lundi 25 juillet 2016

Cahier d'esquisses et propos sur l'art

Un vieil album vierge de photographies que j'ai converti
en cahier d'esquisses au crayon à l'huile
  • « Dis-moi ce que tu manges : je te dirai ce que tu es. » Brillat-Savarin, Physiologie du goût


Il m'arrive de penser que j'ai dû rayer une forêt de la carte à force de dessiner et d'écrire.

Cela fait déjà plusieurs années que je barbouille du papier.

Ma mère a cru un temps que cela pourrait me rendre fou. C'est vrai qu'en plus de noircir des milliers de pages de monstres et propos blasphématoires je lisais des tas de gros livres aux titres plus ou moins effrayants: L'Antéchrist, Par-delà bien et mal, Les prospérités du vice, etc.

Je ne faisais pourtant que laisser sortir le méchant. Je me guérissais sans le savoir de mes monstres intérieurs.

Je pratiquais avec plus ou moins d'instinct ce que prêche le Bardo Thödol, c'est-à-dire réaliser que les monstres ne sont que des représentations de notre propre esprit, aussi sale soit-il.

En vieillissant, j'ai fini par visiter des thèmes plus bucoliques. Je me suis en quelque sorte libéré de mes visions ténébreuses du monde pour accéder à plus de lumière. Au lieu de dessiner des monstres qui vomissent des ectoplasmes, je me suis mis à reproduire des fresques de gens gras dur et souriants.

Le gastronome Brillat-Savarin disait dans la Physiologie du goût que l'on est ce que l'on mange. C'est vrai aussi pour l'art. On devient ce que l'on met de l'avant. Quand je dessinais des personnages torturés mon âme n'échappait pas au désespoir. Maintenant que je m'amuse à écrire des récits déjantés et candides, à peindre des gens souriants, à jouer des airs joyeux sur mes instruments de musique, eh bien je me sens heureux. Je mange du bonheur et c'est du bonheur que je suis devenu, malgré tout...

Cela dit, j'ai profité de ma fin de semaine pour barbouiller un vieil album de photographies vierge. Je me disais que dessiner sur du noir serait tout aussi cool qu'inusité. J'ai donc sorti mes crayons à l'huile et j'ai joué avec les couleurs. Vous pouvez voir le résultat ici même. C'est sans prétention. Cela dit tout simplement que j'ai encore un coeur d'enfant. Ce dont je suis fier. Les gens qui ont un coeur dit d'adulte sont généralement tristes, insignifiants et même inquiétants.

Évidemment, je prêche pour mon camp, c'est-à-dire pour ceux qui n'ont rien à faire des apparences et des faux-semblants.


Noir comme en plein soleil...
Le goéland me regardait de côté tandis que je le dessinais.


J'sais pas c'est qui. Une crisse de folle, mettons...

Un arbre du Parc Pie-XII qui devrait changer de nom parce que Pie-XII n'a rien à voir ici, pas plus que le dalaï-lama.



1 commentaire:

monde indien a dit...

" ... On devient ce que l'on met de l'avant.

Maintenant que je m'amuse à écrire des récits déjantés et candides, à peindre des gens souriants, à jouer des airs joyeux sur mes instruments de musique, eh bien je me sens heureux. Je mange du bonheur et c'est du bonheur que je suis devenu, malgré tout... "

C ' est un peu ce que j ' essaye de dire depuis toujours et dans mes derniers posts -