mercredi 20 mai 2015

Fuck les cliniques privées!

Il se trouve des malfrats et des charlatans dans toutes les professions, même celles qui malheureusement semblent les plus nobles. Il y a des garagistes qui ne pensent qu'à l'argent et d'autres qui se dévouent tellement à la mécanique qu'ils  ne ressentent pas le besoin de flouer leurs clients. 

Cela dit, il n'y a rien de plus vulgaire que l'argent. Ce n'est pas un crime d'en faire. C'en est un d'oublier toutes les notions relatives à la bonté, à l'honnêteté ainsi qu'à la solidarité humaine.

Quand je songe à la profession de médecin, l'image qui me vient spontanément à l'esprit n'est pas celle d'un vendeur d'élixirs du far-west prodiguant ses placebos à tous les bozos qu'il croise sur sa route.

Un médecin, pour moi, c'est Hippocrate qui fait le serment d'aider l'humanité qui souffre. C'est le bon Docteur Anton Tchekhov qui, entre deux consultations gratuites, rédige des récits pour joindre les deux bouts. C'est le Docteur Jivago qui sauve la vie de tout le monde en des temps troubles où tout un chacun s'étripe. C'est le Docteur Jacques Ferron qui pratique sa médecine dans Cartierville, le coin le plus pauvre de la province. Bref, un médecin, pour moi, c'est nécessairement un héros. Le héros que je côtoyais alors que j'étais préposé aux bénéficiaires au Centre hospitalier de l'Université Laval.

Hier, j'ai été confronté à une autre vision de la médecine puisque je devais prendre rendez-vous avec un allergologue suite à mon choc anaphylactique provoqué par une piqûre de guêpe.

J'ai appelé à la Polyclinique du Cap-de-la-Madeleine et une préposée m'a rappelé pour me référer à une clinique privée pour laquelle je devais me vider les poches alors que je paie déjà la taxe santé en plus de mes impôts et de toutes les autres taxes de sujet québécois. 

J'ai piqué une sainte colère.

-Comment pouvez-vous me référer vers le privé? Je suis un citoyen québécois et je paie pour l'universalité des soins de santé. Je veux une prestation de service public, dussé-je attendre un an, deux ans, trois cent cinquante ans!!! Vous ne pouvez pas me référer vers de la médecine de crosseurs capitalistes! Je veux le même traitement que n'importe quel pauvre ou riche du Québec devrait recevoir. De plus, je suis relativement pauvre. Je ne gagne même pas quinze dollars de l'heure. Et vous me dites d'aller consulter un allergologue en clinique privée? 

J'attends donc mon rendez-vous dans le système public, comme un Résistant, comme un Patriote. Je devrai me battre aujourd'hui pour faire reconnaître le droit à des soins de santé publics. Je devrai peut-être rédiger des lettres; agacer la Polyclinique, mon député, le Ministre de la Santé, le Chef de l'Opposition, Dieu lui-même s'il le faut...

La médecine à deux vitesses, ce n'est pas la médecine de Anton Tchékhov, ni celle de Docteur Jivago, ni celle du Docteur Jacques Ferron. C'est de la médecine de crosseurs capitalistes. C'est de la médecine de bandits qui n'en ont jamais assez, qui se foutent de votre condition sociale tout autant que de leur patrie. Ils veulent votre bien, votre cash avant tout, toujours plus de cash, ce qui leur permet, disent-ils, de devenir plus humains... Foutaises libertariennes qui transformeront le Québec en camps de réfugiés!

La médecine pour les riches , c'est la médecine du Docteur Couillard, du Docteur Barrette, du Docteur Bolduc et du Docteur Porter. De la vraie médecine de moins que rien, De la médecine qui fait honte à Hippocrate pour faire plaisir aux hypocrites. De la médecine pour paradis fiscaux.

Je veux un système de santé public et rien d'autre. 

Fuck la médecine des riches!

Fuck le capitalisme sauvage!