mardi 18 mai 2010

Un gars trop petit pour sa grosse calotte de baseball

Il s'arrêta et jeta un coup d'oeil à cet ensemble de tableaux hétéroclites qu'un artiste-peintre du quartier avait collé sur son mur de briques avec de la gomme-taque qui se vend à vil prix dans toutes les Dollarathèques du Québec. L'effet était saisissant, à tout le moins pour lui, le gus qui s'arrêta pour jeter un coup d'oeil.

Il était trop petit pour sa grosse calotte de baseball. Et blême. Mais son sourire rassura l'artiste qui ne demandait pas mieux que de le peindre aussitôt que possible, puisque son oeuvre se nourrissait de ce genre de rencontres inopinées sans lesquelles la vie n'est qu'une punition dans une tour de carton, avec la télé en couleurs et tout le reste.

Enfin. Le gus trop petit pour sa grosse casquette était tout de bleu marin vêtu. Sa calotte arborait le logo des Fêtes du 350e de la Ville de Twois-Wivièwes.Et de gros favoris noirs dépassaient de sa grosse calotte, de gros favoris trop énormes pour son petit visage fin, blanc comme une pinte de lait.

-Ha! Ha! Ha! commença-t-il par dire.

-Ha! Ha! Ha! lui répondit l'artiste-peintre, habitué à ce genre de réactions devant son oeuvre loufoque et par trop déjantée.

-Ha! Ha! Ha! poursuivit-il.

Et il y eut des rires, comme ça, échangés tout simplement entre ce gros artiste-peintre qui frisait naturel et ce petit gus à la grosse calotte de baseball.

-Moé 'ssi j'dessine! qu'il finit par dire au gros artiste qui exposait son oeuvre simplement dans sa cour.

-Ah oui? Pis qu'est-cé qu'tu fais toé?

-Moé? J'fais des visages d'Elvis! Plein d'visages d'Elvis. Un jour... Un jour m'a v'nir t'montrer ça! Ha! Ha! Ha!

Et le petit gus poursuivit son chemin tout en rigolant.

L'artiste était heureux, dans sa cour, de voir les gens s'arrêter chez-lui pour rire un brin.

Ça détendait l'atmosphère en sacrament.

5 commentaires:

  1. Pas tant que ça. La gomme-taque sur les murs c'était l'idée de la muse de l'artiste, de même que l'expo...

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  2. n'empêche..si qu'en plus de peindre, tu fournis de la joie, bin si, t'es génial.

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  3. Je serai génial quand je ferai trois millions de dollars par année. En bas de ça je demeure un amateur débonnaire avec un talent honnête.

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  4. Quelle belle rencontre. J'en redemande !

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