Par les longs soirs d'hiver, quand le frimas fait péter les clous au grenier, il est toujours bienvenue de se promener jusqu'au bout du cinquième rang pour y retrouver Ti-Polo Marcouiller dans son nuage de fumée et d'alcool distillé.
-Entrez! Entrez! qu'il crie lorsque l'on arrive à la porte. Dégréez-vous! Enlevez vos bottes, vos capines, vos capots pis vos mitaines! Prenez-vous un verre de cardio... La bouteille est sur la table... Pis à côté d'la bouteille, c'est du fromage de lait cru vieilli cinq ans pis baigné dans du Porto...
Ti-Polo Marcouiller est l'une des rares personnes qui pratique avec autant de zèle les lois de l'hospitalité. De nos jours, il est des endroits où l'on hésite encore à t'offrir un simple verre d'eau. Ce n'est pas la manière qu'a adoptée Ti-Polo.
Ce petit bonhomme de cinq pieds six pouces se démène pour vous offrir toutes sortes de merveilles qui lui tombent sous la main, pour le plaisir de partager le plaisir.
Pour rajouter un peu de crédit à cette particularité, il lui arrive aussi de parler beaucoup.
C'est une source intarissable d'anecdotes, toutes entremêlés et souvent inextricables.
J'en tiens pour témoin sa sempiternelle histoire à propos de son beau-frère, Joseph Lefebvre, affectueusement surnommé Paquet Lefebvre. Pourquoi Paquet?
-Faudrait le d'mander à ma soeur! que nous répond invariablement Ti-Polo.
Évidemment, il en est arrivé une et encore une autre à ce Paquet Lefebvre et ce serait trop long que de tout vous raconter, d'autant plus que Ti-Polo ne prend jamais de notes. Il te sort ça comme des ectoplasmes. Et c'est à l'interlocuteur de faire le tri dans tout ce flot d'aventures plus ou moins augmentées pour soutenir un certain fil narratif.
-Mon beau-frère Paquet Lefebvre c'est un hostie d'malade! Un jour il s'en va aux toilettes dans un resto pis y'a un vieux monsieur qui s'approche de lui pendant qu'i' pisse dans l'urinoir... Comme le chemin est étroit, le vieux dit à Paquet Lefebvre que c'est pas large pour passer pis i' s'installe à côté de Paquet pour pisser. Paquet pense que le vieux a dit que'que chose comme est-ce que tu vends du stock? Ça fait que Paquet lui répond.
-Moé j'vends pas mais mon chum qui m'attend dans l'char en vend...
Arrivé dehors, Paquet se rappelle que le vieux a plutôt dit que c'était pas large pour passer... Charland, le gars qui attendait Paquet dans son char, le voit r'venir tout souriant. I' riait, pis maudit qu'i' riait encore.
-Qu'osse que t'as à rire de même Paquet? lui demande Charland.
-Y'a un vieux qui est venu pisser à côté d'moé pis j'lui ai dit que t'avais du stock à vendre, ha! ha!
Le vieux en question était un agent de la SQ. Sa voiture de patrouille était stationnée devant le resto, à trente pieds du char de Charland.
Charland et Paquet comprirent intuitivement qu'ils étaient dans le pétrin lorsqu'ils virent le vieux sortir du resto pour regagner son auto-patrouille.
Ça fait que Paquet Lefebvre dit à Charland de jeter tout son stock, juste de la feuille en plus, pis i' s'en va voir le vieux monsieur de la SQ qui baisse la vitre de son char.
-Excusez m'sieur! lui dit Paquet. Tantôt, j'ai pas dit que mon chum vendait du stock dans son char, j'ai dit qu'à Woodstock la musique jouait trop fort!
Le vieux monsieur n'a rien dit. Il est parti tout simplement sans se retourner. Il n'avait pas que ça à faire, entendre les conneries d'un niaiseux.
Paquet et Charland ont récupéré leur stock. L'histoire ne dit pas ce qui s'est passé ensuite. Ti-Polo Marcouiller est parti sur une autre envolée lyrique à propos des violons du temps de Stradivarius. Bon, on l'a écouté une autre demie heure comme il faut avant que de poursuivre la visite paroissiale du vendredi soir jusqu'au village où un orchestre allait jouer un hommage au groupe CCR.
lundi 28 janvier 2013
dimanche 27 janvier 2013
Aphorisme (mot compliqué qui nécessite la consultation d'un dictionnaire)
Trouver un sens à sa vie passe nécessairement par une observation de l'infiniment grand. Je ne renie pas la curiosité à pratiquer pour l'étude de l'infiniment petit. J'envisage que tout se dissous dans l'infiniment grand.
Tous nos problèmes deviennent petits, mesquins et prétentieux quand on regarde les astres, les nébuleuses et les trous noirs.
Qu'est-ce qu'une jambe, du jambon ou bien un pays quand on sait que nous faisons partie d'une encore plus grande aventure? Pourquoi la haine, la violence et l'avidité quand il y a des milliards d'étoiles?
Je ne prétends pas avoir trouver l'idée du siècle. Ça non. Autrement je n'aurais rien écrit du genre et je ferais semblant d'être inspiré par Dieu. Je ne suis qu'une créature qui n'est pas tout à fait le centre de la Création. Je pourrais tout aussi bien me trouver dans un coin, ça et là dans le monde intemporel. Je n'en sais fichtre rien. Tout ce que je sais c'est que le mystère des espaces infinis m'attire autant qu'il effrayait Pascal, un auteur bien plus ennuyeux que François Rabelais.
