samedi 10 octobre 2009

Yes we can!

Le maire Yves Lévesque ne mérite plus la confiance des citoyens de Trois-Rivières.

Il a prouvé à plusieurs reprises qu'il n'était que le maire de ceux qui pensent comme lui. Il n'a jamais été et ne sera jamais le maire de tous les Trifluviens.

Il a fait preuve de mépris envers les lois et les institutions qu'il est sensé représenter.

Si la ville tient un registre et que le quorum est atteint pour un référendum, on s'attend à ce que l'institution fonctionne normalement et que le référendum ait lieu. À moins que la magouille et la démocrasserie ne soient tellement généralisées qu'il n'est plus nécessaire pour personne de se déplacer pour signer quelque registre que ce soit, surtout à Trois-Rivières, qui semble devenir un no man's land au plan juridique.

Ici, comme en Absurdistan, on se fout des contraventions, des registres, des pétitions, des référendums et de la commission des droits de la personne!

On se fait des fêtes sans établir de budget, un chèque en blanc pour un 375e anniversaire qui prend des allures de cirque où le soleil ne luit manifestement pas pour les contribuables.

Néron contemple ses jeux et il s'émeut pour sa ville, sa belle ville qu'il voit bien plus belle dans ses rêves, avec de belles avenues tiens, et moins de malpropres aux idées subversives, puisque Néron aime autant tâter de la lyre que de l'idéologie.

Il n'y aura pas de dépassement de coûts pour les fêtes de César, c'est bien simple, puisqu'il n'y a pas de budget, ni de référendum, ni quoi que ce soit qui ressemble à une mesure de contrôle. L'État, c'est Lui... Comme pour Duplessis, sa règle c'est «toé, tais-toé!»

À Trois-Rivières, sous le règne de Yves Lévesque 1er, tout se fait dans l'ombre, sans transparence, sans démocratie.

Nous pouvons changer les choses à Trois-Rivières et ce changement se passera par la tête.

Nous avons besoin d'un maire qui soit vraiment le maire de tout le monde et non pas le maire de quelques-uns.

Je voterai pour André Carle, le 1er novembre prochain. Et je souhaite pour ma ville natale que tous ceux et celles qui ne votent jamais se déplacent en grand nombre pour du changement à l'hôtel de ville de Trois-Rivières.

Si les Américains ont pu se débarrasser de Bush, nous pouvons faire la même chose avec Yves Lévesque. Et croyez-moi, ça ne sera pas trop difficile si l'on s'y met tous ensemble, avec Facebook, l'Internet et toute l'armada technologique qui a facilité la victoire de Barack Obama.

À vos claviers, Trifluviens! Et aux urnes ensuite!

Yes we can!

vendredi 9 octobre 2009

Gerald Laroche The Harmonica Master


L'un des meilleurs harmonicistes au monde, avec Zellers et qui d'autres, hein? Il est méconnu. Il ne le sera pas longtemps.

Je suis tombé sur une cassette 4 pistes de lui. C'était il y a dix ans. Le titre? Gerald Laroche The Harmonica Master. Je l'ai passée à un ami qui l'a perdue. Pas grave. En trente secondes, j'ai trouvé un extrait sur You Tube puis son site officiel.

Comme quoi You Tube n'est pas l'ennemi mortel des artistes. Il m'a permis de le retrouver et de lui faire vendre des tas de disques. Il le mérite, tiens. C'est un sacré joueur de ruine-babines.


Des fois, quand je joue de l'harmonica, je me dis que c'est ça que j'aurais dû faire dans la vie au lieu de perdre mon temps à écrire toutes sortes de trucs qui ne valent pas un bon jam bien ressenti...

Assez de jérémiades.

Place à Gerald Laroche The Harmonica Master.

***

Pour les plus sérieux, je vous propose cette pièce classique d'harmonica...

Et celle-ci, tiens.

Ou bien... celle-là. Little Walter... Dur de passer à côté.

mercredi 7 octobre 2009

Dix milles dollars...


