dimanche 14 janvier 2024

L'art n'a rien de banal

Troubadours urbains
Gaétan, artiste-peintre
L'art n'a rien de banal.

En soi, c'est une manière de vivre et de ressentir le monde.

Ma vision n'est parfaite que dans ce que je crée, encore plus que dans ce que je crois.

Lorsque je crée, je n'ai pas besoin de croire ni d'expliquer quoi que ce soit.

Je me laisse bercer par les ondes cosmiques et au bout d'un temps sortent de mes outils des tableaux, des textes et des musiques qui sont vraiment d'ailleurs tout en étant d'ici.

Pour mieux comprendre le processus de création, il m'a bien sûr fallu parler à des artistes. 

L'un d'entre eux, Régent Ladouceur, artiste-peintre émérite, me rappelait un jour que selon lui l'artiste capte parfois des postes, un peu comme un récepteur radiophonique. On pointe une émotion dans l'univers et voilà qu'elle se traduit en un tableau, une fresque ou bien une symphonie. 

Il m'arrive de penser que je me laisse mener par ma création. Comme si tout ce qui sortait de moi venait justement d'ailleurs, même pas de moi. Je ne suis qu'un outil pour quelque chose qui me transcende. Le temps et l'énergie que je mets ne m'appartiennent pas. Je suis sous le joug de l'art...

Il peut sembler loufoque d'établir une métaphysique du processus artistique alors que tout le monde voit bien que je ne trace que des gros nez et des gros yeux exorbités. Ça l'est sans doute un peu puisque je revendique le statut de plaisantin.

On surnommait Vieil Enfant le sage Lao Tseu.

Je ne suis pas sage mais suis certainement un vieil enfant.

Un vieux plaisantin.

Je vais donc retourner à mon art si vous le voulez bien pour y trouver ma voie et ma vertu.

Quel soulagement de m'avoir délivré encore de ces mots qui me pesaient dans la tête autour de quatre heures du matin...


samedi 13 janvier 2024

Rêver quoi qu'il advienne

 


De quoi sera fait le futur?

Je ne suis pas Cassandre et encore moins Micromégas. Je vois le monde du petit bout de ma lorgnette et ma vision du monde ne saurait être qu'incomplète compte tenu de l'immensité de l'univers.

Je sais néanmoins que le futur sera en partie tiré du présent.

Honnêtement, je ne sais plus trop à quoi m'attendre.

Je crains plus que tout la perte de la sensibilité, prélude à toutes les guerres.

Peut-être que cette époque ne roulait pas pour nous.

Peut-être que le meilleur s'en vient...

Et si c'était le pire?

Si le pire s'en vient, je devrai fermement m'accrocher à l'art pour y survivre.

Je me prépare au pire avec mes crayons, mes pinceaux et mes harmonicas.

Ce n'est pas très réaliste. Et encore moins "survivaliste".

C'est la réalité d'un type qui ne représente que lui-même.

Tout peut s'effondrer, j'entretiendrai l'illusion que l'on peut vivre et mourir debout.

Qu'on y croie, qu'on n'y croie pas, ça ne changera rien à mes précieuses illusions.

Je suis déjà le futur en somme.

J'en ferai donc ma volonté et ma représentation.

Je ne me résignerai pas à changer mes rêves pour des crapauds baveux.

Je vais rêver, quoi qu'il advienne.

vendredi 12 janvier 2024

L'éducation sentimentale est un spectacle permanent


L'éducation sentimentale n'est pas que le titre d'un roman de Gustave Flaubert. C'est même la pierre angulaire de l'éducation tout court. Un humain sans une bonne dose de sentiments n'est qu'un anthropophage en liberté. Il ne sortira rien de bon de celui qui n'est pas habité par des émotions. On nous apprend à contrôler nos émotions, sinon à les ignorer, parce qu'on ne fait pas de bons joueurs de poker ou bien de Monopoly avec des sentiments. 

Puisque ma vie ne saurait s'articuler autour du poker ou du Monopoly, je puis me permettre de rêver un monde meilleur sans chercher à laver les pauvrichons de tous leurs biens pour les foutre tout nus dans la rue. Il faut bien des perdants au Monopoly, non? 

Dans mon jeu à moi, le socialisme anti-autoritaire, bref l'humanisme, personne ne perd et tout le monde y gagne quelque chose. Dans mon jeu, le coeur est toujours tendre et disponible pour le meilleur ou le pire, sans calculs, sans ciboire de stratégie sale.

Le monde est une partie de théâtre? Il faut savoir choisir son rôle? Qui prendra celui du malabar? Ou bien du malotru? Trop de questions. Ça doit être faux. Comme le théâtre. Je veux bien faire un peu d'improvisation, mais pas au point d'avoir à faire avec le dernier des connards lorsque je me regarde dans le miroir. Je suis un peu coquet voyez-vous. J'aime bien me voir comme l'Idiot de Dostoïevski en version Mad Dog Vachon. 