Où veux-je en venir?
À rien. J'essaie de produire des aphorismes potables. Je me perds en digressions pour noyer le cosmos dans ma logorrhée. Je suis un indécrottable esthète des arts et des lettres. À peine un philosophe.
Je ne suis qu'un oeil rivé sur l'immensité.
Je ne suis qu'un humain, comme vous et moi. Et bientôt, qu'on le veuille ou pas, nous serons morts, chacun d'entre nous. Nous serons ailleurs ou rien du tout. Je n'ai pas le dernier mot là-dessus. Le département des vérités éternelles vous le trouverez chez d'autres cinglés que moi.
***
On a beau dire, on finit toujours par revenir à nos petites affaires parce que l'homme n'est qu'un petit mammifère, à peine plus gros qu'un écureuil. Il doit s'acheter des vêtements parce qu'il n'est pas assez poilu.
Il doit manger, emmagasiner, résister aux intempéries, aux politiciens et autres promoteurs véreux.
***
Les riches n'insultent jamais les pauvres. Ils engagent de pauvres crétins pour le faire à leur place.
Vous pouvez utiliser cette maxime si vous dites qu'elle est de moi. Mais je n'y tiens pas tant que ça. J'ai d'autres choses à faire.
***
Un menteur qui est tenu pour menteur par tout le monde n'est pas un menteur mais un vrai niaiseux.
***
Les menteurs clignent des yeux quand ils mentent et s'ils se font prendre ils ne se mettent qu'à parler d'eux-mêmes à la troisième personne du singulier.
***
Je ne savais pas trop quoi écrire ce matin. Je demande à ma blonde de me trouver un sujet, comme ça, pour faire démarrer ma boîte à poux. Il fait tout de même -20 Celsius ce matin et les idées ne viennent pas toujours toutes seules. Elle me répond calmement d'écrire que mon pénis chante vive le vent. Je ne savais pas comment placer ça dans mon billet matutinal. Maintenant que c'est fait, je me sens dégagé d'un défi qui relie le comique au monde cosmique.
***
Ma blonde contemplait la photo d'une nébuleuse sur son portable. Et là je me suis mis à penser au cosmos puis à Star Trek, Dieu et les Vulcains. J'ai trouvé quelques maximes que j'aurais pu nettoyer un peu avant que de vous les présenter. Ce n'est pas mon fort la propreté. Le fignolé. Le figé. Le Botox littéraire. Nenon. J'écris comme je marche. Et c'est tout mon truc. Toute ma technique. Sans droits d'hauteur.
Vive l'infini et bonne journée.
Tous nos problèmes deviennent petits, mesquins et prétentieux quand on regarde les astres, les nébuleuses et les trous noirs.
Qu'est-ce qu'une jambe, du jambon ou bien un pays quand on sait que nous faisons partie d'une encore plus grande aventure? Pourquoi la haine, la violence et l'avidité quand il y a des milliards d'étoiles?
Je ne prétends pas avoir trouver l'idée du siècle. Ça non. Autrement je n'aurais rien écrit du genre et je ferais semblant d'être inspiré par Dieu. Je ne suis qu'une créature qui n'est pas tout à fait le centre de la Création. Je pourrais tout aussi bien me trouver dans un coin, ça et là dans le monde intemporel. Je n'en sais fichtre rien. Tout ce que je sais c'est que le mystère des espaces infinis m'attire autant qu'il effrayait Pascal, un auteur bien plus ennuyeux que François Rabelais.
Où veux-je en venir?
À rien. J'essaie de produire des aphorismes potables. Je me perds en digressions pour noyer le cosmos dans ma logorrhée. Je suis un indécrottable esthète des arts et des lettres. À peine un philosophe.
Je ne suis qu'un oeil rivé sur l'immensité.
Je ne suis qu'un humain, comme vous et moi. Et bientôt, qu'on le veuille ou pas, nous serons morts, chacun d'entre nous. Nous serons ailleurs ou rien du tout. Je n'ai pas le dernier mot là-dessus. Le département des vérités éternelles vous le trouverez chez d'autres cinglés que moi.
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On a beau dire, on finit toujours par revenir à nos petites affaires parce que l'homme n'est qu'un petit mammifère, à peine plus gros qu'un écureuil. Il doit s'acheter des vêtements parce qu'il n'est pas assez poilu.
Il doit manger, emmagasiner, résister aux intempéries, aux politiciens et autres promoteurs véreux.
***
Les riches n'insultent jamais les pauvres. Ils engagent de pauvres crétins pour le faire à leur place.
Vous pouvez utiliser cette maxime si vous dites qu'elle est de moi. Mais je n'y tiens pas tant que ça. J'ai d'autres choses à faire.
***
Un menteur qui est tenu pour menteur par tout le monde n'est pas un menteur mais un vrai niaiseux.
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Les menteurs clignent des yeux quand ils mentent et s'ils se font prendre ils ne se mettent qu'à parler d'eux-mêmes à la troisième personne du singulier.
***
Je ne savais pas trop quoi écrire ce matin. Je demande à ma blonde de me trouver un sujet, comme ça, pour faire démarrer ma boîte à poux. Il fait tout de même -20 Celsius ce matin et les idées ne viennent pas toujours toutes seules. Elle me répond calmement d'écrire que mon pénis chante vive le vent. Je ne savais pas comment placer ça dans mon billet matutinal. Maintenant que c'est fait, je me sens dégagé d'un défi qui relie le comique au monde cosmique.