S'ils avaient obtenu ce prêt de dix milles dollars, jamais ces parents n'auraient commis ce pacte de suicide qui s'est transformé en homicide pour leurs trois pauvres enfants. Ces parents n'étaient pas des monstres, selon la mère qui a survécu à tout ça et qui doit maintenant affronter la justice, notre justice.

Il leur fallait juste dix milles dollars... Ils n'étaient pas des monstres? Ils avaient perdu leur emploi et ils n'arriveraient plus à payer la maison, l'auto, l'aspirateur et l'écran plat. Qu'ont-ils fait? Ils ont plongé le couteau dans le corps de leurs enfants puis ont retourné la lame vers eux. Une autre belle preuve que le matérialisme brut est une voie sans issue.

Dix milles dollars... C'est le prix de la vie pour les imbéciles. C'est une raison suffisante pour tuer ses propres enfants, la seule richesse de ces parents qui, selon la mère accusée, n'étaient pas des monstres...

Selon moi et selon notre justice, fort heureusement, ils étaient des monstres! C'est encore bien que l'on puisse s'offusquer un tant soit peu d'une telle saloperie...

Vous avez perdu votre emploi? Il vous manque dix milles dollars? Fuck it. Faites autre chose. Faites faillite. Envoyez chier vos créanciers, quels qu'ils soient. Changez de ville, de province, de pays. Habillez-vous dans les friperies. Travaillez au noir. Empruntez des disques à la bibliothèque, c'est gratuit. Apprenez l'anglais. Confiez vos enfants à la crèche. Faites une manif devant le bureau du maire ou du député. Déchirez vos cartes de crédit. Faites du jogging, de la marche ou du vélo. Il s'en vend des pas cher. On peut même en trouver le jour des vidanges...

Ils n'auraient jamais songé à mettre fin à leurs jours et à ceux de leurs enfants s'ils avaient eu ce prêt de dix milles dollars... Quelle bêtise!

Les problèmes d'argent ne sont pas de vrais problèmes. Nous vivons sur un jeu de Monopoly. On n'a qu'à passer à Go deux ou trois tours sans réclamer ses deux cents dollars et ensuite on peut se remettre à jouer, à acheter des maisons, des hôtels, des piscines et des écrans plats. Et si le jeu nous est refusé, eh bien on joue à autre chose. Il y a plein de jeux: le parchési, la balle molle, le football, le marxisme-léninisme, n'importe quoi sauf tuer ses propres enfants et se suicider ensuite.

Je sais que tout ce que j'écris là n'empêchera pas un meurtre de plus de se commettre, même si je me donne l'illusion de pouvoir guérir ma société avec des mots qui ne sont lus que par une poignée de lecteurs et lectrices qui, j'en suis convaincu, ne songeraient jamais à zigouiller leur progéniture pour un prêt de dix milles dollars qu'ils n'auraient pas reçu.

Ces dix milles dollars représente pour moi toute la profonde débilité de notre civilisation axée sur le fric et l'acquisition de biens dérisoires.

L'esprit est menacé plus que jamais par le matérialisme brut. Pas étonnant qu'il y en ait qui perdre l'esprit et devienne des monstres.

Reposez en paix, pauvres enfants...

Fuck l'argent!

mardi 6 octobre 2009

Crosseurs

Crosseurs.

Permis d'en saigner


Les permis d'enseigner c'est de la crotte. La pédagogie, de la fiente. Les théories sur l'enseignement, de la grosse calice de marde.

Prenons Jean-Jacques Rousseau, le promeneur solitaire, à qui l'on doit Émile, un traité sur l'enseignement qui n'a pas manqué d'inspirer les prêtres de la pédagogie, cette science inexacte qui ne convient qu'aux abrutis et aux cuistres.

Jean-Jacques Rousseau a tabarnaké ses propres enfants à la crèche pour mieux se concentrer sur ses théories sur l'enseignement qui devrait être prodigué aux enfants....

L'homme naît bon mais la société le corrompt... Hostie de mongol, Rousseau, croyez-moi.

