lundi 18 mai 2009

Paperback Writer


L'imagination... Il n'y a que ça.

Je me revois, tout jeune, toujours les yeux au ciel, la tête dans les nuages.

Pendant que le prof répète pour la centième fois ce que j'avais compris la première, sans efforts, parce que j'ai une mémoire d'éléphant, je laisse se promener mon imagination pour me permettre de survivre à tout ça.

Je dessine dans les marges de mes cahiers. Tout le monde me le reproche. Ça ne fait pas propre. Mais on finit par me laisser tranquille. Il y a pire que moi. Et je suis premier de classe. Sans pour autant être le chouchou.

Je suis le trouble-fête de la classe aux yeux de mes professeurs.

Je ris tout le temps. Je caricature mes professeurs en train de se noyer dans un bol de toilettes. Et je fais passer mes petits dessins à mes camarades qui en rajoutent. À la fin du cycle, le tout est franchement dégoûtant. Peut-être qu'il y a des profs qui ont fait des dépressions nerveuses avec ces petits dessins grotesques où ils se voyaient patauger dans les rebuts et les déjections.

L'imagination, franchement, il n'y avait que ça pour me tenir à l'école.

Ce qui fait que les profs finirent par me laisser tranquille quand je lisais mes Gotlib ou les oeuvres de Nietzsche en classe.

Plus tard, à la faculté de droit de l'université Laval, je me revois en train de lire Trpoique du Capricorne de Henry Miller tandis que le prof me débite ces niaiseries sur l'emphytéose et les immeubles par destination. L'imagination, encore. Entre mes séances de lecture, je caricature mon prof de droit. Je dessine de petits bonshommes qui s'ennuient. Puis je continue à faire mon petit bonhomme de chemin, en gribouillant à gauche et à droite, en authentique paperback writer pour reprendre l'expression consacrée par les Beatles.

En marge, toujours en marge, dans l'imagination. Musique, dessin, écriture: j'ai la chance de tripper comme vous n'avez pas idée. Je ne m'ennuie jamais. J'ai trop de choses à découvrir, tout le temps. Trop de choses à apprendre. Trop de choses que je rêve de faire.

C'est ça qui est ça.