***
Ma blonde contemplait la photo d'une nébuleuse sur son portable. Et là je me suis mis à penser au cosmos puis à Star Trek, Dieu et les Vulcains. J'ai trouvé quelques maximes que j'aurais pu nettoyer un peu avant que de vous les présenter. Ce n'est pas mon fort la propreté. Le fignolé. Le figé. Le Botox littéraire. Nenon. J'écris comme je marche. Et c'est tout mon truc. Toute ma technique. Sans droits d'hauteur.
Vive l'infini et bonne journée.
vendredi 25 janvier 2013
Bravo Monsieur le Maire!
Il était une fois le maire d'un petit village très pittoresque qui s'élevait au-dessus de la mer, dans l'estuaire du grand fleuve Magtogoek.
Il avait des cheveux mais il se rasait la barbe et affichait un menton glabre. Peut-être qu'il avait même des défauts. Mais l'essentiel, c'est qu'il avait du coeur.
On le surnommait Concombre de mer, histoire de faire un jeu de mots avec le maire qui entendait bien à rire.
-Vous autres mes torrieux! Arf! Arf! J'va's vous en faire un concombre de maire!!! qu'il riait de bon coeur parce qu'il était tout de même mieux payé que la plupart de ces persifleurs pas trop méchants somme toute.
Il avait aussi une cicatrice sur le pied gauche, ce maire. Il avait chuté avec une bouteille de bière à la Saint-Jean-Baptiste de l'année 1982. Il lui était resté cette marque d'environ un pouce et demi de longueur. Pas grand' chose. À peine de quoi vous en parler.
Tout le monde l'aimait bien dans son village, à part deux ou trois crosseurs comme il s'en trouve toujours et d'autres qui se rappellaient de la Saint-Jean-Baptiste de 1982.
Un jour, une compagnie pétrolière arriva dans le village pour forer n'importe où n'importe comment, au risque de s'attaquer aux réserves d'eau potable de tout un chacun sans crier gare.
-Ho minute! qu'il a dit ce maire. Me semble qu'on n's'était pas entendus comme ça!!!
Alors ce sacré concombre de maire fit voter une loi municipale pour protéger l'eau potable de ses concitoyens. La compagnie pétrolière quitta les lieux. Et le village demeura toujours aussi pittoresque et l'eau toujours aussi bonne au goût.
Ce qui fait qu'il devint un genre de héros même si je ne me rappelle plus son nom.
Je me rappelle cependant du nom d'un maire moins illustre que je ne nommerai pas, par lassitude, et aussi par goût de vivre ma vie selon un certain idéal de beauté sans subir l'emprise de la boue.
Ce maire est ignoble et c'est plutôt du genre concombre de marais.
Tout se transforme en béton sous son oeil un peu snappé.
Tous ces projets sont fous, démesurés et stoppés au milieu de nulle part comme si nous étions à quelques minutes de la finale du film Zorba le Grec, quand tout s'écroule, avant la danse de Zorba.
Son pont n'est pas fini.
Son Royaume de Walt Disney en stucco ne lève pas fort.
Il a construit toutes sortes de niaiseries en plus de s'être foutu de toute forme d'exercice démocratique.
Ce petit despote de village ne se fait pas applaudir par ses concitoyens et peut-être qu'il s'en sacre. Après lui le déluge. Nous ne sommes que des minables de ne pas comprendre qu'il sait tout, cet hostie de mongol.
Ça lui permet de faire traiter les eaux usées de l'industrie du gaz de schiste dans le réseau public et de les renvoyer dans le fleuve en deux temps trois mouvements.
Tout le monde sait en ce village que c'est un hostie de cave. Tout le monde sait ça. Même l'élite du village, quelques petits baveux de la polyvalente qui se sont rencontrés pendant la fête de la Saint-Jean-Baptiste, en 1983.
Ce maire-là ne se fera pas réélire cette année. À moins que ce village ne soit vraiment rempli que de vrais et authentiques niaiseux.
Il avait des cheveux mais il se rasait la barbe et affichait un menton glabre. Peut-être qu'il avait même des défauts. Mais l'essentiel, c'est qu'il avait du coeur.
On le surnommait Concombre de mer, histoire de faire un jeu de mots avec le maire qui entendait bien à rire.
-Vous autres mes torrieux! Arf! Arf! J'va's vous en faire un concombre de maire!!! qu'il riait de bon coeur parce qu'il était tout de même mieux payé que la plupart de ces persifleurs pas trop méchants somme toute.
Il avait aussi une cicatrice sur le pied gauche, ce maire. Il avait chuté avec une bouteille de bière à la Saint-Jean-Baptiste de l'année 1982. Il lui était resté cette marque d'environ un pouce et demi de longueur. Pas grand' chose. À peine de quoi vous en parler.
Tout le monde l'aimait bien dans son village, à part deux ou trois crosseurs comme il s'en trouve toujours et d'autres qui se rappellaient de la Saint-Jean-Baptiste de 1982.
Un jour, une compagnie pétrolière arriva dans le village pour forer n'importe où n'importe comment, au risque de s'attaquer aux réserves d'eau potable de tout un chacun sans crier gare.
-Ho minute! qu'il a dit ce maire. Me semble qu'on n's'était pas entendus comme ça!!!
Alors ce sacré concombre de maire fit voter une loi municipale pour protéger l'eau potable de ses concitoyens. La compagnie pétrolière quitta les lieux. Et le village demeura toujours aussi pittoresque et l'eau toujours aussi bonne au goût.
Ce qui fait qu'il devint un genre de héros même si je ne me rappelle plus son nom.