Donc, on devrait acheter ça, nous les niaiseux de citoyens. Acheter le fait que l'enseignement repose sur des putains de théories débiles à la Jean-Jacques Rousseau, Engels et compagnie, d'où l'obligation d'avoir un baccalauréat en éducation pour enseigner au secondaire, à quelques exceptions près. L'exception devrait devenir la règle, l'air serait moins vicié à l'école.

Friedrich Engels, puisque j'en parle, croyait dur comme fer que les enfants devaient être élevés par l'État. Pour lui, les parents c'était du caca. On devrait leur retirer tous leurs rejetons et les élever en commun, dans la Sainte Doctrine ou la pédagogie...

***

Le meilleur prof que j'aie connu, Alexis Klimov, n'avait pas de doctorat, à la différence de plusieurs de ses confrères. Pourtant, jamais je n'avais vu quelqu'un se démener autant pour transmettre le goût du savoir et l'envie de la beauté.

Évidemment, il se moquait de Rousseau et Engels.

Il n'aurait pas pu enseigner au primaire. Il n'avait pas de permis... Et, de nos jours, il ne pourrait pas enseigner à l'université non plus: il n'avait pas de maîtrise. Fuck! C'était le meilleur. Le meilleur!

Et il faudrait se soucier de ces imbéciles qui décident de ce qui est nécessaire pour leurs foutues normes de crétins qui sortent leurs grandes phrases vides pour envoyer tous les enfants à la crèche à 7$?

Fuck. Ne me parlez pas de l'enseignement. Ça me met en tabarnak.

Des tas d'analphabètes et d'incultes enseignent tandis que nos rues sont pleines de types qui feraient une meilleure job que tous ces nuls. Le permis d'en saigner c'est comme un permis de chasse. Hostie que ça ne pardonne pas. Qu'est-ce qu'on ne leur foutra pas dans la tête, aux kids...

***

La meilleure personne qui soit pour enseigner le français, c'est celle qui l'écrit le mieux. Est-ce que j'ai tort?

Sans doute. Puisque ce sont ceux qui l'écrivent le plus mal qui souvent l'enseignent...

Il y a des tas de chômeurs instruits. Pourquoi perdre son temps avec des diplômés pas très instruits qui font une faute par phrase?

Il fût un temps où l'on obtenait son diplôme comme l'on trouve un gadget dans une boîte de Cracker Jack. Ce n'est pas pour rien que les viaducs bâtis il y a quarante ans ont des défauts majeurs de construction...

***

Cela dit, je suis disponible pour enseigner le français, la langue que je connais le mieux, et que j'aime assez pour la saupoudrer de quelques mots bien crus, histoire de ne pas en faire une langue morte parlée seulement par des nabots intellectuels qui veulent envoyer tous les enfants à la crèche, saint-crèche!

Je vais vous enseigner ça le français, au deux tiers du prix s'il le faut, histoire de bénéficier de deux mois de vacances par année moi aussi.

***

Un peu de musique ferait du bien après tant d'assertions.

lundi 5 octobre 2009

Des livres

Je lis des tas de livres ces temps-ci, comme toujours.

Je lis rarement un livre à la fois. C'est une vilaine habitude que j'ai acquise à force d'acquérir une redoutable technique de lecture rapide qui m'apparente presque au Rat de bibliothèque, un personnage de la série télévisée Batman. Une série que je suivais religieusement du temps de mon enfance et dont je me contrefous de nos jours.

Je soupçonne que le décor tout de couleurs primaires séduisait mes yeux de daltonien. Batman, c'était tout en rouge, en bleu et en jaune. Comme dans la bande dessinée quoi, du temps où les procédés d'impression en polychrome des imprimeurs n'étaient pas tout à fait au point.

Le Rat de bibliothèque était mon personnage préféré... En anglais, il s'appelait The Bookworm. Il pouvait lire des livres en déchiffrant les caractères du bout des doigts, comme s'il lisait en Braille. Je n'arrivais pas à l'imiter mais j'y mettais toute mon âme: j'allais tout lire, tout, rapidement, parce que je voyais bien que je n'y arriverais pas à bout autrement.

