mercredi 4 mai 2011

Hervé Veilleux croit en ses rêves

Il ne suffit pas que de se rêver une vie. Encore faut-il se mettre en action. Bien sûr, le rêve peut te tomber sur la tête comme sur d'autres la foudre aura pu tomber. Néanmoins il convient de dire que ces cas sont exceptionnels. La plupart du temps, il ne se passe rien de bien rien de mal. Enfin, pour celui qui ne bouge pas d'un pouce. À moins que je ne me trompe. Mais, bon, ça ne sera pas la première fois que cela me soit arrivé. Je ne suis pas Dieu, moi.

Je suis plutôt un auteur, tiens. J'écris des nouvelles, des contes et autres niaiseries. Comme celle d'un type qui s'est mis en action au lieu de se rêver une vie. Il s'appelle Hervé. Hervé Veilleux. Il n'est pas petit. Il n'est pas vieux. Et surtout, il se met en action.

Alors, le voilà qui enfourche son vélo et s'en va vers son nouveau boulot.

Il vend ses poèmes sur la rue, Hervé.

Ses poèmes sont nuls à chier, mal écrits, pleins de fautes d'orthographe. Franchement, vous les trouveriez illisibles.

Pourtant, Hervé s'est mis en action. Il est maintenant poète puisqu'il vend ses poèmes sur la rue. Il ne rêve pas. Les gens lui achètent vraiment sa poésie nulle à chier.

Du coup, Hervé gagne en dignité. Il court les comptoirs vestimentaires pour s'acheter du beau linge avec les profits de sa poésie: béret, foulard rouge, costard impeccable. Oua! Hervé a vraiment l'air d'un monsieur.

Et il vend encore plus de poèmes. Se part une petite maison d'édition pour publier d'autres auteurs nuls à chier. Et voilà qu'Hervé s'est bâti un empire.

On le nomme professeur d'université.

Puis recteur.

Et il dit aux autres comment écrire.

Hervé Veilleux croit en ses rêves. Il mérite sa fulgurante ascension sociale.

C'est toute la différence entre vous et moi qui ne sommes que de pauvres cons bourrés de talent.