vendredi 22 juillet 2016

Goules de mer, goules de terre et goélands

Port de Trois-Rivières, vendredi 22 juillet 2016, 6h45 du matin
Un rien m'allume et peut déclencher ma logorrhée.

On peut me parler d'un cure-dent et voilà que je trouve mille et une anecdotes dans ma mémoire pour alimenter un monologue qui pourrait durer des siècles.

Mon explication à cette faculté, que d'aucuns considèrent comme étant une tare intellectuelle, provient du fait de vivre à proximité du fleuve. De Rimouski à Montréal, la parole des gens du fleuve coule comme de l'eau vive. Ce n'est pas pour rien que Gilles Vigneault chantait que les gens de son pays sont gens de paroles et gens de causeries qui parlent pour s'entendre...

Bref, c'est ma façon d'être patriote que de raconter toutes les niaiseries qui me viennent à l'esprit. C'est ma façon de faire vibrer cette belle langue française au diapason du Nouveau-Monde.

Pour ce qui est du fleuve, je suis allé le visiter ce matin. J'ai le bonheur de vivre à moins de 800 mètres du grand fleuve Magtogoek (anciennement Saint-Laurent). Comment pourrais-je me priver de cette vue magnifique?

Le fleuve Magtogoek et la rivière Tapiskwan Sipi (anciennement Saint-Maurice) ont été les aires de jeux de mon enfance. Encore aujourd'hui, je ne me lasse pas de les contempler pour y trouver quelque réponse silencieuse aux questions trop brûlantes de la vie.

Mon regard porte souvent à l'Est pour me rappeler, entre autres, les origines de mon père. Il a grandi à Sayabec ainsi qu'à Sainte-Luce-sur-Mer. Il rêvait d'y finir ses jours. Il passa sa vie à porter son regard au loin, là-bas, chaque fois qu'il nous emmenait voir le fleuve. Peut-être que la vie y était rude, mais sans doute moins misérable que la vie dans un logement sale et étouffant de Cap-de-la-Madeleine où sa famille était atterrie.

***

Ce matin, des tas de goélands m'ont accueilli. À leur plumage d'un blanc éclatant, je savais que j'avais affaire à une bande de mâles. Où se tiennent leurs femelles? Je n'en sais rien. Peut-être couvaient-elles leurs oeufs.

Les goélands pourraient être mes oiseaux préférés si ce n'était de leur comportement de charognards qui finit par me dégoûter malgré la meilleure volonté du monde. Leur vol est tout aussi gracieux que leur plumage. Cependant, j'ai toujours en moi le souvenir vif du festin que s'étaient offerts des goélands de mon vomi la fois que j'avais dégueulé dans un stationnement. J'avais même revomi par-dessus tellement ça me soulevait le coeur...

N'empêche qu'elles sont jolies les goules de mer, les seagulls comme disent les Anglais, quand je fais abstraction de la base de leur alimentation.

Elles s'envolent dès qu'on les approche pour une raison qui m'échappe. Au nombre qu'elles sont, elles pourraient faire fuir n'importe quel singe et même un gorille comme moi. Mais non! Elles ne tiennent pas à prendre toute la place comme le font les membres de mon espèce. Elles se contentent d'un rien, les goules de terre, les goé... lands.

-Après vous les primates! qu'elles semblent nous dire. Mangez les premiers, nous trouverons bien quelque chose à nous régaler ensuite. Un rien nous suffit. On accepte tout. Même votre vomi...

***

Comme je vous le disais d'entrée de jeu, il ne suffit que de me lancer un thème pour que je devienne intarissable. Je vous imagine déjà en train de bayer aux corneilles de lire ce billet-fleuve.

-Cet abruti va-t-il finir par y mettre un point final? que vous vous dites.

Eh bien, j'y arrive presque.

Vous pouvez terminer votre lecture ici dans l'hypothèse où votre voyage dedans ma tête est allé trop loin.

Pour les autres, qui ne trouvent rien de mieux à faire, je me permets de vous offrir un autre texte que j'ai écrit à propos des goélands. C'est tiré d'une histoire que j'ai vécue à Thunder Bay il y a déjà plus de trente-cinq ans. Cela ne me rajeunit pas. Et ce n'est pas le genre d'histoires dont on se vante généralement...

Cela vaut ce que cela vaut. Et ça s'intitule La parabole de la Baie du Tonnerre.

Une autre photo que j'ai prise ce matin au port de Trois-Rivières...



3 commentaires:

Misko a dit...

Tu m'as fait éclater de rire quand tu as raconté que tu avais revomi après avoir vu des goélands bouffer ce que tu venais juste de dégueuler.

Et j'ai dû googler et wikipédier "goule". Intéressant comme origine, c'te mot là.

Bon, bin, buenos dias, M.Makwa
;-)

Gaétan Bouchard a dit...

@ Misko: J'étais avec un ami qui conduisait un pied sur le frein, un pied sur l'accélérateur. J'avais bu la veille et digérais mal les soubresauts de la voiture...

monde indien a dit...

Il n ' y a que 6 ans que j ' habite à Sète et j ' aime bien regarder ces beaux oiseaux , et puis j ' aime bien parler aussi -
J ' aime bien les bébés , on dirait qu ' ils sont plus gros que leurs parents -
Une fois j ' ai vu en goéland qui bouffait le cadavre d ' un autre - spectacle un peu bizarre -
Une autre fois j ' étais en train de picorer un maigre pique-nique et pendant toute mon activité , un goéland n ' arrêtait pas de regarder avec envie les mouvements de ma mâchoire - il avait peut-être mauvaise vue , car sinon il aurait facilement pu voir qu ' il n ' allait lui rester que quelques fragments de miettes de chips -
Je n ' étais quand m^me pas bien rassuré de son énorme bec jaune et orange -
Il faut dire qu ' au début de mon arrivée dans la région j ' avais eu l ' inconscience sur une plage de m ' approcher à une vingtaine de mètres d ' un bébé ( je ne savais pas encore que les goélands bruns sont les bébés ) - Bien naturellement la mère fonça sur moi plusieurs fois - il ne m ' est rien arrivé grâce à de grands moulinets de bras ( je devais avoir l ' air comique ) mais depuis je me suis étonné aussi que les goélands n ' attaquent pas , avec ce gros bec qu ' ils ont - à moins qu ' ils ne soient tous aussi myopes que celui de ma chips -
Mais ils sont beaux avec leur beau bleu-gris et blanc , et leurs palmes oranges -