vendredi 29 juillet 2016

No Future

Qui croit vraiment en ce système sinon trois pelés et un tondu? Qui se battrait corps et âme pour ce semblant de démocratie lorsqu'elle s'écroulera? Probablement des mercenaires. Des décrocheurs scolaires. Des chômeurs. Des victimes du capitalisme sauvage recyclées en gardiens d'une loi qui les a pourtant méprisés. Ou bien des caves, comme moi... Des caves qui se diront qu'une communauté sans lois, même si elles sont mauvaises, sombre inévitablement dans une forme de cannibalisme.

Croyez-vous que les politiciens croient vraiment ce qu'ils disent? J'en doute. Ont-ils besoin de croire en leurs mensonges? Pas du tout.

Qui tient ce système en fonction? Vous, moi et tous les autres idiots qui ne connaissent rien de mieux et qui ont enfoui fort profondément leurs illusions comme leurs désillusions. Ils respirent de l'air vicié tous les jours et s'accommodent de l'odeur de putréfaction qui flotte sur nos institutions irrémédiablement corrompues.

Tout le monde est blasé. Tout le monde, riche ou pauvre, membre de l'élite ou pas. Plus personne ne croit en ce monde que l'on porte sur nos épaules comme un cadavre pourri, par habitude ou par compassion, parce qu'on ne laisse pas la viande pourrir sur le bord du chemin.

Il ne reste donc que des réflexes. Les réflexions se sont envolées. Tout est feint. Tout est calculé. Tout est vain. Le non-avenir d'une illusion. Le refus du futur qui sent bon et fait pousser des ailes.

La grande parade de l'avenir radieux est terminée.

Il n'y a plus de Grande Idée.

Il n'y a que du quotidien assaisonné de rêves insignifiants qui ne suscitent aucun enthousiasme.

Il n'y a que des rires jaunes.

Il n'y a que des inquiétudes sur ce que demain nous offrira.

Le pire est devant.

Le mieux, c'était il y a fort longtemps. L'Âge d'Or c'est quand les indigènes se promenaient d'un point d'eau à un autre pour écouter le chant des oiseaux. Maintenant, c'est l'Âge du Fer et du Plomb. On écrase tout. On liquide tout. On méprise tout.

Je n'écris pas ça pour vous déprimer.

Je l'écris simplement pour comprendre mon époque.

Pour être ce miroir crasseux qui reflète une parcelle de réalité crasseuse.