mercredi 13 juillet 2016

Je doute de moi: mon lectorat prend trop d'ampleur...

Je ne vous emmerderai pas avec mes statistiques mais cela m'a fait chaud au coeur de constater que mon lectorat s'est largement accru au cours des dernières semaines. Tant et si bien que j'ai battu mon record personnel du printemps 2012 où j'étais particulièrement actif sur les médias sociaux qui relayaient mes textes de combat dans le cadre du Printemps érable. Une faiblesse que j'avais à cette époque comme à toute autre qui pourrait survenir. Je fais partie de ces gros cons qui croient en la justice sociale. Je déteste viscéralement que l'on charge le peuple dans la rue avec la cavalerie cosaque. Je prendrai toujours le parti des matraqués contre celui des matraqueurs. Tout politicien qui fait couler le sang du peuple dans la rue est digne de mépris. Sa mémoire doit en être souillée à jamais.

Depuis mai 2016, j'assiste à un tsunami de lecteurs et lectrices. Ce qui me fait douter de moi. Que ferai-je de mon sentiment de n'écrire que pour le plus petit nombre? Que ferai-je de mon aura d'écrivain maudit qui tient Emily Dickinson, Friedrich Nietzsche et Arthur Rimbaud pour des modèles de probité littéraire?

Pour mieux éviter la popularité, je me ferai bien sûr un devoir d'éviter de commenter régulièrement les actualités. C'est avec de telles arguties que l'on fait vivre des tas de chroniqueurs qui regardent le monde par le petit bout de la lorgnette. C'est avec des actualités que l'on se construit une réputation qui ne me semble en rien enviable.

J'échangerais toutes les chroniques de Criard Tartineau contre un vers de Virgile, même si je ne lis jamais Virgile.

Je me passerais facilement de tous ces commentateurs d'idées fixes qui me semblent unidimensionnels. Untel n'en a que pour l'indépendance du Québec. L'autre voit partout le péril islamiste. Et ça se met à enligner texte après texte pour nous démontrer l'urgence de ceci ou cela, comme si l'on ne faisait que ça dans la vie. Comme si le devoir de résistance ne se passait pas aussi dans une bonne bouffe, une bonne bière ou une bonne baise.

N'importe quoi sauf cette tristesse de vivre dans un état de siège perpétuel. Les générations se succéderont et considéreront sans doute d'un air maussade tout ce que l'on tenait pour fondamental. On passera peut-être pour des millénaristes incultes et malpropres qui croyaient dur comme fer aux quatre cavaliers de l'Apocalypse ainsi qu'au Bonhomme Sept-Heures.

Évidemment, je ne veux pas dire qu'il ne faut pas se soucier du monde et des idées véhiculées par nos semblables.

Je veux tout simplement affirmer que mon blogue n'est pas une poubelle.

Je me permets cette naïveté de le comparer au Journal d'un écrivain de Dostoïevski. Je ne prétends pas lui arriver à la cheville. Il me sert néanmoins d'inspiration. J'alterne les textes philosophiques aux nouvelles, contes, maximes, proverbes et autres illustrations. Ce blogue est simplement le reflet de mon âme dans ce qu'elle a de plus complexe et parfois de plus idiot.

Merci de me lire et de me commenter quand cela vous chante.

Merci de comprendre que j'écris d'abord pour moi-même. C'est ma manière de respecter votre intelligence.

Que vous soyez un, deux ou huit millions à me lire, j'espère que je ne changerai jamais.

Je souhaite ne jamais devenir un crétin qui cède à l'esprit du temps pour se fabriquer une notoriété de faux-cul.

"Comment? Tu cherches à te multiplier par dix, par cent? Tu cherches des disciples? Cherche alors des zéros." C'est ce qu'écrivait Nietzsche dans Le crépuscule des idoles. Nietzsche ce grand comique heureusement incompris.