dimanche 23 décembre 2007

SUIS-JE UN MAGOUA?



Avez-vous déjà entendu parler des magouas? Jusqu’à ce jour, les magouas c’était pour moi un mot mystérieux qui désignaient ceux qui vivent tout croche et veulent tout casser, sans fouiller plus. On disait «c’t’un hastie d’magoua!» ou bien «c’est une famille de magouas».
En naviguant sur le ouèbe je suis tombé sur ce texte publié dans Le Devoir, en 2006, où il est justement question des Magouas, pas les magouas de mon enfance, mais les Magouas en chair et os, population métisse qui vivait et vit encore au Nord de Yamachiche, près de Trois-Rivières.

Les Magouas pourraient être des descendants de ces Algonquins de Trois-Rivières, ville portuaire située au confluent de la rivière Métabéroutin (anciennement St-Maurice) et du fleuve Magtogoek (anciennement St-Laurent).
On a même publié une étude sur le parler magoua. Ça ressemble étrangement au parler de mon enfance. Est-ce une étude sérieuse ou une «joke»? Je me le demande… Cela s’appelle « Les créolismes syntaxiques du français magoua parlé aux Trois-Rivières», une étude de Henri Wittmann. Allez lire ça, si ça vous chante.
Ça aussi, même si c’est Wikipédia, institution snobée pour rien qui rend des services utiles à l’internaute avisé.
J’ai peut-être des ancêtres magouas puisque je parle très bien le magoua, comme l’appelle ce linguiste de l’UQTR.
Conna ça en t’arnak e’l’magoua mwé.
Mwé viens d’Twois-Wivièwes.
Twois-Wivièwes, pô l’Cap-d’la-Magdlène st-crèche mais juste Twois-Wivièwes, Twois-Wivièwes. C'que j'aime à Twois-Wivièwes c'est c'qu'c'est pas Kébek ou Mourial. Non, Twois-Wivièwes c'est Twois-Wivièwes.
Je n’ai rien contre les Magouas, vous voyez bien que je le parle. Je ne l'ai pas appris dans une boîte de Cracker Jack saint-citron...
Au fond, pour tout prendre, j'ai la sensation d'être un Magoua.

Je devrai m'inviter à leur pow-wow l'an prochain pour tirer ça au clair.

Ah! J'oubliais...

Connaissez-vous François Boisvert, chef de la tribu des Serpents? Il aurait été rencontré dans l'Ouest américain, au milieu du XIXe siècle... Un grand chef originaire de Yamachiche, un exilé magoua. C'est sur le blogue Vivre le Québec libre. C'est instructif comme tout. Et cela rappelle que, où que l'on soit dans le monde, il y aura toujours quelqu'un de Twois-Wivièwes pour nous tendre un café ou une bière.

PS: L'image, en exergue de ce blogue, c'est le drapeau métis. Je ne trippe pas vraiment sur les drapeaux. Mais, bon, il faut ce qu'il faut. Je me sentais trop fatigué pour dessiner un Magoua. Numériser des dessins, ça me fait chier.








4 commentaires:

  1. Cher Magoua,

    Vous arborez le symbole de l'infini, un drapeau comme le vôtre mériterait de se retrouver à l'Assemblée nationale.

    D'un autre magoua, moins vilain cependant que vous ne l'êtes.

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  2. Salutation

    Si tu veux venir l'an prochain tu seras le bienvenue, tout les âmes de bonne fois y seront bien acceuillie.

    Steve Blanchette

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  3. Bonjour,

    Vous trouverez plusieurs occurrences de ce terme, méprisant, dans l'oeuvre de Jacques Ferron, le superbe écrivain originaire de Louiseville.
    Dans sa jeunesse, les années 1920, le mot désignait les gens de la classe sociale inférieure, ceux qui servaient (qu'exploitaient) les notables de la grand'rue. Eux, gens de condition plus que modeste, ils habitaient la troisième, vers le fleuve, ou en périphérie de la ville. Les origines du mot remontent à fort loin, déformation, selon des sources, du nom MOHAWK. J'ai ça quelque part dans mon ordi. Mais il y a d'autres explications aussi.
    Quand j'étais pensionnaire au SÉminaire Saint-Joseph, à T.-R., le mot faisait référence à quelqu'un d'épais, de gnochon !

    Bien intéressant votre carnet.
    Cordiales salutations.

    Pierre Cantin, ex-Mauricien
    Chelsea-sur-Gatineau.

    P.-S. Je viens tout juste d'écrire une petite note sur MAGOUA pour une édition nouvelle d'un roman de Ferron.
    À La Tuque, auraient été des Magouas, les élèves qui venaient des localités en dehors de la ville : La Croche,Lac-à-Beauce, la rive droite (ouest) de la Saint-Maurice, fils de terriens, de djobbeures...

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  4. M. Cantin,

    Magoua vient du mot makwa qui, en algonquin/anisnabé, veut dire ours...

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