Je me rappelle cependant du nom d'un maire moins illustre que je ne nommerai pas, par lassitude, et aussi par goût de vivre ma vie selon un certain idéal de beauté sans subir l'emprise de la boue.
Ce maire est ignoble et c'est plutôt du genre concombre de marais.
Tout se transforme en béton sous son oeil un peu snappé.
Tous ces projets sont fous, démesurés et stoppés au milieu de nulle part comme si nous étions à quelques minutes de la finale du film Zorba le Grec, quand tout s'écroule, avant la danse de Zorba.
Son pont n'est pas fini.
Son Royaume de Walt Disney en stucco ne lève pas fort.
Il a construit toutes sortes de niaiseries en plus de s'être foutu de toute forme d'exercice démocratique.
Ce petit despote de village ne se fait pas applaudir par ses concitoyens et peut-être qu'il s'en sacre. Après lui le déluge. Nous ne sommes que des minables de ne pas comprendre qu'il sait tout, cet hostie de mongol.
Ça lui permet de faire traiter les eaux usées de l'industrie du gaz de schiste dans le réseau public et de les renvoyer dans le fleuve en deux temps trois mouvements.
Tout le monde sait en ce village que c'est un hostie de cave. Tout le monde sait ça. Même l'élite du village, quelques petits baveux de la polyvalente qui se sont rencontrés pendant la fête de la Saint-Jean-Baptiste, en 1983.
Ce maire-là ne se fera pas réélire cette année. À moins que ce village ne soit vraiment rempli que de vrais et authentiques niaiseux.
jeudi 24 janvier 2013
L'aventure c'est l'hiver
Il fait -26 Celsius ce matin à Trois-Rivières. Cela tourne autour de -35 C avec le facteur de refroidissement éolien.
Comme nous sommes faits forts, personne ne va se plaindre.
Il y a toujours du beau soleil quand il fait froid.
Ceux qui ne sont pas contents devraient foutre le camp d'ici et cesser de nous chiffonner les oreilles avec ces pays chauds où les autochtones n'ont pas le droit d'approcher les plages et les touristes gros, gras et mous du cerveau.
Mon pays n'est pas fait pour les lopettes.
Et c'est tant mieux.
Sur ce, je m'en vais me déguiser en cosmonaute pour me réjouir de vivre en un lieu où les seules aventures extrêmes sont météorologiques.
Comme nous sommes faits forts, personne ne va se plaindre.
Il y a toujours du beau soleil quand il fait froid.
Ceux qui ne sont pas contents devraient foutre le camp d'ici et cesser de nous chiffonner les oreilles avec ces pays chauds où les autochtones n'ont pas le droit d'approcher les plages et les touristes gros, gras et mous du cerveau.
Mon pays n'est pas fait pour les lopettes.
Et c'est tant mieux.
Sur ce, je m'en vais me déguiser en cosmonaute pour me réjouir de vivre en un lieu où les seules aventures extrêmes sont météorologiques.
mercredi 23 janvier 2013
Jimmy Pagé
Mon clavier fait des free-games. Heureusement. J'ai failli radoter encore quelque chose à propos du Journal d'un écrivain de Dostoïevski. Il y entremêle de la politique, souvent conservatrice, avec de la littérature, souvent humaniste. C'était sans doute un être tourmenté. Et ce tourment est transcendé parfois par l'art. Et parfois non. Il sombre aussi dans l'abîme et les bas-fonds.
Je ne radoterai pas longtemps. Le clavier est rétabli. Mais le temps s'est écoulé. Il ne me reste que quatre minutes pour laisser une trace sur le ouèbe, histoire de marquer mon territoire.
C'est donc l'histoire d'un gars qui s'appelait Jimmy Pagé. Tout le monde l'appelait évidemment Jimmy Page, même s'il ne lui ressemblait pas du tout.
Moi, je l'appelais Jimmy Pagé. Parce que j'avais l'impression que ça lui tapait sur le système de se faire surnommer Jimmy Page.
Quant à lui, il ne disait jamais rien. Il se faisait lancer toutes sortes de boulettes de papier et de trognons de pomme par-dessus la tête, Jimmy Page. C'est vrai qu'il en lançait lui aussi. De sorte qu'on ne savait pas qui avait commencé, même s'ils s'en prenaient à vingt contre un, le un étant Jimmy Page bien entendu.
Jimmy Pagé travaille maintenant dans une pharmacie. Il n'est pas pharmacien. On ne sait pas trop ce qu'il fait là. Peut-être qu'il est assistant-gérant ou bien qu'il porte les mêmes vêtements que les autres employés pour se fondre dans la masse.
Il a toujours de grandes dents et un front haut, Jimmy Pagé. Et pas de cheveux. Pas un poil sur le caillou. Rien.
La plupart du monde l'appelle maintenant Jimmy Pagé parce que plus personne ne sait qui c'est Jimmy Page.
Je ne radoterai pas longtemps. Le clavier est rétabli. Mais le temps s'est écoulé. Il ne me reste que quatre minutes pour laisser une trace sur le ouèbe, histoire de marquer mon territoire.
C'est donc l'histoire d'un gars qui s'appelait Jimmy Pagé. Tout le monde l'appelait évidemment Jimmy Page, même s'il ne lui ressemblait pas du tout.
Moi, je l'appelais Jimmy Pagé. Parce que j'avais l'impression que ça lui tapait sur le système de se faire surnommer Jimmy Page.
