mercredi 11 mars 2015

Épître au maire de Saguenay: Je suis intellectuel

Le maire de Saguenay a déclaré hier qu'il fallait mobiliser les gens de son patelin contre les militants de Greenpeace et les intellectuels de ce monde. Il a même menacé de défenestrer les militants de Greenpeace qui se présenteraient à l'Hôtel de Ville. S'ajoute à ce tempérament sanguin et foncièrement despotique la manie qu'il a de se poser en chevalier du christianisme, une religion dite d'amour qu'il sert avec tout ce qu'il est capable d'afficher en termes de haine et de mépris d'autrui.

Je sais depuis l'école polyvalente Sainte-Ursule qu'il est mal vu d'être un intellectuel. L'intellectuel, c'est le Schtroumf à lunette qui fait chier tout le monde avec le respect des lois et des livres. Le Schtroumpf à lunette c'est celui qui reprend les Schroumpfs corrompus ou les Bleuets du Lac St-Jean.

Quoi de plus normal que de vouloir l'assommer, l'enfermer dans un casier ou bien l'empoisonner au polonium, comme semblent le faire certains Russes avec les journalistes et les militants de l'opposition. Ces trouble-fêtes méritent d'être éliminés afin de permettre aux salauds de poursuivre leurs saloperies.

Je suis un intellectuel. Je porte des lunettes. Sous le régime des Khmers Rouges, on m'aurait tué du simple fait que je porte des lunettes. On ne fait pas de révolution digne de ce nom avec des gens qui lisent des livres voyez-vous. Surtout quand notre révolution constitue un retour au Moyen-Âge, avec l'amour courtois et la belle croisade chrétienne qui flambe tout sur son passage.

Heureusement que j'ai appris à me battre en plus de savoir lire et écrire.

J'ai toujours été un intellectuel de combat.

Ceux qui se moquaient des intellectuels et des artistes, je ne me suis jamais gêné pour les assommer à grands coups de Dostoïevski dans la gueule. Je n'ai jamais craint les rustres, les malabars et autres crétins forts en gueule mais petits en cervelle. Le muscle le plus important, c'est le cerveau.

J'ai aussi l'avantage de mesurer six pieds deux pouces et de peser tout près de deux cent quatre-vingt-dix livres. Je ne suis pas facile à tasser de là. J'ai de la portée de bras autant que de la portée intellectuelle. Et, de plus, j'ai l'âme d'un artiste et un coeur d'or.

Je ne dis pas ça pour me vanter, loin s'en faut. Je dis ça pour rappeler au maire Tremblay qu'il n'y aura pas que des frileux et des poules mouillées devant lui.

À sa place, je m'enfermerais à double tour dans mon Hôtel de Ville et je mettrais des panneaux de bois après les fenêtres dans l'hypothèse que des militants de Greenpeace ou bien des intellectuels de combat considèrent les lieux comme une sorte de Bastille.

Je suis un intellectuel et j'en suis fier.

La fierté d'être ignorant, inculte et superstitieux, je la laisse au maire de Saguenay et à ses cerbères conservateurs.

La destitution d'un si pitoyable personnage ne devrait même pas être exigée. Cela devrait aller de soi. À moins que les fascistes n'aient investi nos gouvernements pour faire la vie dure à tout ce qui pense et réfléchit dans notre si belle colonie. Après tout, on ne demandera pas à des mafieux de respecter l'intelligence, l'environnement ou la culture. L'argent est tout ce qui compte quand tu ne sais ni lire ni écrire.

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#jesuisintellectuel


1 commentaire:

  1. Bien d'accord avec toi Gaétan.
    Je crois que les fascistes
    ont bel et bien investi
    les gouvernements,Harper
    étant leur plus beau spécimen.
    Des gens dangereux nous gouvernent,
    nous dirigent alors qu'ils devraient nous représenter
    et être en tous temps redevables.
    C'est hallucinant d'entendre
    de tels propos,sa destitution
    devrait en effet aller de soi
    but guess what; ce moron fini
    restera en place.

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