vendredi 1 mai 2015

Drapeau rouge



C'est aujourd'hui le Premier Mai, la Fête internationale des travailleurs et des travailleuses.

Il y a cent cinquante ans, les capitalistes trouvaient irréaliste de voir les travailleurs réclamer la semaine de ... soixante heures (!).

Ils trouvaient tout aussi utopique d'offrir l'éducation gratuite pour tous, une manière d'empêcher les compagnies de faire des profits avec les enfants de neuf ans qui travaillaient dans les mines ou bien les usines de textile, là où leur petit corps et leurs petites mains étaient nécessaires et rentables.

Évidemment, toute manifestation était illégale il y a cent cinquante ans. Les cosaques, les policiers ou bien la soldatesque fonçaient sur les manifestants avec la matraque ou le sabre. Le sang du peuple, rouge comme les drapeaux qu'il brandissait, coulait dans les rues.

À peine quelques intellectuels s'indignaient, les moutons noirs de l'élite, que l'on condamnait souvent à l'exil, à la prison ou bien à la misère pour simplement avoir brandi le drapeau rouge.

Le drapeau rouge n'est pas le drapeau de Staline qui a perverti le mouvement ouvrier en le confondant avec le despotisme de quelques-uns. C'est le drapeau de ceux qui tiraient à bout portant sur les manifestants des Champs de Mars, en France, lors de la Première République. Ce drapeau rouge signifiait que les forces de l'ordre ne feraient pas de quartiers aux manifestants. Ironiquement, les manifestants finirent par adopter ce drapeau rouge pour renvoyer le même message à ceux qui faisaient couler le sang du peuple: nous aussi, nous ne ferons pas de quartiers!

En ces jours sombres où le capitalisme sauvage résiste à la justice sociale, il n'est pas rare de voir réapparaître ces propos que l'on croyait d'une autre époque. Les capitalistes et leurs marionnettes se gaussent du mouvement syndical, du monde ouvrier, de l'éducation et des soins de santé gratuits et accessibles pour tous. Ils souhaitent rétablir la semaine de cent heures, abolir la loi du salaire minimum, augmenter l'âge de la retraite, bref détruire tous nos acquis sociaux afin de remplir les poches des crosseurs qui n'en ont jamais assez.

Le drapeau rouge et le socialisme ne sont pas totalitaires. Ils sont à la base indissociables de l'aspiration à la justice sociale ainsi qu'à la liberté pour tous. Ils témoignent des combats menés par nos frères et soeurs du monde entier pour mettre un terme à l'exploitation de l'homme par l'homme.

Des gens ont été découpés en rondelles, de l'Amérique latine à la Sainte Russie, pour avoir réclamé un monde plus juste où la pauvreté serait éradiquée.

Aujourd'hui, c'est le moment de nous rappeler leur combat pour un monde meilleur.

Aujourd'hui, c'est le moment de brandir le drapeau rouge.

Solidarité, camarades du monde entier, contre tous les despotes de la terre. Solidarité contre les sauveurs suprêmes, les dieux, les césars et les tribuns. Sauvons-nous nous-mêmes. Décrétons le salut commun pour que le voleur rende gorge, pour tirer l'esprit du cachot...