Quant à lui, il ne disait jamais rien. Il se faisait lancer toutes sortes de boulettes de papier et de trognons de pomme par-dessus la tête, Jimmy Page. C'est vrai qu'il en lançait lui aussi. De sorte qu'on ne savait pas qui avait commencé, même s'ils s'en prenaient à vingt contre un, le un étant Jimmy Page bien entendu.
Jimmy Pagé travaille maintenant dans une pharmacie. Il n'est pas pharmacien. On ne sait pas trop ce qu'il fait là. Peut-être qu'il est assistant-gérant ou bien qu'il porte les mêmes vêtements que les autres employés pour se fondre dans la masse.
Il a toujours de grandes dents et un front haut, Jimmy Pagé. Et pas de cheveux. Pas un poil sur le caillou. Rien.
La plupart du monde l'appelle maintenant Jimmy Pagé parce que plus personne ne sait qui c'est Jimmy Page.
mardi 22 janvier 2013
De la neige dure comme de la glace
La neige avait fondue, gelée, refondue et regelée. Elle était maintenant dure comme de la glace et pas trop glissante. Il n'était plus nécessaire de s'écarquiller les jambes sur des raquettes.
On pouvait marcher sur la neige sans s'enfoncer jusqu'aux genoux. Et ça y allait par tous les sentiers. Un lac gelé par moins vingt Celsius. Un ciel dégagé et sans nuages. Du soleil froid. Des arbres recouverts de frimas d'une jauneur immaculée comme dans un rêve.
Un petit chalet au bout d'un sentier. Puis un autre bout de chemin.
Le gars avait l'air pas mal content et il faisait peu de commentaires.
Cela s'est passé à la télé, à un poste de chasse et pêche américain. L'émission était en anglais mais le gars ne disait rien. Il ne faisait que marcher d'un chalet à l'autre, sans raquettes, parce que la neige était dure comme de la glace.
On pouvait marcher sur la neige sans s'enfoncer jusqu'aux genoux. Et ça y allait par tous les sentiers. Un lac gelé par moins vingt Celsius. Un ciel dégagé et sans nuages. Du soleil froid. Des arbres recouverts de frimas d'une jauneur immaculée comme dans un rêve.
Un petit chalet au bout d'un sentier. Puis un autre bout de chemin.
Le gars avait l'air pas mal content et il faisait peu de commentaires.
Cela s'est passé à la télé, à un poste de chasse et pêche américain. L'émission était en anglais mais le gars ne disait rien. Il ne faisait que marcher d'un chalet à l'autre, sans raquettes, parce que la neige était dure comme de la glace.
lundi 21 janvier 2013
No Man's Land?
Une certaine manière d'envisager la politique s'est grandement affaissée l'an dernier. On voudrait nous faire accroire que la rue ce n'est rien. Et pourtant, le monde change rapidement en ce moment, sans que les politiciens professionnels ne l'aient vraiment vu venir. Le monde change rapidement quand tout le monde est dans la rue.
En 2012, le Québec a vécu au rythme des plus grosses manifestations de son histoire. Les manifestations étudiantes ont débordé en manifestations contre la corruption. J'ai entendu crier des trucs sur la rue des Forges à faire défriser un Premier ministre. Et, comme défaite, il en a eu toute une.
En ce moment, la politique québécoise semble se passer dans un no man's land. On sait qu'une gauche édulcorée est au parlement et que la rue est carrément à gauche de la gauche.
La droite va s'effondrer, ici comme ailleurs, parce que nous ne sommes plus au dix-neuvième siècle. Leurs vieux trucs ne trompent plus personne. Ils semblent aussi passionnants que des collectionneurs de timbres. Ils vous inventent des lois du marché pour vous faire marcher dans la boue jusqu'aux genoux, spoliés de votre terre, de votre pays.
C'est la rue qui, encore une fois, offre le meilleur spectacle. Le spectacle d'hommes et de femmes libres qui ne veulent pas se faire baiser par une poignée de requins rapaces qui profitent de la mollesse des gouvernements.
Si c'est profitable pour eux, pourquoi pas pour nous? Se poser la question c'est y répondre. L'entreprise privée doit être dissociée du domaine de la santé, des ressources naturelles, de l'eau, du logement et de tout le reste que j'oublie.
Nous sommes un pays riche peuplé de pauvres qui ne savent pas qu'ils sont les seuls et uniques propriétaires de ce pays.
Nous pouvons faire beaucoup mieux tous ensemble.
Ce pays-là, comme le chantait Woody Guthrie, c'est notre pays pour moé pis toé.
En 2012, le Québec a vécu au rythme des plus grosses manifestations de son histoire. Les manifestations étudiantes ont débordé en manifestations contre la corruption. J'ai entendu crier des trucs sur la rue des Forges à faire défriser un Premier ministre. Et, comme défaite, il en a eu toute une.
En ce moment, la politique québécoise semble se passer dans un no man's land. On sait qu'une gauche édulcorée est au parlement et que la rue est carrément à gauche de la gauche.
La droite va s'effondrer, ici comme ailleurs, parce que nous ne sommes plus au dix-neuvième siècle. Leurs vieux trucs ne trompent plus personne. Ils semblent aussi passionnants que des collectionneurs de timbres. Ils vous inventent des lois du marché pour vous faire marcher dans la boue jusqu'aux genoux, spoliés de votre terre, de votre pays.
C'est la rue qui, encore une fois, offre le meilleur spectacle. Le spectacle d'hommes et de femmes libres qui ne veulent pas se faire baiser par une poignée de requins rapaces qui profitent de la mollesse des gouvernements.
Si c'est profitable pour eux, pourquoi pas pour nous? Se poser la question c'est y répondre. L'entreprise privée doit être dissociée du domaine de la santé, des ressources naturelles, de l'eau, du logement et de tout le reste que j'oublie.
