jeudi 2 octobre 2008

UNE ANALYSE TRÈS FINE DU DÉBAT DES CHEFS

Je vais encore vous emmerder avec mes fonds de chaudron de philosophie autochtone. Bon, bon, c'est encore le retour de Bill l'Indien et de ses plumes ce matin! Pourtant, c'est ce qui me vient spontanément en tête, un fonds de philosophie autochtone, alors que je tiens à vous livrer une analyse très fine du débat des chefs, hier soir. Je l'ai subi sur le réseau RDI, ce débat des chefs, croyant que j'aurais affaire à une nouvelle émission de cuisine confrontant la vision des chefs sur l'art de cuisiner une belle sauce béharnaise. Mais non, c'était de la maudite politique!

Allons-y avec donc l'analyse, sans plus attendre.

Le plus drôle des cinq chefs, hier, c'était Jack Layton.

-Les assets des Canadiens ont byocoup diminuey yau cours de le année et le criticism du politique est queue faire toé-là voyons don'!

Il est trop drôle, lui. Si Layton n'avait pas été là, avec sa gueule de bon vivant et son franglais appris à Monrial, un franglais sincère et coloré, je crois que je me serais endormi à vingt heure cinq plutôt qu'à vingt heures trente.

Eh oui! Je n'ai pas été capable de supporter le débat des chefs plus de trente minutes sans m'endormir, malgré tout le comique de Jack Layton, le vrai gagnant du débat d'hier soir, le gars qui aurait gagné même s'il n'avait pas parlé, juste parce qu'il a l'air sympathique, que voulez-vous que je vous dise.

Layton, c'est mon étoile du match, je l'ai su après trente minutes de débat et dès que je l'ai su je me suis mis à planter des clous et à ronfler sur le plancher, le filet de salive aux commissures des lèvres.

Eh oui! L'avenir du pays était en jeu hier soir et je me suis assoupi, comme une bête repue, en les écoutant dérouler leur cassette.

Leur rhétorique n'arrivait pas à la cheville de celle de Capitanal, Louis Riel ou Sitting Bull. C'était drabe. Layton avait beau intervenir de temps à autres pour me tenir éveillé que cela ne suffisait pas.

D'abord, je n'ai pas compris que le débat se tienne dans le cadre des Grandes entrevues Juste pour rire avec l'animateur Stéphan(e) Bureau. Cela pourrait expliquer le manque de sérieux de l'émission.

Stéphan(e) Dion découpait bien ses phrases et avait l'air posé. Il perdra moins la face le 14 octobre prochain.

Stephen(e) Harper était peigné avec une raie sur le côté. C'est un mystère, cette raie. Ça doit prendre des tonnes de spraynet pour faire tenir tout ça ensemble. Qu'ils sont choux les conservateurs. Regardez Maxime Bernier, selon ce qu'en dit mam'zelle Couillard dans son autobiographie qui vient de sortir. Lui aussi ne se soucie que de son apparence et il se gausse de son chef, selon elle, son chef qui a une bedaine de Pepsi. Pas étonnant que l'électorat se détourne de ces métrosexuels qui jouent aux grands méchants loups. Ils se cherchent une faire-valoir, comme McCain l'a fait avec Palin, pour faire oublier qu'ils ne sont pas grand' chose, somme toute. Les femmes, chez les conservateurs, n'ont qu'un seul rôle à jouer: celui de potiche. C'est pas nouveau. Tout le monde sait ça, sauf les cons et les connes.

Gilles Duceppe ne souriait pas souvent, mais bon, on s'est habitué à l'homme qui aurait même pu mettre les deux pieds sur la table et porter une veste à carreaux sans que cela n'offusque personne. Il avait l'assurance du bûcheron qui se rend bien compte que le Québec ne sera jamais l'Alberta. C'est comme si le cash lui pleuvait dessus, en ce moment, sans qu'il n'ait à faire d'efforts. Gilles Duceppe va prendre de la bedaine si ça continue. Il pourrait même rentré plus fort, à cause de Harper, qui fait que des fédéralistes stupides comme moi votent pour le Bloc - n'importe quoi sauf les conservateurs!

Elizabeth May était plate et je ne comprenais rien à son charabia. À part de dire que Harper était un mauvais gestionnaire. Elle n'a pas un franglais aussi comique que celui de Jack Layton. Son franglais est académique. Celui de Layton est sincère.

À vingt heures trente, j'ai éteint la télévision et je suis allé me coucher avec ma blonde.

Nous étions tous les deux fatigués.

On travaille comme des fous ces temps-ci.

On est brûlés.

Comme la plupart des travailleurs autour de nous.

À moins que ce soit ma génétique qui me prépare naturellement vers l'hibernation en ce temps-ci de l'année. L'ours gagne sa tanière, se roule en boule et fuck les discours. Mon choix est fait. Je vote pour celle qui peut battre les conservateurs dans mon comté. Je vote pour Paule Brunelle, candidate du Bloc québécois.

C'est un choix qui n'est pas vraiment un choix. N'importe quoi sauf ces idéologues déconnectés de la réalité qui vouent un culte à George W. Bush et violent les traités internationaux sur les droits humains et l'environnement. Je suis plus social-démocrate que fédéraliste pur et dur.

Fuck les républicains!

Fuck les conservateurs!