dimanche 12 octobre 2008

ROMAN-PHOTO

Ce matin, je vous entraîne avec moi. C'est l'heure de ma promenade. Et c'est l'automne. Donc, j'emporterai avec moi un appareil-photo, une fois n'est pas coutume.


Voici d'abord ce que je vois en sortant de chez-moi, mon compteur d'Hydro et de jolies petites maisons de style western qui me font penser que Trois-Rivières a conservé son charme en dépit des ahuris qui rêveraient d'en faire un stationnement géant pour servir Québec ou Montréal.

Regardez-moi ces beaux arbres en arrière-plan. N'est-ce pas joli, hein? Je me croirais presqu'à la campagne alors que je suis en plein centre-ville. C'est ça, la magie de mon nouveau quartier d'adoption.

Parlant de magie, elle s'en va un peu chez le diable. La paroisse ne compte à peu près plus de fidèles et l'église du coin est sur le point de s'écrouler. Elle est à vendre: avis aux intéressés. J'y verrais bien une bibliothèque mais tout le monde s'en torche, j'imagine. Il paraît que ça coûterait moins cher de bâtir en neuf que de la rénover, cette église faite de briques et de panneaux d'aluminium. Donc, on va probablement la crisser à terre et construire un nouveau stationnement. On peut voir qu'il manque des vitres aux fenêtres. Elles ont été remplacées par du contreplaqué, ce qui prête à mon quartier des airs d'extrême dénuement.

J'ai poursuivi ma promenade en prenant la rue Bureau et, là, je suis tombé sur L'Eskabel, un lieu jadis hanté par Jacques Crête et sa troupe de théâtre. Ce lieu, que j'ai déjà visité quelques fois, était magnifique à plus d'un titre. L'âme de L'Eskabel a été voir ailleurs, faute de moyens financiers sans doute pour soutenir cette colossale entreprise. Imaginez, pas du théâtre d'été, avec Symphorien ou Nestor, non du théâtre classique et expérimental, avec l'autre Nestor et Eurypide. Il y avait même une galerie d'art. Et maintenant, la nature s'est emparée du bâtiment. De jeunes érables poussent devant. On devrait en faire une bibliothèque, j'sais pas...


Admirable ce petit chat, ouais? Il fouillait dans les poubelles sur la rue St-Philippe et dès qu'il m'a vu il s'est mis à miauler en cherchant à se coller sur moi. J'ai gaspillé une vingtaine de poses à tenter de le prendre de face. Impossible! C'est vraiment la meilleure que j'aie prise de lui. Et je ne l'ai même pas laisser me coller. Je ne suis pas assez sensible avec ces sacs à puces. Ça pourrait expliquer pourquoi je ne pouvais pas immortaliser son joli minois d'agace-photo.



Au détour de St-Philippe et St-Roch j'ai été aveuglé par le soleil qui se permet de m'irradier sans me le demander. Cela laissait présager quelque danger à l'horizon.

Voilà donc le danger! Vous ne distinguez peut-être pas l'écriture sur l'autobus bleue, mais c'est bel et bien l'autobus de Stephen Harper. Comme je prends la photo, je réalise que je viens peut-être de me crisser dans la marde. Les malabars autour de l'autobus n'ont pas l'air d'apprécier. Je fous l'appareil-photo dans mes poches et fais semblant de rien. Je siffle, comme quelqu'un qui est sûr que les conservateurs connaîtront le goût de la déconfiture mardi soir prochain - et pas seulement dans la région! Il perd son temps à Trois-Rivières, Harper. Qu'il aille plutôt à Hérouxville. C'est moins ethnique là-bas. Ici, il n'y a que des métis et des poètes.


Une sculpture au port de Twois-Wivièwes. Ça imite un arbre. Les branches ont l'air pesantes.

Le pont Laviolette! Que ferait-on sans ce pont qui nous représente aussi stupidement que la tour Eiffel représente Paris. Et c'est à cause de qui ça? À cause de Laviolette, un conquistadore européen!


On le voit ici, Laviolette, il est sur côté gauche, avec son chapeau. Il figure aussi sur la plaque de bronze, au beau milieu de Sauvages à genoux. Capitanal, le vrai fondateur de Twois-Wivièwes, n'est nulle part. Les conquistadores se donnent toujours les beaux rôles.

Ici, eh bien c'est la rue des Forges. On voit mon ombre sous la flèche. Si je ne m'ôte pas de là, c'est sûr qu'il pourrait m'arriver un accident.


Ma promenade est enfin terminée. Dernière photo avant de rentrer chez-moi: un arbre, magnifique comme tout, qui pousse au beau milieu du stationnement arrière de la Pharmacie Jean-Coutu, sur la rue Royale.

J'espère que toutes ses photos ne ralentiront pas trop votre machine...