Nous sommes un pays riche peuplé de pauvres qui ne savent pas qu'ils sont les seuls et uniques propriétaires de ce pays.
Nous pouvons faire beaucoup mieux tous ensemble.
Ce pays-là, comme le chantait Woody Guthrie, c'est notre pays pour moé pis toé.
samedi 19 janvier 2013
Mes origines autochtones
Je suis un Indien au sens de la Loi sur les Indiens de par feue ma grand-mère Adrienne Létourneau. Adrienne était Anishnabée. Elle est née sur la réserve Mohawk d'Akwesasné. Mon grand-père Éloi l'a mariée après la mort de sa première femme. Un mariage probablement arrangé par l'Église. Ce pauvre veuf père de six enfants s'est vu offrir une vieille fille, ma grand-mère Adrienne en l'occurrence. Et il l'a ramenée à Sainte-Luce-sur-Mer puis Sayabec pour lui faire au moins douze autres enfant, dont mon père, Conrad, l'aîné du deuxième lit comme on dit. Cette grand-mère que je n'ai jamais connue, parce qu'elle est morte dix ans avant ma naissance, était une sainte aux yeux de mon père. Elle a en vu de toutes les couleurs.
Mon père ne m'a transmis que des bribes de leur histoire. Leur grande pauvreté ne se racontait pas. Il nous la laissait deviner.
Il ne nous a jamais dit que sa mère était Indienne. Élevé par l'Église, mon père voulait nous faire accroire dur comme fer que nous étions des Bouchard de la Normandie. C'était sans doute pour nous protéger. Sans doute pour ne pas passer pour des Sauvages... À Rome, on fait comme chez les Romains. En Allemagne, on fait comme chez les Allemands. Et mieux vaut ne pas être un Sauvage ou bien un Tzigane dans tous les cas.
On a fini par découvrir que nous étions des Indiens. Je devais avoir dix-huit ans. Tout nous ramenait vers ça, tant du côté paternel que maternel.
Mes grands-parents Rodolphe et Valéda, du côté maternel, sont des descendants des déportés de l'Acadie. On a des liens non seulement avec Zachary Richard, mais aussi avec les Micmacs.
Et je n'ai pas besoin de déballer mes cartes d'identité et mes baptistères pour révéler ce que je suis.
C'est évident que je suis un Métis, comme la plupart des Québécois dits de souche qui l'ignorent encore. Il est probable que l'on ait naturalisé des tas d'Indiens avec des baptistères qui effaçaient toute référence à l'Indien.
Les chercheurs laissent parfois entendre que la côte Est de l'Île de la Tortue aurait pu être abordée par des tribus européennes qui longèrent la banquise au cours de la dernière période glaciaire. Ces tribus se seraient mélangées avec d'autres tribus d'origine asiatique. Et voilà pourquoi certains Autochtones auraient l'air de Tintin. Hollywood a contribué à vendre l'image du Sioux comme seule représentation des traits physiques de l'Indien. L'histoire des aborigènes est beaucoup moins homogène qu'elle ne le semble. Elle est complexe et trop mâtinée d'histoire, justement. Elle est, somme toute, caricaturale.
Qu'est-ce qu'une ceinture fléchée? On la voit comme un symbole vestimentaire du Québécois dit de souche. Et vous savez quoi? C'est surtout un symbole vestimentaire autochtone et métis...
La majorité des Québécois sont des Métis qui s'ignorent.
J'ai surmonté cette ignorance. Je me suis renseigné sur cette partie occultée de ma propre histoire. J'ai spontanément adhéré à la philosophie de mes ancêtres autochtones, par esprit de compensation. J'ai vécu vingt ans comme un Blanc de type vaguement nietzschéen. Je vivrai le reste de ma vie comme un vrai humain, c'est-à-dire comme un Indien.
Vous savez que les Indiens s'appellent tous vrais humains entre eux? Anishnabé veut dire vrai humain. Inuit veut dire vrai humain. Innu veut dire vrai humain. Iyéyou veut dire vrai humain... Et c'est pareil pour les tribus d'Amérique du Sud...
Par ailleurs, aucun lieu ne porte un nom humain chez les Sauvages. On disait le lac des éperviers, la rivière aux renards, mais jamais le Lac Bouchard ou bien la Rivière Saint-Maurice.
Voilà où j'en suis avec cette sagesse retrouvée.
J'ai encore beaucoup à apprendre.
Et beaucoup de luttes à soutenir.
Idle no more mes amis!
Mon père ne m'a transmis que des bribes de leur histoire. Leur grande pauvreté ne se racontait pas. Il nous la laissait deviner.
Il ne nous a jamais dit que sa mère était Indienne. Élevé par l'Église, mon père voulait nous faire accroire dur comme fer que nous étions des Bouchard de la Normandie. C'était sans doute pour nous protéger. Sans doute pour ne pas passer pour des Sauvages... À Rome, on fait comme chez les Romains. En Allemagne, on fait comme chez les Allemands. Et mieux vaut ne pas être un Sauvage ou bien un Tzigane dans tous les cas.
On a fini par découvrir que nous étions des Indiens. Je devais avoir dix-huit ans. Tout nous ramenait vers ça, tant du côté paternel que maternel.
Mes grands-parents Rodolphe et Valéda, du côté maternel, sont des descendants des déportés de l'Acadie. On a des liens non seulement avec Zachary Richard, mais aussi avec les Micmacs.
