Rivières.

On peut maintenant se baigner à l'Île Saint-Quentin et voir le fonds sablonneux de la rivière. La Black River est redevenue claire.

Évidemment, la Cé-ail-pi a fermé mais la conjoncture économique jouait plus en sa défaveur que la conjoncture écologique. On recyclait de plus en plus de papier dans le monde, produisait pour moins cher ailleurs, et de plus l'usine était vétuste.

De nos jours, on redécouvre la beauté de la rivière Métabéroutin. On la voit revivre.

Rien ne justifie que les êtres humains vivent loin de la beauté, rien.

Et ça ne prend qu'une poignée de barbus verts et de sorcières vertes pour nous rappeler que nous gâchons des vies, que nous vivons loin de la beauté, tiens.

***

En ce moment, il y a des gus en Mauricie qui réclament que l'on n'investisse plus un sou dans la réfection de la centrale nucléaire de Gentilly 2, située à quelques kilomètres de mon habitat pas trop naturel, à Twois-Wivièwes.

Le nucléaire produit des cancers, des mutations génétiques, des fausses couches, des monstres, whatever, et c'est documenté ciboire. La centrale devrait être fermée pour 150 millions d'années et on veut qu'elle tourne bien au-delà de sa durée de vie initiale, ce qui représente un risque accrû pour la santé publique.

Ils sont sur Facebook. Ajoutez-les à votre liste. Encouragez-les à militer tous les jours pour que cela cesse puisque vous trouvez qu'il ne fait pas chaud pour porter une pancarte.

Je suis pour que l'on ferme la centrale depuis la première distribution de capsules d'iode effectuée en ville en cas d'accident du réacteur nucléaire. C'était dans les années '80. Il était écrit que nous devions avaler ce comprimé d'iode immédiatement, en cas d'explosion du réacteur, et nous enfuir à Montréal. Est-ce que j'ai rêvé ça? Vous vous en souvenez, hein, gens de Twois-Wivièwes, de la distribution des capsules d'iode? Hein?

2 commentaires:

  1. Salut Boutch,

    Merci d'avoir écrit sur le St-Maurice, cette rivière que je porte dans mon coeur. Il est difficle de résumer en peu de mots la relation que j'ai avec ce cours d'eau - la rivière continue à alimenter tout mon être et couler dans mes veines. Elle est revenue de la mort, à la même époque que je suis arrivé par ici comme un naufragé, pour reprendre ma vie. Nous avons repris nos forces en même temps. Un jour j'écrirai un texte sur elle en forme de lettre d'amour.
    Tiens, juste à y penser, j'ai le goût d'aller la revoir - rendez-vous au trou du Diable!
    Rob

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  2. Capsule ? Franchement non.
    Personne ne m'avait parlé de ça à la maison.

    Qu'il soit maintenant possible de se baigner à l'Île St-Quentin m'impressionne. La dernière fois que je me suis baignée là-dedans j'ai pogné la giardiase (son nom l'indique).

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