lundi 28 février 2011

Droit dans les yeux du dictateur

Les yeux ne mentent jamais. Je ne parle pas des sourcils, ni même du nez et de la bouche. Je parle des yeux, pour ceux et celles qui en ont à tout le moins.

Prenons un dictateur, n'importe lequel, et observons ses yeux. On y plonge tout de suite dans un univers de mensonges, de duperies et surtout de paranoïa aiguë. Tout y est faux, de la prunelle à l'éclat des yeux. L'âme y est sale, boueuse et sans ce génie qui fait de l'homme une créature qui aspire à la transcendance, voire à la liberté.

Maintenant, écoutons ce qui sort de sa bouche: des mots qui nous font perdre un temps fou alors qu'un simple plongeon dans son regard nous laisse décrypter toute sa fientesque «volonté de puissance» - pour reprendre l'expression de Nietzsche.

-C'est la faute des étrangers! qu'il dit, le dictateur. pour faire oublier ses yeux qui ne trompent personne. C'est la faute de l'opposition! C'est la faute des journalistes! C'est la faute de ceux et celles qui me désobéissent! C'est la faute du groupe d'alphabétisation et d'éducation populaire!

Comme il se trouve toujours des naïfs et des imbéciles incompétents, c'est avec leur aide qu'il monte et s'installe au pouvoir. Tous ces cloportes sont les premières victimes du dictateur, à l'instar des membres de sa famille immédiate. Ils n'auraient jamais porté de si belles épaulettes et de si belles médailles sans le Cheuf, avec ses yeux de hyène émasculé qui représente l'espoir de tous les idiots du pays d'accéder à un poste qui dépasse largement ce qu'une destinée normale, en des temps normaux, aurait pu leur offrir.

Aussi voit-on dans les yeux du dictateur une foule de visages informes, dépersonnalisés. Une foule essentiellement constituée de limaces et autres suceurs de cadavres refroidis.

Le monde étant ce qu'il est finit toujours par regarder ailleurs, à l'étranger par exemple.

Et les dictateurs ont fini, finissent et finiront toujours dans les caniveaux de l'histoire, avec la merde et le vomi.

Regardons dans vos yeux de citoyen normal, que vous le vouliez ou pas.

C'est bien écrit liberté et communauté, n'est-ce pas?

Ce regard bon enfant que vous avez, cet altruisme palpable, cette humilité et cette humanité qui brillent de mille feux, c'est pas de l'invention, ça. C'est du concret. Ça n'a rien à voir avec les yeux du dictateur, hein?

Et c'est ce regard qui nous anime tous, n'est-ce pas?