Bon, où veux-je bien en venir?

Ah oui. Aux livres que je suis en train de lire dont je vous reparlerai un jour ou l'autre pour vous emmerder.

Je ne m'explique pas plus pour le moment. Juste un survol.

Je termine de lire La conjuration des imbéciles (Confederacy of Dunces) de John Kennedy Toole. J'y reviendrai prochainement. C'est un des livres les plus déjantés qu'il m'ait été donné de lire et, franchement, la traduction n'est pas dégueulasse pour une fois.

J'ai une pile de Balzac près de moi. La Comédie humaine dans une édition superbe pour bibliophiles. (Éditions Rencontres, Genève, 1967). Je n'ai jamais été capable de trouver de l'intérêt à lire Balzac et le Diable sait que j'ai essayé. Peau de chagrin, c'est tout ce que j'ai retenu de Balzac. Le Père Goriot et compagnie, pas moyen. Je regarde ma pile et de temps à autres je jette un coup d'oeil. Au bout d'un paragraphe je décroche. Je ne sais pas pourquoi.

Par contre, Léon Bloy, qui peut parfois se montrer imbuvable, m'accompagne encore. Après Le désespéré, j'en suis rendu à lire La femme pauvre.

Y'a plein d'autres livres, tiens, mais je dois aller ouvrir la porte.

Désolé. Pas le temps d'en rajouter.

dimanche 4 octobre 2009

YOUPPI C'EST SOLDI!


C'est dimanche. Le jour de Dieu. Le dieu de la partie de baseball qui ne veut pas finir: dix manches et toujours pas de vainqueur...

Aujourd'hui, c'est le jour du Soleil pour les Anglais: sunday. C'est moins dévot, plus païen et par cela même plus naturel.

Aujourd'hui, pourquoi pas soldi, tiens, le jour du soleil. Comme demain ce sera lundi, le jour de la lune, monday the moon day... Mardi le jour de Mars et mercredi le jour de Mercure, mercuredi. Jeudi le jour de Jupiter, jovemdi. Et vendredi le jour où pour boire il faut vendre...

Di, dans lundi, c'est pour jour comme dans day qui vient de di, dies, jour, fa dièse et toutes ces fadaises latines encore bien utiles pour créer de nouveaux mots.

En vieux français on disait di pour dire jour. Donc, les Anglais parlent en vieux français, tout ça à cause de Guillaume le Bâtard, un Normand qui a imposé le français à la cour d'Angleterre en accédant au trône. Day c'est di mal prononcé par un Anglais.

Soldi, jour du soleil ou bien jour des soldes, c'est moins rude pour la gorge que grmwqotshdzz ou bloblopeditorlamoppe, par exemple, qui pourrait aussi vouloir dire soldi, mettons, si on y mettait un peu moins de mauvaise foi et un peu plus de bon coeur dans l'étymologie. Pourquoi faut-il toujours se casser les couilles avec la langue, hein?

En toute honnêteté intellectuelle, je ne crois en aucun des dieux dont l'humain se régale avec une ferveur qui m'effraie beaucoup plus qu'elle ne m'intrigue. On tient à bien peu de choses si l'on peut perdre l'esprit au premier abracadabra venu. Brrr... La religion, ça m'a toujours fait froid dans le dos. Comme la mère de Carrie dans le film tiré du roman de Stephen King.

Toute cette digression m'amène vers le devoir de philosophie de mon frère Christian, parue aujourd'hui dans Le Devoir. Il s'en prend au cours d'éthique et culture religieuse, une autre manière de faire un pas en avant et deux en arrière. Je partage son point de vue, c'est bien évident. Allez lire ça. Bravo l'aîné!

C'est soldi, le jour du soleil, qu'on se le tienne pour dit.

Iro. J'ai dit.