Et je n'ai pas besoin de déballer mes cartes d'identité et mes baptistères pour révéler ce que je suis.
C'est évident que je suis un Métis, comme la plupart des Québécois dits de souche qui l'ignorent encore. Il est probable que l'on ait naturalisé des tas d'Indiens avec des baptistères qui effaçaient toute référence à l'Indien.
Les chercheurs laissent parfois entendre que la côte Est de l'Île de la Tortue aurait pu être abordée par des tribus européennes qui longèrent la banquise au cours de la dernière période glaciaire. Ces tribus se seraient mélangées avec d'autres tribus d'origine asiatique. Et voilà pourquoi certains Autochtones auraient l'air de Tintin. Hollywood a contribué à vendre l'image du Sioux comme seule représentation des traits physiques de l'Indien. L'histoire des aborigènes est beaucoup moins homogène qu'elle ne le semble. Elle est complexe et trop mâtinée d'histoire, justement. Elle est, somme toute, caricaturale.
Qu'est-ce qu'une ceinture fléchée? On la voit comme un symbole vestimentaire du Québécois dit de souche. Et vous savez quoi? C'est surtout un symbole vestimentaire autochtone et métis...
La majorité des Québécois sont des Métis qui s'ignorent.
J'ai surmonté cette ignorance. Je me suis renseigné sur cette partie occultée de ma propre histoire. J'ai spontanément adhéré à la philosophie de mes ancêtres autochtones, par esprit de compensation. J'ai vécu vingt ans comme un Blanc de type vaguement nietzschéen. Je vivrai le reste de ma vie comme un vrai humain, c'est-à-dire comme un Indien.
Vous savez que les Indiens s'appellent tous vrais humains entre eux? Anishnabé veut dire vrai humain. Inuit veut dire vrai humain. Innu veut dire vrai humain. Iyéyou veut dire vrai humain... Et c'est pareil pour les tribus d'Amérique du Sud...
Par ailleurs, aucun lieu ne porte un nom humain chez les Sauvages. On disait le lac des éperviers, la rivière aux renards, mais jamais le Lac Bouchard ou bien la Rivière Saint-Maurice.
Voilà où j'en suis avec cette sagesse retrouvée.
J'ai encore beaucoup à apprendre.
Et beaucoup de luttes à soutenir.
Idle no more mes amis!
vendredi 18 janvier 2013
Fleury Mesplet, l'Imprimeur des Libertés
Je viens de terminer la lecture d'un roman historique: L'Imprimeur des Libertés Fleury Mesplet (1734-1794)... Le titre est un peu maladroit et l'écriture plus didactique que romanesque. Par contre, je m'en voudrais de ne pas souligner le remarquable travail d'historien effectué par ses deux auteurs, Jean-Paul de Lagrave et Jacques G. Ruelland. Ils m'ont permis de découvrir un grand bonhomme de notre histoire.
Le père et le grand-père de Fleury Mesplet étaient eux-mêmes imprimeurs en France, où débutent les péripéties de notre héros. Ils ont été tués sous l'ordre du Roi pour avoir diffusé des pamphlets et oeuvres interdites. L'Église et sa bande de troufignons bénits n'étaient pas loin derrière pour promouvoir le fanatisme, la censure et l'intolérance.
Fleury Mesplet poursuivit son chemin en tant qu'imprimeur de la liberté. Il échappa de peu à la mort en s'enfuyant vers Londres avec son épouse, incarcérée dans un couvent sous l'ordre de son père, un noble qui désapprouvait ce mariage avec un roturier. Le frère de son épouse, un certain Mirabeau qui deviendra plus tard l'un des pères de la Révolution française, aidera Fleury a délivré son épouse du couvent dans une opération digne des Trois mousquetaires.
Fleury rencontra Benjamin Franklin et Thomas Paine à Londres. Ils lui proposèrent de s'établir au Nouveau-Monde alors que la soupe devenait encore trop chaude pour Mesplet en Angleterre.
L'agitation règne dans les colonies britanniques et on charge Fleury Mesplet de diffuser les appels à la liberté du Congrès américain auprès des francophones. On l'envoie à Montréal avec Benjamin Franklin. Les forces britanniques sont coincées à Québec. Les colons francophones adhèrent spontanément à la cause de l'indépendance.
Malheureusement, la couronne britannique n'entend pas se laisser faire. Elle envoie dix milles soldats pour mater la lutte pour la liberté. Fleury Mesplet est arrêté. Puis libéré.
Il continue d'exercer son métier d'imprimeur tant bien que mal. Il publie le premier journal français d'Amérique: La Gazette littéraire de Montréal. Le clergé lui en veut de profiter du couvert de la littérature pour diffuser l'esprit du siècle des Lumières.
Je ne vous raconterai pas tout le roman. Je vous dirai seulement que sa femme a été assassinée. Et lui aussi, quelques années plus tard. Sa deuxième femme, suite à la mort de Fleury, se recycla dans l'enseignement. Elle devint la préceptrice d'un certain... Louis-Joseph Papineau.
On ne connaît rien de notre histoire... Juste pour ça, je vous recommande de lire L'Imprimeur des Libertés.
Le père et le grand-père de Fleury Mesplet étaient eux-mêmes imprimeurs en France, où débutent les péripéties de notre héros. Ils ont été tués sous l'ordre du Roi pour avoir diffusé des pamphlets et oeuvres interdites. L'Église et sa bande de troufignons bénits n'étaient pas loin derrière pour promouvoir le fanatisme, la censure et l'intolérance.
