mercredi 27 mai 2015

Les fous ont toujours raison

"Ma cause n’est ni divine ni humaine, ce n’est ni le vrai, ni le bon, ni le juste, ni le libre, c’est — le Mien ; elle n’est pas générale, mais — unique, comme je suis unique. Rien n’est, pour Moi, au-dessus de Moi !"
Max Stirner, L'Unique et sa propriété

Il n'y a que les fous qui aient toujours raison. Or, je ne suis pas fou. Du moins pas autant que j'en ai l'air. Je me trompe souvent de chemin, de stratégie ou de personne. Les fanatiques ne se trompent jamais. J'en déduis que je ne suis pas de leur confrérie et qu'il y a bien des retournements à attendre de moi, au risque de vous décevoir.

Heureusement que je ne m'acharne pas à écrire sur la politique. J'y reviens de temps à autres lorsque je sens que le risque de se tromper est moins grand que celui de ne pas s'indigner face à une injustice.

Le moteur de toutes mes actions, c'est mon coeur. C'est aussi vrai sur le plan physique que métaphysique. Le coeur me dicte tout et me fait changer de position lorsque je sens que je me range derrière des cons.

Je me sens toujours un peu mal à l'aise au sein d'un groupe, et encore plus au sein d'un parti. Je n'en ai aucune honte. J'ai sans doute trop lu L'Unique et sa propriété de l'anarchiste individualiste Max Stirner... Encore que je ne lui suis pas tout à fait fidèle. Il y a des restes de chrétienté dans mes actes et mes discours. Le Moi n'est pas si bien servi par moi-même... Pour tout dire, je suis complexe tout en étant décomplexé. Aussi bien dire que je suis ridicule.

Je soutiens certaines grandes idées, bien plus par alliance spirituelle que pour faire plaisir aux historiens ou bien aux économistes.

Je soutiens les miens, les pauvres et les déclassés. Je me bats pour le pays réel, pas pour le pays imaginaire. Le pays réel, pour moi, c'est ce qui se passe autour de moi dans un rayon de quelques kilomètres carrés. C'est mes proches, ma famille, mes amis et même mes ennemis.

Pour plusieurs, je passe pourtant pour un fanatique.

Je suis toujours là à faire circuler des pétitions, à porter des pancartes et à gueuler au bout milieu de la rue. 

Effectivement, je ne suis pas "normal". Je fais partie de la frange militante de la société, de cette minorité active qui vise la prise de parole et de pouvoir des laissés-pour-compte. 

Je ne suis pas plus normal au coeur de cette minorité active.

Je suis une tête brûlée parmi la foule, parmi les groupes, parmi le monde.

Mon hérésie consiste à refuser toute forme de pouvoir institutionnalisé.

Et, en même temps, je me refuse à me créer des ennemis.

Je pardonne tout, surtout moi-même. 

Bref, ne m'accordez jamais raison.

Faites comme si je n'adhérais à rien.