mardi 25 janvier 2011

Soulèvement populaire dans la municipalité de Macoucouche

Son vrai nom est sans importance. À peu près tout les habitants de la ville l'appelaient le maire Lacrotte. Et à peu près tout le monde souhaitait qu'il dégage.

-Le maire Lacrotte c'est un hostie d'crosseur! Un magouilleur! Un fraudeur! Un plein d'marde!

Et ils étaient des tas lors des séances publiques du conseil municipal à demander qu'il soit destitué.

Le dossier était crissement épais. Les preuves plus qu'évidentes même pour le plus ivrogne des avocats. Cependant, ça s'était toujours fait ainsi dans le comté: une marionnette portée au pouvoir par une poignée de contracteurs. Rien de nouveau sous le soleil. Pourtant, ça faisait dégueuler le monde plus que d'habitude de savoir que le maire Lacrotte se bourrait les poches avec le cash des contribuables comme s'ils étaient inféodés à ce tabarnak de plein d'marde.

Lacrotte les défiait. Il ne voulait pas partir, malgré la pression populaire.

Heureusement qu'un jour les policiers en eurent plein l'cul d'assister au spectacle de la tyrannie.

Ce jour-là, c'était hier.

Les policiers ont prêté main-forte aux citoyens qui ont décidé de sortir physiquement le maire de l'endroit et de prononcer formellement sa destitution. Tous les citoyens de la ville de Macoucouche, même les policiers, ont intimé à Lacrotte l'ordre de quitter la salle du conseil. Comme il résistait, ils lui ont passé les menottes sous les applaudissements de la foule rassemblée autour de l'Hôtel de ville. Une crisse de foule mon homme... Oua, au moins cinq milles personnes. Sur une ville de cinq mille huit cent trois personnes, c'est un bon score.

Aussi, le système a décidé de traduire Lacrotte devant les tribunaux pour sauver la face et étouffer l'exemple d'un authentique soulèvement populaire, inévitable suite à l'incurie de nos institutions à protéger le peuple des crosseurs et des pleins d'marde comme l'ex-maire Lacrotte.

Entre vous et moi, c'était pas le pire de la bande. Et c'est dommage que Lacrotte paie pour tous les autres, pour que notre saint gouvernement de conseillers en marketing sauve la face dans ces histoires de révolution qui circulent sur le ouèbe.