mardi 1 mars 2011

Om...

Fermons nos yeux un moment. Prêtons une oreille attentive aux bruits environnants. On entend, d'abord, le bruit de l'électricité. Puis celui des objets qui s'en nourrissent: réfrigérateur, tour informatique, horloge, plinthes de chauffage. On entend ensuite une automobile, une déneigeuse, un camion. Quelqu'un tousse dehors en déneigeant sa voiture. Un chat tapote avec ses papattes sur la galerie. Un clavier résonne sous la pression des doigts. Une souris clique. Même les photons de l'écran plat semblent faire un son.

Où que l'on soit, en ville, le bruit n'est jamais très loin. Le rapport de l'homme avec son milieu n'y semble qu'un simulacre de vie.

Transportons-nous maintenant en pleine forêt, loin  de tout contact avec la civilisation.

Ce que l'on croit d'abord n'être qu'un grand silence se remplit peu à peu de sons nouveaux. C'est la complainte des branches et le chant des oiseaux portés par le vent.  C'est le gargouillement de l'eau.

Le ciel, si vide en ville, s'y remplit d'étoiles à en attraper un torticolis.

Il n'y a plus de bruits d'autos. Ni de grésillements dans les fils électriques.

Le temps n'existe plus puisque rien n'indique l'époque.

Les souches pourraient être là depuis des milliers d'années. Idem pour les oiseaux. Ou les lynxs.

Tout y rappelle une certaine intemporalité, ce que les plus poètes d'entre nous appellent l'éternité ou bien l'infini.

Fermons nos yeux un moment. Ne laissons pas entrer l'électricité dans nos oreilles. Faisons comme si nous étions en pleine forêt, loin de la pagaille, de la barbarie civilisatrice et des discours creux.

Faisons comme si nous étions en plein contrôle de nos vies...

Om....