samedi 15 janvier 2011

Dégage!

La rue a eu raison de l'ex-président de la Tunisie Machin Ben Ali. Il s'est enfui en Arabie Saoudite. Le peuple a pris la rue et a scandé «Dégage Ben Ali». Et il a dégagé.

Du coup, on entrevoit que la liberté est possible. Que ces magouilleurs ne peuvent pas faire tout ce qu'ils veulent. Que le pouvoir trouve sa légitimité dans la rue, en dernier recours, et qu'il n'y a pas assez de policiers ou de soldatesque pour contrôler un peuple qui revendique sa liberté et le respect de son milieu de vie.

Dégage... Pas plus compliqué que ça!

Merci aux Tunisiens pour cette belle leçon de démocratie active. Je leur souhaite le plein respect de leurs droits et un milieu de vie à la mesure de leurs espoirs. Je leur souhaite du pain et des roses.

Puis, à leur exemple, je regarde la rue avec un souffle nouveau dans le coeur. Je sais qu'il nous faudra la prendre nous aussi, un jour ou l'autre, pour que ça change vraiment.

En attendant, je m'échauffe la voix dans mon atelier.

Je me prépare à y aller de quelques «dégage!» pour cette économie contrôlée par quelques-uns, pour les profits records des banques, alors que les profits se privatisent et que les dépenses nous reviennent, sous formes d'impôts et de taxes qui font presque du serf un homme moins pris par les couilles que le citoyen de nos jours. Ou bien de la citoyenne, évidemment.

On y va de projets sans consulter. On se permet n'importe quoi au mépris des consultations populaires. On gouverne comme si l'on prenait pour modèle la famille Ben Ali, en Tunisie. Et on est prêt à nous faire boire n'importe quoi, à nous empoisonner s'il le faut, à nous traiter comme l'on traite n'importe quel animal de boucherie, avec un peu de moulée et un espace toujours plus restreint.

Des pyramides de gypse! Des jeux de Bozopoly! Du gaz de schiste au non-respect des traités internationaux... Un bel amalgame pour me pratiquer à crier «dégage!»

Dégage Stephen Harper! Dégage Jean Charest! Dégage Yves Lévesque!

Les Tunisiens font la révolution sur YouTube et Twitter. Ils s'en torchent des médias traditionnels.

Vive la Tunisie libre!