lundi 29 mai 2017

Trop de politique

On espère trop de la politique.

Il faut bien sûr s'en préoccuper. 

Mais guère plus qu'on ne le ferait pour sortir ses vidanges.

Parlerait-on de ses vidanges pendant des jours, des semaines et des mois, comme Ti-Mé dans La P'tite Vie? On passerait pour un névrosé, sans aucun doute.

Je parle probablement de la politique un petit peu plus que la moyenne.

Et sachez que je m'en veux. 

Pourtant j'y reviens, à mon grand dam.

Chaque fois que je rédige un commentaire à propos de la politique je suis du genre à me lancer des vade retro Satanas. Je n'arrive malheureusement pas à contrôler la bête. Et je finis par croire que c'est un devoir de citoyen... Comme si le monde entier attendait que j'exprime ma sainte doctrine.

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Je suis un fan fini de Dostoïevski. Chaque fois que je relis son Journal d'un écrivain, cela me revient en pleine figure. L'auteur alternait entre la littérature et le commentaire politique, comme s'il rédigeait un blog avant la lettre. Les récits tirés du Journal d'un écrivain ont encore de la vigueur. Les thèses politiques qu'il défendait ont l'air bien fades en comparaison.

Dostoïevski était plus fort dans la psychologie des personnages que dans la sociologie des événements. Ses propos politiques, teintés de conservatisme chrétien, ont mal vieillis. Ses oeuvres littéraires atteignent pourtant une dimension supérieure de l'âme humaine.

Pour tout dire, peu d'écrivains politiques viennent me chercher. Ils finissent tous plus ou moins à multiplier les maladresses et à s'enfoncer dans l'éphémère.

Peut-être que mon interprétation est faussée par mon tempérament d'esthète.

Cela dit, je commets souvent les mêmes erreurs que Dostoïevski et mon blog finit par ressembler au Journal d'un écrivain. Je passe d'un billet à teneur politique à une nouvelle déjantée en un tournemain.

En fait, j'essaie de faire oublier mes textes politiques en multipliant ensuite les bandes dessinées, les récits et autres bouffonneries où je me sens plus à l'aise. Elles me permettent de tuer mes prétentions de gourou politique. Elles me préservent d'être pris au sérieux.

En toute justice, je suis aussi critique envers moi-même qu'envers les autres. Ceux qui n'écrivent qu'au sujet de la politique finissent par m'ennuyer à mourir.

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Les textes les plus lus sur mon blog sont mes textes à connotation politique... C'est d'autant plus ironique que j'ai souvent l'envie de tous les renier. Jusqu'à ce que je me dise qu'il fallait que cela soit fait. Comme si je devais sortir mes vidanges.

La notoriété m'importe moins que la capacité de créer de la beauté, si je puis m'exprimer ainsi.

Je préfère de loin un petit récit sans but précis, racontant des choses inutiles, à un texte qui prétend combattre tel ou tel aspect de la vie politique.

Le pire, c'est que je ne fais pas que commenter.

Je participe aussi à la vie politique. Je pars souvent pancarte au vent pour manifester. Je fais signer des pétitions. J'écris des lettres aux journaux. J'affronte le pouvoir et assume les risques qui viennent avec.

Par contre, je ne crois pas que ce soit l'aspect le plus intéressant de ma personnalité.

C'en est un, mais ce n'est pas ce qui me définit le mieux.

Quand j'en vois se décrire dans les médias sociaux comme étant des souverainistes, des fédéralistes, des militants de gauche ou bien des partisans de l'idéologie libertarienne, j'ai seulement l'envie de les prendre en pitié.

Ils pourraient dire qu'ils sont des gens affables, des amateurs de bières importées, des alpinistes... Mais non! Ils sont des de droite, des de gauche, des Canadiens fiers de leur pays, des Québécois non moins fiers du leur...

Je ne veux pas dire que la politique n'a pas son importance.

Je prétends ne pas pouvoir lui en accorder plus qu'il ne le faut même si, paradoxalement, je m'en occupe un peu plus que la moyenne de mon entourage. 

C'est bien aussi de rêver.

C'est noble de contempler la forme des nuages, de savourer un bon repas ou bien de se laisser emporter par une musique.

Il me fallait vous confier ces aveux. 

Des aveux qui ont un peu trop le goût de la politique cela dit.

Je vous reviendrai sous peu avec l'histoire d'un gars qui puait des pieds.

Ou bien avec le récit d'une mascotte qui se faisait tabasser par des enfants.

De quoi me rappeler qu'il n'y a pas que la politique dans la vie.