Je tiens à mes sentiments, à ma bonté, à mon refus d'accepter le Mal. Bien sûr que le Mal avec une majuscule ça fera sourciller les stoïciens. Je vis avec mes émotions. Je m'éduque dans mes sentiments. Le Mal permet de distinguer le Bien. De trouver le bon. D'atteindre le bonheur, le nirvana ou l'ataraxie.

Si un tas de marde c'est kif-kif avec une cathédrale, je devrai en conclure qu'il y a de la bouse dans l'oeil de celui ou celle qui se permet une telle comparaison.

Si se comporter en étron puant est aussi méritoire que d'agir en personne sensible et bien élevée, il me sera salutaire de ne pas suivre le même chemin que ces ridicules créatures. Moins j'en verrai mieux je me sentirai. Ne jamais stagner dans les mauvaises odeurs t'évitera de trouver l'origine de tout ce qui est nauséabond. À d'autres l'exploration des excrétions d'une âme sans contenu et sans intérêt.

***

Je parle de moi à défaut de disputer autrui.

Je ne suis pas meilleur que les autres, mais je ne suis pas le plus stupide du lot non plus.

Je constate que la haine et la méchanceté prennent trop de place dans notre monde pourri.

Ce monde pourrait ne pas être corrompu par la laideur.

La Beauté, avec ou sans majuscule, pourrait y triompher.

Ma manière pour y arriver est discutable.

Je prétends créer de la Beauté...

Quel clown je suis!

Tout ce que je crée est une tentative plus ou moins réussie de rendre ce monde meilleur.

Sinon plus drôle.

Je suis en représentation permanente, en effet.

Le spectacle n'arrêtera jamais.

Et ce n'est même pas du théâtre.

Et je ne tiens même pas un rôle.

Je suis tel que je suis et plus encore.

Un plaisantin ou un philosophe?

Un plaisantin.

Merci beaucoup.

mardi 9 janvier 2024

Reprise de mes travaux épistolaires et artistiques

Directement de mon atelier en ce jour d'hui.

Un lecteur avisé, M. Denis Rheault pour les intimes, m'a fait l'honneur d'une épître virtuelle dans laquelle il me racontait des trucs susceptibles de flatter ma vanité. Il prétendait s'ennuyer de mon blog, que je n'alimentais à peu près plus depuis la pandémie provoquée par la COVID-19. À mon corps défendant, je n'ai jamais cessé d'écrire, même si j'ai fait des quarts de travail de plus de 50 heures, en pleine crise sanitaire, en tant que préposé aux bénéficiaires puis coordonnateur aux soins et services de santé. J'ai écrit même si tout me conviait à ne plus jamais rien dire tellement j'en voyais trop...

J'ai tout bonnement choisi le plus mauvais créneau qui soit pendant pratiquement cinq ans. Bref, j'ai perdu mon temps sur Facebook. 

Les textes publiés sur ce blog ont nettement plus de chance de me survivre que toutes mes rinçures parues sur Facebook. Facebook, c'est facile et on te répond sur-le-champ. Tu n'as pas à attendre qu'un lecteur avisé vienne te faire un compliment par cinq ans pour te donner du jus. Facebook t'offre une clique de gens avec qui ça clique pour plusieurs raisons, bonnes ou mauvaises. Sont-ce les algorithmes ou le hasard des passions qui déterminent cette multitude de nouveaux contacts qui te ressemblent? Comment l'ours solitaire que je suis a pu se faire 395 amis? Et pourquoi?

Il aura fallu que je gosse pendant des jours pour retrouver mes mots de passe pour que toute l'absurdité de ma présence sur Facebook me revienne en pleine gueule. Je n'ai toujours pas retrouvé mes comptes. Et je me demande comment et pourquoi je vais y revenir.

Bien sûr que j'ai découvert et redécouvert des personnes formidables sur les réseaux sociaux. Bien sûr que j'y reviendrai sous une autre forme, avec plus de retenue et moins de contenu. Le contenu ce sera pour le blog, d'ici à ce que je me dote d'un site Internet digne de ce nom.

J'avais développé, dans mon adulescence, une productive amertume contre les amitiés faciles et superficielles. Je préférais la compagnie d'une seule personne à celle d'une foule. En groupe, je me sentais mal à l'aise, à moins de monter sur scène. Bref, j'étais et suis encore plutôt bizarre. Taciturne et excité. Athée et croyant. Posé et explosif. L'eau change d'état selon la chaleur. Et je suis comme l'eau voyez-vous.

