vendredi 30 septembre 2016

Marcher, écrire, mâcher du borscht

C'est en marchant que je trouve la plupart des thèmes, contes et fabliaux qui forment le contenu de mon blogue. Il m'arrive souvent de n'avoir rien en tête et de me demander quelle connerie je devrai encore vous raconter pour tout simplement exercer mes doigts sur le clavier. Exercice que j'ai peut-être le tort d'apparenter à de la littérature.

Si je n'écrivais pas comme ça, à la bonne franquette, la source finirait par se tarir. En m'y mettant à tous les jours, comme je le fais en ce moment, il se produit parfois un miracle: un bon texte, une bonne phrase, un mot d'esprit.

Je n'exclue pas qu'il y ait aussi beaucoup de gangue autour de ce que je considère comme étant un diamant brut par manque bien involontaire d'humilité.

Néanmoins, je me pardonne d'en dire ou d'en faire trop en me disant que ceux qui ne font rien ne s'exposent jamais à la critique. Aussi peuvent-ils s'enfoncer profondément dans le cul leurs critiques. Cela ne me donnera pas plus raison pour autant. Et cela ne m'empêchera pas de poursuivre ma voie, aussi tortueuse soit-elle.

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J'ai toujours aimé marcher. J'ai parcouru de long en large les rues de Vancouver, Montréal et Québec, pour ne nommer que celles-là, pour les découvrir mieux que ne le ferait n'importe quel sociologue. Maintenant que je suis revenu hanter ma ville natale, Trois-Rivières, je poursuis mon étude de ce vieux sujet que j'avais laissé tomber jadis. Et je n'ai jamais fini de m'étonner, croyez-moi.

J'ai bifurqué de mon chemin habituel ce matin pour me promener dans un coin plutôt glauque du centre-ville. Malgré qu'il y ait une école de musique dans ce coin-là, tout y transpire la déchéance sociale. Surtout cette maison de chambres située au coin des rues X et Y. Cet immeuble accueille tous ceux et celles que plus personne ne veut recevoir. Il s'y est produit toutes les misères du monde au cours des dernières années: prostitution pour deux mégots de cigarettes, drogues coupées avec de la poussière de verre, agressions physiques, tapages de toutes sortes, suicides et même un meurtre. C'est un peu l'hôtel de la dernière chance. Un dépotoir pour les personnes touchées par l'exclusion sociale.

Cela fait des mois qu'il y avait une affiche sur la devanture de cette maison délabrée sur laquelle on pouvait lire qu'elle était à vendre. Il semble bien que cet immeuble pourri ait été vendu. Ce matin, l'affiche À vendre a été remplacée par une autre bien plus comique: Chambres à louer, secteur tranquille, près de toutes les commodités... 

Secteur tranquille!!!

Sacrament! Ça prend un hostie de crosseur pour écrire quelque chose du genre.

C'est un immeuble insalubre. Un authentique taudis. Un coupe-gorge. Un "nique-à-feu" comme mon père l'aurait dit.

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En poursuivant ma promenade, j'ai remarqué que les feuilles avaient commencé à jaunir. Cela me rappelle que nous sommes l'automne. Et puisque nous abordons cette saison, aussi bien en profiter pour faire une bonne soupe. Je vais donc me cuisiner un borscht, une bonne soupe slave composée de betteraves, de chou, de saucisses sans gluten et de tomates...

Quand j'en suis à parler de recettes de cuisine, c'est que je dois m'arrêter d'écrire.

Tout est accompli.

Je peux abandonner ce clavier avec l'âme en paix.