mardi 28 juin 2016

La beauté éphémère des terrains vagues

La végétation des terrains vagues est tellement splendide que c'est à se demander pourquoi quelque sinistre individu en viendra à trouver que cela fait malpropre. Il faut en profiter avant que la tondeuse ne passe là-dedans pour nous rappeler à l'ordre.

Rien n'est plus laid qu'un terrain de golf, sinon des golfeurs. Et peut-être des citadins pour tout dire.

S'il n'y avait pas de golfeurs, il n'y aurait pas des terrains et des eaux ravagés par de puissants insecticides. Il y aurait peut-être encore une forêt, des petits animaux, des insectes, des fleurs, des fruits sauvages. L'homme trouverait de quoi s'y nourrir au lieu de stationner son véhicule sur une flaque de pétrole solidifiée et exempte de vie.

Voilà pourquoi je suis toujours sans voix devant la beauté des terrains vagues.

Sans voix devant la chicorée sauvage, les marguerites, les asclépiades, les myosotis, les trèfles, le muguet, les gloires du matin et tout le reste.

Sans voix devant cette beauté trop souvent éphémère.

Et en colère de vivre au sein d'une civilisation si destructrice, si déconnectée de cette Terre qui nous émeut et nous nourrit. De cette Terre qui supporte même notre ingratitude.