jeudi 29 septembre 2016

Je suis multiculturaliste

-Paix et longue vie!
-Longue vie et prospérité!
Sagesse du salut vulcain...
Je me sens peu d'affinités avec les ultranationalistes, les patriotes revanchards, les gens qui veulent partir une énième croisade contre les musulmans, les animateurs de radios-poubelles, les xénophobes-qui-ne-sont-pas-racistes-mais, les rednecks, les cous-bleus et autres souches pourries de notre terroir.

Je suis indépendantiste parce que je suis humaniste. L'humanisme ne peut pas se conjuguer avec de grands ensembles impersonnels et des statistiques ronflantes où tout le monde est dépossédé dans l'intérêt des banquiers et de leurs serviteurs.

Cela dit, je suis tout aussi en faveur du multiculturalisme que ne peut l'être un certain Justin Trudeau. Je ne vois pas de mal à célébrer la différence et à laisser à tout un chacun la possibilité de vivre sa vie et de définir sa culture comme il l'entend, dans les limites imposées par la loi et l'attachement à des valeurs de base comme la liberté et l'égalité des sexes. Le Code criminel punit un certain nombre de délits, dont la lapidation. Il n'est pas nécessaire de greffer des lois par-dessus des lois déjà existantes. Il est même contre-productif de s'inventer des scandales en les puisant dans les journaux jaunes et autres média de bas étage.

Ma culture n'est pas québécoise. Elle est universelle. Diogène le cynique y est tout aussi vivant que La Bolduc, Louis Armstrong ou William Shakespeare. Ma culture est un work in progress. Je ne l'ai pas définie pour toujours et il s'y ajoute tous les jours de nouveaux éléments auxquels je me rattache par goût et affinités. Je ne laisse pas les ayatollahs décider ce qui est bon ou mauvais pour moi. Ni les prêtres. Ni les sociologues du Journal de Montréal. Ni les politiciens.

Défendre le crucifix, les bines au lard ou le déménagement le premier juillet m'est tout à fait indifférent.

S'attaquer aux étrangers me semble un échappatoire au vrai combat contre l'injustice sociale. Seuls des lâches peuvent s'en prendre à des naufragés ou des immigrés. D'autant plus que nous sommes tous des naufragés et des immigrés dans le contexte d'une économie disgracieuse et inhumaine qui nous traite comme des indigènes que l'on peut déposséder et piller à volonté, où que l'on se trouve sur cette misérable et pitoyable planète.

***

Je reviens souvent à Roméo et Juliette pour illustrer mon propos quant à mon refus d'accorder une préséance à l'histoire sur l'amour.

Les Montaigu et les Capulet se tapent sur la gueule depuis des années. Roméo Montaigu et Juliette Montaigu devraient se détester. L'histoire leur enseigne qu'il doit en être ainsi.

Pourtant, ils s'aiment, en dépit de l'avis et des leçons des vieux cons.

Que les vieux cons s'étouffent avec leur dentier.

Laissons Roméo et Juliette s'aimer, tout simplement.

Laissons la vie suivre son cours.

La haine ne profite qu'aux tortionnaires du genre humain.