jeudi 23 juin 2016

L'anarchisme selon Jean-René

Jean-René est un anarchiste. Il le crie sur tous les toits et, d'ailleurs, il porte un badge au revers de son blouson de cuir, noir comme il se doit, sur lequel on voit un A encerclé. Ses pantalons sont déchirés. Ses bottes proviennent du Surplus d'armée. Il a un anneau dans le nez et s'enroule le col avec un foulard palestinien. Il a le look de l'emploi. Il a la panoplie de l'anarchiste.

Jean-René fait figure d'autorité parmi sa secte d'anarchistes. D'abord parce que son papa lui permet de tenir des réunions à son chalet dans les Laurentides. Et puis aussi parce que c'est lui qui paie toujours pour l'impression des tracts et autres publications militantes. Son père a fermé les yeux sur la vieille presse qu'il a volé à l'une de ses imprimeries.

Jean-René ne travaille pas et dispose d'une pension que lui verse hebdomadairement son père, dans l'espoir que cela finisse par lui passer.

Jean-René n'est ni homme ni femme, ni Québécois ni Canadien, ni Caucasien, ni humain. Il est le nihilisme incarné. Il est anarchiste, qu'on se le tienne pour dit!

Il déteste tout ce qui est bourgeois et prétend se servir de l'argent des bourgeois pour mener sa lutte contre eux.

C'est Jean-René qui décide de tout au sein de son groupuscule. Il fait toujours semblant que son point de vue est l'opinion de tout un chacun au sein des membres. Il se charge d'exclure tous ceux qui témoignent des velléités d'indépendance d'esprit en les traitant de sales petits-bourgeois à la solde du pouvoir.

Récemment, il a expulsé Christian Lafortune-Gagnon, alias CLG. CLG a eu le malheur de déclarer qu'il aimait bien la série Game of Thrones. Pour Jean-René, c'était la preuve par A plus B que CLG était un indicateur de police. Comment peut-on aimer ces histoires de rois et de reines tout en prétendant prendre le parti des peuples opprimés? C'était évident que CLG avait quelque chose à cacher. Jean-René lui intima l'ordre de ne plus se présenter aux réunions du Bloc Rouge et Noir qu'il animait.

Jean-René n'en était pas à sa première expulsion. Il avait aussi poussé vers la sortie un militant qui avait été surpris en train de se masturber aux toilettes avec le dernier numéro du magazine Hustler. Cela mettait en évidence, selon lui, que le camarade n'avait pas compris les leçons du féminisme.

Il mit aussi dehors un gars qui s'habillait trop proprement. Le gars portait toujours une chemise d'un blanc impeccable avec des pantalons jamais fripés. C'était plus que ce que Jean-René ne pouvait supporter. Ce n'est pas en étant conformiste qu'on change le monde.

Les gens du peuple, aliénés comme ils le sont, ne comprennent jamais ce que tente de leur dire Jean-René avec ses tracts et autres niaiseries.

Ils le perçoivent comme quelqu'un de stupide et se torche de ses idées incompréhensibles.

Pourtant, je vous jure que Jean-René est promu à un bel avenir.

Un jour, il se tannera de jouer au Savonarole.

Il prendra la relève dans l'entreprise de papa.

Et il sera le premier à chier sur les syndicats.

C'est mon interprétation, bien entendu.

Une interprétation de petit-bourgeois.

Un point de vue de valet du capitalisme international...

1 commentaire:

monde indien a dit...

" Anarchie " veut juste dire absence de hiérarchie , ce qui , en soi n ' est pas con - bien au contraire - mais n ' est certainement pas suffisant -
Celà ne pose aucune volonté de partage -
D ' où mille déviances où on a pu voir des anarchistes se réclamer de partis d ' extrême-droite -