PS: Iro ça veut dire j'ai dit en... iroquois. Les Iroquois finissaient toujours leur discours par cette affirmation, iro, d'où le mot iroquois. Ils disent toujours iro, quoi... Que c'est passionnant le parchési et l'étymologie!

Musique.

vendredi 2 octobre 2009

Histoire du gars qui se calissait de toutte


C'est l'homme le plus simple du monde. Il vit au jour le jour. Il y a des jours plus faciles que d'autres et quand c'est difficile, généralement, il se la ferme, avale sa pilule, et se dit que demain ce sera mieux.

Est-ce un con?

Je ne dirais pas ça. J'en connais qui dépriment et qui ne lui arrivent pas à la cheville.

Il faut dire qu'il a bon coeur, Guy, l'homme le plus simple du monde, qui ressemble à un Gaulois, tiens, avec des moustaches blondes qui tombent de chaque côté de ses lèvres. Un grand Gaulois de six pieds trois pouces. Pas achalé par personne. Qui fait sa petite affaire et «se calisse de toutte» comme il dit souvent. Il est heureux avec sa femme, ses enfants, sa famille et se calisse du reste.

Je me suis déjà essayé de parler avec lui de politique. Pas moyen.

-Hein? La politique? Toutte des crosseurs.

-Tous?

-Ouin! Toutte. En tous 'es cas toutte c'qu'i' veulent c'est l'argent dans nos poches!

Guy le Gaulois continuait son ménage dans ce centre commercial par lequel je transitais tous les jours sur mon heure de dîner. Nous nous sommes habitués à nous voir puis, polis comme nous sommes, nous finîmes par nous parler tous les jours, tiens.

-Moé, d'ajouter Guy le Gaulois, j'me calisse de toutte.

-Ah ben moé 'ssi hostie. En autant qu'on m'laisse respirer saint-chrême! E'l'monde est viré fou. Ça stresse tellement que ça en devient vert.

-Moé, de rajouter Guy, j'm'en fais avec rien. Aujourd'hui c'est aujourd'hui pis demain c'est demain pis moé, ben, j'me calisse de toutte. Ça va ben même quand ça va mal.

-Ah oui?

-Ben oui! Voyons don'! E'l'monde braille pour rien cibouère! Ça a un doigt croche pis ça s'fait faire d'la chirurgie plasticine comme e'l'tabarnak 'ien qu'parce qu'c'est des hosties de zoukayes qui s'en font pour rien! J'ai des doigts croches moé tou pis j'me calisse de toutte! De toutte! Curé, député, boss, cibouère, tout l'monde chie à 'a même place pis tout l'monde va finir avec la tête dans l'trou des chiottes, populaire ou pas, riche ou ben don' pauvre, toutte la calice de gagne! C'qui fait que moé, moé là, j'me calisse de toutte.

-C'est ben sûr. Des fois faut s'calisser d'toutte.

-Quand ça va mal, j'farme ma yeule... Le ciel est bleu, la mer est calme, farme ta yeule pis rame! Pis si on t'dit des niaiseries, pis c'est sûr qu'on va t'en dire parce que des niaiseux y'en manque pas, ben calisse-toé z'en. Écoute-les pas. Fais semblant qu't'es fou. Mets-toé les yeux cross-side pis mets-toé à bégayer gagagougou pis i' vont toutte te crisser 'a paix! Pas d'temps à perdre avec les niaiseux moé... J'garde tout mon temps pour ceux qui en valent la peine, comme toé e'l'gros...

-J'su's même pas gros! Fa' attention à c'que tu dis Guy parce que j'suis susceptible... Des fois que ça m'prendrait d't'en calisser un dans 'a face entre les deux yeux... Hinhin... C'est une joke! Héhé. (NDLR: Pas si sûr de ça que ça soit une joke...)

-Gros! E'l'Père Noël est gros pis tout l'monde l'aime le Père Noël! Y'a parsonne qui haït vraiment les gros. Les gros sont drôles pis toujours prêts à rendre service... C'est juste qui mangent trop pis qu'i' sont trop saphes.

-Hee...