***

Cela dit, je suis en pleine production artistique. À vrai dire, je suis en spectacle permanent. Parfois c'est l'artiste-peintre. L'instant d'après l'écrivain prend le relais. Puis l'harmoniciste, le chansonnier, le gratteux de guitare. Je suis tout cela en même temps. L'art forme un tout duquel je tire la force de continuer à combattre l'ennui. Rien ne m'ennuie et ne me pèse si j'ai des projets, des rêves, des concepts à rendre vivants. Je n'ai pas le temps pour le désespoir et le cynisme puisque j'attribue cela à la mort tant de l'esprit que du coeur.

Je continue d'écrire, de dessiner, de danser comme St-Guy et de n'avoir aucun filtre pour les imbécillités de la vie quotidienne, au travail ou bien ailleurs.

jeudi 4 janvier 2024

NOUVELLE TOILE: JOUR DE L'AN 1972

 

Je débute la nouvelle année en vous présentant ce qui traînait dans les souvenirs que j'ai du jour de l'an 1972.

D'aucuns s'y reconnaîtront. Dont  mes trois frères Christian, Serge et Mario. 

Le joueur d'harmonica, c'est mon oncle Fernand. Derrière lui, il y a mon cousin Serge Bouchard qui revient de Lachine pour visiter Conrad.

Je me suis représenté devant, à quatre ans. au premier plan. La marraine de ma mère, tante Mira, est derrière moi. Son mari, oncle Armand, porte la fourchette à sa bouche. Devant oncle Armand, ma tante Madeleine se fait tirer la manche par sa fille Marie-Claude. Mon oncle Rémi tient la main de ma grand-mère au bout de la table. Je l'ai connue éternellement triste et déprimée. Mon frère aîné savoure un beignet derrière elle. Mes cousines et cousins circulent au travers des adultes attablés. 

Il neige devant le 856 de la rue Cloutier à Trois-Rivières. Ça jase fort dans le salon...

Ça boit du Kik ou de la 50.


mardi 12 décembre 2023

C'est l'histoire de ma vie...


Écrire n'est pas tant un plaisir qu'un devoir de mémoire et de résistance face à notre propre annihilation. Je serai dissous dans le plus inconcevable néant à la fin de mon histoire. En attendant, je me permets de raconter la vie, la mienne, voire la vôtre, avec plus ou moins de réussite.

L'attente est longue. Il faut se nourrir, se loger, se vêtir, s'entretenir, s'entraîner, se soulever, se maintenir plus ou moins debout. Il faut supporter l'insupportable et renoncer à l'idée de tout voir comme un noeud gordien à trancher en vers ou en alexandrins.

Il me faut aussi m'oublier pour mieux servir autrui. Je ne fais pas que dans la mémoire, les lettres et la dentelle. Je plonge mes mains dans le vivant plusieurs fois par jour en exerçant mon métier de préposé aux bénéficiaires, le plus beau métier du monde si tout est pour se foutre en l'air. 

Plus le monde ira mal, plus je me ferai un point d'honneur de garder le moral, le rire et la tendresse envers autrui. Je suis trop têtu et trop orgueilleux avec l'histoire de ma vie pour la laisser se contaminer par de petites existences lâches et calomnieuses. Quels que soient les accrocs que j'aie pu faire avec la vérité je m'efforce encore de vivre dans sa lumière. 

Les événements heureux et malheureux se succèdent. Parfois, nous sommes seuls. Et d'autres fois, des mains se portent à notre secours.

Des mains m'ont secourues. J'ai tendu mes mains vers d'autres mains à secourir. Et nous sommes tous et toutes demeurés humains, humaines ou macaques.

***

Les dernières années m'ont tenu à l'écart de ce blog. Ce que je vivais était devenu trop intense pour en faire de la littérature. J'étais au front sanitaire, en première ligne, et je me démenais comme un diable dans l'eau bénite. J'ai pourtant bu le calice jusqu'à la lie. Et force m'est d'admettre que je dois poursuivre ma vie parallèle d'artiste pour sublimer les vicissitudes de mon boulot.

Je vous donne rendez-vous ici, aussi régulièrement que possible.

J'ai fermé mon compte Twitter depuis que cela s'appelle X.

Mon compte Facebook devient plus ou moins moribond par dépit.

Ici, je suis plutôt seul, parmi des tas d'inconnus, sans trop de commentaires, et cela devrait m'inciter à me concentrer sur le contenu plutôt que sur la présentation...

Ce blog n'est pas ouvert à tous et toutes pour les commentaires. Je n'en ai rien à cirer des polémiques de Ducon-Lajoie sur l'avortement ou bien sur la nation, les fers à friser, la danse du jour ou la déclaration de tel député.

Ce blog n'est pas un dépotoir. 

Il y a des réseaux sociaux pour ça.

Merci beaucoup.

