samedi 28 mai 2011

Digressions littéraires, Hérouxville, Régis Labeaume et Clothaire Rapaille

Un écrivain qui se respecte doit traiter des actualités avec parcimonie sous peine d'être réduit en bouilli par la machine qu'il aura lui-même créée. C'est ce qui arrive au pauvre con de la nouvelle de Kafka intitulée Dans la colonie pénitentiaire. Ce pauvre con qui est l'inventeur de la machine à marquer sur la peau des criminels l'article de la loi à laquelle ils ont contrevenu. Le pauvre con, l'administrateur de la colonie pénitentiaire, jouit presque de présenter sa machine, son concept. Et à la fin, pour mieux illustrer l'amour qu'il a pour sa machine, il se fait lui-même déchiqueter par elle.

Donc, attention aux actualités, aux opinions politiques et autres machines à générer de la prose. La poésie est essentielle dans la vie pour ne pas être gobé tout entier par l'esprit de sérieux et la logique de broche à foin qui vient avec.

Cela dit, même le poète et a fortiori l'écrivain ne peuvent demeurer silencieux quand l'affaire devient par trop surréaliste. Ils se sentent invoqués par on ne sait quelle faiblesse de l'âme. Et les voilà qui se mettent à intervenir dans le discours public, aussi bien dire dans un champs de mines.

On te laissera divaguer en littérature mais on te reniflera jusqu'au fin fond de tes caleçons en politique. D'où vient le fait que la politique sent mauvais.

Cependant on ne peut pas toujours rechigner à laver la vaisselle ou sortir les vidanges. Nous ne sommes pas des anges. Chacun doit y mettre un peu du sien pour que la vie n'ait pas l'air d'un dépotoir à ciel fermé.

Hier, je vous ai rabâché les cils avec le Journal d'un écrivain de Dostoïevski. Et aujourd'hui, bon sang, j'ai l'impression de me prendre pour Dostoïevski tellement je singe ce que je lis, surtout quand c'est Dostoïevski. C'est mon dada, la littérature russe. Tellement que je me trouve nul de ne pas lire en russe. Ce que j'apprendrai à faire un jour au lieu de jouer aux cartes dans un foyer pour vieux.

Voici donc deux courtes opinions, livrées comme ça, à la bonne franquette.

Vous pouvez m'envoyer au diable vauvert. Je m'en moque. Je ne publierai pas ce commentaire sur mon blogue. Je n'aime que les propos qui font preuve d'art et de bon goût, sinon d'intelligence. Voire de folie. La folie me convient bien, encore mieux que les déglutis des trolls de la politique.

Le Code de vie de Hérouxville: un canular?

On en parle depuis trois jours de cette affaire. Le fameux conseiller André Drouin et le non moins ignorant Code de vie de la municipalité de Hérouxville, située pas loin de mon bled, en Mauricie. Hérouxville est un petit village perdu dans la forêt où il y a peut-être trois ou quatre immigrants. André Drouin a affirmé qu'il riait en pensant à la manière que les médias réagiraient à ce Code de vie où il était fait mention qu'il était interdit de lapider les femmes et tout le tralala. De la provocation pour démontrer une ferme opposition à toute forme d'accommodements raisonnables avec les communautés culturelles, alors qu'il n'a jamais été question d'autoriser l'excision du clitoris et la lapidation des femmes pour qui que ce soit.

Puis les médias s'emballent encore. On en vient à dire que le Code de vie de Hérouxville était de la provocation, un coup monté et tout le reste pour finalement occulter le fin fond de l'affaire.

Tout le brouhaha sur les accommodements raisonnables est issu de quelques articles de la presse jaune où l'on traquait les porteurs de turban et les cheveux en boudins. C'était à qui ne mangeait pas des fèves au lard. Rien de bien sérieux. Aucune conflit ethnique ou génocide en vue. Seulement deux ou trois événements anodins qui ne donnent même pas l'envie d'en parler.

Et on en remet encore une pelletée avec Drouin et ses escarmouches. Occultant tout le reste. Une chance qu'il y a cet article de Yves Boisvert ce matin, dans La Presse. Ça soulage un peu.

Ce n'était pas un canular, le Code de vie de Hérouxville, c'était plutôt une connerie qui fait honte à notre région.

La méthode Labeaume

Un autre sujet sur lequel je ne m'étendrai pas longtemps. Le maire de Québec va bientôt frapper un mur. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est même un gus que l'on ne pourrait pas taxer d'être un auteur d'extrême-gauche. Il s'agit de Stéphane Gendron. Selon lui, PKP devrait faire attention. Le projet de Labeaume, un amphithéâtre pour recevoir un hypothétique club de hockey de la LNH, est aussi farfelu que Clothaire Rapaille. Dans sa forme actuelle, il contrevient à la Loi sur les cités et les villes. On ne peut pas gérer une entreprise publique comme une entreprise privée. Vous savez pourquoi? Parce que c'est l'argent du public.   Il y a des règles à suivre, des règles qui protègent sensément le contribuable contre la fraude, la corruption et la magouille.

Labeaume veut transgresser ses règles, sauter par-dessus les lois, acculer les politiciens de l'Assemblée Nationale au pied du mur pour son tabarnak d'amphithéâtre à marde.

Que la population de Québec veuille d'un amphithéâtre à marde à 80% pour aller voir revivre les Nordiques c'est leur affaire. Mais qu'ils ne demandent pas à tout le pays de payer pour les rapailleries de leur maire.

Dans cette affaire, le Parti Québécois a perdu 100% de sa crédibilité. On ne peut pas dénoncer la corruption dans le monde municipal, un jour, et proposer en vitesse d'abolir des lois qui protègent les citoyens contre la corruption, juste parce qu'il faudrait aller plus vite pour le petit potentat de Québec et ses loustics.

Les députés Amir Khadir et Éric Caire font honneur aux Québécois en ce moment et passeront pour des héros.

Les électeurs s'en souviendront aux prochaines élections.

Préparons-nous à une vague rouge de type Québec Solidaire. À force de se faire prendre pour des valises, les électeurs vont préférer voter pour des inconnus, une fois de plus, plutôt que pour tous ces trop-connus superficiels qui avilissent la fonction de représentant du peuple.

La gauche a le champ libre. La socialisation des dépenses et la privatisation des profits, no fucking way!

On vaut mieux que ça.