mercredi 15 octobre 2008

À PROPOS DES CHIENS & DES CHATS


C'était une belle journée hier. Les feuilles mortes se ramassaient à la pelle mais, fort heureusement, personne ne l'avait fait. De sorte que la terre semblait peinte en jaune, en rouge et en ces tonalités que ne détectent pas mes yeux de daltonien: du vert? je ne sais pas; du brun? aucune idée.

C'était jaune et rouge et bleu hier, juste les trois couleurs primaires, comme je les aime, les couleurs que je voie le mieux, les seules que je sache peindre avec ma fameuse technique du cloisonnement, comme l'ami Gauguin, un autre daltonien que je chéris de tous mes yeux.

Comme je déambulais sur la rue St-Olivier, à deux pas du rond-point de la Couronne, je me suis subitement rendu compte qu'un pitbull fonçait sur moi.

Il était sans son maître, sans collier, juste perdu comme ça, laissé à l'abandon par je ne sais trop qui. Et il fonçait vers moi. Oh! il était encore loin, peut-être cent pieds, mais c'était tout de même un pitbull, un maudit chien sale, le genre de chien qui a suffisamment de pression dans la mâchoire pour t'arracher la face et partir avec ton nez.

En le voyant courir vers moi, le pitbull, mon premier réflexe a été de décrocher mon sac à dos pour lui en crisser une sur le pif s'il lui prenait l'idée de vraiment foncer sur moi.

Heureusement, il a eu peur de moi. Je suis tout de même six fois plus gros qu'un gros chien. Mais sait-on jamais ce qui se passe dans la tête d'un chien, même d'un petit chien.

Le pitbull a poursuivi son chemin et moi aussi. Je n'ai pas cru bon d'appeler la fourrière municipale. Peut-être que quelqu'un en est mort. Toutes mes condoléances.

JE DÉTESTE LES CHIENS

Je vous avouerai que je n'aime pas beaucoup les chiens. J'avais même peur des chiens quand j'étais jeune, suite à une agression par un chien, tout jeune, un chien barbette qui s'était élancé vers moi méchamment. J'avais reculé pour l'éviter et, en reculant, j'avais failli de me faire écraser par le char de livraison de la rôtisserie du coin. J'étais tombé et le petit christ de chien s'était mis à me japper dans la face en me montrant ses crocs.

J'ai craint les chiens longtemps suite à cela, jusqu'à ce que je batte mon premier chien.

Pendant des années, j'ai couru avec des chiens à mes trousses qui, détectant ma peur, s'en amusaient follement. Ils ont de l'odorat, les chiens, et ils sentent vraiment ta peur, les tabarnaks.

J'ai cessé d'avoir peur des chiens un jour où j'étais à vélo et que je me suis fait courir après par un doberman.

J'ai eu tellement peur cette fois-là que j'ai écrasé ma pompe à vélo quatre à cinq fois de toutes mes forces dans la gueule du pauvre clébard. J'ai compris ce jour-là la psychologie des chiens. Quand ils foncent vers toi, fesse-les de toutes tes forces, pars à courir après eux pour les battre, mords-les, fais ce que tu veux mais ne les laisse plus jamais empiéter sur ton territoire.

Depuis que je bats des chiens aussi souvent que je le peux, je me sens mieux.

Ma cynophobie est réduite à néant. Ma haine des chiens a pris les devants.

L'autre jour, je vois un chien qui part à japper après moi. Qu'est-ce que j'ai fait? J'ai foncé vers lui en lui disant «approche mon tabarnak, approche que j't'en calisse une!». Le chien a reculé. Il a reniflé sa laisse qui traînait dans ses crottes. Et c'est tout. Profil bas. Ferme-la mon hostie d'chien ou j'te transforme en purée pour Docteur Ballard!

Je n'aime pas les chiens, c'est vrai. Je ne les aime pas du tout. Mais je les domine maintenant et cela me rassure.

Cette peur des chiens qui s'est transformée en guerre contre les chiens m'a beaucoup aidé dans mes rapports humains. Désormais, quand on jappe vers moi, je fonce vers celui qui jappe et, généralement, je l'envoie chier, qui que ce soit, même le pape. Tu veux jouer à japper mon tabarnak? Watch out. Je suis là tout d'une pièce et je suis dur à tasser. Je peux combattre des dobermen à mains nues, maintenant, donc les humains ça ne me fait pas peur.

J'AIME MIEUX LES CHATS

J'aime mieux les chats, c'est certain. C'est doux un chat. C'est féminin. C'est authentique et prévisible dans tout ce qu'il a d'imprévisible. Les chats sont beaux, brillants, propres, indépendants, autonomes, solitaires, souvent libres, dans les ruelles, sans qu'on ne se charge de les envoyer à la fourrière, comme les chiens errants. On a juste envie de les flatter, les chats, de les entendre ronronner entre ses mains.

-Bé... Qu'est-ce que tu dirais si nous avions un chat... un p'tit chat... mettons... hein?

-Les chats! Ça arrache les rideaux! Ça graffigne toute! Ça sent l'ammoniac!

Bon, pas de chats ni de chiens. C'est peut-être déjà écrit sur mon bail. Et je n'ai pas envie de changer la litière tous les jours. J'ai assez de me ramasser.

N'empêche que c'est beau, un p'tit chat, un beau p'tit minou d'amour...