vendredi 15 mai 2009

Le suroît a soufflé fort et il y avait un arc-en-ciel


Mes obligations quotidiennes peuvent être tellement accaparantes que je finis parfois par oublier de porter mon regard au bon endroit, c'est-à-dire au ciel, vers les nuages et bien au-delà.

J'ai commencé ma journée d'hier par une randonnée à vélo. J'ai pédalé tant bien que mal à contre-vent. J'ai affronté ce suroît qui prédomine aux Trois-Rivières, ce vent qui nous vient du fin fond de l'Arizona, qui souffle sur les prairies étasuniennes puis qui se faufile au nord-est, glisse dans la vallée du fleuve Magtogoek, remue le Lac Saint-Pierre, fait osciller le pont Laviolette et termina brutalement sa course en plein dans ma face cramoisie par l'effort de pédaler en vent contraire...

Le suroît a soufflé fort toute la journée d'hier. On parle même de sept camions renversés sur le pont Champlain. Des rafales de 100 kilomètres heure. Ça brassait fort.

C'est au pire moment de ces rafales de vent, qui atteignaient peut-être 70 kilomètres heure, que je suis rentré du travail, à cheval sur mon vélo, en pleine pluie diluvienne, avec le plein suroît dans le dos cette fois-là.

Oh! que j'ai filé les amis! Jamais je n'étais allé aussi vite sur un vélo! Mes quelques super kilos de muscles ont été transporté par le suroît comme si mon vélo avait des ailes. J'ai bien dû atteindre 70 kilomètres heures au rond-point de la couronne, près du parc Pie-XII. Tout mon corps en tremblait comme une feuille au vent.

Évidemment, j'était trempé jusqu'aux os. J'ai pris une bonne douche puis suis ressorti pour profiter de l'accalmie.

Je vais visiter un de mes amis, trinque avec lui une petite demie heure puis, comme je viens pour m'en aller, la pluie reprend.

-Ciboire! que je dis à mon pote tout en sacrant, parce que je suis un gros hostie de vulgaire qui vient d'un ciboire de quartier pauvre et qui l'assume.

-Re-ciboire! ajouta mon hôte. C'est juste une ondée.

Et comme défaite, la pluie s'arrête d'un coup presque sec.

-J'parierais qu'il va y avoir un arc-en-ciel que je dis spontanément. Y'a toujours des hosties d'beaux arcs-en-ciel dans l'coin. C'est comme si l'soleil flashait entre le fleuve Magotogoek pis la rivière Métabéroutin.

Et comme défaite, dès que je mets le nez dehors je vois l'arc-en-ciel. Pari gagné mais je n'ai rien misé. Je salue mon pote qui me renvoie son salut en tenant dans une de ses mains une bonne bouteille d'alcool à 94% de la SAQ. C'est un coriace, que voulez-vous. Après trois onces de ce liquide à rendre aveugle, j'ai mon compte.

Donc, je marche, sans tituber. La pluie reprend un peu. Elle s'arrête. Elle reprend. Et là, je ne sais pas pourquoi, au lieu de regarder le bout de mes souliers, voilà que je contemple le ciel, les nuages et tout le all-fit.

J'ai comme une illumination, un flash: appelez ça comme vous voulez.

Ça faisait longtemps en ciboire que je n'avais pas contemplé les nuages.

Pis les nuages étaient beaux en tabarnak. De toutes les couleurs que mes yeux de daltonien peuvent décrypter.

Ça m'est revenu comme ça que c'est beau des hosties de nuages. Beau en calvaire.

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«CONSEILS PRATIQUES» DE LA SEMAINE
Tous les vendredis matins, à heure fixe, question de finir la semaine en beauté.

PÉTEZ SANS QUE CELA NE PARAISSE !

Les personnes qui souffrent de flatulence se doivent de développer des moyens pour camoufler tant les bruits disgracieux que les mauvaises odeurs. Surtout si elles assistent à une conférence très importante pour leur avancement social et professionnel.

Donc, pour ceux et celles qui pètent beaucoup, il est recommandé de tousser très fort ou bien de violemment s'éclaircir la gorge chaque fois que vous trompettez de l'embouchure.

-Awww-GRA! Ahem! AMMM! EMMM! (PROUT!) OMMM! (PROUT!) Awww-GRA!

Comme vous voyez, on n'entend presque pas le pet.

Pour la mauvaise odeur qui s'ensuit, regardez tout de suite votre voisin d'un air indigné et dites «Franchement!», à haute voix, pour que tout un chacun vous entende.

Ainsi, vous aurez camouflé tant le bruit que la puanteur avec d'habiles procédés qui vous permettront de gravir un échelon de plus dans la société, voire de devenir, qui sait, quelqu'un qui fait beaucoup d'argent et à qui l'on confie de hautes fonctions.

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AU LIEU DU PAPIER-CUL, DES AUTOCOLLANTS!

Fini les bouts de papier-cul qui vous pendent au visage après vous être virilement coupé en vous rasant!

Il se vend maintenant des autocollants de toutes les couleurs et de tous les modèles pour camoufler une vilaine coupure de rasoir. Cela se trouve à bas prix un peu partout dans les bazars à un dollar.

Ainsi, si vous tombez sur une personne importante qui pourrait vous permettre de réussir et de faire de l'argent, elle croira que vous êtes une personne originale et dynamique, sans se douter que vous vous êtes coupé en vous rasant.

Fini les bouts de papier-cul au visage! Vive les autocollants à vil prix!

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Musique.