-En tous 'es cas. Moé j'me calisse de toutte pis c'est toutte. Curés ou politiciens, ôtez-vous d'mon ch'min. Moé j'prends mon lait comme ça m'plaît! D'la marde hostie d'christ!

-T'as ben raison Guy. Ben raison.

J'ai fait semblant de regarder ma montre puisque je n'ai pas de montre. Puis j'ai dit, hum, il faudrait bien que j'y aille. Et j'y suis allé tandis que Guy reprenait sa moppe et retorchait son bout de plancher.

Et c'est tout ce que j'avais à dire à ce sujet.

jeudi 1 octobre 2009

Les artistes ratés et les discours politiques


J'ai déjà été séparatiste. Je ne le suis plus à cause de plusieurs célèbres artistes ratés de mon coin de pays qui, incapables de produire une oeuvre qui vaille la peine de s'y attarder, produisent par dépit un discours politique qui jette sur leurs produits artistiques un voile de fausse férocité et d'encore plus fausse spontanéité révolutionnaire. Cela donne un petit côté vaporeux à leur caca. On finit par dire très juste, si, si, quand on devrait simplement dire ouache ça pue.

Plus un artiste est animé par un discours politique, plus son oeuvre en pâtit. Cela va de soi. L'oeuvre n'existe plus sans la pénible justification qui l'entoure. L'artiste voulait évoquer son pays qui souffre, sa langue qui pend, ses couilles qui puent: on s'en torche! L'artiste a produit un navet déguisé en discours politique, c'est la triste mais combien vraie réalité. Trop souvent.

D'où l'importance de produire de l'art pour l'art, avec toute l'authenticité que cela suppose, par-delà les normes et les conventions, et au besoin en suivant les normes et les conventions. Soyez moins cons, moins ratés: soyez pleinement artistes!

Rien n'est coulé dans le béton. Surtout pas les chicanes de clôtures.

Donc, l'art pour l'art. Fuck le réalisme socialiste et le réalisme souverainiste. Rien à foutre des discours remâchés par de vieux ringards qui tiennent plus à ce que la vie ressemble à ce que contient leur bréviaire qu'elle ne soit, tout simplement, un émerveillement permanent, un dépassement de soi-même, point.

La beauté sauvera le monde.

C'est pas moi qui l'ai dit.

C'est un certain Dostoïevski.

Il a écrit des livres, oui.

Des livres qui parlent de tout et de rien.


***

Hitler et Pol Pot étaient des artistes ratés. L'un était un peintre qui ne savait représenter que des architectures carrées, sans personnages, sans visages. L'autre a déposé une thèse de maîtrise sur Verlaine et n'aura pas été plus poète qu'il ne le faut. Tous les deux ont terminé ça en holocauste.

Je ne dis pas que tous les artistes ratés finiront comme ça. La plupart mèneront des vies nettement plus honorables. Cependant, je crois que le danger guette l'artiste qui sert de pute aux idéologies et autres slogans collectifs.

Penser et créer sont des actes solitaires. L'art est mieux servie par les esprits libres.

Les libres penseurs qu'on nous propose, trop souvent, ne sont que des farceurs, des cabotins agenouillés devant leur idole qui sont restés figés sur le salut au drapeau et la version française de Daniel Boone.

Lancement de l'album des Mallèchés

Les Mallèchés viennent de lancer leur premier album. Le trio propose du rockabilly... en français. Ce qui devait bien finir un jour par arriver. Pour la petite histoire, disons que j'ai déjà travaillé avec Alex, le chanteur et guitariste du groupe. Je ne le connaîtrais pas que je dirais la même chose: c'est vraiment de la bonne musique et c'est excellent que de revisiter une époque pour l'assaisonner avec des textes qui collent aux réalités de la classe ouvrière. Car c'est bien de ça qu'il s'agit, de la WCM, de la Working Class Music. Ça rappelle les Straycats en mieux léché. Achetez-en des tonnes de copies.

Tiens, il y a un article sur leur lancement, drette ici.

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Site officiel du groupe Les Mallèchés