mardi 5 mai 2009

Le métier d'éboueur se ramollit de nos jours dans la belle ville de Trois-Rivières

La collecte des ordures n'est plus la job de bras qu'elle était du temps où il n'y avait pas de bacs roulants en plastique.

C'était une job de bras il y a deux ans à peine, à Trois-Rivières.

L'éboueur suait sang et eau pour gaver la bouche d'ombre insatiable avec tous nos déchets domestiques, chimiques et commerciaux.

Il travaillait avec ses bras, pleinement, à soulever des sacs, des boîtes et des sculptures modernes, pour tout envoyer ça au dépotoir de St-Étienne-des-Grès, où il devait aussi affronter les ours noirs à mains nues, surtout au printemps.

Le métier d'éboueur se ramollit de nos jours dans la belle ville de Trois-Rivières.

C'est encore une job de bras, quand on la compare à déplier des trombones ou bien à siéger au Sénat. Cependant, les roues sous les bacs et la possibilité de les soulever mécaniquement pour vidanger le tout, ce n'est pas de l'exercice supplémentaire, loin de là.

Donc, l'éboueur trifluvien se ramollit.

J'en tiens pour preuve celui que j'ai vu tout à l'heure, sur ma rue.

Il avait une clope au bec et il allait d'un bord à l'autre de la rue pour vider nos bacs.

-Comment produire un effort physique tout en fumant une clope? me suis-je demandé sans malice.

Je n'ai pas trouvé la réponse. Et ça n'a pas empêché mon éboueur de vider ses bacs, la clope au bec, avec au moins deux pouces de cendre encore rattachée au filtre.

Pas sûr que l'éboueur d'antan trouvait le temps d'en griller une.

Cela dit, tant mieux si nos éboueurs peuvent faire ce métier un peu plus longtemps que deux ans, parce qu'on aura pensé à leur dos, leurs mains et leurs bras. En plus, ça coûte moins cher. Et Dieu sait que les cigarettes ne cessent d'augmenter!

Au fait, je ne fume pas. Mais c'est sans intérêt ici.