dimanche 23 mai 2010

Directement de l'atelier de l'artiste-peintre Régent Ladouceur

J'ai rencontré des tas de grands personnages vendredi soir. J'en ai parlé dans mon billet d'hier, ici-même. J'y raconte que je m'en allais à l'atelier de l'artiste-peintre Régent Ladouceur, sur la rue des Forges, à Trois-Rivières. Et je ne parle presque pas de Régent. Volontairement. Parce qu'un grand artiste de six pieds trois mérite un texte pour lui seul.

Ça fait longtemps que je suis la carrière de Régent.

Je vous ai déjà avoué que je suis tourné vers l'harmonica à cause de Guy Marchamps et de mon parrain Fernand, les deux seuls harmonicistes que j'aie connus avant que de souffler mes premières notes.

Eh bien c'est idem pour Régent Ladouceur. Je fais de la peinture à cause de types qui en faisaient. Et parmi ces types, il y avait Régent, Carl Pelletier, Henri Boudreault et Patrick Harvey. Dont je me souvienne à tout le moins.

Donc, je vous parle de quelqu'un qui m'a donné l'envie de peindre.

Je suis allé à l'atelier de Régent pour échanger l'une de mes toiles contre l'une des siennes. Il avait récupéré comme par hasard deux toiles de Henri Boudreault et il y avait aussi un dessin de Carl Pelletier. J'étais donc en bonne compagnie.

Sa toile est magnifique. Je n'étais pas pour me gêner. Je suis reparti avec ce portrait d'une de ses amies. Du fusain sur un panneau de bois. L'effet est saisissant. Métaphysiquement parlant. Et techniquement aussi.

Régent et moi avons eu le même professeur à l'université, feu Alexis Klimov, un gars qui savait comment s'y prendre pour donner à ses étudiants l'envie d'aller plus loin que l'étude des bréviaires et autres poncifs de l'art.

Klimov disait souvent que ce qui caractérise le plus l'histoire de l'art en occident c'est l'effacement progressif du regard. Le regard est intense, chez les Grecs, les Romains, puis au Moyen Âge, à la Renaissance. Avec la modernité, le regard devient flou. L'homme devient insecte ou machine. L'art devient fou. Reflet de notre monde tourmenté.

Ces derniers temps, Régent a peint toute une série de regards intenses. Je souhaite qu'il vous les présente bientôt, chanceux et chanceuses. Il y a du Klimov en dessous de ça.

Ce n'est pas parce que je le connais que je vous dis ça mais c'est un tabarnak de grand peintre, Régent Ladouceur.

Pas facilement accessible sur le web.

Mais facilement reconnaissable sur la rue des Forges. Il ressemble à Chapleau.

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