dimanche 29 mai 2011

Trouvons de la poésie

La poésie se trouve ailleurs que dans les livres. Vous ne la trouverez pas plus ici, sur le ouèbe, voire sur mon blogue. Vous avez raison de penser que je vous fais perdre votre temps. Même s'il pleut encore dehors -pour les habitants de la vallée du grand fleuve Magtogoek (anciennement St-Laurent) à tout le moins...

Les mots ont une vie, bien sûr. Certains ont de l'éclat. D'autres non.

Qu'est-ce qu'un livre sinon un dictionnaire mis à l'envers, hein? 

Je paraphrase Jean Cocteau. Il a écrit ça, quelque part. Où? Je n'en sais plus rien. Et pourtant je sais que c'est de lui. Et je le cite, quitte à me taper ses oeuvres complètes pour vous le remettre un jour sous le nez, avec l'orgueil et la vanité d'un authentique scribe.

On ne s'arrêtera pas là. Trouvons plutôt la poésie.

Marchons, tiens, n'importe où, même s'il pleut.

Les pissenlits sont jaune vif et d'une floraison avancée. Les lilas embaument l'air. Les tulipes se faneront bientôt.

La vie est en liesse, même si le temps est constamment couvert depuis deux semaines, sinon une éternité.

Le tempérament devrait être agressif, vu le mauvais temps, et pourtant la poésie est là.

Nous l'avons trouvée, hop! les deux doigts dans le nez.

Elle est là, cibouère. Facile à trouver. Gratuite.

Elle fait cuicui.

Elle sort d'un cocon.

Elle surgit d'un bourgeon.

Et hop! Des canards sur l'étang.

Et puis une corneille avec une branche dans le bec. Une branche de bonne taille. Comme si j'avais un madrier de vingt pieds de large dans la gueule. Aussi, la corneille vole péniblement. Comme un hélicoptère, même si l'analogie est faible. Elle rejoint l'arbre, finalement, et analyse le meilleur endroit pour bâtir son nid, loin des ovovores.

Je la regarde comme un con.

Et hop! C'est de la poésie.