 



lundi 11 décembre 2023

La partie de hockey / Nouvelle toile

 L'usine est repartie et voici ce que j'ai fabriqué: une partie de hockey. C'est une histoire puisée à la source de mes souvenirs. Et cela se passe quelque part au Parc des Pins, aux Trois-Rivières, dans les années '70...



vendredi 1 décembre 2023

Je reviens vous chercher...

 Ce blog était pratiquement au point mort. Des commentaires plutôt élogieux d'anciens lecteurs et d'anciennes lectrices de ce blog m'incitent à y revenir. Qui sait? Peut-être que je fais oeuvre utile pour quelques personnes qui se réjouissent de mes sensations fortes exprimées si crument... Quoi qu'il en soit j'ai trop perdu de temps sur Facebook. 

Je suis près à revendre mon âmes aux enchères du clic même si je ne clique pas du tout avec les groupes et les institutions. Je fais de mon mieux avec le naufrage de notre humanité. J'essais de récupérer sur la plage les débris de notre âme collective totalement rincée par le spleen et le désabusement. Je flotte par-delà le nihilisme ambiant en produisant autant de niaiseries que je peux pour meubler le vide de mon univers triste et sclérosé par le désespoir. 

Je jubile même lorsque personne n'entend à rire et renâcle que tout est fini. Parce que je ne suis pas encore une vieille galoche qui se sent nostalgique des pipis en groupe dans le vestiaire du gymnase. Je crois en aujourd'hui. Carpe diem comme disait l'autre. Une carpe par jour éloigne le médecin pour toujours... Enfin, comme dirait ma défunte mère: "j'me comprends". 

Je vais donc revenir à mes anciennes amours au lieu de me perdre dans le Méta-univers de Faceshit.

Évidemment, je ne laisserai pas n'importe qui commenter tout de travers. Pas parce que je crains la critique. Mais parce que je fuis la compagnie des imbéciles. 

J'ai cessé de publier pour le HuffPost parce que j'étais saturé de ces commentaires nuls à chier qui t'enlèvent le goût d'écrire quoi que ce soit. Est-ce que j'écris vraiment pour deux ou trois ploucs qui sont en croisade contre l'avortement et qui me suivent comme si j'étais l'archange de Mal sur la Terre? Non. Je peux contrôler ma zone commentaires. Le HuffPost n'offrait pas ça.

Donc, si je me fous de vos commentaires, vous pouvez bien m'en vouloir. Je m'en fous.

Je ne suis pas un pays ou bien une institution.

Je suis un humain.

Et me faire chier cela ne fait pas partie de mes passe-temps.

Voilà pour la forme et la formule.

À bientôt.

lundi 3 avril 2023

Trois ans de COVID-19...

 3 avril 2023. Je n'ai rien écrit sur mon blog depuis des lustres. Je suis au front sanitaire voyez-vous. Au front depuis 2018. J'écris moins. Je dessine moins. Je peins moins. Je soigne plus. Je travaille plus. Et ce n'est pas parce que je suis un "workoholic", loin de là, C'est plutôt parce que j'accomplis quelque chose comme mon devoir, aussi stupide que cela puisse paraître. Je suis présent parce qu'il y a trop d'absents...

Je me permets d'écrire ce matin puisque je suis en pause forcée pour cause de nez qui coule.

Un nez qui coule, dans le milieu de la Santé, c'est encore un arrêt de travail forcé avec un test PCR pour savoir si l'on a contracté la satanée COVID-19 ou l'un de ses avatars.

J'écris en attendant de me faire rentrer des écouvillons dans les narines par une équipe d'intervention du CIUSSS de ma région.

D'ici à ce que j'obtienne les résultats, ce soir, je vais rester peinard chez-moi.

Si c'est positif, je vais rester chez-moi en quarantaine pour 10 jours selon la Santé publique.

Sinon, hop au boulot à survivre à la pénurie de main d'oeuvre et autres surcharges de travail dues ou indues...

Des amas de papiers à remplir m'attendent parce que je dois me démener le cul sur le plancher pour que les soins soient donnés en dépit des isolements préventifs. 

Ma blonde est à terre. Le staff est fatigué. Et moi je suis techniquement K.O. ce matin avec mon nez qui coule un peu mais pas trop...

SVP ne dites pas que nous, les préposé.e.s aux bénéficiaires, sommes des anges.

Nous sommes des aide-soignants et des aide-soignantes, Nous ne sommes pas des objets de fantasme pour conférer l'illusion qu'il y a de l'ordre dans l'univers ou dans la Santé publique.

Sur ce, je vais retourner à mon silence involontaire.

Je n'ai pas le temps de nourrir ce blog, vous vous en rendez bien compte n'est-ce pas?

Vous étiez parfois 3000 personnes à me lire par jour en 2016.

Maintenant, vous êtes peut-être 3 ou 4...

Je m'excuse de vous faire perdre votre temps avec mes "rinçures" (Rimbaud...).

Bye.