Fleury Mesplet poursuivit son chemin en tant qu'imprimeur de la liberté. Il échappa de peu à la mort en s'enfuyant vers Londres avec son épouse, incarcérée dans un couvent sous l'ordre de son père, un noble qui désapprouvait ce mariage avec un roturier. Le frère de son épouse, un certain Mirabeau qui deviendra plus tard l'un des pères de la Révolution française, aidera Fleury a délivré son épouse du couvent dans une opération digne des Trois mousquetaires.
Fleury rencontra Benjamin Franklin et Thomas Paine à Londres. Ils lui proposèrent de s'établir au Nouveau-Monde alors que la soupe devenait encore trop chaude pour Mesplet en Angleterre.
L'agitation règne dans les colonies britanniques et on charge Fleury Mesplet de diffuser les appels à la liberté du Congrès américain auprès des francophones. On l'envoie à Montréal avec Benjamin Franklin. Les forces britanniques sont coincées à Québec. Les colons francophones adhèrent spontanément à la cause de l'indépendance.
Malheureusement, la couronne britannique n'entend pas se laisser faire. Elle envoie dix milles soldats pour mater la lutte pour la liberté. Fleury Mesplet est arrêté. Puis libéré.
Il continue d'exercer son métier d'imprimeur tant bien que mal. Il publie le premier journal français d'Amérique: La Gazette littéraire de Montréal. Le clergé lui en veut de profiter du couvert de la littérature pour diffuser l'esprit du siècle des Lumières.
Je ne vous raconterai pas tout le roman. Je vous dirai seulement que sa femme a été assassinée. Et lui aussi, quelques années plus tard. Sa deuxième femme, suite à la mort de Fleury, se recycla dans l'enseignement. Elle devint la préceptrice d'un certain... Louis-Joseph Papineau.
On ne connaît rien de notre histoire... Juste pour ça, je vous recommande de lire L'Imprimeur des Libertés.
mercredi 16 janvier 2013
Vive Wabanaki libre!
Certains domaines de l'activité humaine doivent échapper au contrôle de l'Argent afin de préserver l'homme de la tentation de rabaisser son activité à celle d'un larbin automate.
L'éducation, la santé et le logement devraient, à mon sens, être soustraits du contrôle de l'Argent. Ce sont des besoins essentiels. Jouer avec ça coûte beaucoup plus cher que d'assurer à tout un chacun un minimum vital qui pourrait empêcher de péter un plomb, par exemple. La pauvreté coûte bien plus cher à la société que l'égalité. Si les riches ne sont pas contents, ils n'iront qu'à aller voir Poutine en Russie, pardieu!
Quand se pose la question de savoir comment on pourra se payer tout ça, il n'y a qu'à couper dans les dépenses, en mettant fin à la valse des enveloppes brunes qui se promènent d'un parti à l'autre, ce qui se traduit aussi par un énorme trou dans les fonds publics.
On pourrait aussi songer à augmenter les revenus tout en réduisant les impôts. Si l'on nationalisait tout ce qui s'extraie de notre sol, y compris l'eau potable, on serait gras dur. Au lieu de se faire vider les poches par des compagnies subventionnées par des fonds publics, on investirait dans notre avenir collectif pour ramasser de l'Argent, s'il en faut encore, ou bien pour produire d'encore meilleurs films.
On recevrait un chèque tous les mois au lieu des factures. Un revenu de citoyen garanti. Une répartition équitable des profits issus d'Hydro-Québec, Loto-Québec, Pétro-Québec, Or-Québec, Agro-Québec, Etc.-Québec. Notre dû en tant que citoyens d'un pays qui serait un peu plus libre que les autres.
Tout est possible. Suffit que de se relever les manches. Et de convaincre nos voisins américains de faire la même chose d'un océan à l'autre pour ne pas les avoir dans le cul comme ils ont fait avec Allende au Chili...
Vive Wabanaki libre!
L'éducation, la santé et le logement devraient, à mon sens, être soustraits du contrôle de l'Argent. Ce sont des besoins essentiels. Jouer avec ça coûte beaucoup plus cher que d'assurer à tout un chacun un minimum vital qui pourrait empêcher de péter un plomb, par exemple. La pauvreté coûte bien plus cher à la société que l'égalité. Si les riches ne sont pas contents, ils n'iront qu'à aller voir Poutine en Russie, pardieu!
Quand se pose la question de savoir comment on pourra se payer tout ça, il n'y a qu'à couper dans les dépenses, en mettant fin à la valse des enveloppes brunes qui se promènent d'un parti à l'autre, ce qui se traduit aussi par un énorme trou dans les fonds publics.
On pourrait aussi songer à augmenter les revenus tout en réduisant les impôts. Si l'on nationalisait tout ce qui s'extraie de notre sol, y compris l'eau potable, on serait gras dur. Au lieu de se faire vider les poches par des compagnies subventionnées par des fonds publics, on investirait dans notre avenir collectif pour ramasser de l'Argent, s'il en faut encore, ou bien pour produire d'encore meilleurs films.
On recevrait un chèque tous les mois au lieu des factures. Un revenu de citoyen garanti. Une répartition équitable des profits issus d'Hydro-Québec, Loto-Québec, Pétro-Québec, Or-Québec, Agro-Québec, Etc.-Québec. Notre dû en tant que citoyens d'un pays qui serait un peu plus libre que les autres.
Tout est possible. Suffit que de se relever les manches. Et de convaincre nos voisins américains de faire la même chose d'un océan à l'autre pour ne pas les avoir dans le cul comme ils ont fait avec Allende au Chili...
Vive Wabanaki libre!
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