dimanche 21 mai 2017

L'indépendance du Québec progressiste ou... le Canada

Une bande de zigotos est passée à l'action dans le comté de Gouin où aura lieu des élections partielles prochainement. Un gus pas très auguste se présente pour un parti xénophobe qui n'hésite pas à imiter les affiches du Front National. Ils ont tapissé le comté de stupidités sans nom où l'on voit une métèque portant une tuque fleurdelisée et une autre le hijab. On demande aux électeurs de choisir entre les deux. Évidemment, on peut tirer sur l'autre à bout portant.

Ce parti se veut indépendantiste... Avec des indépendantistes comme ça, pas besoin de fédéralistes pour nuire à cette cause qui, d'une niaiserie à l'autre, finit par frapper un mur.

Ce n'est certes pas la faute des fédéralistes si la xénophobie a la cote chez une frange de plus en plus inquiétante et importante du mouvement souverainiste. Ce n'est pas la faute de Justin Trudeau ni du multiculturalisme canadien. C'est du tribalisme pur et dur qui rêve de porter un chef sur un bouclier comme dans un village gaulois. Le problème, c'est qu'il n'y a plus de Gaulois. Il n'y a plus que des citoyens d'un État XYZ qui revendiquent des droits et des libertés civiques. Du coup, ils passent invariablement pour des personnages folkloriques que l'histoire elle-même a rejetés. Ils font honte aux indépendantistes progressistes pour qui la souveraineté n'est pas tant une affaire de nation qu'un outil pour mieux contrôler notre territoire, nos communautés et nos ressources. Une solution politique à un problème administratif, somme toute, et certainement pas ce rêve fané d'un repas de fèves au lard.

Je présume, au risque de me tromper, qu'environ 20% des indépendantistes sont contaminés par la xénophobie. Peut-être plus. On me dira qu'il y a aussi des racistes au Canada. Ce qui est sans doute vrai. Mais ce n'est pas une raison pour se fermer les yeux sur le racisme au Québec, d'autant plus que cette attitude menace bien plus le mouvement indépendantiste que n'importe quel plan que pourraient peaufiner les ténors du fédéralisme dans les officines du pouvoir. Bref, les indépendantistes n'ont pas besoin de personne pour s'enculer eux-mêmes. 

C'est dommage. 

Je continue à croire en l'indépendance du Québec. J'y vois un projet progressiste. Cependant, je ne m'y accrocherai pas jusqu'à l'indécence. Si l'indépendance génère plus de xénophobie que de progrès et de justice sociale, je quitterai le bateau. Je deviendrai un traître et un vendu. Je serai Canadien, républicain et progressiste, aux côtés de mes camarades d'Ontario et de Colombie-Britannique, plutôt que d'avoir à me justifier d'être parmi une bande de clowns qui puisent leur sagesse dans Photo-Police et le Journal de Montréal.

Voilà où j'en suis.

Et je puis vous assurer que je ne me sens pas seul dans cette attitude. Je crains même que nous soyons un nombre déterminant qui plantera à jamais le dernier clou du cercueil du mouvement souverainiste si rien n'est fait pour redonner du lustre à un projet qui en a perdu beaucoup depuis le 11 septembre 2001.

Mon attitude rejoint de plus en plus d'indépendantistes qui se sentent dégoûtés de l'imprégnation raciste au sein d'un mouvement qui ne réussit plus à convaincre que des cons vaincus.

L'indépendance se fera avec les immigrés, les anglophones, les Inuits, les Cris et les unijambistes ou elle ne se fera pas.

Atténuer le rôle et l'influence des xénophobes au sein du mouvement indépendantiste ne suffit plus.

Ou bien on s'en écarte radicalement ou bien l'on change d'option.