dimanche 2 janvier 2011

Bilan & perspectives / Hic et nunc

J'ai su résister tout au long de l'année 2010 à la tentation d'écrire à la première personne du singulier. N'y voyez pas l'idée de partir une école ou bien une secte. Je me mettrais à dos la partie la plus hypersensible de l'intelligentsia littéraire. J'ai résisté au je pour des raisons purement ludiques. Parce que je croyais que c'était emmerdant pour moi et pour le lecteur de constamment parler de moi.

Évidemment, j'ai commis quelques fabuleux accrocs à cette démarche. Je me suis même laissé prendre au piège de faire les actualités pour empêcher quelques despotes de garde paroissiale d'en faire baver aux miens autant qu'à moi et mes biens. Je suis monté au front avec des caricatures, des textes dans les journaux et même avec un porte-voix en main devant l'Hôtel de Ville de Trois-Rivières.

J'ai crié le mot «démocratie» une bon millier de fois cette année. Et, pour dire vrai, j'entends bien continuer à crier ce mot encore plus souvent en 2011. La souveraineté, ça s'exerce tous les jours. Cela devient une réalité quand on pense par soi-même. Et penser par soi-même, pour paraphraser le philosophe Alain, c'est dire non. L'unanimité est impossible mais le consensus est au coeur de l'art de gouverner, ne serait-ce que chez mes ancêtres sauvages, pas assez civilisés pour jouer aux frappe-à-bord avec les intérêts de leur communauté.

Donc, j'ai écrit des tas de fables, contes, paraboles et fariboles en 2010. Après les Contes de Noël pas racontables, j'envisage de publier un recueil de nouvelles assez volumineux intitulé Le gorille & autres nouvelles pas racontables. Je prépare aussi un recueil de nouvelles autobiographiques, pour bien démontrer que je n'en suis pas à une contradiction près. Et puis je me lancerai peut-être sur un recueil de textes philosophiques et, mieux encore, un recueil de critiques littéraires. Vous verrez tout ça en 2011. Sur papier ou bien en format PDF pour votre iPad. Je ne bretterai pas longtemps avec le monde de l'édition, promis juré, comme toujours. J'emmerderai Gallimard une fois de plus s'il le faut. Je veux publier dans La Pléïade ou rien.

Bon, pour ce qui est de la musique et de la peinture, ça se passe de mots. Deux expositions cette année, une dans ma cour et une autre au Terrasse Café Bistro, ici-même à Trois-Rivières. C'est bien suffisant. Je peinds mieux qu'en 2009. Je peindrai mieux encore en 2011. Le feu sacré des arts bouille toujours dans mes veines. Rien ne se perd et tout se crée en se récréant. Quand le plaisir n'y sera plus, je deviendrai mort et silencieux.

L'amour est au rendez-vous dans ma vie. La santé aussi. Je me sens riche et privilégié auprès de ma blonde. Gâté pourri par la vie alors que tant de gens souffrent, seuls tout seul ou bien seuls en couple. Je n'ai pas de réponses aux souffrances de tout un chacun, sinon cette chance de ne pas les ressentir dans ma vie de tous les jours.

J'aime presque tout le monde malgré tout. Rien n'est jamais tout noir et tout blanc. On a chacun nos parts d'ombres et de lumières. Cela dit, je ne perds pas mon temps avec ceux qui se complaisent des ombres et salivent de faire souffrir autruis. Je tiens près de moi ceux qui sont sensibles aux arts, à la musique et à la poésie. Tout le reste n'est pas suffisant. Et me fait royalement bayer aux corneilles.

Je serai encore plus Sauvage en 2011. Plus je vieillis plus je me sens un être humain dont les racines sont profondément enfouies dans le roc de l'Île de la Tortue. Les drapeaux m'indiffèrent. Les frontières me font peur. Je souhaite vivre dans un monde ouvert, comme une plaine sans soldats, avec des tas de bisons et d'êtres humains doux et pacifiques qui circulent et broutent librement. Dans mon monde, qui existe vraiment, on a pris la décision de vivre libres hic et nunc, ici et maintenant.

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Imagine there's no country...  C'est pas si difficile...